Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 61 : Encore quelques indices

3941 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 21/02/2026 12:12

Chapitre 61 : Encore quelques indices


Une fois mes cheveux séchés et domptés, je passe ma jolie robe longue que je récupère au sèche-linge avant de rejoindre Hunter au salon, qui porte simplement un short.

-         Faut-il que je mette ma chemise… ? s’inquiète-t-il en me voyant apprêtée.

-         Habille-toi comme tu en as envie, mais la soirée n’est pas finie ! claironne-je.

-         Nous sortons… ?

-         Non, la suite du programme est un repas en tête à tête ici, annonce-je joyeusement.

J’attrape le menu du roomservice et je me love à côté de lui dans le grand canapé confortable pour choisir nos plats.

-         Je suis ridicule en short alors que tu es si belle…, marmonne-t-il.

-         Tu n’es jamais ridicule, je dirais même que ton torse est bien plus joli à regarder que n’importe quelle tenue, le séduis-je.  

-         Arrête, s’amuse-t-il en passant un bras autour de ma taille.

Quelques minutes plus tard, nous arrêtons nos choix et il appelle la réception pour nous malgré mes tentatives de le faire.

-         Laisse-moi servir à quelque chose après ta surprise ! rit-il.

-         Mes surprises ne sont pas finies ! m’offusque-je.

-         Vraiment… ?

-         Bien sûr que non ! J’ai décidé de fêter ton anniversaire ce soir, tu imagines vraiment que j’allais me contenter d’un bain ?!

-         Pas n’importe quel bain, souligne-t-il. Tu m’as offert un moment inoubliable Hestia.

-         Et bien les moments inoubliables ne sont pas terminés j’espère, j’ai encore quelques idées en réserve, je ne m’attendais simplement pas à ce que nous… dérapions si tôt dans la soirée.

-         Sérieusement ? Il ne t’est pas venu à l’esprit que nous déraperions en étant nus dans une baignoire ? rit-il en me couvant des yeux.

-         Je… non, admets-je en rougissant. J’étais concentrée sur le bain, je voulais te l’offrir pour que tu te détendes, alors j’essayais de repousser les autres possibilités pour que tu profites.

-         Ce que nous venons de faire était sans doute la façon la plus idéale pour moi de profiter d’un bain, souligne-t-il avec un grand sourire.

-         Oui, je l’ai réalisé après coup, j’avais cette idée fixe de bain… j’ai souvent des idées fixes stupides…, bafouille-je.

-         Je sais mon cœur, rit-il.

-         J’avais l’impression que je gâcherais ton moment, que ce serait égoïste d’essayer de te séduire au lieu de te laisser te détendre dans l’eau, glousse-je.

Il lève les yeux au ciel avec humour :

-         Quel égoïsme Hestia… tu as vraiment gâché mon bain en couchant avec moi, je t’en veux énormément…, raille-t-il.

Je lui mets une petite tape sur le torse pour le réprimander et il rit un peu plus.

*

Lorsque le roomservice arrive, il s’est changé pour enfiler sa tenue de tous les jours et faire un minimum honneur à ma jolie robe selon lui. J’ai bien évidemment allumé deux bougies entre nous et nous mangeons en discutant tranquillement.

Mes yeux s’attardent sur ses cheveux ébouriffés, qu’il a laissé sécher à l’air libre sans s’en occuper et je le trouve tellement craquant comme ça que mon cœur se serre. Ça me peine tellement de l’imaginer à la rue, ça me fend littéralement le cœur en deux, j’imagine mon pauvre chaton dormir dehors et je ne le supporte pas.

Mon avis sur Winston a tellement changé ce soir. Il était un homme abusif dans mon esprit, qui profitait d’un étudiant… alors que je le vois désormais comme un homme bien. Je lui embrasserais même les pieds d’avoir aidé un jeune dans la misère… surtout celui-là, puisqu’il est l’homme de ma vie. En revanche, la question qu’il m’a empêché de lui poser me revient en pleine tête et je me lance :

-         Tu dis que Winston t’a formé sur le tas, qu’il t’a tout appris, que tu le suivais comme son ombre… Mais qu’en est-il de ce master que tu fais ? J’ai le sentiment que tu ne veux pas vraiment devenir avocat finalement… ? Toute cette histoire me fait réfléchir, ton investissement actuel dans ton travail aussi… Tu vas rester dans ta « boite » quand tu seras diplômé, n’est-ce pas ? demande-je.

