Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 156 : Les Bûcherons

4115 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/08/2026 11:37

Chapitre 156 : Les Bûcherons


Nous émergeons vers neuf heures du matin, à cause d’un appel de Winston. Hunter répond depuis le lit, sans même ouvrir les yeux, la voix toute endormie après la nuit de sommeil qualitative que nous venons de passer.

Il acquiesce en grognant plus qu’autre chose et lorsqu’il raccroche, je vais me lover contre lui.

-         Qu’est-ce qu’il voulait ? demande-je en baillant.

-         Il ne sera pas là cet après-midi, il doit gérer un meeting à l’entreprise pour un autre investissement… mais il voulait me rappeler que nous étions attendu pour seize heures chez les Sinclair… Ce n’est pas courant, on nous convie en général dès le matin ou en tout début d’après-midi… Mais en même temps, il n’y a pas grand-chose à nous montrer je suppose...

Il m’agace et je les défends automatiquement, sans même relever le nez de son torse :

-          Mais non, c’est parce qu’ils savent qu’ils n’ont besoin que de deux heures pour te convaincre !

Il rit doucement en refermant ses bras autour de moi pour me serrer contre lui et je souris.

-         A quelle heure faut-il partir d’ici pour être là-bas à quatre heures ? demande-je.

-         Vers quatorze heures… Ça nous laisse toute une matinée et un midi pour te faire visiter la capitale mon cœur…, murmure-t-il d’une voix endormie.

J’ouvre les yeux en grands, déjà toute excitée par la perspective et je me redresse vivement.

-         Ça doit vouloir dire que je dois me réveiller… et vite fait ! rit-il doucement.

-         Oui ! m’excite-je.

Il se redresse pour frotter son visage alors que je saute déjà sur mes pieds pour filer me préparer.

Une heure plus tard, nous sommes en plein centre de la capitale et je traine Hunter par la main dans tous les sens au gré de mes envies pour visiter la ville. J’ai adoré mon après-midi au musée hier, mais j’apprécie aussi de pouvoir me déplacer dans la capitale en toute sécurité avec mon garde du corps personnel.

Je le traine dans un musée d’art, manger une glace, voir quelques monuments historiques, observer des musiciens dans la rue, jeter une pièce dans une fontaine, acheter quelques souvenirs, puis dans un restaurant très bien noté.

 Pour le début d’après-midi, il décide qu’il veut m’acheter une robe puisque j’ai dû porter ma plus élégante hier soir et il m’emmène dans des boutiques hors de prix malgré ma réticence.

Je suis pourtant fière comme un paon une demi-heure plus tard, lorsque nous ressortons d’une belle boutique avec deux jolies robes griffées, qu’il a insisté pour m’offrir en me voyant les essayer. Nous repartons ensuite flâner dans les rues pour profiter de notre dernière heure ici en amoureux.

Notre dernier achat est une casquette ridicule, un attrape touriste vert pétant avec un gros sigle rouge représentant la ville brodé sur le devant. Hunter est plié en deux en me voyant l’essayer sur un stand sauvage en bord de rue, et il me la prend en me suppliant de la mettre lorsque je jardinerai sur notre terrasse. Pour le faire rire, je la visse sur ma tête et nous partons comme ça pour la montagne des Bûcherons. Il glousse chaque fois qu’il tourne son regard vers moi et qu’il me voie avec ma casquette rococo, en soutenant qu’il n’y a que moi qui puisse rendre mignonne une casquette aussi laide.

*

La menuiserie des Sinclair est isolée, perchée en haut d’une montagne absolument magnifique. J’en prends plein les yeux alors qu’Hunter roule tranquillement le long des longues épingles qui gravissent la montagne. Je trouve les nombreuses sapinières aussi jolies que les immenses champs alpins où broutent des troupeaux, et je prends même des photos chaque fois que des cours d’eau cristallins traversent les pâturages.

-         On dirait une carte postale…, soupire-je en secouant la tête. C’est vraiment magnifique… quand je pense que je n’étais jamais sortie de la ville avant décembre dernier… Depuis que je te connais, j’ai l’impression que je ne fais que voyager. J’ai découvert une montagne enneigée en hiver, la mer, la capitale et une montagne en « été » … Tout ça en cinq mois…

-         La plage est une triste histoire, dit-il avec un ton peiné.

