La Prophétie du Roi Déchu: L'Épée du Souverain

Chapitre 4 : Le Tertre

Par gabbuster

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Chapitre 4: Le tertre




Dans l’obscurité de la nuit, Galro se réveilla, la cheminée était éteinte depuis longtemps, seules quelques braises obstinées illuminaient les cendres. Il lui sembla entendre un bruit, depuis le début du voyage il était sur ses gardes. Il enfila des vêtements et des bottes, saisissant sa dague, et effectua quelques pas dehors. Le vent glacial emporta des flocons dans une longue épopée. La forêt était sombre et lugubre, la lune éclairait faiblement les lieux. Des bruits de pas, cette fois-ci il en était sûr, il y avait quelqu’un. Il se risqua à affronter les ténèbres seul, l’ancien prophète défia l’obscurité. Couteau en avant, il ordonna à l’intru de se dévoiler. En vain, il ne reçut aucune réponse. Il pouvait voir dans les ténèbres, car il avait les Calénaclidyals, malgré tout il ne savait pas où se trouvait le misérable. Derrière un arbre, un homme en guenille apparut. Il était affreusement maigre, sale, le regard vitreux. Alors que Galro le pointa de sa dague, l’inconnu lui demanda:

_ La prise a été bonne ?

Une sensation humide engloutit sa main, Galro la fixa, elle était dorénavant recouverte de sang. Le mystérieux inconnu s’avança, il avait une plaie dans l’estomac. 

_ La prise a été bonne ?

Il s’avança, titubant maladroitement. Derrière, d’autres personnes jaillirent des bois. Toutes ensanglantées, affreusement mutilées. Elles ne pouvaient être en vie ! Leurs blessures mortelles ne le permettaient pas. Le misérable se dévoila à la lueur de la lune, Galro le reconnut, c’était le mendiant qui l’avait agressé quelques semaines plus tôt. 

_ La prise a été bonne ?

Les fantômes des meurtres commis encerclèrent l’ancien seigneur des paladins. Dans un élan de frénésie, ils se jetèrent sur lui, agrippant de leurs ongles. Galro se défendit, mais le sang entra dans sa bouche. Amer, ferreux, étouffant. C’étaient ses victimes, elles prenaient leur revanche. Les défunts le dévorèrent, seule sa main jaillit de la multitude, dressée vers le ciel. Il fut engloutit par le chagrin, quand…


En pleine nuit, Galro se réveilla en sueur, les yeux paniqués. Il était persuadé d’avoir été cannibalisé, mais après quelques secondes il réalisa qu’il était encore dans les fourrures données par Lilinaäl. Elle dormait à poings fermés. Encore secoué, Galro fixa ses mains tremblantes. Une hallucination se superposa à la réalité, le sang dessus, le sang des innocents dont il avait juré de sauver la vie. Galro était coupable, il ne valait pas mieux que ce maudit Mayirr. Le goût du sang, tellement ferreux, tellement sale. Avec difficulté, il sortit, et vomit le contenu de son estomac. 


Il lui semblait encore entendre l’écho des cris d’agonies, quand une voix le sortit de sa torpeur:

_ Broyer du noir ne nettoyera pas le sang sur vos mains.

Galro ne répondit pas, il avait du mal à respirer. C’était cette fichue elfe, était-elle venue le narguer ? Avec difficulté, l’homme reprit son souffle et tenta de prononcer quelques mots:

_ Je … les entends encore… j’ai sacrifié des hommes, des amis, des héros pour sauver ces gens… et je les ai assassinés moi-même. Je me sens sale. 

Il frappa le sol de son poing, frustré, en colère contre lui-même. Il avait la sensation de se faire juger par les fantômes de toutes ses victimes. Le sang, toujours le sang. Le sang qui recouvrait les visages innombrables de ces personnes tuées par un vaurien. 

_ Vous lamenter ne rend ce meurtre que plus vain, répondit Lilinaäl. Ces vies que vous avez fauchées, vous ne les ramènerez pas, c’est impossible. Rentrez, vous allez attraper froid. 

Celui qui fut brisé par son propre méfait scruta encore sa flaque de vomi, la vision trouble. Il était purement incapable de se relever. Il entendit l’elfe s’agenouiller à côté de lui et lui poser une fourrure sur les épaules. Elle resta silencieuse un moment, les étoiles brillaient dans le ciel. Elle admirait le ciel dégagé, la vue était incroyable, la traînée galactique séparait le ciel en deux, sa beauté dépassait tout ce que ce monde pouvait offrir. 

