Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 148 : La nouvelle vie

Par bzllrose

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Chapitre 148 : La nouvelle vie


Dès que j’ouvre les yeux sur le premier jour dans mon paradis définitif, je tombe sur son visage heureux, alors qu’il a la tête posée dans une main.

-         Où est mon petit-déjeuner de princesse ? Tu as bien quelques hommes de main pour aller m’acheter des croissants le matin ?! plaisante-je immédiatement.

-         Il t’attend à la cuisine… en revanche, je suis le seul homme qui ira t’acheter des croissants…, répond-il en souriant.

Je remarque alors qu’il est complétement habillé et j’hausse les sourcils :

-         J’ai vraiment un petit déjeuner ?! couine-je.

-         Bien sûr, tu dormais comme un loir, il fallait bien que je m’occupe le temps que ma petite princesse daigne ouvrir les yeux.

-         Je dormais comme un loir à cause de ta performance…, roucoule-je en enlaçant sa nuque.

Il rit à gorge déployée tandis que je le tire à moi pour me glisser dans son cou pour le couvrir de baisers et de morsures carnassières.

-         Je suis heureux que tu en rie mon cœur… sincèrement… j’avais peur que tu ouvres les yeux et que tu … je ne sais pas…

-         Tu m’as très clairement dit hier que tu ne voulais plus m’embrasser tant que tu n’étais pas sûr que je ne partirais plus… je respecte ça, je ne t’aurais jamais embrassé si j’avais eu le moindre doute…

-         Oui mais… avec la nuit…

-         Hunter, je ne suis pas du genre à hésiter cent sept ans… Je suis plutôt du genre à prendre une décision et à m’y tenir…

-         C’est vrai, rayonne-t-il en le réalisant. Alors tu ne pars plus ?

-         Plus jamais, confirme-je.

-         Alors debout ma petite princesse ! A table ! reprend-il joyeusement.

Il se lève du lit pour me tendre ses mains, et dès que je les attrape, il me redresse vivement pour me mettre sur mes pieds.

-         Je suis toute nue ! couine-je.

-         Ça ne me pose pas particulièrement de problème…, réplique-t-il avec un sourire en coin.

Je glousse bêtement en attrapant sa chemise par terre, que je serre autour de moi sans même prendre la peine de la boutonner puisque je trottine déjà à la cuisine à la recherche des douceurs que je sais que je vais trouver. Et évidemment, je trouve la totale sur la table, comme bien souvent.

-         Merci ! piaille-je.

J’ai à peine le temps de me percher sur ma chaise haute que son portable vibre. Il s’excuse et le décroche avant de partir sur la terrasse, mais la différence est bien là, puisqu’il laisse la baie entrouverte et que je peux entendre ce qu’il raconte à Winston. Je me mets en travers de ma chaise, les jambes croisées, pour l’observer en grignotant mon croissant. Il fait les cent pas distraitement, avec sa petite mine concentrée, les yeux perdus dans le vague sous ses réflexions. Je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il raconte, mais je comprends que ça parle de rendez-vous visio avant une rencontre officielle avec des candidats.

Tout ça relance ma curiosité, cette situation est inédite, aussi délicieuse que mon croissant et j’ai encore du mal à croire que je sois désormais au courant. Je suis pensive de bon matin, j’ai déjà plein de questions en tête puisque nous n’avons pas tant abordé le sujet que ça et que je ne sais même pas concrètement ce qu’il fait…

Lorsqu’il rentre, je lui souris distraitement et il me retourne un sourire absolument éblouissant, sans doute heureux comme tout que je sois dans le « secret ». Il prend la chaise à côté de la mienne plutôt que celle d’en face, pour venir tout près et passer un bras sur ma taille en attrapant un croissant de l’autre.

-         Des candidats ? demande-je.

-         Oui, nous sommes contactés par des gens qui veulent que j’investisse dans leur boite.

-         Alors c’est bien ça que tu fais ? Tu places ton argent dans des choses que tu juges prometteuses ? vérifie-je.

-         Et bien, c’est ce que j’ai fait les premières années, mais si j’ai eu beaucoup de travail dernièrement, c’est parce que ça fait une petite année que je me lance dans des choses plus risquées…

-         Ah bon ? m’étonne-je.

-         C’était le but de l’entreprise, le but de mon père, réussir à avoir une affaire qui roule suffisamment bien pour se permettre d’aider des gens avec des idées dont ils rêvent. Ça fait des années que je ne vais que vers la sûreté, que les entreprises que je finance sont des réussites complètes, que j’accumule l’argent… Et maintenant que j’ai des actions dans ces boites, que j’ai investi dans de l’immobilier, que la machinerie roule pratiquement toute seule…Je me suis dit qu’il était temps de me lancer dans ce projet. J’ai contacté des petites boites avec beaucoup de rêves mais pas de moyens, qui étaient pratiquement en faillite ou qui n’arrivaient pas à se lancer… Ça a fait un effet boule de neige… puisque j’ai contacté ces petites boites qui n’auraient jamais prétendues à mes fonds, l’information s’est diffusée et des centaines de petits indépendants m’ont envoyé leurs projets, leur business plan et tout le toutim. Je ne sais pas si c’est clair, je simplifie les choses pour que tu comprennes.

-         C’est très clair, tu as investi dans des grosses boites, gagné des millions qui se multiplient tout seuls et tu investis maintenant enfin dans ce qui t’intéresse vraiment, en te penchant plus sur l’humain et le projet que sur le fait que ça cartonne, réponds-je en souriant.

Il me lance un regard rayonnant :

-         Mais c’est tout à fait ça Mademoiselle…, répond-il en se penchant.

Il fait mine de venir m’embrasser, j’ai déjà la tête penchée et les yeux qui se ferment lorsqu’il dévie soudain pour engloutir le bout de croissant qu’il restait dans ma main. J’affiche ma tête la plus outrée et il éclate de rire comme un sale gosse, fier de sa bêtise.

Je le regarde avec les yeux de l’amour en secouant doucement la tête, heureuse de le voir rire aux éclats. Il est drôle d’imaginer qu’Hunter n’est pas en train de jouer un rôle, qu’il n’est pas simplement mon petit-ami rieur et tendre mais aussi un homme d’affaire à l’intelligence remarquable… qu’il était réellement en train de parler avec Winston de gens qui existent, qui candidatent avec espoirs pour obtenir des fonds, qui pourraient changer toute leur vie, réaliser leurs rêves…

-         Je suis tellement impressionnée…, souffle-je.

-         Quoi ?! s’amuse-t-il.

-         Tu es tellement intelligent que tu as réussi à relancer cette entreprise de zéro après avoir acheté ton appartement et ta première voiture… Tu avais déjà l’entreprise sur le papier, mais tu as tout repris de zéro, tu l’as fait décoller grâce à ton sens des affaires, à ton don, tu as dépassé ton père en quelques années, jusqu’à en amasser des millions… C’est invraisemblable, je n’imagine même pas le nombre de placements que tu as dû faire au début pour en arriver à brasser des sommes pareilles… des dizaines ou des centaines de placements qui ont tous fonctionné, qui t’ont fait gagner de l’argent que tu as réinvesti aussi sec… Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point c’est impressionnant d’un point de vue extérieur, le jeune homme de génie, qui n’aura pas fait un seul faux pas… C’est juste extraordinaire…

-         Hestia…, murmure-t-il en rougissant.

-         Non, vraiment. Et tu n’imagines pas comme je suis fière de l’homme que tu es, de l’homme que j’aime… qui pourrait être arrogant, habiter sur le « rooftop » d’une station balnéaire sur la côte, se déplacer en jet privé pour aller acheter ses macarons préférés… Mais non, tu poursuis tes études, tu habites avec ton meilleur ami dans un soixante-dix mètres carrés, tu donnes des cours d’auto-défense gratuitement à des femmes qui en ont cruellement besoin et tu es le meilleur petit-ami qu’il soit possible d’être…

Il rougit plus fort encore et baisse automatiquement le nez pour me le cacher, comme il l’a toujours fait. J’attrape son menton pour lui relever et planter mes yeux dans les siens :

-         Je ne sais pas trop ce que ça vaut, mais je suis tellement fière de toi mon amour, fière d’être ta petite-amie, fière d’avoir le meilleur homme de ce monde à mon bras…

-         Ton avis est le seul qui m’importe, murmure-t-il.

Il se penche pour m’embrasser en passant son pouce sur ma mâchoire et notre baiser est long, tendre, juste aussi parfait que lui.

-         Tu es comme une usine à rêves…, dis-je pensivement lorsqu’il se détache de moi.

-         Qu’est-ce que tu racontes encore mon cœur… ? répond-il en souriant.

-         C’est ce que tu fais maintenant, tu vas à la rencontre de gens qui ont des projets et des rêves, tu leur donnes leur chance de te convaincre, tu les écoutes, tu les comprends, tu t’intéresses à leurs projets… Et c’est toi, Hunter Grimmal, qui décide d’accepter ou non d’investir, de donner à ces gens de l’argent au risque de le perdre pour leur dire que tu es avec eux, que tu les soutiens, que tu crois en leurs rêves… Je crois que tu fais le plus beau métier du monde.

-         Je ne l’ai jamais vu comme ça, chuchote-t-il en fronçant les sourcils.

-         Et c’est pourtant ce que tu fais, tu réalises les rêves de ces gens. Tu es passé de la rue à ce que tu es aujourd’hui, avec un peu d’aide d’accord, mais quand on voit le point que tu as atteint, je ne peux que considérer que tu te le dois entièrement. Tu as passé ton enfance à te dire que tu serais ton propre guerrier, et regarde-toi aujourd’hui, grâce à ce que tu as accompli, tu es le guerrier des autres… tu n’es même plus un guerrier, tu es un marchand de rêves Hunter, et il n’y a rien de plus beau à mes yeux.

Il rougit encore en détournant la tête, faisant mine de s’intéresser à une petite saleté qui n’existe pas sur l’îlot.

-         Arrête d’être aussi gêné par mes compliments, tu les mérites, ajoute-je gentiment.

-         Je suis touché par ce que tu me dis, on m’a déjà fait des compliments de ce genre, Winston n’arrête pas… mais venant de toi c’est… autre chose, admet-il d’une petite voix sans me regarder.

Il me lance un petit regard et après un nouveau baiser pour lui faire oublier sa gêne, je reprends mes petites questions :

-         Alors dis-moi, tu as déjà investi dans beaucoup de petites entreprises cette année ?

-         Tu te souviens du fichier Excel ?

-         Oui… ?

-         C’est le fichier des chiffres d’affaires des entreprises « à risque », simplement pour voir chaque mois les bénéfices ou les déficits, c’est plus compliqué mais tu as l’idée.

-         Quoi ?! Mais il y en avait des tas ! couine-je.

-         Oui, parce qu’une grosse partie de ces entreprises sont simplement des petits indépendants qui m’ont convaincu, des entreprises qui demandaient trois fois rien pour se lancer, entre dix et trente mille… Je les donne à la pelle si le projet me semble bon et bienveillant.

Je ne peux m’empêcher de cligner des yeux lorsqu’il me dit une chose pareille et je préfère en plaisanter :

-         Dis-donc mon amour… J’envisageais de créer une super invention qui révolutionnera le monde… tu n’aurais pas trente mille euros pour moi ?

Il éclate de rire avant de poser un coude sur la table et le menton dans sa main :

-         Je t’écoute ? Vends-moi ton projet ?

-         Euh… j’envisage d’inventer un genre de téléphone incassable et imperdable pour les cas désespérés comme le mien, invente-je.

-         J’investis tout de suite Mademoiselle, rien à voir avec votre grande beauté…, répond-il d’une voix charmeuse.

-         Alors à moi les trente mille euros ! pouffe-je.

-         Et qu’est-ce que tu en ferais… ?! rit-il.

-         Je ne sais pas, je louerais un appartement plus grand que ma chambre étudiante…

-         Celui-là ne te convient pas ?

-         Bien sûr que si, mais… je ne suis pas vraiment chez moi, réponds-je en rougissant.

-         Je ne vois pas pourquoi, tu avais plus ou moins décidé de venir y habiter avant tout ça, répond-il timidement.

-         Je suis toujours la bienvenue ?

Il lève les yeux au ciel :

-         La vraie question n’est pas si tu es toujours la bienvenue, c’est de savoir si oui ou non tu veux revenir habiter avec moi ? réplique-t-il.

Je rougis jusqu’à la racine des cheveux pour toute réponse et il affiche un sourire timide :

-         Alors qu’est-ce qu’on attend pour aller chercher tes affaires à l’hôtel ? Pour ramener tes affaires à la maison… ? murmure-t-il.

-         On attend que tu veuilles bien y emmener ta princesse…, ose-je répondre d’une petite voix.

Et un quart d’heure plus tard, je suis douchée et assise dans sa voiture, alors qu’il tient ma main enlacée à la sienne sur le levier de vitesse, son visage fendu par un magnifique sourire tandis qu’il observe à tour de rôle le paysage par la fenêtre ouverte, la route, et ma personne.

 Il règle ma chambre pendant que je fais mon sac et nous revoilà en voiture en train de filer dans les rues.

-         Je n’arrive pas à croire que j’emménage encore, pouffe-je.

-         Je n’arrive pas à croire le nombre de fois où tu es partie sans prévenir, soupire-t-il.

-         Ça n’arrivera plus Hunter, je te demande pardon.

-         Il n’y a pas de souci, tu fais bien ce que tu veux mon chat… tu es libre… ce n’était juste pas facile d’attendre ton retour à chaque fois…, répond-il en fronçant les sourcils.

-         Tu n’as jamais douté que je reviendrais ? demande-je avec curiosité.

Il embrasse nos mains enlacées pensivement avant de répondre :

-         La première fois, je n’ai pas compris cette disparition soudaine… je… j’étais dans l’incompréhension et j’espérais que tu reviendrais un jour au fond de mon cœur. J’ai cru que c’était vraiment fini le jour où je t’ai vu tenir la main de ce… con de Kai. Là, le choc a fait très, très mal… mais heureusement, tu es revenue cette nuit-là. La deuxième fois, j’étais sûr et certain que tu reviendrais, je savais que c’était cet idiot qui t’avait retourné la tête mais je me doutais malheureusement qu’il merderait à un moment donné et que tu reviendrais comme la première fois… Le plus dur était de ne pas savoir si ça durerait six mois ou des années… Et la troisième fois, j’ai quand même bien eu la frousse.

-         La frousse ? m’amuse-je.

-         Si tu avais vu ta tête Hestia… les hurlements que tu poussais… J’ai compris que je t’avais fait peur, que tu avais compris que j’avais menti… Je savais que tu ne reviendrais pas de toi-même cette fois, je savais qu’il allait falloir que je t’explique tout de A à Z pour que tu comprennes, pour que tout redevienne simple dans ton esprit… Mais tu étais introuvable…, chuchote-t-il.

-         Tu m’as cherché en ville ? demande-je.

-         Oui, et j’ai envoyé mon détective privé à ta recherche.

-         Quoi ?!

Il me lance un regard coupable en rougissant un peu :

-         Tu es l’amour de ma vie ! Je n’allais pas te laisser filer sans tout t’expliquer au moins une fois et te laisser décider après ça ! Surtout vu ta réaction apeurée !

-         C’est ton privé qui est venu toquer chez Sélène avec une photo de moi… ?

-         Oui, avoue-t-il honteusement. Il a commencé ses recherches par les bus, les trains, les taxi… Il a pu remonter aux billets que tu as acheté, il est allé jusqu’à la ville où il menait et il y a fouillé tous les hôtels, les auberges, les chambre chez l’habitant… il a tout écumé…

-         Mais il ne m’a pas trouvé, Sélène lui a dit qu’elle ne m’avait jamais vu, souligne-je.

-         Oui, alors il a repris depuis ton départ de la ville. Il a fait la même chose pour toutes les villes où ton train avait fait une halte… mais rien…

-         Seigneur, mais quel travail de fourmi ! m’exclame-je.

-         Il est bien assez payé pour ne pas se plaindre, ronchonne-t-il.

-         Tu es dingue Hunter… tu es un cinglé avec beaucoup trop d’argent…, l’embête-je.

Il sourit simplement sans quitter la route des yeux et je soupire :

-         Et donc la dernière option était les partiels ?

-         Oui, mon dernier espoir… Je ne voulais pas te perturber au cas où tu y sois, alors je ne suis venu que le dernier jour et la suite, tu la connais. Et heureusement que je suis venu…

Je me penche vers lui pour embrasser sa joue et j’aime le sourire d’idiot que j’y crée automatiquement alors que nous nous garons chez lui. Chez nous.




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