Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 133 : Retour chez les garçons

Par bzllrose

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Chapitre 133 : Retour chez les garçons


Je suis assez étonnée de voir qu’il ne va pas du tout en direction de chez lui. Il nous emmène vers le centre et j’imagine qu’il a une course à faire jusqu’au moment où il tourne en direction du quartier chaud. Mes cheveux se dressent sur ma tête sous le traumatisme que ça représente pour moi et je tourne des yeux interrogateurs vers lui.

-         Je te signale que tu n’as pas empaqueté tes affaires de cours… J’ai donc bien supposé qu’elles étaient chez lui…, soupire-t-il.

Je cligne des yeux bêtement en me rendant compte qu’il a raison :

-         Tant pis, je les abandonne, réplique-je tout de suite.

-         Bien sûr que non Hestia, on ne va pas laisser tes cours et ton ordinateur simplement parce que tu as peur d’y retourner.

-         Je ne veux pas Hunter ! Je suis incapable d’y remettre les pieds ! Incapable de le revoir ! Il n’aura qu’à vendre mon ordinateur pour éponger une partie de sa dette ! m’affole-je.

-         C’est bien pour ça que je vais y aller à ta place mon cœur. Il est hors de question que tu mettes un pied hors de la voiture.

Il se gare sur le parking de Kai et tous mes traumatismes me sautent au visage alors que je fixe cet endroit où j’ai été la plus malheureuse de ma vie.

-         Je vais y aller… je ne veux pas que vous vous battiez, propose-je mollement.

-         Non, tu restes ici, répond-il en se penchant vers moi.

Il m’embrasse tout en ouvrant la boite à gant et lorsque ses lèvres quittent les miennes, il y attrape un portefeuille plein à craquer de billets pour en sortir une quantité ahurissante, sous mes yeux choqués.

-         Mais qu’est-ce que tu fais… ? bafouille-je.

-         Je vais payer la dette de ce connard, pour qu’il puisse s’offrir un nouveau départ et que tu te sentes en sécurité.

-         Quoi ?! souffle-je.

Il ne répond pas, il prend simplement les cinq mille euros dans son portefeuille, alors qu’il reste encore des billets dedans lorsqu’il le repose… Il a l’air agacé mais plus que décidé, parce qu’il sort de la voiture une seconde après sans une hésitation à l’idée de lâcher une somme pareille au type qui vient de l’agresser à l’arme blanche.

Je suis définitivement dans un drôle de délire depuis quelques heures, je suis si fatiguée d’essayer de comprendre ce qu’il se passe alors que les scènes sans queue ni tête s’enchainent que je décide juste de mettre mon esprit sur pause. J’en ai marre de tout analyser alors que tout est lunaire, je veux juste aller chez Hunter, me terrer dans ses bras, et passer d’aussi bons moments qu’avant en oubliant tout ça.

Kai ouvre la porte à Hunter et se ramasse sur lui-même, comme un félin à deux doigts de sauter sur un adversaire, mais en quelques secondes, il affiche une tête ahurie – que je peux comprendre – et il le laisse entrer. Le temps me parait drôlement long, mais Hunter ressort une minute ou deux plus tard avec mon sac de sport rempli de mes affaires.

Il le met sur la banquette arrière avant de démarrer et il se tourne vers moi :

-         J’aime autant te dire que si ce type t’appelle, tu n’as pas intérêt à lui répondre devant moi, parce que je préfère me convaincre qu’il est vrai que tu ne reprendras pas contact avec lui tant qu’il n’est pas sobre.

-         C’est vrai et … je serais bien incapable de lui répondre… je n’ai plus de téléphone, murmure-je d’une voix honteuse.

-         Quoi ?! s’exclame-t-il.

Je lui relate donc ce qu’il s’est passé hier soir, que j’ai dû l’abandonner derrière une planche pour éviter que les malfrats ne le trouvent. Hunter pose les poings sur son volant avant d’y poser sa tête, l’air complétement à bout.

-         Je suis désolée Hunter… je sais qu’il a dû te coûter très cher mais… c’était pour ma sécurité… je…, couine-je.

Il se redresse pour me regarder avec des yeux peinés :

-         Ce n’est pas la question Hestia je… je suis juste… dépassé par tout ça je crois. Ça ne s’arrête jamais… je ne peux pas supporter qu’il te soit arrivé malheur et j’ai l’impression que ça ne s’arrête jamais, que tu m’en apprends toujours plus, que ce qu’il t’est arrivé est toujours pire… je ne peux plus supporter d’apprendre que ta soirée d’hier était à chaque fois pire que ce que j’en savais la minute d’avant.

-         Cette fois je pense que tu sais tout, réponds-je d’une petite voix.

-         Tant mieux.

Il soupire bruyamment avant de se mettre dans la circulation, et je suis toute perturbée :

-         J’ai quand même le droit de venir chez toi ? demande-je timidement.

Il me surprend en éclatant de rire avant de me couver de ses beaux yeux en secouant la tête :

-         Mais bien sûr que oui… Chaque fois que je pense que tu ne peux plus me surprendre, tu le fais encore mon cœur … Tu as parfois de ces idées… Dis-moi pourquoi donc tu ne pourrais plus venir chez moi ?

-         Je ne sais pas, j’ai l’impression de te pousser à bout…, réponds-je.

-         Ce n’est pas toi qui me pousses à bout, c’est ce qu’il t’est arrivé, ne confonds pas tout mon amour… Je suis complétement dépassé et brisé par ce que tu as vécu, c’est tout, ça ira mieux quand nous serons à la maison et que je pourrai m’occuper de toi.

J’en reste muette et il se glisse dans la circulation pour nous ramener en quelques minutes jusqu’à chez lui. Dès que nous sommes dans son parking, je deviens toute timide. Il est étrange de revenir ici, comme si rien ne s’était passé, comme si je ne l’avais pas quitté comme un malpropre avant de disparaitre pour pratiquement habiter chez l’homme qu’il doit le plus haïr sur cette terre et qui m’aura entrainé plus bas encore que les enfers. 

Il attrape mes sacs et je mets vite la main sur l’un d’eux, histoire de servir un peu à quelque chose puisque j’ai l’impression d’être une gamine qui vient d’être sortie des problèmes par son père. Il ne parle pas quand nous nous glissons dans l’ascenseur, il est silencieux depuis que nous nous sommes arrêtés chez Kai et ce constat commence à m’inquiéter.

-         Ça s’est bien passé… ? Chez Kai ? demande-je timidement.

-         Ça va, je suppose qu’il allait me sauter dessus jusqu’à ce qu’il voie les billets dans ma main… Etonnant l’effet que l’argent a sur lui…, répond-il sombrement.

-         Tu lui sauveras peut-être la vie, je te remercie du fond du cœur, chuchote-je.

-         En espérant que ce crétin n’utilise pas la somme pour se faire plaisir…

Je n’avais pas pensé à cette option mais je préfère ne pas le faire et me rassurer en me disant qu’il est déjà en route pour payer sa dette…

L’instant d’après, Hunter ouvre sa porte et je suis éblouie par son appartement. Le revoir après tout ce temps est dingue, après toutes ces heures à rêver d’y mettre les pieds, à me passer en boucle les souvenirs que j’y ai eu…

Hunter rentre sans se poser de questions et file droit dans sa chambre pour déposer mes sacs tandis que je reste plantée devant la porte. Je me sens trop timide, je n’arrive pas à faire comme si rien ne s’était passé et comme je porte le sac en toile avec mes quelques manteaux, je fais mine de fouiner dedans pour réfléchir.

-         Qu’est-ce que tu fais ? demande-t-il en revenant dans le salon.

-         Je… Je ne vais pas emmener mes manteaux dans ta chambre…, réponds-je prudemment.

-         Mets les dans le placard de l’entrée, il y a largement la place.

J’hoche la tête doucement et je m’active tandis qu’il se laisse tomber dans le canapé. Je n’arrive pas à saisir la situation, je ne comprends pas s’il est distant ou s’il agit normalement et que j’interprète mal son comportement parce que je suis gênée de m’imposer chez lui. Je mets donc un temps infini à pendre mes manteaux, une action qui aurait dû me prendre une minute, parce que je ne sais pas sur quel pied danser, ni comment je me dois d’agir.

Plus je réfléchis à la chose, plus je réalise qu’il est normal que nous soyons aussi perturbés et que nous n’agissions pas comme d’habitude. Nous sommes épuisés par notre toute petite nuit, nos câlins d’hier soir me semblent plus que lointains, nos corps baignent dans l’adrénaline depuis des heures et Hunter se fait harceler par son boulot pour rajouter une tension à cette journée compliquée.

-         Qu’est-ce que tu fais ? répète-t-il.

Il m’observe par-dessus le dossier du canapé, alors que je suis plantée devant le placard, plongée dans pensées.

-         Je ne sais pas… J’essaie d’intégrer, de… je ne sais pas.

-         Viens, répond-il simplement en ouvrant un bras.

Il ne fallait pas me le dire deux fois et je trottine à toute vitesse jusqu’à lui, qui est avachit en travers du canapé. Je me terre rapidement sur son flanc pour poser la tête au creux de son épaule et mon bras sur son ventre, décidemment terriblement timide d’être chez lui.

-         Atterrissons tous les deux… je crois que nous en avons besoin, commente-t-il d’une voix fatiguée.

J’hoche simplement la tête et dès que son portable vibre – encore – dans sa poche, il le met rapidement en silencieux avant de passer ses deux bras autour de moi pour me serrer contre lui. La douche et les habits propres sont bien loin de nous, nous nous serrons dans le silence, je profite de son souffle régulier, de la chaleur de son corps, de la pluie battante sur les fenêtres… et nous nous endormons.

*

Nous sommes réveillés en sursaut pour la deuxième fois aujourd’hui lorsque la porte de l’appartement s’ouvre avec force. Je suis lovée entre le dossier et Hunter, qui me tient toujours dans ses bras, et il se redresse brusquement, visiblement à côté de la plaque, pour fixer la porte. Je ne bouge pas d’une oreille, parce que le bruit assourdissant de la porte ne m’a pas inquiété une seconde étant donné que je dormais bien tranquillement contre mon féroce protecteur et ce détail ne fait que me montrer à quel point je me sens en sécurité avec lui.

-         Oh merde Hunter je suis désolé, je ne pensais pas que tu pouvais dormir à cette heure-ci, s’excuse Eden.

-         Euh… il est quelle heure ? marmonne Hunter.

La conversation est largement coupée par Calyouk qui se met à couiner si fort qu’il hurle presque, sans doute en sentant que je suis dans l’appartement après deux mois d’absence.

-         Doucement gamin, mais qu’est-ce qu’il y a ?! s’inquiète immédiatement Eden.

Je ne peux qu’imaginer Calyouk en train de tirer comme un dingue au bout de sa laisse pour venir vers le canapé, et je devine que j’ai raison en voyant le sourire qui s’étire sur les lèvres d’Hunter alors qu’Eden beugle toujours pour retenir son loup, qui arrive à le trainer dans ma direction visiblement, puisque la voix de mon meilleur ami se rapproche.

-         Bon sang mais qu’est-ce qu’il lui prend ?! s’affole Eden.

-         Lâche-le et tu le sauras, répond mystérieusement Hunter d’une voix heureuse.

J’ai pour ma part un immense sourire, je suis tellement heureuse de retrouver Calyouk que mon cerveau ignore Eden, que j’ai moi-même ignoré depuis des semaines. Eden lâche visiblement la laisse, parce que la seconde suivante, Youk saute comme un dingue sur le canapé par l’arrière, survolant le dossier en couinant toujours comme un fou. Eden crie sous la surprise, mais il comprend qu’il se passe quelque chose quand il ne voit pas son chien refaire surface puisqu’il est en train de me faire une fête magistrale en m’écrasant de tout son poids, à tel point qu’Hunter doit se lever du canapé pour éviter de s’en faire éjecter.

A travers Cal qui s’agite sur moi en me léchant et en fourrant sa truffe dans mon cou, j’aperçois les yeux ronds d’Eden qui me découvre chez eux. Il se fige une seconde sous le choc avant de tourner la tête brusquement vers Hunter pour le dévisager avec la mâchoire décrochée.

-         Titi… ? finit-il par chuchoter.

J’essaie tant bien que mal de me redresser, mais je n’arrive pas à grand résultat à cause de Calyouk, qui n’en a pas fini avec moi et qui est maintenant étalé de tout son long sur mon corps pendant que je lui gratouille le ventre. Il est aussi grand que moi lorsqu’il s’étend, sans doute plus lourd, et je me tortille avant d’abandonner pour lancer des yeux désolés à Eden.

-         Coucou…, chuchote-je timidement.

-         Tu vas bien… ? demande-t-il tout de suite d’un air soucieux.

-         Elle va bien, répond Hunter à ma place. Nous... je suis allé la voir hier soir… nous avons parlé une bonne partie de la nuit et nous étions crevés… on faisait une petite sieste…

Eden est toujours aussi ahuri :

-         Vous voulez que je vous laisse tranquilles ? demande-t-il prudemment.

-         Ce serait peut-être bi…, commence Hunter.

-         Mais non ! m’exclame-je au même moment.

Je suis seulement en train de réaliser que je viens de m’imposer chez Hunter oui, mais chez Eden aussi, et ma honte devient incommensurable. Je ne lui ai pas demandé ce qu’il en pensait, alors qu’il aurait tous les droits de me détester pour l’avoir abandonné du jour au lendemain lui aussi… A ce stade, j’estime que même Youk aurait son mot à dire, mais je suppose que vu la fête qu’il me fait encore, ma présence a l’air de lui convenir.

Les quelques minutes suivantes sont terribles pour moi. Les garçons se mettent à discuter dans une drôle d’ambiance, puisqu’il est évident qu’Eden meurt de curiosité mais n’ose pas poser la moindre question, tandis que je suis dans le canapé comme si de rien n’était. Ils parlent de futilités, qu’il est déjà vingt heures, se demandent quel bon repas vont-ils manger ce soir… Ils discutent de tout sauf de moi, comme si Eden avait peur de me faire fuir et qu’Hunter était encore dépassé par les évènements.

Calyouk se calme enfin et il me laisse m’assoir pour simplement s’appuyer contre moi alors que je dévisage Eden avec inquiétude. Il m’ignore en fixant Hunter, mais je vois que ce n’est pas parce qu’il me fait la tête, il est juste scié en deux par ce qu’il se passe et je crois que c’est effectivement à moi de parler :

-         Eden je suis désolée de ne pas t’avoir donné de nouvelles, dis-je d’une petite voix.

C’est comme si je lui jetais un sort, que je lui confirmais que je ne suis pas ici en coup de vent, que le passé est passé, parce qu’il se tourne vers moi en plantant net sa conversation avec Hunter, qui en profite pour aller préparer le repas pour nous laisser tous les deux.

-         Est-ce que tu vas bien Titi ? répète-t-il en venant s’assoir dans le canapé.

Je ne vois pas bien pourquoi je ferais comme si tout était normal, alors je mets les deux pieds dans le plat d’entrée de jeu. Je m’excuse d’avoir disparu, je lui explique dans les grandes lignes la situation, même si je suppose qu’Hunter l’avait fait, et je lui répète donc que j’ai retrouvé Kai, qui avait de gros problèmes et qui m’a demandé de coupé les ponts avec Hunter. J’enchaine avec des excuses à son encontre, en lui expliquant que le voir ou lui parler m’aurait trop fait penser à Hunter et que j’étais de toute façon complétement à côté de mes pompes depuis deux mois. Je finis ma tirade en larmes et il m’attire contre lui sans même y réfléchir pour me dire à quel point je lui ai manqué, à quel point il s’inquiétait pour moi et à quel point il ne m’en veut pas.

-         Ça peut arriver à tout le monde Titi… Si tu imagines que je vais te rayer de ma vie parce que tu ne m’as pas parlé deux mois… quel genre d’ami je serais ? Et puis c’est compliqué avec Hunter comme coloc, je comprends totalement…

Je pleurniche encore un peu contre lui et il me pose la question qui tue en faisant la navette entre Hunter et moi.

-         Mais… tu es revenue… pour de bon ou bien… ? Entre vous c’est… ? demande-t-il en marchant sur des œufs.

-         J’ai coupé les ponts avec Kai, confirme-je en essuyant mes larmes d’une main.

-         Et vous deux… ? insiste-t-il.

-         Je… on… se retrouve depuis hier soir, murmure-je sans trop savoir quoi répondre.

Je jette un petit coup d’œil à Hunter, qui n’entend pas notre conversation à cause de la poêle qui crépite devant lui et mon cœur accélère un peu.

-         Vous vous retrouvez… ? demande Eden à voix basse.

-         Et bien… je ne sais pas, c’est un peu bizarre, j’ai l’impression qu’il est bizarre, tu me connais quand je me mets à me poser cent questions à la minute, m’inquiète-je.

-         Titi, respire un peu… C’est normal que ce ne soit pas encore fluide… vous venez de vivre une drôle de rupture, vous avez l’air d’avoir passé une soirée forte en émotion, te voilà qui débarque ici… C’est normal d’être perturbée… Tu veux un conseil ?

-         Bien sûr, murmure-je.

-         Hunter s’adapte à toi, en tout temps, toujours… Si tu le trouves distant, c’est sans doute parce qu’il sent que tu es chamboulée… Je pense pouvoir te garantir que si tu vas vers lui, il ne te repoussera pas, il te laisse simplement aller à ton rythme…

-         Tu crois ? Pourtant nous nous sommes embrassés et nous avons été proches depuis hier soir… mais il s’est passé des choses dingues depuis, sans interruption Eden…

-         J’en suis sûr. Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé, mais s’il vous arrive des folies depuis hier, il ne me parait pas étonnant que vous étiez sous le coup de vos retrouvailles, de l’adrénaline… et maintenant que c’est plus calme, vous vous rendez compte que c’est un peu étrange de faire comme si tout était comme avant. Retrouvez-vous tranquillement, ose aller vers lui…

J’observe Hunter qui cuisine toujours et j’ai déjà l’envie irrépressible d’aller prendre son torse dans mes bras, de poser ma tête dans son dos… simplement de retrouver la proximité que nous avions hier soir…

-         Tu as raison Eden… il faut que j’ose… ce n’est pas à lui de faire les premiers pas après ce que je lui ai fait, affirme-je doucement en hochant la tête.

-         Evidemment que j’ai raison… et je suis tellement heureux de te revoir, tu n’imagines pas !

Il embrasse ma joue avec zèle puis me prête son téléphone à ma demande, puisqu’heureusement, il a le numéro de Julia qui doit essayer de m’appeler depuis des heures si elle a trouvé notre appartement saccagé.

Je décide qu’il est temps de l’appeler, puisqu’il me semble primordial que les garçons aient un petit tête à tête. Je ne sais pas ce qu’Hunter a raconté à Eden de toute la situation avec Kai, mais s’il lui a tout dit, alors je suppose qu’il est bien qu’il puisse l’informer concrètement de ce qu’il s’est passé. C’est même parfait, si Hunter peut discuter de ce qu’il s’est passé hier soir avec quelqu’un, absorber la situation catastrophique, recevoir des conseils, expliquer la bagarre de ce matin dans mon appartement qui justifie que je m’impose ici quelques temps… Bon sang, il faut qu’ils discutent tous les deux.

Je file donc sur le balcon où Calyouk refuse catégoriquement de me laisser aller seule. Il refuse de toute façon de se décoller de moi de plus de trois centimètres et il m’accompagne donc dehors en trottinant joyeusement.




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