Le petit groupe avance d'un pas décidé, leurs lanternes projetant de grandes ombres sur l'herbe nocturne.
Yael est en tête, accompagné de Night. Cinq soldats d'escorte les accompagnent, choisis par la reine. Le jeune humain suit sa carte tout en sentant les regards dans son dos. S'il avait tenté de fuir, il se ferait aussitôt rattraper, voire vider de son sang selon l'état dans lequel la reine le veut.
À ses côtés, Night avance d'un pas tranquille, sans se soucier du peu de visibilité devant eux. Si Yael pouvait choisir un pouvoir vampire au choix, il prendrait la vision nocturne juste après le pouvoir de régénération.
Yael : Tu sais que tu es plutôt ennuyant comme cobaye ?
Night sort de son rôle de garde et lève un œil intrigué vers lui. Yael affiche un sourire suffisant à sa réaction et tente de le faire réagir.
Yael : Tu sais sûrement que tu vas finir en morceaux détachés, mais tu restes parfaitement calme… c'est ennuyant.
Il se rapproche et le regarde d'un peu plus près.
Yael : Tu pourrais au moins afficher un peu de frustration, non ?
En réponse, le jeune vampire hausse les épaules et mime quelque chose avec ses mains. Ne sachant pas ce qu'il essaie de lui dire, Yael s'éloigne en haussant les épaules.
Yael : Pff… même si je te disséquais, je suis sûr que tu n'émettrais même pas un cri…
La lune éclaire une partie du chemin devant eux. Yael lève sa lanterne et accélère le pas face à la masse qui se dresse devant eux.
Yael : Nous y voilà. Discuter avec toi était un vrai plaisir, cher cobaye.
Night capte le ton sarcastique mais avance. Le jeune scientifique avait beau le rabaisser, il n'aperçoit aucune once d'envie dans sa voix. Ce qui ne le rassure pas pour autant sur son sort à venir.
La forteresse de Montrouge se dresse devant eux. Le groupe pénètre dans la cour intérieure et les gardes se dispersent pour couvrir un périmètre de sécurité, afin d'éviter tout piège qui aurait pu être tendu.
Yael entre dans le donjon et une odeur de suie le dérange. Il ne met pas longtemps avant de comprendre. Il accélère le pas et descend les escaliers.
Night est pris de court et le rattrape avec un garde, avant d'entendre un hurlement de rage au sous-sol.
Yael : NOONN !!! BORDEL DE MERDE !!!
Arrivés en bas, les deux vampires font face à une pièce aux murs noircis et aux meubles réduits en cendres, des notes brûlées traînent sur le sol avec des éclats de verre brisé.
Dans le fond, Yael est penché près des deux cellules, vides.
Yael : Merde ! Merde ! Merde !!
Le soldat s'approche de lui et observe l'état des lieux.
Soldat : Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Au vu de ta réaction, ce n'était pas prévu, je me trompe ?
L'humain lui lance un regard de haine et serre les dents.
Yael : Bien sûr que c'était pas prévu, abruti de sangsue sans cervelle ! Jamais je me serais amusé à faire exploser des années de recherche…
Le garde passe l'éponge sur l'insulte et jette un œil au cachot.
Soldat : Il n'y a aucun reste de cadavre. Ce sont tes cobayes qui auraient fait ça pour s'enfuir ?
Yael est déjà penché sur le sujet. Le labo a explosé, mais les vampires captifs n'ont pas volé en éclats, à part un corps mort depuis pas mal de temps. Soit ils se sont libérés et ont fait sauter le labo, soit quelqu'un d'autre les a aidés.
Les ayant sous-alimentés, il est quasiment improbable qu'ils aient pu forcer la porte pour s'enfuir. Il ne lui reste que la seconde option.
Il ne lui faut pas longtemps pour trouver le coupable. Seules trois personnes étaient au courant pour son labo : le capitaine Dreyfus, son frère Mael et la capitaine Hellsing.