Il m’observe silencieusement une petite minute avec un regard doux.

-         Tu es perspicace Hestia… je ne m’attendais pas à une telle question. Pour y répondre, je compte quand même tenter le barreau…

-         Et l’obtenir, glisse-je sur un ton évident.

-         J’espère. J’aimerais avoir le titre d’avocat d’affaires mais en effet, je compte continuer de travailler dans ma boite quand je serai diplômé.

-         Alors tous ces efforts ne sont pas vains, tu ne te tues pas à la tâche simplement pour vivre confortablement pendant tes études… Il y a une réelle volonté de continuer tout ça… je peux te demander pourquoi ? ose-je.

Il s’appuie dans son dossier en se servant à boire, le regard perdu dans le vague avant de poser des yeux hésitants sur moi :

-         Si je te disais que c’était parce que ça rapporte bien, ton opinion de moi changerait-elle ? demande-t-il.

Je réfléchis un peu et j’opte pour l’honnêteté :

-         Non, je pense que tu es un homme formidable quoi qu’il en soit. J’ai un peu de mal à imaginer que tu puisses être payé un jour aussi cher dans ta boite qu’en tant qu’avocat d’affaires, mais je ne connais pas grand-chose à ce que tu fais…

Il a un petit rire nerveux et je fronce les sourcils alors qu’il s’explique en marchant sur des œufs :

-         Je serai payé très, très cher si je continue d’exceller dans ce que je fais… Mais c’est un peu plus compliqué qu’une simple histoire d’argent, il serait très difficile pour moi de sortir de cette boite, mais ça fait partie des choses que je n’ai pas envie de partager avec toi dans l’immédiat…

Il prend ma main sur la table pour l’embrasser longuement, sans doute pour faire passer sa réponse mais je ne me sens pas mise à l’écart :

-         Inutile de t’inquiéter de comment je prends ce que tu viens de me dire Hunter, je suis au contraire tellement heureuse que tu t’ouvres un peu à moi… j’ai l’impression d’en avoir plus appris sur toi ce soir que depuis que je te connais, avoue-je.

Il fronce les sourcils, le visage peiné :

-         C’est triste finalement…, murmure-t-il.

-         Mais non, le rassure-je.

-         Tu as d’autres questions ? demande-t-il avec un petit sourire plein d’espoir. J’ai envie que tu me connaisses, je te le promets.

Je m’appuie dans mon dossier pour mâchouiller mon plat délicieux en réfléchissant.

-         Winston te forme-t-il comme son successeur ? demande-je.

-         Pas exactement non… Tout ça est très complexe, s’excuse-t-il d’un regard.

J’hoche la tête en continuant de manger jusqu’à ce que la prochaine question vienne :

-         Tu m’as déjà dit qu’il y avait plein d’autres Winston… ? Que dois-je comprendre ? Tu assistes plusieurs personnes ?

-         Non, je parlais des gens que je gère, ceux avec lesquels je suis pendu au téléphone la journée.

-         Qu’est-ce que tu gères ? Leurs emplois du temps ? Tu leur donnes des ordres… ?

-         Oui, et … oui, admet-il.

Un petit sourire s’étire sur mes lèvres et il rit :

-         Ça te plait ? s’amuse-t-il.

-         D’imaginer que tu donnes des ordres à une armée de Winston ? Un peu, je l’admets, glousse-je.

-         Il y a des tas de faux Winston, je les mène à la baguette…, susurre-t-il en s’accoudant sur la table pour se rapprocher de moi.

-         Mh…, marmonne-je, complétement séduite.

-         Des dizaines et des dizaines, renchérit-il en plissant les yeux.

Je glousse comme une écolière et ça déclenche un beau sourire sur ses lèvres :

-         Tu aimes à ce point que je commande des gens ? rit-il.

-         Oui… J’aime surtout me dire que tu diriges des gens avec sérieux alors que je suis là, à trainer dans ta suite en t’embrassant…, glousse-je. J’ai l’impression d’être l’amante d’un grand président ou d’un grand patron.

-         Tu es loin d’être son amante, tu es plutôt sa première dame, réplique-t-il en souriant.