_ Votre croyance vous pousse à espérer que vos proches perdus rejoignent les étoiles je crois, dit Lilinaäl. 

_ Si mon père me voyait, répondit Galro, il aurait honte d’avoir eu un assassin en guise de fils. Je ne crois plus en Dieu, il m’a abandonné. 

_ Pourtant vous avez encore ce Perchoir autour du cou…

L’ancien Prophète baissa les yeux sur la relique qui reposait sur sa poitrine. Il hésita et la saisit. Il voulut la jeter, mais Lilinaäl le retint.

_ Pourquoi vous m’empêchez d’abandonner ?! Je suis indigne !

_ Parce qu’il faut s’attacher à ce qui est bon, Galro. Je l’ai vu aussi quand j’ai sondé votre esprit, cet elfe noir, l’assassin de votre père. Je l’ai vu, ce combat terrible que vous avez mené en haut de la montagne. Vous l’avez haï… puis vous avez reposé tous vos espoirs sur lui. Vous êtes en train de suivre ses traces, lui aussi est passé par cette douleur. Il a été assez fort pour se relever, c’est à votre tour maintenant. 

_ Et vous ? Vous vous êtes relevée ? Si vous êtes capables de lire dans les pensées, je le suis aussi grâce à l’apprentissage de la magie. Je l’ai vu… J’ai vu ce que vous avez fait. Depuis vous vous terrez piteusement dans ce taudis.

Avec colère, l’elfe se releva en silence, elle marcha vers l’entrée de la porte et se retourna une dernière fois vers Galro.

_ Que ceci reste entre nous, c’est la dernière fois que vous sonderez mon esprit. Rentrez maintenant, c’est un ordre.

Toujours accablé, mais plus sûr de lui, le chevalier rentra dans la demeure, où il tenta de finir sa nuit. 


Malgré les cauchemars à répétition, entre autres la bataille de la plaine d’Aradrion, où il vit la grande majorité de ses amis et soldats y mourir, Galro ne se réveilla qu’à l’aube. Les visions atroces de ces abominations sanguinaires le dissuadèrent de refermer les yeux. Incapable de dormir plus, il se leva et se prépara. Il ne remarqua qu’à peine l’elfe préparer le petit déjeuner. 

_ Mangez un bout, j’ai fait des oeufs brouillés et de la mâche. 

Le chevalier grogna, et finalement ne lâcha qu’un petit:

_ Ça ira, merci.

_ Mangez ! Qu’est-ce que vous pouvez être têtu !

Galro tenta de rejeter une nouvelle fois, mais l’insistance de son hôtesse le dissuada d’agir ainsi. Il s’assit et commença à entamer son assiette. Il avait l’impression d’étouffer, son estomac noué l’empêchait d’ingurgiter grand chose. Il toussa après avoir avalé de travers. 

_ Vous ne savez pas lâcher la grappe, déclara le chevalier. 

_ Vous laisser dépérir n’est pas une option, vous avez des responsabilités, assumez-les ! 

Le ton était sec, mais l’ancien homme d’Église accepta la réprimande. Il était vrai qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même. Il lança un regard vers Nardel et Rolan endormis. Le jeune valet le tenait au chaud contre son propre corps, blotti sous les couvertures. Galro fixa le jeune rouquin, il avait énormément grandi depuis le départ d’Étale. Pas seulement physiquement, mais aussi en maturité. Il aurait été le meilleur père, il en eut la certitude, du moins mieux que lui. Lilinaäl s'assit à ses côtés, admirant ce garçon prêt à tout pour le fils de son maître. 

_ Je crois que vous avez une raison de vivre suffisante, non ?

L’homme fronça des sourcils, ferma les yeux, serra du poing. Il pouvait sentir le poids de tous ses péchés peser sur ses épaules. 

_ J’irais chercher votre racine, marmonna-t-il. J’irais au tertre. 

Lilinaäl resta silencieuse. Elle marqua une pause longue, méditative. Elle finit par prononcer ces quelques mots.

_ Sous mon lit, un coffre. Prenez l’épée. 