Son frère n'aurait jamais fait ça, faiblard comme il est. Dreyfus non plus, n'ayant aucun avantage à le faire. En revanche, il se souvient de la façon dont la capitaine Hellsing le regardait. À chaque fois, c'était avec ce même regard de dégoût. C'était forcément elle et ses valeurs trop parfaites.
Sa mâchoire se crispe à sa conclusion et il arrache la poignée du cachot qui tient à peine.
Yael : Rrr… traîtresse… elle me le paiera…
Il sort de la petite pièce et pointe la sortie du doigt, plus déterminé que jamais.
Yael : Quelqu'un les a libérés. Ils doivent être quelque part dans les villages environnants. Assoiffés comme ils étaient, ils ne sont sûrement pas allés bien loin.
Le soldat le dévisage un instant, méfiant, puis remonte à l'entrée du bâtiment. Ses collègues prévenus, ils partent explorer la zone alentour sans tarder, laissant Night avec Yael.
À l'aube, le groupe revient avec trois cadavres, des vampires amaigris aux corps troués de flèches, abattus avant d'avoir pu passer l'entrée des villages voisins.
Yael les observe un moment en grimaçant. Ça aurait été plus facile s'ils avaient été vivants, mais il fera avec. Même morts, les différents produits qu'il leur a injectés sont encore présents dans leurs corps.
Sur le chemin du retour, une idée lui vient pour examiner Night. Les électrochocs semblent être une bonne base. De plus, une partie de lui souhaite se défouler. Voix ou non, il compte bien faire décrocher un cri au jeune vampire, car après tout, ça fait partie du problème qu'il tente de résoudre.
***
Le conflit opposant vampires et humains dure maintenant depuis plusieurs semaines suite à la chute de la ville de Bourdall.
Des escarmouches ont lieu au niveau de la frontière entre les deux camps, qui ne cesse d'avancer et de reculer, sans qu'aucune des deux nations n'arrive à prendre le dessus sur l'autre.
En première ligne, des soldats du Lion d'or et de l'Aigle d'argent sont occupés à repousser une tentative de percée de la part des vampires.
Les soldats en armure noire dévalent la colline pour arriver sur une petite plaine où les soldats humains les attendent. Les armes s'entrechoquent sur le champ de bataille quand une nuée de flèches renforcées en argent provoque un massacre dans le camp vampire.
Leur commandant est tenté de sonner la retraite, mais sait qu'ils doivent tenir le temps que les autres troupes, parties plus en avant, reviennent.
Une nouvelle flèche vient s'abattre sur un soldat à côté de lui quand un nouveau vient prendre la relève.
Commandant : Que font nos archers !! Ils devraient déjà avoir repéré et neutralisé l'ennemi !
Le soldat se cale contre le rocher qui les protège et observe du coin de l'œil ce qu'il se passe, peu rassuré par ce qu'il voit.
Soldat : On aimerait bien… mais l'ennemi ne compte qu'un archer et on n'arrive pas à l'identifier, chef…
Du mouvement est perçu chez les troupes humaines et les soldats se voient obligés de reformer leurs rangs.
Soldat : Attaque ennemie en approche… ils vont tenter une percée, commandant !
Le vieux vampire se redresse en grimaçant et attrape son épée pour rejoindre ses hommes.
Commandant : Il faut qu'on tienne le temps que l'avant-garde revienne… !
Il brandit son épée avec un râle et rejoint le gros des troupes pour faire barrage. En face, une vague de soldats humains positionnés en triangle s'abat sur eux.
Le commandant vampire aide ses hommes comme il peut, mais l'archer ennemi refait surface, et il le voit. Une femme imposante vêtue d'un plastron en argent brandit un arc aux bords acérés dans sa direction.
Il a juste le temps de la voir encocher une flèche que cette dernière vient s'enfoncer dans son torse. Ses soldats se font décimer autour de lui alors que l'archère vient l'achever en enfonçant l'une des lames en argent de son arc dans sa gorge.
Agathe vient de neutraliser le commandant ennemi. Ses hommes continuent de repousser les assaillants alors que les soldats du Lion d'or envoyés en renfort la rejoignent.
Soldat du Lion d'or : