Voyages en Absurdistan
Chapitre 9 : La nuit, tous les chats sont gris
739 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 19/03/2026 12:30
Ce chapitre contribue au Défi La version de moi que personne ne connaît de Un anonyme seul (le personnage doit mener deux vies, celle que tout le monde voit et celle qu’il cache absolument)
Fandoms Contes et légendes Russes et Garfield
La nuit, tous les chats sont gris
Un chat orange se prélasse sur le fauteuil beige de son propriétaire.
« Lundi aujourd'hui ! Que je hais ce jour ! » songe-t-il en ramassant un journal qui traîne sur la table en chêne.
Il l'ouvre pour le lire. Soudain, le félin repère à quelques pas de lui une grosse araignée noire et velue qui étire ses pattes pour se réchauffer au soleil qui illumine la pièce.
« Mon ennemi juré insouciant ! Je dois profiter de la situation et au moins ne pas le rater ! Ce sera mon unique action positive de la journée ! Un, deux et trois ! »
Il enroule le journal, avance d'un pas vers l'arachnide et le frappe, mais l'animal à huit pattes lui échappe. De rage, le chat s'écrase sur le fauteuil et soupire.
« Les lundis sont vraiment une journée maudite ! Après la balance qui se moque de mon poids, le café froid qui ressemble à un jus des chaussettes de John, maintenant ce monstre qui m'échappe ! »
Le félin dépose le journal, se roule en boule et remarque dans le coin de la salle sa gamelle remplie de croquettes de qualité douteuse.
« Et la texture étrange de cette nourriture ! Indigne ! Je vais faire une sieste jusqu'au soir ! Cette exploitation féline est insupportable ! »
Il se rapproche de la fenêtre et remarque des chats de toutes les couleurs se promener et se disputer pour des territoires et des femelles.
« Ce soir, je vais devoir faire un appel général à mes confrères ! Aucune solidarité entre nous ! La situation est de plus en plus insupportable ! Et ce soir, j'aurai ma vengeance ! »
Il ferme les yeux et s'endort rapidement, rêvant d'exploits glorieux de lasagnes.
***
Quelques heures plus tard, la lune trône au firmament.
Garfield se réveille, s'étire langoureusement et sort à pas de loup de la maison avec un sourire resplendissant.
« Enfin ma vengeance arrive ! »
Il arrive à la palissade, lieu de rencontre de tous les chats du quartier. Une scène improvisée est dressée et tous les chats miaulent :
— Garfield, notre héros ! Sauve-nous ! Sauve-nous !
— J'arrive, mes frères ! Combattons les capitalistes, nos ennemis ! Prolétaires de ce monde animal, unissons-nous !
Il fait une pause pour reprendre son souffle.
— Tu vas nous sauver ? raille la voix d'un vieux chat au pelage brun en agitant sa canne en bois.
— Je suis Garfield Ier, le fils unique de Kot Baïoun, noble chat de l'aristocratie russe, et de Honey Kitty, aristocrate germanique en exil aux États-Unis ! Ma voix réduit à néant nos ennemis ! lui réplique-t-il. C'est le noble héritage de mon père !
Il prend un microphone et monte sur l'estrade. Un chat gris se matérialise à ses côtés : son père. Les deux félins crient à l'unisson :
— Nous les chats, la race la plus noble et la plus évoluée sur cette Terre ! Nous terrasserons nos ennemis ! Maintenant ! Que toutes les araignées crèvent !
La parole devient réalité, les arachnides meurent sur leur toile dans toute la ville, sauf une, celle qui a tissé sa toile entre deux planches de l'estrade qui ricane dans l'ombre.
— Que tous les chiens soient à nos ordres ! chantent le père et le fils en chœur.
Odie, qui s'est approché un peu trop près de l'estrade, recule, secouant sa tête en entendant ces paroles. Mais d'autres chats le rattrapent et lui ordonnent :
— Le chien, sois notre barman ! Un peu de vodka et de whisky pour fêter notre victoire ! Sans oublier les lasagnes !
Odie obéit et court aussi vite qu'il le peut sans jamais cesser de baver bruyamment. Il sort les bouteilles d'alcool et les verse dans les verres appropriés. Il prépare les plats de nourriture, s'empressant de servir ses nouveaux maîtres.
« Merci père, j'ai enfin ma vengeance sur ce monde injuste ! » pense Garfield en faisant un clin d'œil complice à celui-ci. « Je vais aimer les lundis soirs ! Une manière de survivre à la semaine de labeur et à affirmer notre unité internationale. »
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Kot Baïoun est un chat à la voix magique des contes russes.