Je rougis des pieds à la tête face à cette petite phrase qui veut tant dire. Depuis le temps que je l’aime, que j’espère être avec lui… est-il en train de sous-entendre que nous sommes plus que des « amis avec affinités » ? Je ne sais pas si j’ose lui poser la question, je ne sais même pas comment lui poser de toute façon…

Mais lorsque mes yeux se posent sur le joli bracelet à mon poignet, qui s’est miraculeusement détaché hier soir, je trouve la force :

-         Hunter… je peux te poser une question personnelle ? Qui n’a rien à voir avec ton travail ? murmure-je en fixant mon assiette.

-         Bien sûr, affirme-t-il en reprenant ma main.

Il enlace nos doigts en m’observant avec curiosité et mon cœur cogne de plus en plus fort dans ma poitrine alors que j’essaie de trouver une façon de lui demander. Je préfère commencer simplement :

-         Je n’ai jamais fréquenté de garçons…, avoue-je.

-         Moi non plus, de filles j’entends, précise-t-il en riant.

-         Oui je sais, tu l’as dit hier soir mais… je n’ai pas simplement jamais eu de relation sérieuse, je n’ai jamais eu de relation tout court… Tu sais très bien que tu étais ma première fois mais… tu étais aussi mon premier baiser…, murmure-je en trifouillant mon plat avec ma fourchette.

-         Vraiment… ? demande-t-il.

Je relève le nez pour croiser une émotion si forte au fond de ses yeux que je rougis alors que nous nous observons. Je vois qu’il a envie de dire quelque chose, mais ce n’est pas le sujet, je ne lui ai pas avoué pour qu’il me rassure alors j’enchaine :

-         Julia fréquente des tas de garçons, elle les voit un peu, elle couche avec et ça se termine comme ça, d’un jour à l’autre…

Il fronce les sourcils, ne voyant sans doute pas où je l’emmène en parlant de Julia, alors j’essaie d’évacuer la boule qui se noue dans ma gorge pour continuer :

-         Alma m’a parlé « d’amis avec affinités », articule-je bravement. Et je…

-         Hestia, me coupe-t-il. Où veux-tu en venir ? Je me fiche des relations de tes amies, je me doute que ce n’est pas le sujet que tu souhaites vraiment aborder avec moi… ?

J’hoche la tête et je prends ma dernière bouchée pour m’occuper la bouche afin de me donner un peu de temps pour réfléchir. Il m’observe avec ses yeux intelligents, les sourcils froncés et l’air pensif, ce qui m’intimide encore plus.

-         Viens vers moi, ordonne-t-il en me tendant une main lorsque je termine ma bouchée.

Je me mords la joue en l’observant, sans bouger une oreille.

-         Viens vers moi, répète-t-il plus lentement mais avec la même autorité.

J’obéis sans discuter cette fois et je vais m’assoir sur ses cuisses en frôlant l’arrêt cardiaque tant je suis gênée par ce que je voulais lui demander. Pourtant lorsque son bras se cale au creux de mon dos et que le deuxième caresse ma jambe par la fente de ma robe, je me sens beaucoup mieux et j’arrive à le regarder timidement.

-         Hestia… tu n’es quand même pas… en train de te demander si…si nous allons cesser de nous voir parce que nous avons couché ensemble ? demande-t-il d’une voix tendue.

-         Si…, avoue-je dans un souffle.

Il hausse les sourcils sous la surprise et tout son visage se décompose. Il a l’air tellement choqué que je me rends compte que je suis en train de le peiner, alors comme souvent lorsque je panique, je m’explique à toute vitesse :

-         Je ne veux pas que tu me quittes parce que nous avons couché ensemble Hunter, j’ai besoin de savoir si c’est ce que tu comptes faire, je te demande d’être honnête avec moi, parce que tu es ma première relation et que je ne m’en remettrais jamais si tu faisais ça sans un mot… Je ne connais rien à tout ça, je ne sais pas comment ces choses-là marchent, je… n’ai que mes copines en références et « le garçon qui claque la porte après avoir eu ce qu’il voulait » semble être un schéma très récurrent…

-         Oh mon dieu Hestia…, souffle-t-il d’une voix choquée.

-          Quoi ? m’inquiète-je.

-         Je ne compte absolument pas te laisser tomber après avoir… ça me dépasse même que tu puisses imaginer une chose pareille. J’ai pourtant l’impression d’être suffisamment rassurant, de te complimenter, et de te dire que je suis bien avec toi…

Le soulagement m’inonde maintenant que j’ai la confirmation que ce que nous partageons est plus fort que quelques jeux.

