Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 134 : Premiers contacts

Par bzllrose

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Chapitre 134 : Premiers contacts


Une fois sur le grand balcon avec mon loup, j’envoie rapidement un petit message à Julia pour lui demander si je peux l’appeler et elle rappelle le portable d’Eden dans la seconde.

-         « Hestia ?! Mon dieu, j’ai essayé de t’appeler toute la fin de journée mais ça tombait directement sur la messagerie ! »

-         Oui, j’ai perdu mon téléphone et il doit être déchargé…

-         « Tu es chez Kai ? Parce que j’aime autant te prévenir, inutile de rentrer chez nous ! Tu ne vas jamais croire la poisse qui vient de nous tomber dessus… »

-         Je t’écoute ?

-         « On a eu un dégât des eaux, un truc de dingue ! Il pleuvait sur les deux étages en dessous du notre… Le concierge nous a accusé d’avoir fait ça volontairement, un tuyau dans la cuisine est complétement cassé ! Je lui ai assuré que nous n’avions pas été là du weekend et que ça ne pouvait pas être nous, mais il dit qu’il s’est passé un drôle de truc ce matin, que les flics ont débarqué ou je ne sais quoi… Il m’a demandé de vérifier si notre porte n’avait pas été forcée ou un truc de ce genre… Apparemment il y a eu des cris, une bagarre ou je ne sais quoi dans notre couloir… il imaginait que c’étaient peut-être des voleurs ou des voyous qui ont saccagé notre chambre… Bref, notre porte n’avait rien, je te rassure, mais c’était une vraie pataugeoire ! »

-         Quelle poisse, confirme-je mollement.

-         « On dirait que tu t’en fiches ! Je crois que tu ne comprends pas bien ce que je te raconte Hestia, tout est foutu. Notre cuisine, notre sol, nos meubles… L’eau a tout attaqué et gondolé… Notre électro-ménager est sans doute foutu aussi puisque trempés… C’est un véritable chantier… Le concierge n’a pas de quoi nous reloger, toutes les chambres étudiantes sont prises, alors j’ai dit que je pouvais emménager chez Gia et que je verrais avec toi, mais je me suis dit que tu pourrais largement habiter avec Kai puisque tu y passes les trois quarts du temps… Ça nous évitera de payer des hôtels, parce que même si l’assurance nous remboursera, il faut quand même les sortir sur le moment ! »

-         Pas de soucis pour moi, je suis logée…, réplique-je timidement.

-         « Oui, je n’en doutais pas trop, j’étais plus inquiète de ne pas te joindre. C’est quoi l’histoire avec ton téléphone ? Décidemment, ce n’est pas notre jour. »

-         J’ai dû l’oublier dans le bus, je n’en sais rien, invente-je. Ils t’ont donné un temps de réparation avant que tu ne puisses retourner dans l’appart ?

-         « Les réparations risquent de durer un moment selon eux, car il faut d’abord que l’assurance viennent constater et tout le toutim, puis seulement les réparations pourront commencer, alors le logement ne sera jamais prêt avant les partiels de fin d’année dans un petit mois… »

Le soulagement m’inonde dès que je comprends que Julia ne sera pas de retour dans le logement avant le mois de septembre, puisqu’après les examens de mai, elle rentrera chez ses parents pour les longues vacances d’été des étudiants.

-         La poisse, répète-je bêtement.

-         « Tu vas pouvoir rester chez Kai jusqu’à la mi-mai… ? Voire après, puisque tu ne partiras pas cet été toi… tu veux que je vois avec Gia si tu peux dormir chez elle avec moi ? »

Elle s’inquiète visiblement, elle sait que Kai est assez problématique, que son mode de vie est compliqué et ne me rend pas heureuse, alors je suppose qu’il est temps de cracher le morceau.

-         En fait… je ne suis pas chez Kai… je suis… je… je suis chez Hunter, avoue-je d’une toute petite voix.

