Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 161 : Les vagues et la sirène **

Par bzllrose

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Chapitre 161 : Les vagues et la sirène **


Nager nue est une drôle de sensation, j’ai l’impression de ne faire qu’un avec l’océan et le moment me semble suspendu hors du temps grâce à la lune au-dessus de nos têtes. Nous nageons comme deux êtres heureux et insouciants, j’agite doucement les jambes en flottant sur le dos, les seins perçant la surface, me sentant libre comme jamais.

Nous nous sourions, nous échangeons des regards heureux, nous profitons de l’eau tiède et du vent qui rafraichit nos peaux mouillées. Hunter m’entraine toujours par la main au fil de sa route et lorsque je me remets droite, je constate que je n’ai plus pied en couinant. Mon inquiétude se réveille instantanément, les fonds marins noirs autour de moi m’angoissent et je saute pratiquement sur lui pour agripper sa nuque.

Il éclate de rire en se redressant et je suis soulagée de voir qu’il a pied.

-         Alors mon chat ? Une petite crise de panique ? m’embête-t-il gentiment.

-         Oui ! J’ai peur qu’il y ait un requin ! glousse-je en passant mes jambes derrière sa taille.

Ainsi perchée comme un koala autour de lui, je n’ai plus peur, mais je continue de jouer la comédie pour rester contre lui.

-         Il y a très, très peu de risques qu’un requin se promène dans le coin, me rassure-t-il en riant.

-         On ne sait jamais…, couine-je en calant mon nez au creux de son cou.

Il rit doucement avant de faire quelques pas en direction du bord pour avoir de l’eau à mi-torse, alors que nous sommes encore drôlement loin de la plage, ce qui me fait glousser.

-         Tu ris maintenant ? s’amuse-t-il.

-         Je me dis juste qu’il est très pratique d’être avec un grand gaillard de plus d’un mètre quatre-vingt-dix qui aurait pratiquement pied au large …, ricane-je.

Je sais qu’il lève les yeux au ciel et je ris un peu plus avant de redresser le nez pour croiser ses yeux faussement blasés lorsqu’il voit que je ne suis clairement pas apeurée comme je le prétendais.

-         Tu te moquais de moi ?

-         Pas vraiment… au début j’ai vraiment eu peur, mais après… c’est plus devenu une excuse pour rester dans tes bras, ronronne-je.

-         Tu sais pourtant bien que tu n’as pas besoin d’excuse pour être dans mes bras, répond-il d’une voix grave en penchant la tête pour m’embrasser.

Notre embrassade me secoue des pieds à la tête, parce que je connais tous les baisers d’Hunter par cœur, et celui-là m’informe très clairement de la suite du programme. Mes nerfs s’enflamment et je ressens sa peau complétement nue sous la mienne comme si je la découvrais maintenant qu’il vient de me glisser une fin de soirée aussi douce au coin de la tête.

Le contexte est sans nul doute le plus érotique que nous n’ayons jamais fait, nos baisers mouillés me retournent la tête, sa peau glisse sous mes mains, ses cheveux gouttent, ses bras me caressent sans avoir à me porter grâce à la mer qui me soutient… Notre chambre me parait se trouver à l’autre bout du monde, alors qu’elle n’est sans doute qu’à deux cents mètres, mais c’est déjà beaucoup trop loin face à l’intensité de mon désir.

-         Ramène-moi à la chambre, murmure-je contre ses lèvres.

-         Je ne te ramène nulle part, réplique-t-il avant de replonger sur mes lèvres avec chaleur.

Son baiser incandescent me vrille les neurones, il m’envoûte bien trop fort, je n’arrive même pas à réfléchir à ce qu’il vient de me dire. Je me laisse donc séduire, très efficacement, particulièrement lorsqu’il descend ses baisers au creux de mon oreille pour y aspirer ma peau, le moyen le plus sûr d’envoyer les petits guili dans tout mon corps qui me font fermer les yeux et frissonner intégralement.

Sa réponse prend tout son sens lorsqu’il attrape mes hanches pour me descendre un peu le long de son corps, où mon intimité rencontre la sienne et la caresse. Il continue de m’embrasser la gorge avec température et ses mains se referment sur mes fesses avec luxure.