-         Tu l’es Hunter ! Mais je ne pouvais pas éliminer ça de ma tête ! couine-je. Parce que je suis si bien que je ne veux pas que ça s’arrête, mais je suis influencée par mes amies et j’ai préféré te poser la question pour être bien sûre que je ne m’emballais pas !

-         Je ne compte personnellement pas te laisser tomber en rentrant, et toi ?

-         Moi non plus ! m’écrie-je.

-         Alors fin de cette discussion inutile, conclut-il.

Heureux d’avoir été plus clairs sur notre relation, nous nous embrassons avec le sourire aux lèvres, jusqu’à ce que j’ai l’envie irrépressible de lui faire plaisir :

-         Prêt pour ta surprise suivante ?! m’exclame-je avec impatience.

-         Plus que prêt, ronronne-t-il en me lançant déjà des yeux lubriques.

Je ris en me relevant de ses cuisses :

-         Ce n’est pas « mon corps » cette fois ! m’amuse-je. Ferme les yeux !

Il s’exécute et je file dans le cellier pour planter mes bougies dans son gâteau et les allumer dans la foulée. J’appelle Calyouk, qui me rejoint avec des yeux interrogateurs, et je lui plante un petit chapeau d’anniversaire sur la tête avant de m’en mettre un.

-         Le chien est dans le coup ? s’amuse-t-il depuis la table.

-         Oui ! glousse-je.

-         Ça promet…, répond-il en souriant au vu de son ton.

J’attrape le gâteau et je le rejoins à petit pas tandis que Cal me suit en m’observant avec curiosité.

-         Ouvre les yeux, annonce-je.

Il les ouvre et sa première réaction est de coller ses mains sur son visage en riant de la scène lunaire qu’il vient de voir, pourtant lorsqu’il les enlève, ses yeux sont tout émus et un joli sourire timide s’installe sur ses lèvres.

Je lui chante donc un joyeux anniversaire en allant planter le gâteau devant lui et je rougis en constatant qu’il n’a d’yeux que pour moi.

-         Tu as commandé un gâteau au roomservice… ? demande-t-il.

-         Tu plaisantes ! Je l’ai fait pendant que tu étais au sport ! réplique-je d’une voix outrée.

-         Vraiment… ?

-         Bien sûr !

Il fronce les sourcils tandis que je pose le gâteau devant lui et il ne le quitte plus du regard :

-         Personne ne m’a jamais fait de gâteau « maison », commente-t-il d’une petite voix. Tu m’en avais parlé, mais je ne pensais pas que tu allais le faire…

Mon cœur se serre mais je ne m’attarde pas là-dessus. Je préfère attraper son petit chapeau pour lui mettre sur la tête puis mon téléphone pour le mitrailler de photos tandis que je me régale de ses joues qui rosissent. Il m’ouvre un bras, préférant visiblement que je m’asseye sur lui qu’en face et je m’exécute en retournant l’objectif.

-         Faisons une photo pour Eden ! couine-je.

Il accepte et nous nous plaçons pour avoir nos deux visages souriants collés l’un contre l’autre, Calyouk sur la droite et le gâteau illuminé en fond. La photo est géniale, nos trois chapeaux la rendent mémorable, Cal tire la langue avec des yeux contents, j’arbore le plus grand sourire de ma vie et Hunter a l’air timide mais sincèrement heureux.

Je l’envoie rapidement à Eden avant de poser mon téléphone sur la table, puis j’attrape le gâteau pour le caler sous le nez d’Hunter :

-         Fais un vœu maintenant, ordonne-je en souriant.

Il m’observe quelques secondes avec des yeux indéchiffrables avant de s’exécuter et je le félicite avec zèle lorsqu’il souffle ses bougies. Je rallume trois fois le gâteau, pour lui chanter dans toutes les langues que je connais et il joue le jeu à chaque fois sans discuter alors que Cal jappe en jouant autour de nous, espérant sans doute avoir un bout.

Quelques minutes plus tard, nous dégustons nos parts de gâteau et il m’inonde de compliments alors que j’ai pourtant fait une recette plus que basique. Il soutient que c’est le meilleur gâteau qu’il ait mangé de sa vie et je lui réponds que c’est sans doute parce qu’il a été fait avec le cœur.

 

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