Le chevalier se releva, marcha jusqu’à la couche et fouilla dessous. Il trouva sans difficulté le coffre et saisit le sabre, il était raffiné et élégant. Des gravures de glyphes décoraient ses flancs. Il inspecta le souvenir de ce compagnon mystérieux. 

_ Elle est d’excellente facture. 

_ C’était un excellent bretteur. Partez maintenant, je les surveille. Allez au sud, vous trouverez le tertre sans difficulté. Surtout une chose…

La femme elfe se tourna vers lui, le regard sombre. Elle transpirait d’inquiétude. 

_ Ne mourrez pas. Je refuse de garder des bouches de plus à nourrir seule, alors revenez vivant. 

Galro ne prononça pas un mot, il tourna les talons et ouvrit la porte. Une fois dehors, Lilinaäl eut les larmes aux yeux. 


Pendant une heure ou deux, l’aventurier pénétra le domaine sauvage des elfes. Les arbres aux branches alourdies de neige masquaient le soleil. Impossible de voir clair, sauf pour lui. Les ténèbres n’avaient aucun mystère, il avait hérité du don de l’Ombre. Il ne dégaina pas encore son arme, il ne ressentit pas de danger immédiat. Dans une clairière, un monticule massif dominait les environs. “La Neihlith est bien gardée…” Il dégaina le sabre, silencieusement. Qui donc pouvait se tenir en sentinelle ici ? Ou plutôt… quoi ? Il trouva une ouverture, une cavité étroite. Il se faufila à l’intérieur difficilement. Il se rappela de la montagne de Léondia, il devait se montrer prudent, Tilbar n’était plus là pour le sauver. Il faisait sombre, terriblement sombre, mais lui n’était pas dérangé par les ténèbres. Serait-ce pour cette raison que Lilinaäl l’avait envoyé particulièrement lui ? Il entra dans le domaine sacré, intimidé par ce qu’il allait y trouver. Il songea un moment que la grotte allait s’élargir, mais c’était loin d’être le cas, le passage était encombré et sinueux. Il se rendit compte de la première difficulté de cette expédition: les fondations mêmes de ce tertre pouvaient se refermer en piège mortel sur les imprudents. Même lui qui était loin d’être claustrophobe, il se sentit acculé dans la caverne. La mousse et l’humidité avaient quelque chose d’étouffant, la pierre fut une prison oppressante. Il aperçut un relief dans la pierre, il le contourna. Mais après quelques pas, un grincement de bois retentit. 


Il retint son souffle.


Le relief se mouvait, lentement, un squelette piégé dans des racines tourna les orbites vides de ses yeux dans sa direction. Sans un souffle, sans émettre la moindre vocalise, la chose tenta de se frayer un chemin dans la direction de Galro. Alors, il comprit qu’était-ce la menace. Le Gardien. Coincé, son bras tenant l’épée était à l'opposé de la créature. Il était dans l’incapacité de se défendre dans ce milieu si exigu. Le monstre mi-homme mi-végétal se glissa doucement vers lui, ses os craquèrent et ses articulations s’entrechoquèrent. Galro avait déjà affronté des horreurs bien pires que celle-là, mais aucune dans un contexte si mauvais. Alors, il prit la seule option possible, il s’enfuya. Il parvint à contourner une énorme masse rocheuse et se coucher dans un tunnel, il rampa aussi vite qu’il pu. Il traînait, mais par chance le revenant parasité n’était guère agile. Il parvint à le distancer légèrement dans ce dédale de galeries, mais il se retrouva confronté à un nouveau problème: sa seule issue était inondée. 


Il retourna la tête, l’abomination rampait toujours avec difficulté, mais elle savait où il était. Alors, Galro prit une décision: il plongea. 


Le froid était brûlant, il ferma les yeux momentanément avant de rouvrir pour voir dans les opaques ténèbres, déjà qu’en temps normal il était difficile de se mouvoir dans cette cavité, l’eau n’arrangeait rien. Il lui sembla s’écouler une éternité dans ce mélange de vase, matière organique et eau croupi. Mais il trouva un chemin, et… À bout de souffle, il parvint tout juste à sortir la tête pour aspirer l’air… Mais il sentit quelque chose l’agripper. Une main robuste et déterminée, un prédateur le happa de nouveau dans l’eau noire. Alors qu’il se débattit, le squelette le tira toujours plus profondément dans la galerie. D’un coup de pied bien placé, Galro se libéra et remonta à la surface, puis aspira l’oxygène bénie. Il réfléchit, il était dans une impasse. Tenter un sortilège trop puissant serait risquer un éboulement. Selon ses estimations, il valait mieux ne pas tenter. La bulle d’air était petite, mais cela lui laissa le temps de réfléchir avant de replonger dans un nouveau trou gorgé d’eau. De nouveau, une course contre l'asphyxie reprit. Il devait se calmer, malgré la pression, il devait impérativement ralentir son rythme cardiaque. Il progressa difficilement, le passage était de plus en plus étroit. Il pouvait entendre à quelques centimètres de lui le repoussant cadavre parasité le traquer, à deux doigts de le saisir. Il devait l’affronter, mais dans une grotte si étroite ce fut une tâche ardue. Là, une nouvelle bulle d’air, non ! La grotte s’élargit, il put retourner à l’air libre. Il n’y avait guère d’espace, mais au moins il pouvait de nouveau respirer. Quand il sortit enfin de l’eau, il aperçut la chose horrible jaillir du boyau noyé. Un squelette blanchi, couvert de mousse et de racines, plus animé par une force végétale qu’humaine. Alors, le chevalier retint son souffle et resta immobile. Il se plaqua contre le rebord d’un mur, il cessa de bouger. Le mort-vivant progressa, toujours lentement, implacable. Quand il passa juste à côté de Galro, ne le remarquant même pas, il continua sa route, dans un roulement d’os et de cartilage. Il tituba à travers la galerie, cela confirma une théorie de Galro. Ce monstre était aveugle. Attendant qu’il disparaisse de sa vue, lorsque le monstre repartit enfin, le chevalier reprit son souffle. Il avait échappé belle. Mais il avait une mission: La Neihlith. Il trouva une autre galerie, il se coucha pour y avancer. Le boyau était encore plus étroit, l’air plus rare. Jusqu’où entrait ce tertre à la fin ? Alors qu’il rampa, il remarqua un second crâne humain, ou elfique, dur à dire. Il pria pour que ce ne soit pas un deuxième revenant. Par chance, les restes de cet aventurier ne bougèrent pas. La vie semblait bien l’avoir quittée définitivement. Bonne chose, songea-t-il. Le froid était intense, sa tenue trempée n’arrangeait rien, il était transit. Là où il entra, des champignons fluorescents illuminèrent la cavité, il put se relever. 

Il souffla un coup, après un moment terrifiant il pouvait enfin se reposer un peu. Il s’approcha des champignons, leur aura bleutée était intrigante, quand il s’approcha leurs couleurs changèrent pour virer sur une teinte violette, voire rose. Était-ce un mode de communication ? Il délaissa sa découverte et avança. Il retrouva alors quelque chose qu’il vit dans les souvenirs de Lilinaäl: un squelette sous un tas de débris. Celui-ci portait encore une tenue de cuir serrée, ainsi qu’une bague sertie d’un diamant. L’amant de Lilinaäl. Il se pencha, et saisit le doigt du cadavre. Aucun doute, c’était l’elfe de sa vision. Il prit sa trouvaille, l’anneau. Dans les souvenirs sondés, il entendit ses cris de détresse, alors que son hôtesse le laissa là, trop terrifiée pour le secourir. Quelle horrible fin. Lorsqu’il retira la bague, il s’attendit à ce que le squelette réagisse, lui qui était maintenant accoutumé à ce que les morts ne le restent pas, mais ce ne fut pas le cas, le défunt resta parfaitement inerte. La voie était bouchée, il ne pouvait espérer progresser dans cette direction. Il ne lui resta que deux choix: retourner sur ses pas et aller dans la cavité inondée, ou suivre le squelette déambulant quelque part, à sa poursuite. Cette idée ne l’enchantait guère, mais il se rappela d’une chose: “La Neihlith était bien gardée…” C’était une racine, une plante médicinale, capable de ramener à la vie les défunts si donnée à temps… Et si le secret de cette plante résidait… dans ce squelette ? Il comprit alors, il ne devait pas le fuir, il devait l’attraper. La proie devint alors chasseuse. Galro devait lui tendre un piège. Il trouva la stratégie parfaite. Il retourna sur ses pas, là où la grotte fut plus large, et frappa du plat de sa lame contre le rebord. Rien. Il insista. Là, il entendit en écho les roulements d’articulations résonner. Ça y était, la chose l’avait bel et bien entendue. Alors, le chevalier inspira un grand coup et plongea dans l’eau glacée. Il devait faire vite, sa proie le traquait dorénavant. 