-         Peu importe, ça m’a permis de découvrir un lieu très cher à mon cœur et c’était tout de même à tes frais ! glousse-je.

Voilà qui lui rend le sourire et il me demande un classement de mes lieux préférés, ce que je fais en continuant d’admirer le paysage. L’hôtel de Sélène arrive évidemment en première position, la capitale en dernier et les montagnes se battent en duel.

Nous arrivons finalement à destination, devant un immense portail en bois magnifique, ouvert pour notre arrivée. Nous nous engageons donc sur le grand chemin en cailloux, qui serpente à travers un domaine sublime, peuplé d’arbres, d’animaux et d’une jolie rivière. L’endroit est féerique si on oublie l’énorme bâtiment que j’imagine bien être l’atelier, et Hunter se dirige vers un trio de grandes bâtisses à l’ancienne, rénovée avec goût, où sont garées les berlines de ses employés qui nous attendent.

Ça me fait décidément drôle d’arriver avec le patron, dans sa voiture qui ronronne son statut, alors que j’avais l’impression que nous étions simplement en voyage entre amoureux depuis notre lever.

Pourtant, mon sentiment est radicalement différent de la veille. Les Bûcherons ont installé d’immenses tables magnifiques dehors, sur lesquelles sont posés des plats visiblement fait maison tandis qu’ils discutent avec « nos » hommes. Il y a visiblement plusieurs familles, les trois frères j’imagine, avec leurs épouses et leurs enfants qui jouent autour. Ils sont souriants, décontractés, habillés en grosses chemises à carreaux tandis que les femmes portent de jolies robes fleuries… Le contraste avec nos hommes est dingue, puisqu’ils sont tous en costumes avec des airs sérieux bien qu’avenants, et je ne peux m’empêcher d’être encore une fois fière que mon homme débarque dans son éternel sweat et ses rangers, plutôt qu’en costume rigide au milieu de ces bons vivants.

Nous descendons de voiture et je remarque celles de mes Bûcherons, qui sont loin d’être de petites voitures, témoignant de la prospérité de leur entreprise. Je les aime automatiquement, parce que je les associe à Hunter, à des gens aisés qui gardent des valeurs que j’aime, des caractères simples et accueillants, de la nourriture maison, des animaux plein leur immense parc arboré et des sourires éclatants… Je sais bien que je ne suis pas objective, mais quand je vois la différence entre les Alimentaires dans leur labo futuriste et mes Bûcherons dans leur grand ranch familial, j’estime que j’ai de bonnes raisons de pencher en leur faveur selon mes critères.

Hunter pose une main légère sur ma taille, sans doute histoire de clarifier d’entrée de jeu ma « position dans l’entreprise », puisqu’il est évident quand on me regarde que je ne suis pas employée dans cette boite et qu’on pourrait rapidement se demander si je suis sa sœur, sa poule, sa petite amie ou juste une fille qu’il a ramassé en stop sur la route…

Je tombe des nus face à l’accueil que nous recevons, que je reçois.

Je suis prise en considération au même titre que les hommes présents, peut-être même plus, puisqu’on me salue galamment en premier et que les femmes de mes Bûcherons ont une grosse tendance à plus me parler qu’à eux. Je me sens si à l’aise que je lâche rapidement le flanc d’Hunter, alors que je grinçais des dents chaque fois qu’il s’éloignait de plus de dix centimètres à la soirée des Alimentaires.

Hunter discute déjà affaires avec les frères et je me fais naturellement entrainer par les trois femmes à l’ombre d’un pommier sous lequel se situe une des longues tables. On me sert à boire tandis que je pose toutes les questions qui me viennent, qui n’ont rien à voir avec les chiffres sérieux que demandent les Winston mais plutôt avec leur vie en haute-montagne et l’histoire de l’entreprise. Dès que les femmes commencent à me raconter l’histoire du domaine il y a six générations, deux des frères viennent naturellement se greffer à mon groupe et m’expliquent tout dans les moindres détails.

Hunter nous regarde avec des yeux aussi surpris qu’heureux et je rayonne de me sentir inclue, de voir ces deux menuisiers passionnés par leur travail et fiers de leur famille. Le troisième frère reste par politesse avec nos hommes à discuter des chiffres barbants que nous connaissons très bien, puisqu’il est celui qui gère l’administratif de l’entreprise plutôt que le bois.

Je suis passionnée par ce qu’ils me racontent, émerveillée par les sapinières qu’ils me pointent du doigt en m’expliquant que ce sont les forêts originelles, qui ne servent désormais plus puisqu’ils ont d’immenses sapinières plus loin dans la montagne mais qui sont très chères à leur cœur. On m’explique tout ce qui m’intéresse, la recherche de design organique par les femmes, qui explorent la créativité pour proposer des nouveauté dans la veine de leurs bestsellers, les deux frères qui travaillent le bois au même titre que les hommes qu’ils emploient, leurs enfants qui s’épanouissent dans ce ranch en s’occupant des animaux, les dons qu’ils font à des associations du coin… Je les trouve parfaits, je ne comprends même pas comment Hunter peut hésiter une seule seconde à investir dans leur entreprise.

Ce dernier nous rejoint finalement au bout d’une dizaine de minutes pour écouter ma conversation et je ne manque pas les regards que lui lancent ses hommes, mais je m’en moque, parce que je sais qu’ils sont tous contre cet investissement. Je trouve même ça terrible, d’imaginer que ces frères ne se doutent pas que les dés sont pratiquement déjà jetés et que leur entreprise fermera ses portes dans peu de temps alors qu’ils ont préparé un accueil aussi gentil pour nous… Sauf que je suis là désormais, et que je ne lâcherai pas l’affaire si facilement.

*

L’accueil dure une petite heure, puis il est prévu que les hommes aillent dans la salle de réunion de l’entreprise des Sinclair, qui se trouve dans l’atelier. Je n’ai clairement pas envie d’aller m’enfermer pour la partie barbante, à discuter des informations que nous connaissons, à observer les Winston faire semblant de s’intéresser aux Sinclair… Aussi, lorsqu’Hunter me propose de venir, je décline poliment pour accepter l’invitation des femmes qui m’ont déjà proposé de rester avec elle. Une fois de plus, Hunter est très étonné mais ravi de ma décision, sans doute parce qu’il sait que je suis définitivement à l’aise ici. Il embrasse simplement ma joue tout en faisant vibrer mon bracelet, comme pour me rappeler qu’il n’est pas bien loin de moi en cas d’inquiétude alors que je me suis rarement sentie aussi apaisée que dans ce ranch.

Dès que les hommes disparaissent, les femmes m’entrainent en direction des trois grandes bâtisses, dans leur jardin personnel, qui est absolument magnifique. La rivière passe au milieu, il y a des poules, des dindes et mêmes de sublimes canards qui me tapent forcément immédiatement dans l’œil. Alors que j’approche de la rivière pour les observer avec béatitude, un cri retentit derrière moi et j’ai à peine le temps de me retourner qu’un gros chien des montagnes deux fois gros comme moi me saute dessus joyeusement avec ses grosses pattes pleine de boue et d’eau de la rivière. Je me retrouve sur les fesses, hilare malgré ma robe complétement fichue.

Les femmes se confondent en excuse tandis que l’une d’elle dispute gentiment le gros chien qui les observe avec des yeux coupables.

-         Il n’y aucun souci, je vous assure ! insiste-je. J’adore les chiens, j’en ai un aussi gros que lui, j’ai l’habitude ! Ne vous en faites pas !

Mais elles sont dans tous leurs états pour ma robe, comme si cet incident allait gâcher ma journée, comme si je passais un mauvais moment simplement parce que leur gentil loulou a voulu me saluer. Je me fais entrainer dans l’un des bâtisses par la plus petite des trois femmes, Ophélia, qui insiste pour me prêter l’une de ses robes. L’intérieur de sa maison est sublime, l’intégralité des meubles est évidemment leurs produits et je les observe avec des yeux émerveillés. Ils sont en sapin, vernis dans une teinte chaude, avec des détails en forme de cœur qui me séduisent immédiatement et je ne peux m’empêcher de les caresser du bout des doigts alors que ces meubles se mettent à peupler les recoins de mon château imaginaire.

Je me retrouve rapidement dans une jolie robe d’Ophélia, blanche avec des petites fleurs discrètes, dans un style très « cottage » et je ne me reconnais pas en me voyant dans le miroir. Je crois que je ne me suis jamais vu dans une robe aussi claire et avec mes longues ondulations, j’ai l’impression d’être une bohème d’un autre temps. Ophélia s’extasie en disant qu’elle me va mieux qu’à elle, et que ça lui donne envie de me l’offrir. Je décline poliment mais ça m’arrache la langue, parce que j’adorerais ramener un souvenir de ce lieu qui me marquera quoi qu’il arrive.

Lorsque nous ressortons dans le jardin, nous rejoignons les deux autres femmes qui sont installés sur une couverture au bord de la rivière, au pied d’un arbre, et j’ai la surprise de trouver l’un des deux frères menuisiers.

-         Vous n’êtes pas à la réunion ? demande-je.

-         Oh non… Ce n’est pas trop mon truc… mon frère gère mieux ce genre de choses, il n’a pas besoin de moi, je ne suis bon qu’à travailler le bois ! plaisante-t-il.

Ophélia s’installe à côté, et vu les yeux rayonnant qu’elle pose sur lui, j’en déduis qu’elle est sa femme.

-         Tu pourrais être bon en tout, tu choisis simplement de ne t’occuper que du bois, le reprend-elle gentiment.

Nous observons le soleil, qui commence doucement à se teinter d’orange à mesure qu’il descend. C’est encore plus féerique, mes yeux se perdent sur les rayons qui se reflètent sur le cours d’eau et qui teintent les pétales du cerisier d’orange.

-         Vos cerisiers sont encore magnifiques, avec de belles fleurs, souffle-je.

-         C’est parce que la température est plus fraiche ici, ils fleurissent « en retard », m’explique Ophélia.

Son mari me sourit :

-         Vous êtes ravissante dans la robe de ma ravissante femme… mais il vous manque un petit quelque chose…

Je penche la tête sur le côté et il attrape des branches souples au-dessus de sa tête. En quelques minutes, je vois ses gros doigts de travailleur s’agiter pour créer une couronne de fleurs blanches aussi sublime que délicate et Ophélia rayonne d’enthousiasme lorsqu’il la pose délicatement sur ma tête.

-         Vous êtes magnifiques ! Vous ressemblez à une elfe des bois avec vos longs cheveux et ma robe ! me complimente-t-elle.

Je rougis automatiquement, mais ils me complimentent tous et j’aimerais beaucoup voir à quoi je ressemble, en effet, parce que j’ai l’impression d’être une princesse pour de bon.

-         Vous savez…, hésite-je. Je sais que je ne fais pas partie des décisionnaires, mais je trouve votre histoire touchante, vos terres absolument magnifiques, et j’adorerais que vous me parliez de votre entreprise…

Pour mon plus grand bonheur, alors même que je viens d’avouer que je n’aurais pas mon mot à dire dans la décision, le mari d’Ophélia m’explique la situation :

-         Notre entreprise est pérenne, nous n’aspirions pas forcément à étendre notre production à l’origine… Mais de nouvelles normes de sécurité pour les machines que nous utilisons sont passées, et puisqu’elles sont vieilles, elles ne répondront plus aux normes dans quelques semaines. Le coût pour changer l’intégralité de nos machines est immense, nous ne pouvons pas payer le changement, nous pourrions le faire petit à petit, mais notre production en pâtira et nous ferons sans doute faillite bien avant d’avoir changé toutes nos machines pour travailler le bois… Votre fiancé est notre dernière chance, son investissement pourrait nous permettre de tout changer d’un coup et de maintenir la production… Mon frère lui propose actuellement un petit business plan que nous avons mis sur pieds pour tenter de le convaincre… S’il investit plus que ce que nous avions demandé à l’origine, nous nous engageons à acheter plus de ces nouvelles machines, pour augmenter notre production et donc notre chiffre d’affaires, pour que ses actions lui rapportent plus que prévu… Nous espérons que cela le convaincra d’investir en nous… Mais nous sommes en rude compétition, nous l’avons bien compris, soupire-t-il.

-         Oh oui… ces imbéciles et leurs complétements alimentaires, balaie-je d’un geste irrité.

-         Le business est le business, nous le comprenons… Nous n’avons pas grand espoir, mais nous avons espoir quand même, car il est insoutenable de nous résoudre à imaginer que l’entreprise fermera… J’espère de tout cœur que le domaine lui donnera envie de le sauver…

-         Nous n’avions pas envie de vous inviter dans des locaux sans âme, poursuit Ophélia. C’est peut-être audacieux de notre part, mais nous voulions vous inviter ici, nous refusons de jouer un rôle qui n’est pas le nôtre, d’essayer d’en mettre plein la vue simplement pour le convaincre alors que nous prônons la simplicité et l’authenticité…

-         Je ne parle qu’en mon nom, mais j’étais déjà convaincue par votre dossier bien avant de venir ici et le sentiment n’a fait que de se renforcer…, réponds-je. Vous êtes des personnes adorables, qui m’inspirez, et votre domaine est comme un paradis, rien ne me rendrait plus heureuse qu’il vous choisisse… Et vos meubles sont d’une beauté indescriptible, comme vos cœurs selon moi.

Comme souvent, ma spontanéité fait rougir mes interlocuteurs, qui ne savent plus où se mettre et se confondent en remerciements alors que je leur souris avec toute ma sincérité. Le mari d’Ophélia me relate ensuite la naissance de sa passion pour le travail du bois, qui a commencé lorsqu’il était tout jeune et qu’il fonçait à l’atelier rejoindre son père dès qu’il rentrait de l’école. De fil en aiguille, le temps s’écoule, le soleil se couche et nous en arrivons à la soirée qu’ils ont prévu. Ils m’expliquent qu’elle aura lieu dans l’une de leurs immenses granges, où il n’y aura ni serveurs, ni repas gastronomique, simplement leur simplicité et leurs sourires. Tout ça me plait démesurément et je suis déjà hors de moi d’imaginer à quel point l’armée de Winston va trouver ça cavalier et ridicule, alors que nous savons pourtant les chiffres excellents que font leurs ventes… c’est tellement frustrant que j’en pleurerais.

-         Hestia ??! s’exclame soudain Hunter.

Je tourne la tête vers lui, surprise par son ton choqué et je le suis un peu plus quand je le vois me dévisager comme s’il ne me connaissait pas alors qu’ils reviennent tous de l’atelier.

-         Je… je te reconnais à peine…, chuchote-t-il en venant s’agenouiller près de moi.

Il me fixe, complétement ahuri, et je rougis tandis que les trois femmes échangent des regards rieurs en gloussant. Il passe ses mains juste au-dessus de ma couronne de fleurs, comme s’il n’osait pas l’effleurer de peur de l’abîmer, et il finit par simplement caresser une mèche de mes cheveux en continuant de me détailler avec son air médusé.

-         Votre fiancée est ravissante, intervient Ophélia.

-         Oui…, souffle-t-il.

-         Arrête, murmure-je en rougissant de plus belle.

Il cligne des yeux pour revenir à la réalité, mais ça ne marche visiblement pas.

-         Je suis tombée, ma robe était toute sale, alors Ophélia m’a prêté une des siennes, explique-je en la désignant. Et Monsieur Sinclair m’a fait une couronne avec deux branches de cerisiers…

-         Tu es… magnifique, enchanteresse même…, me complimente-t-il avec émerveillement.

Il crée une nouvelle petite vague d’émotion chez nos hôtes, et il est enfin ramené à lui par ses employés qui lui parlent. Ils expliquent à mes Bûcherons qu’ils doivent s’entretenir et les Sinclair leur proposent d’aller marcher dans le domaine, puis de tous nous retrouver pour la petite soirée dans la grange. Je laisse une seconde fois Hunter, puisque je préfère clairement me rendre chez Ophélia que d’aller marcher avec ces hommes guindés qui casseront du sucre sur le dos des Sinclair tout en vantant le laboratoire sans âme d’hier.

Laisser un commentaire ?