-         « Quoi ?! Mais qu’est-ce que tu fiches chez lui ?! »

Dans les quelques minutes qui suivent, elle est abasourdie. Je lui explique d’abord que Kai m’a emmené dans un endroit « craignos », qu’Hunter est venu m’y chercher lorsque je l’ai appelé à minuit après deux mois sans nouvelle, que nous avons pu parler et que j’ai coupé les ponts avec Kai dans la foulée. Je ne la vois pas, mais je visualise la tête qu’elle fait rien qu’au son des petits cris qu’elle produit au fur et à mesure de mon récit. Lorsque j’aborde le fait qu’Hunter m’a ramené chez nous au milieu de la nuit, que nous avons plus ou moins décidé de nous remettre ensemble et que j’ai pris l’intégralité de mes affaires dans la foulée pour habiter chez lui, elle n’a même plus de réaction du tout et je visualise cette fois sa bouche grande ouverte.

-         « Tu es chez lui… pardon, tu « habites » chez lui… alors que vous avez été en couple un mois avant de vous séparer pendant deux… Je… alors là…je t’avoue que je ne sais même pas quoi dire… »

-         On se connait depuis octobre, boude-je. Et on était plus ou moins ensemble depuis Noël…

-         « Deux mois de couple, pardon, ça change tout… »

-         Julia ! m’agace-je. Je ne l’ai pas quitté parce que je ne l’aimais plus et tu le sais très bien ! Et nous avons été séparé un peu moins de deux mois et il ressent la même chose que moi ! Cette pause n’a pas changé nos sentiments ! Alors qu’il aurait pu refaire sa vie dix fois ! Nous nous aimons, pour de vrai !

Je ne sais pas laquelle de nous deux j’essaie le plus de rassurer, mais ce sont mes doutes de fin de journée qui me travaillent encore.

-         « Je sais bien Hestia, je sais bien… c’est juste très, très rapide pour les gens normaux… »

-         Qu’est-ce que tu insinues ? me hérisse-je.

-         « Rien… Laisse-tomber. De toute façon, tu sais très bien que je préfère Chouchounet à Kai, je ne te l’ai jamais caché alors… crois-le ou non, je préfère te savoir avec lui après seulement deux mois de couple plutôt qu’avec ton frère de cœur un peu chtarbé. »

-         Il n’est pas « chtarbé » … Il est … un peu perturbé, le défends-je malgré moi.

-         « Oui et bien tant qu’il n’arrête pas ses bêtises, c’est compliqué. »

-         Tout à fait, j’ai coupé les ponts avec lui en lui disant de revenir lorsqu’il aura une vie rangée et qu’il sera prêt à accepter Hunter…

-         « Autant dire que ce ne sera pas demain… et sans doute pas après-demain si tu veux mon avis… Mais c’est bien, je pense que c’est très bien pour vous deux… Il n’arrêtera pas ses conneries tant que tu es là, il ne les aurait jamais arrêté sans la pression de ne pas t’avoir dans sa vie… Je pense que tu lui offres une vraie chance de s’en sortir en le privant de toi, je suis sérieuse. Quant à Chouchounet, il faudra bien que Kai l’accepte, en effet, puisque je suppose que nous allons recevoir les faire-part de mariage dans quoi… ? Quelques jours à votre rythme ! »

Nous gloussons toutes les deux à sa plaisanterie et après quelques discussions futiles de plus, nous raccrochons. 

Lorsque je rejoins les garçons à l’îlot, le repas est servi et je me glisse donc sur la chaise haute en face d’Hunter comme je le fais d’habitude. Eden est à côté de moi et il constate en direct que son chien pose sa tête sur ma cuisse pour m’observer avec les yeux de l’amour.

-         Je crois qu’il ne va pas me laisser tranquille, plaisante-je timidement.

-         Sans doute pas, s’amuse Eden. Ça fait deux mois qu’il dort devant la porte d’Hunter…

-         Je croyais qu’il dormait à la cuisine quand vous étiez les deux à la maison ? m’étonne-je.

Les garçons échangent un coup d’œil et Eden se tourne vers moi pour me répondre d’une voix douce :

-         Ça a toujours été le cas, mais quand tu dormais ici, il dormait systématiquement devant la porte de la pièce où tu te trouvais, à savoir la porte d’Hunter… Depuis que tu es partie… Il ne quitte plus le devant de sa porte… je ne sais pas exactement si c’est parce qu’il voulait soutenir Hunter qui déprimait ou si c’est parce qu’il espérait que tu sortirais de la pièce, mais même quand j’étais seul à la maison, il ne bougeait pas de là devant, alors…, explique-t-il d’une voix douce.

Hunter baisse le nez dans son assiette et je rougis en posant mes yeux sur Youk qui me couve toujours du regard.

-         Il t’aime vraiment beaucoup, glisse Eden.

-         Oui et je crois qu’il la protège… viscéralement, ajoute pensivement Hunter.

Je relève le nez pour observer mes deux athlètes préférés :

-         Il faut dire qu’il n’a pas grand-chose à faire pour vous protéger… quand il a vu la crevette que je suis, il a dû se dire qu’il allait devoir me surveiller de près, plaisante-je faiblement.

Ma plaisanterie les fait rire et l’atmosphère s’allège automatiquement. Les conversations reprennent et je comprends rapidement qu’Hunter a déballé la vérité ou une version extrêmement proche à Eden, ce qui me rassure parce que je ne veux plus jamais mentir.

*

Après le repas, Hunter annonce qu’il va se doucher. Il pose ses yeux une seconde sur moi et je me fais déjà des nœuds au cerveau en me demandant si ce regard était craintif par peur que je ne demande à venir avec lui ou l’inverse exact, avec le souhait que je propose de le suivre. En tout cas, je ne bouge pas de mon siège et il disparait tandis que je débarrasse la table avec Eden. Nous abordons le sujet d’Alma, il m’assure qu’il ne lui dira que les grandes lignes pour qu’elle comprenne ma disparition sans savoir dans quel secteur trempe Kai. Je lui manque apparemment beaucoup, mais elle est très bien placée pour comprendre à quel point une peine de cœur peut rendre triste et pousser les gens à se couper du monde alors elle ne m’en tient par rigueur une seule seconde.

Quand Hunter ressort en short de pyjama, tout beau tout propre, je regarde timidement son torse et Eden me lance un regard appuyé pour m’encourager à me bouger les fesses. Hunter est face au plan de travail qu’il nettoie et ma timidité s’accentue lorsqu’Eden annonce qu’il va se coucher, sa façon de nous laisser en tête à tête.

Dès que nous sommes seuls, j’observe le dos d’Hunter encore une petite minute en silence alors que l’envie de m’y réfugier devient insurmontable. Je prends donc mon courage à deux mains et je le rejoins sans un bruit pour me planter derrière lui. Mon cœur est rapide, mes mains sans doute un peu moites, mais je glisse finalement mes bras autour de lui pour enlacer son ventre en collant ma joue contre son dos. Il tressaute à peine lorsque je le touche, surpris puisqu’il ne m’a pas entendu venir, mais dès que mes bras se referment autour de sa taille, il pose ses mains dessus pour les serrer contre son ventre. Quelques secondes plus tard, il pivote pour me faire face et ses bras se referment autour de moi pour me coller contre son torse alors qu’il pose une joue sur le sommet de ma tête. Nous nous câlinons quelques longues minutes dans un silence remplit de tendresse, qui me rassure peu à peu, surtout quand il relève le nez pour embrasser le sommet de ma tête.

-         Je vais aller me doucher, annonce-je timidement.

-         D’accord mon chat, prends ton temps, je vais passer un appel, histoire d’avoir un compte-rendu de la journée que j’ai manquée…

-         Je suis désolée, murmure-je.

-         Ne t’excuse pas… On s’en fiche. Je bosserai comme un dingue demain pour rattraper.

J’hoche la tête avant de filer vers la salle de bain mais juste avant que je ne passe la porte, il m’interpelle depuis le seuil de la baie vitrée :

-         Hestia… ?

-         Oui ?

-         Je t’aime, affirme-t-il en fronçant un peu les sourcils.

Mes joues s’enflamment et je baisse le nez, alors que je suis pourtant enchantée jusqu’au fond du cœur par ses mots en cette fin de journée où je doute tant.

-         Moi aussi, plus que tout.

*

Je prends le temps de me savonner des pieds à la tête deux fois et notamment mes longs cheveux pour essayer de retirer chaque particule de fumée de la soirée chez les dealers. Je m’occupe ensuite de moi, je sublime ma peau jusque dans les moindres détails comme chaque fois que je sais que je vais passer la nuit avec Hunter et chaque action qui embellit mon corps me donne un peu plus de confiance en moi. En sortant, je prends encore un certain temps à les sécher des racines jusqu’aux pointes puis de les lustrer avec mon huile sèche. Je passe finalement ma robe de nuit en dentelle élégante, et je n’ai plus de raison de ne pas le rejoindre.

Je me faufile donc à pas de velours jusqu’à sa porte, où j’abandonne un Youk très malheureux. Hunter est déjà dans le lit, un bras derrière la tête et un livre dans l’autre, dont il relève le nez dès que je passe la porte. Immédiatement, il m’offre un magnifique sourire :

-         Tu es sublime…, me complimente-t-il à voix basse.

-         Toi aussi, réplique-je timidement.

Il pose sa lecture sur sa table basse avant d’ouvrir la couette sur son flanc et je me faufile dedans rapidement. Il me prend immédiatement en cuillère en refermant ses bras autour de moi. Je suis pensive tandis qu’il embrasse tendrement ma joue, qui se situe juste sous ses lèvres vu le câlin serré dans lequel nous sommes.

Il est tendre, il est doux, il ne me brusque pas… mais ça ne me convient pas, ce n’est pas assez… Depuis que nous nous sommes retrouvés, nous n’avons partagé qu’un seul long et vrai baiser d’amour… après ma crise de larmes… 

Je sais que c’est à moi d’initier ce genre de contact, je l’ai quitté après tout… mais c’est d’un délicat… Je ne réfléchissais pas hier soir, j’étais tellement secouée d’adrénaline, tellement euphorique de le retrouver, tellement sens dessus dessous après la soirée de l’horreur… Je l’embrassais, je lui disais ce que j’éprouvais, je lui disais même que je voulais me marier avec lui… Seigneur. Et maintenant j’ose à peine l’enlacer dans la cuisine… Je ne dois vraiment pas être facile à suivre, je ne comprends pas comment il peut supporter ma bizarrerie… Il faut que je me secoue.

Je tourne donc la tête par-dessus mon épaule dans sa direction, et il recule la sienne avec une mine interrogatrice, puisqu’il imagine sans doute que je voulais lui parler.

Pour lui indiquer plus clairement les choses, je laisse tomber mon regard sur ses lèvres sans bouger et il comprend enfin, parce que l’instant d’après, il approche lentement pour m’embrasser. Comme notre premier hier soir, notre baiser commence timidement, mais je lutte contre ma trouille, et j’intensifie mon embrassade tout en serrant mes bras autour des siens qui me câlinent. Il se redresse un peu en réponse, pour mieux avancer sa tête au-dessus de la mienne qui est tournée à l’extrême et nous voilà enfin qui nous embrassons avec application. Je glisse plus que timidement ma langue sur ses lèvres, un minuscule petit contact qui accélère mon cœur déjà trop rapide, et il suit encore le mouvement, il m’embrasse enfin langoureusement sans hésitation. Ravie, je glisse une de mes mains jusqu’à sa joue pour l’attraper et le tirer un peu plus contre mon visage.

Cette fois, mon cœur ronronne de bonheur. Notre baiser est aussi intense que hier soir, il l’est même sans doute un peu plus à en juger par nos souffles qui s’agitent plus fort que la veille. Mon corps se réveille, et alors qu’il n’en était pas question hier soir une seconde, c’est un déchainement à l’heure actuelle.

J’ai presque honte de le désirer à ce point après ce que je lui ai fait. Je trouve ça drôlement limite de le larguer, de lui demander de me sauver du jour au lendemain et d’avoir déjà envie de lui le soir d’après, comme si sa seule utilité était de répondre aux besoins de princesse Hestia en tout temps et en tout heure, indépendamment de ce qu’il veut lui. Pourtant, il ne me semble pas qu’il soit contre, ce baiser a l’air de le ravir autant que moi, son souffle me semble aussi agité que le mien, ses bras se resserrent crescendo autour de moi…

Je prends la température un peu plus efficacement, en tirant doucement sur sa lèvre inférieure de mes dents et dès que je vois sa réaction, j’estime que la température est bonne.




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés