Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 143 : Le rendez-vous

Par bzllrose

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Chapitre 143 : Le rendez-vous


Je passe mon après-midi avec Julia, mais bon sang, impossible de me mettre dedans. Je ne pense qu’à ce soir, qu’à Hunter, qu’à la révélation que je viens d’avoir et qui change ma vie. J’explique un peu les choses à Julia, que je me suis trompée, que j’ai cru qu’il se passait quelque chose de dramatique mais que comme régulièrement, je me suis fait une montagne d’un taupinière et que j’ai paniqué parce qu’il s’agissait d’Hunter, mon roc. Elle comprend les choses et elle me laisse finalement en fin d’après-midi.

J’en profite pour appeler immédiatement Alma, parce que je ne l’ai que trop laissé tomber et qu’elle ne mérite pas ça. Maintenant que ma vie s’éclaire, qu’elle va changer ce soir pour de bon, je trouve la force de l’affronter pour m’excuser platement, pour tout. Que je reprenne ma vie de rêve avec Hunter ou que je ne pardonne pas ses mensonges, ce qui m’étonnerait fort, je sais que dans les deux cas, je suis prête à reprendre ma vie en main pour de bon, une vie dont elle fait partie. Elle balaie mes excuses en deux temps trois mouvements, en me plaignant plus qu’autre chose et en m’assurant qu’à part son inquiétude pour moi, elle filait le parfait amour avec Eden et n’était pas seule à tourner en rond. J’apprends en même temps qu’Eden et elle sortent après le match de ce dernier, avant de dormir chez Alma, ce qui laisse donc effectivement le champ complétement libre à ma soirée avec Hunter et que nous pourrons donc discuter de tout ça toute la nuit si c’est nécessaire.

J’en profite ensuite pour appeler Sélène, lui raconter mes partiels, la remercier du plus profond de mon cœur et la mettre à jour des nouvelles informations concernant Hunter. Il est risible de m’entendre raconter des détails aussi intime à une femme que je ne connaissais pas il y a un mois alors que les deux amies proches que j’ai eu au téléphone avant n’ont que les contours de cette histoire. En tout cas, le bruit des vagues et des cigales en fond de notre appel me fait un bien fou et je raccroche avec le sourire pour commencer ma longue préparation.

Je brûle de curiosité, c’est invraisemblable. Je passe un temps infini à me préparer, à me lustrer des pieds à la tête pour mon rendez-vous amoureux de ce soir, la tête pleine d’hypothèses et d’incompréhension. Je ne comprends pas comment il est possible qu’il ne mente pas, qu’il ait une vraie explication pour tout ce qu’il s’est passé et je ne peux plus attendre le moment où il m’expliquera les choses. Et en attendant… Seigneur, enfin une soirée avec Hunter, une soirée pleine d’amour, de tendresse et surtout, de sérénité. Je ne peux plus attendre de me sentir enfin sereine, de voir ma vie s’éclairer comme le jour où j’ai vu l’océan pour la première fois et je ne peux que voir un signe en ce souvenir, le signe que je ne le savais pas encore, mais que l’horizon allait se dégager pour plonger ma vie dans un rêve aussi beau que le séjour que j’ai vécu à l’océan.

 Comme quoi… il faut accepter ce qu’il nous arrive, les étapes par lesquelles on passe, car le meilleur est toujours à venir.

*

En début de soirée, je me maquille légèrement, je passe ma robe la plus séduisante puis j’accroche mes sublimes boucles d’oreilles papillons et je suis désormais prête.

Mon dinosaure à clapet vibre sous un numéro que je ne connais pas à ce moment-là, mais un seul coup d’œil suffit pour que mes souvenirs comprennent qui a extorqué mon nouveau numéro à Alma.  

-         Hunter ?

-         « Tu es prête ? »

-         Oui, j’allais partir, je serai là dans un bon quart d’heure je dirais.

-         « Tu crois ça… ? »

Je trottine jusqu’à ma fenêtre de chambre, qui donne sur la rue, et j’y trouve bien évidemment l’Aston.

-         Tu es venu ! roucoule-je.

Il rit simplement avant de raccrocher et je file comme le vent le rejoindre. Dès que je mets le nez dehors, je retrouve la vision du paradis, de mon paradis. Hunter en costume, un bouquet énorme à la main et un sourire éclatant sur le visage. Je le rejoins en rougissant, tellement timide comparé à d’habitude, mais enfin heureuse.

-         Tu n’aurais pas dû… Il est magnifique, tu ne m’en as jamais offert un aussi beau, chuchote-je en l’observant de mes yeux émerveillés.

-         Joyeux anniversaire, répond-il en embrassant ma joue.

C’est une vraie flèche dans mon cœur, comme ça fait longtemps qu’il ne m’en avait pas envoyé, et je me presse contre ses lèvres en rougissant de bonheur. Il se détache de moi pour m’ouvrir ma portière et je serre mon bouquet contre moi, décidemment bien trop timide.

-         Tu es absolument renversante Hestia, mais ça n’a rien d’inhabituel.

-         Tu es très beau toi aussi, murmure-je d’une petite voix.

Il m’offre encore son sourire ravageur et je grimpe dans la voiture.

Il est étrange de ne pas tenir sa main alors qu’il conduit, étrange d’avoir pour l’instant perdu nos habitudes et en même temps, je crois que c’est parfait, parce que je sais désormais que je vais passer un rendez-vous avec lui, le vrai lui en toute transparence, et c’est la première fois.

-         Alors voilà… Je vais rencontrer le vrai Monsieur Grimmal ce soir, dis-je timidement.

Il hoche la tête sans quitter la route des yeux :

-         Oui… Je n’en reviens pas, nous y sommes… J’ai du mal à le réaliser… je ne peux pas croire que je vais me lever demain matin et que tu sauras tout.

-         Arrête d’en faire une affaire d’état ! Ça me stresse ! couine-je.

-         Pardon, rit-il doucement.

-         Tu n’as qu’à rien me dire ! Je me fiche de savoir ton travail !

-         Non, plus de mensonge ce soir, répond-il en me lançant un regard heureux.

Nous arrivons finalement chez lui, il ne me tient pas par la taille dans l’ascenseur, il reste à un petit mètre de ma personne, comme si nous faisions un vrai premier rendez-vous et mon cœur accélère doucement sous la bonne appréhension. Dès qu’il ouvre la porte, je reste stupéfaite en découvrant une petite table dressée entre la cuisine et le salon, sur laquelle brûlent des chandelles, seule lumière qui baigne la pièce avec douceur.

-         Je ne voulais pas qu’on soit chacun d’un bout de l’îlot comme à une conférence, se justifie-t-il.

-         C’est parfait, murmure-je.

Il attrape deux verres et sort une bouteille pour nous servir.

-         Alors voilà mon appartement…, plaisante-t-il.

-         Il est charmant, j’aime beaucoup, réplique-je en le regardant avec humour.

-         Et très bien placé, je suis à deux pas de l’université.

-         Qu’est-ce que tu étudies ? ronronne-je.

-         Le droit.

-         Ça alors, moi aussi, quelle belle coïncidence ! réponds-je en souriant.

-         Il faut croire que nous nous entendrions très bien, c’est dingue…, s’amuse-t-il en me tendant mon verre.

Je le porte à mes lèvres et je reconnais immédiatement le goût du vin – que j’ai qualifié une fois comme mon préféré lors d’une soirée banale – et je ne peux m’empêcher de lui sourire en réalisant qu’il a retenu l’information.

-         Tu es surprise que je t’écoute ? demande-t-il avec un sourire en coin.

-         Je suis surprise de la soirée que tu m’as préparée… parce que je devine déjà que ce sont des pâtes aux truffes dans cette casserole, chuchote-je.

-         Peut-être bien…

Il tire ma chaise et je m’installe à la jolie petite table qu’il a dressé. Avant de gagner sa place, il pose un baiser sur le sommet de ma tête et je rougis encore de plaisir. Il s’assoit en face de moi et croise ses mains sous son menton, la tête légèrement penchée et les yeux brillants tandis qu’il m’observe.

-         Quoi ? souffle-je.

-         Oh rien… je suis juste tellement heureux… Ces derniers mois ont été tellement difficiles pour nous… Je n’ai pas hâte de redéclencher une scène mais… lorsqu’elle sera passée, et j’espère que tu me pardonneras et qu’elle passera, toutes mes peurs s’envoleront… Parce que tu sauras qui je suis entièrement, je n’aurai plus à mentir, plus à sortir de la pièce quand je décroche, plus à te cacher ce que je fais… c’est juste dingue. Je ne sais même pas pourquoi j’ai eu peur, pourquoi je ne t’ai pas tout dit alors que j’ai vu immédiatement que tu étais… toi…

-         Je ne comprends rien, glousse-je.

Il hausse les épaules et décroise finalement ses mains pour boire.

-         Tu te donnes du courage ? plaisante-je.

-         Oh oui.

-         Alors lance-toi ! Tu as bu ! piaille-je.

-         Hors de question, je veux profiter d’un tête à tête calme avant l’orage.

-         L’orage ? m’inquiète-je.

-         Je te connais, j’imagine bien que tu vas grincer des dents alors que nous allons aborder mes mensonges Hestia.

-         C’est possible, soupire-je. Alors fais-moi passer une jolie soirée d’ici là.

Et il le fait, parfaitement, comme toujours. Nous abordons plus en détail mon mois au bord de l’océan en mangeant une petite entrée délicieuse, je lui raconte tout ce que je ne lui ai pas déjà dit, je lui décris les lieux pour qu’il les visualise, je lui relate la joie immense de Calyouk, la soirée où j’ai pu jouer du piano lorsque le pianiste engagé a pris sa pause, les baignages fraiches que j’ai tenté, mes lectures paisibles dans le jardin de Sélène, les cartes postales que j’ai acheté pour avoir des souvenirs, les jus de fruits frais que j’ai bu en observant la mer, les quelques coups de soleil que j’ai subi avant d’acheter de la crème solaire… Il écoute tout avec un grand sourire, il pose des questions, il s’intéresse au moindre détail et la conclusion du tout est qu’il aurait adoré être là-bas avec moi.

-         Je t’y emmènerai, affirme-je.

-         Je suis déjà impatient de découvrir ton paradis… le château d’Hestia est-il localisé à la mer désormais ? demande-t-il en souriant.

-         Non… je crois que cet endroit doit rester une douceur de vacances, un lieu duquel je repars, pour garder son impact et ses bienfaits, pour l’attendre toute l’année, réponds-je pensivement.

-         Je comprends… je t’y emmènerai cet été…, ajoute-t-il timidement.

-         Je t’y emmènerai cet été, ne t’approprie pas mon trésor, réplique-je en me penchant vers lui.

-         Tu m’y emmèneras tous les été alors…, chuchote-t-il en se penchant à son tour.

Je suis déjà complétement hypnotisée, mes yeux tombent sur ses lèvres que je n’ai pas embrassé depuis un mois, que j’ai d’ailleurs embrassé à peine quelques jours en trois mois de temps…

-         Je ne veux plus qu’on se sépare, murmure-je avec sérieux. Ça me fait trop de peine, je ne vis pas quand je ne suis pas avec toi, je survis à peine Hunter… J’ai l’impression que… que je ne suis pas complète quand tu n’es pas là…

-         Nous ne sommes qu’une même âme dans deux corps Hestia, chuchote-t-il.

Ma tête tourne doucement avec le vin, la faible luminosité n’aide pas et je me penche de plus en plus vers lui sans quitter ses lèvres des yeux. J’ai bien l’impression qu’il se penche un peu plus, que nous ne sommes pas loin de pouvoir nous embrasser, mais il se reprend et se redresse au dernier moment.

-         Tu ne veux pas m’embrasser ? m’inquiète-je.

-         Non… Je veux que notre prochain baiser soit le bon Hestia, je ne veux plus t’embrasser en ayant peur que tu ne t’échappes encore, je ne veux plus me remplir d’espoir, être plus heureux que jamais dans ma vie et te voir encore t’évanouir entre mes mains… Alors tu m’embrasseras après notre discussion, si c’est ce dont tu as toujours envie.

J’hoche la tête, triste mais compréhensive, et il se lève avec nos assiettes pour aller me servir mon plat préféré sous mes yeux heureux.

-         Ma petite seconde m’a manqué en cuisinant…, soupire-t-il.

Il dépose nos assiettes et nous dégustons nos pâtes en discutant de futilités sur un ton tendre en nous dévorant des yeux. Lorsque nous en arrivons au dessert, il me sort notre champagne de Noël, qui coûte un bras mais qui a le mérite de faire chanter mes papilles gustatives. Je découvre qu’il nous a préparé un dessert qui devient immédiatement mon préféré, de la crème brûlée à la vanille d’un goût absolument exquis, qui tranche avec toutes celles que j’ai déjà pu goûter en cafétéria et qui n’avait pas de goût. Celle d’Hunter est croquante en surface, fondante à l’intérieur, douce sur la langue grâce à la vanille, gourmande grâce au caramel et je me damnerais pour en manger régulièrement.

-         Tu t’es surpassé, tu viens de trouver mon menu préféré… C’était délicieux, soupire-je.

-         Et ce n’est pas fini.

Je fronce les sourcils et il disparait pour sortir du four un petit gâteau sur lequel il a planté des bougies. Je rougis jusqu’à la racine des cheveux tandis qu’il me l’amène et je souffle mes bougies d’anniversaire sous ses yeux amoureux.

-         Tu as fait un vœu j’espère ? demande-t-il gentiment.

-         Bien sûr, j’ai souhaité que nous nous mariions, réponds-je avec honnêteté en souriant.

Il éclate de rire avant de se pencher tout près de moi :

-         Pour que le vœu fonctionne, nous ne sommes pas exactement censés le dire à voix haute mon cœur…, chuchote-t-il avec tendresse.

J’en perds mon sourire, soudain plus qu’inquiète :

-         Tu penses que parce que je l’ai dit, ça veut dire qu’il ne se réalisera pas ? couine-je avec détresse.

-         Celui-là se réalisera quand même…, affirme-t-il d’une voix douce.

Ma bouche s’entrouvre, mes joues s’enflamment et je suis attirée irrésistiblement jusqu’à lui, comme si ma vie en dépendait, et nos lèvres se rapprochent inexorablement les unes vers les autres. Il dévie au dernier moment pour les poser sur ma joue et je ferme les yeux sous le soulagement de les sentir contre ma peau. Je reste contre ses lèvres un long moment, nous ne bougeons plus, nous nous remplissons de ce contact et lorsqu’il se détache finalement de ma joue, il me tend deux cadeaux que je n’avais même pas vu.

-         Arrête de dépenser pour moi ! geins-je.

-         C’est ton anniversaire ! Et ce n’est franchement pas grand-chose…

J’attrape le premier, je déchire le papier sombre et je me sens toute bête de me retrouver face au téléphone qu’il m’avait déjà offert, dans une boite pourtant neuve, bien que déjà ouverte.

-         Je ne comprends pas… Tu l’as remballé ? m’étonne-je.

-         Non… c’est un nouveau… En fait, j’ai cassé le mien au reste, alors j’ai pris le tien après ton départ et… je ne sais pas, ça devait être le tien, je l’aime d’amour je… j’avais l’impression d’avoir un petit bout de toi dans la poche… je n’arrive pas à envisager d’en acheter un autre.

-         Hunter… il était inutile de m’en racheter un… Tu aurais juste dû garder l’autre pour toi et j’aurais utilisé mon clapet.

Il lève les yeux au ciel :

-         Arrête de dire des bêtises. Et puis c’est la troisième fois que je t’offre ce téléphone, alors tu pourrais t’y habituer à force ! me taquine-t-il.

Je rougis furieusement sous la honte, mais avant que je n’ai pu dire quoi que ce soit, il relève mon menton de ses doigts en me suppliant de ne pas l’embêter et d’accepter mon cadeau d’anniversaire, alors j’accepte malgré ma culpabilité. Il m’apprend ensuite qu’il a déjà configuré mon téléphone avec toutes mes applications et j’ai le bonheur d’allumer l’écran pour trouver notre photo à tous les deux. Je ne perds pas de temps et j’enfile rapidement ma carte SIM dedans sous les yeux d’Hunter tandis que je piaille d’excitation à l’idée que nous avons désormais exactement le même téléphone.

 Il me donne ensuite mon deuxième cadeau :

-         Je les ai trouvé cet après-midi... Ce n’est pas grand-chose… mais j’ai beaucoup aimé le principe et je crois qu’ils te plairont énormément.

Je fronce les sourcils en l’ouvrant, et je découvre une boite dans laquelle sont posés deux drôles de bracelets. Ils sont un peu épais, dans une drôle de matière noire, avec un petit cercle en or chacun sur le dessus. L’un d’eux arbore un soleil et le deuxième une lune, gravés dans les petites médailles dorées.

-         Ce sont des bracelets pour nous deux ? m’enthousiasme-je.

-         En fait, ce sont des bracelets connectés pour être précis. Ils sont liés à nos téléphones, et sont ainsi reliés à internet…, commence-t-il.

-         Quoi ?! Mais pourquoi donc ? m’étonne-je.

-         Et bien, le principe est un peu particulier, mais en théorie, si l’un de nous deux appuie sur le sien, le deuxième vibre légèrement…

J’appuie sur la petite lune et le bracelet avec le soleil vibre doucement sous mes yeux surpris.

-         Puisqu’ils sont liés à nos téléphones, il n’y a pas de limite géographique. Je me suis dit que tu aimerais pouvoir m’envoyer un petit signe où que tu sois et recevoir un petit signe en retour, que ce soit parce que tu paniques pendant un partiel, parce que tu es au volant ou parce que tu as simplement besoin d’un petit soutien rapidement… Je ne sais pas, je me suis dit que ça t’apaiserait et te rassurerait…

J’écarquille les yeux et il continue :

-         Et comme tu as une tendance un peu trop régulière à disparaitre dans la nature sans me donner de nouvelles, j’aimais l’idée de pouvoir te montrer concrètement que je pense à toi… que je suis là, que je t’aime, que je ne suis jamais bien loin si tu as besoin de moi… Je … j’étais sûr que ça t’apaiserait.

-         Hunter…, souffle-je en fixant les bracelets. Ce cadeau est incontestablement le plus beau que tu ne m’aies jamais fait, le plus… parfait… je ne sais même pas quoi te dire je… je n’en reviens pas.

J’appuie encore sur la lune et le soleil s’agite dans la foulée, me remplissant d’un sentiment profond de sécurité et de soutien.

-          Je ne sais pas comment tu te débrouilles pour toujours me cerner à ce point, pour toujours trouver des façons de me rassurer…Je ne comprends pas…, murmure-je.

-         Parce que je te connais… je sais comment tu fonctionnes, je sais comment t’armer pour affronter les choses qui peuvent t’inquiéter et te rendre anxieuse… Ce cadeau peut paraitre anecdotique pour beaucoup, mais dès que je l’ai vu, j’ai su qu’il serait parfait.

Je me lève de ma chaise sans un mot et je contourne la petite table pour me planter à côté de lui. Je respecte son choix et j’attrape sa tête pour embrasser sa joue malgré mon envie terrible de l’embrasser vraiment. Il a l’air heureux comme tout, et je finis même par passer mes bras autour de son cou pour l’embrasser plus longuement et plus amoureusement tout près de ses lèvres sans les toucher pourtant.

-         Merci… Je t’aime Hunter, murmure-je.

-         Je t’aime aussi.

Nous enfilons ensuite nos nouveaux bracelets et il est étonné que je lui donne la lune.

-         Je pensais que tu la garderais, que tu l’associerais à toi, comme quoi je peux encore me tromper, commente-t-il pensivement.

-         Tu ne te trompes pas, il est évident que je suis la lune et toi le soleil, c’est bien pour ça que je le veux à mon poignet et que mon soleil vibre quand tu penses à moi, explique-je en souriant.

-         Voilà qui m’étonne beaucoup moins, répond-il en me rendant mon sourire.

Nous passons une petite minute à appuyer chacun notre tour sur nos bracelets et je m’émerveille de sentir la vibration chaque fois qu’il appuie sur le sien. Il joue le jeu patiemment, jusqu’à ce que j’intègre le magnifique cadeau qu’il vient de me faire et je me visualise déjà appeler son soutien dans toutes les situations possibles et inimaginables.

-         Je n’imagine pas la tête de Winston lorsque je ferai vibrer le tien au travail ! glousse-je.

Je réalise ensuite l’absurdité de ce que je viens de dire :

-         Enfin… il n’aura a priori rien à dire puisque c’est toi le patron finalement…, murmure-je en haussant les sourcils, toujours aussi scotchée par la nouvelle après un mois.

Nous échangeons un drôle de regard, et je sens que nous y sommes, c’est le moment, je vais enfin apprendre la vérité. Il hoche simplement la tête, comme pour se donner du courage et je me rassois en face de lui, prête à l’écouter.




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