-         Qu’est-ce que tu fais… ? souffle-je en peinant à revenir à la réalité.

-         L’amour à la femme que j’aime, réplique-t-il avec assurance.

Je recule mon visage pour le regarder et je tombe sur sa tête la plus excitée, celle à laquelle je ne résiste jamais.

-         Quoi… ? murmure-je.

-         Tu me fais confiance mon cœur ?

-         Bien sûr, entièrement.

-         Alors embrasse-moi, ordonne-t-il.

Il fond sur mes lèvres et je rougis des pieds à la tête en comprenant ce qu’il s’apprête à faire, ici, au milieu de la mer… Tout ça m’excite encore plus et je me plonge à deux cents pour cent dans ce que nous sommes en train de faire sans réfléchir aux éléments extérieurs qui assombrissent mon bonheur.

Je le laisse gérer et l’instant suivant, nous le faisons, nous réalisons un fantasme que je ne savais même pas que j’avais, alors que ça me parait pourtant plus qu’évident maintenant que c’est en train d’arriver, dans mon océan, avec mon Hunter.

 J’ai l’impression que nous sommes seuls au monde, je n’entends que les vagues régulières autour de nous, l’eau que nous agitons doucement en prime, son souffle contre ma peau et mon discret chant de sirène qui parfait ce tableau érotique.

-         Putain, tu me rends fou mon chat…, grogne-t-il contre mon cou.

Ses mains se resserrent, ses hanches accélèrent, mes gémissements deviennent de petits cris doux qui percent à travers ma respiration haletante. Hunter se met à râler de plaisir dans la foulée, aussi retourné que moi par le contexte je suppose, et je vénère l’alliance de nos vocalises qui déchirent la nuit avec douceur.

Je suis tellement séduite par l’idée de coucher avec lui dans mon océan que je suis prise d’un élan d’inspiration et j’attrape sa tête pour l’écarter de moi avant de me glisser contre sa gorge. Je rejette sa tête en arrière et je promène mes dents sur sa peau, ravie des frissons qui s’y réveillent par dizaines alors que je lui chante le bien qu’il me fait juste en dessous de l’oreille. Ses râles s’intensifient, ses sourcils se crispent et j’aspire sa peau entre mes lèvres en caressant ses épaules et sa nuque. Je le couvre de sensations, de touchers, de sensualité et dès que son rythme en moi ralentit, j’ai la confirmation qu’il adore et qu’il veut que ça dure.

-         Hestia, ce que tu me fais… c’est trop bon, articule-t-il.

Je frémis plus fort et je bascule sa tête de l’autre côté pour m’occuper de l’autre versant de sa gorge, savourant ses râles qui se transforment en gémissements graves. Je me concentre à cent pour cent sur lui, sur mes mains qui le caressent, sur les délicieux ressentis qu’il me traduit par son souffle.

Son rythme plus lent et mon focus sur lui retardent ma montée au septième ciel. Nous couchons ensemble plus longtemps que les cinq minutes réglementaires qu’il me faut habituellement et je ne suis donc pas étonnée par l’intensité de son orgasme, qui est toujours meilleur lorsque nous faisons durer les choses.

*

Nous enfilons rapidement nos vêtements avec nos têtes groggy et il passe son bras sur mes épaules pour embrasser ma tempe tendrement tout le trajet jusqu’à notre chambre. Le silence entre nous est complice, il gonfle mon cœur d’amour et je suis ravie lorsqu’il nous arrête à la petite douche extérieur pour nous déshabiller. Nous nous câlinons en nous embrassant sous le jet qui rince le sable et l’eau de mer de nos peaux, nous ne faisons plus attention à rien à ce stade.

Nous nous prélassons un bon quart d’heure de plus sous l’eau fraiche de la douche et lorsque nous rentrons finalement dans notre chambre, il m’empêche d’ouvrir le tiroir de la commode où se trouvent nos pyjamas. Je suis le mouvement sans discuter et il m’allonge à plat ventre dans notre grand lit, sans pourtant me rejoindre.