Il rampa, cette épreuve était infiniment complexe. Chaque avancée était au prix d’un effort effroyable, mais il arriva à l’étape de la bulle d’air. Il ne tarda pas, il reprit son souffle et retourna dans la vase. Il avança, dans l’eau il pouvait entendre quelque chose d’autre remuer. Il arrivait. Il parvint à ressortir, là il attendit pour son embuscade, cette fois-ci son épée était du bon côté. À peine le cadavre végétalisé sortit sa tête, l’homme d’Église l’embrocha par la bouche, tourna la lame dans le sens verticale de sa mâchoire, cassant une dent au passage, et plongea sa main dans la gueule. Il sentit quelque chose, une chose solide qui remuait. Il la saisit et tira de toutes ses forces. Le revenant se débattait comme un fou, mais cette fois-ci le chevalier avait l’avantage. Il arracha, c’était une racine, la Neihlith. Il planta le squelette dans la galerie, il fut immobilisé, il ne représentait plus un danger. Alors, le chevalier sortit du tertre avec sa récompense. 


Triomphant, Galro brandit sa prise au soleil, et se retourna, il vit alors l’arbre titanesque surplombant le Tertre. Pas étonnant que Lilinaäl avait peur d’y retourner, cet endroit aurait même tué le plus valeureux des paladins. La seule raison de la victoire de Galro était sa capacité à percer les ténèbres de ses yeux. Si par malheur il avait eu besoin d’une torche, ou à l’aveugle, il n’aurait eu aucune chance. Mouillé, transit de froid, Galro retourna vers la demeure de Lilinaäl, il était victorieux. 


Quand il rentra, il découvrit Nardel et Lilinaäl assis aux bords du feu, l’elfe tenait dans ses bras le jeune enfant. Sans hésiter, le valet se jeta dans les bras de son mentor, rassuré de le voir revenir vivant. Lilinaäl sourit au preux chevalier, celui-ci sortit de sa besace la fameuse racine. Sans un mot, la joie revint dans la hutte, puis vint la soirée. 


Après le souper, Galro et Lilinaäl s’assirent à l’extérieur, sur un rocher, face aux étoiles. L’homme sortit de sa besace l’anneau. L’elfe le saisit dans le creux de ses mains, l’inspecta, et le reconnut. Elle se tourna vers le héros et le saisit aux bras. Elle pleura, comme si un poids immense venait d’être retiré de ses épaules. Galro lui renvoya son étreinte, il savait quelle épreuve elle avait traversé. Ils restèrent silencieux, un long moment, puis Galro finit par dire:

_ Nous reprendrons notre route à la fin de l'hiver, nous irons à Ilurina. 

_ J’espère que vous y trouverez ce que vous cherchez. 

_ Je l’ignore, avoua Galro, mais au moins nous pourrons souffler un peu. Kaös… Le grand ennemi… Il m’a laissé des marques. Elles ne guériront jamais. 

Il pouvait encore entendre les échos du combat de la capitale. La guerre ne l’avait pas encore quittée. Fradel, Junar… Tilbar. Tous ces camarades avaient été fauchés par le Terrible Adversaire. L’elfe lui caressa la joue:

_ Je sais ce que vous ressentez, quand mon… la grotte s’est effondrée sur lui. Je n’ai rien pu faire. Je peux aussi sentir le froid du tertre quand je dors, j’entend encore ses supplices. La seule chose que j’ai pu faire, c’est fuir… 

_ Vous avez raison, avoua le templier. Il y a encore du bon pour lequel se battre. J’ai Roland, j’espère que vous trouverez aussi une bonne raison de vous relever. 

L’elfe métisse esquissa un sourire, elle répondit avec mélancolie:

_ Vous, pour commencer. Après votre départ, et bien, je trouverais certainement autre chose. Ne soyez pas pressés, vous avez tout votre temps. 

Réalisant l’acte de bonté, l’homme tourna la tête vers celle qui les hébergeait et la remercia sincèrement. Les deux individus scrutèrent le ciel, il était magnifique. Au loin, un autre héros s’apprêtait à vivre sa propre aventure. Warda avait presque atteint la capitale des haut elfes. 









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