-         Qu’est-ce que tu fais ? demande-je.

-         Tu t’es un peu trop occupée de moi à mon goût, répond-il en disparaissant à la salle de bain.

Je ne cherche pas plus loin et je ferme les yeux en l’attendant pour profiter du bien-être qui diffuse encore dans mes veines.

Il revient une minute plus tard et je suis surprise de le sentir s’assoir sur mes fesses. Dès que je sens le liquide frais qui coule sur ma peau, j’ouvre les yeux en grands pour le regarder par-dessus mon épaule, trop heureuse pour y croire.

-         Je ne t’ai jamais rendu ce massage délicieux que tu m’as déjà fait… ça me trotte dans la tête depuis que je t’ai mis de la crème solaire pour la première fois…

-         Tu as acheté de l’huile ? m’excite-je.

-         Du monoï, précise-t-il.

Je reconnais effectivement la douce fragrance et dès que ses mains commencent à me masser, je gémis de bonheur en fermant les yeux.

Il n’est pas doué, il est excellent… Je ne sais pas si c’est parce que ses mains sont immenses sur mon dos, parce qu’il a une très bonne connaissance des muscles du corps humain ou tout simplement si c’est un talent qu’il a, mais bon sang… Il dénoue mes muscles parfaitement, il les suit, les cajole, les rends fous de bonheur à m’en faire frissonner. Il s’occupe de chaque parcelle de mon être, après mon dos, il passe à ma nuque, puis mes bras, mes cuisses, mes mollets… Il passe encore et encore ses mains sur moi, inlassablement, jusqu’à délier le moindre muscle qu’il a face à lui.

Lorsqu’il termine, il s’allonge à côté de moi et je lui offre mes yeux les plus déphasés.

-         Ça t’a plu ? demande-t-il.

-         Si ça m’a plu… Bon sang… j’envisage de te faire un caprice tous les soirs désormais…, plaisante-je faiblement.

-         Si on couche ensemble avant, on devrait pouvoir s’arranger, me taquine-t-il.

Je glousse bêtement et nos yeux ne se quittent plus.

-         Je t’aime…, murmure-je.

-         Moi aussi. 

-         Tu es vraiment un bon masseur… tu es un bon « tout » … un partenaire parfait… je ne veux jamais que ça s’arrête, chuchote-je, la gorge nouée.

-         Arrête voir, tu dis ça uniquement parce que je te couvre d’or ! réplique-t-il.

-         Mais comment peux-tu dire ça ?! Ton argent est bien évidemment ta première qualité, mais tes massages et ta cuisine rentrent tout de même en compte ! Alors ne t’avise plus de sous-entendre que je ne suis qu’une femme vénale ! Je m’intéresse à tout ce que tu peux m’apporter !

Il éclate de rire et je souris, heureuse de l’avoir amusé. L’amour est si simple.

Il roule sur le dos pour observer le plafond avec un sourire qui ne fane pas :

-         Je n’en reviens pas que nous puissions en plaisanter… Quand je pense que c’était l’une de mes plus grandes peurs, j’ai du mal à le croire… Parce que je me sens en confiance totale avec toi… J’avais peur de ne jamais réussir à avoir confiance en ma future partenaire, alors que je le suis pratiquement depuis le premier jour… Comme quoi… quand on tombe sur la bonne personne… si j’avais su…, chuchote-t-il finalement.

-         Je suis ta bonne personne ? demande-je d’une voix heureuse.

-         Je te le dis assez, répond-il en me lançant un regard en coin rieur.

-         J’aime l’entendre ! glousse-je.

Il roule plus vite que l’éclair vers moi, en me retournant sur le dos et en me grimpant à moitié dessus pour m’embrasser tandis que je glousse.

-         Tu es ma bonne personne Hestia, épouse-moi.

-         Dès demain, confirme-je à voix basse en souriant.  

Il fond sur mes lèvres, nous nous embrassons avec amour, puis avec passion, jusqu’à ce qu’il attrape ma cuisse pour la passer au-dessus de son bassin et entamer le deuxième round de notre nuit câline.




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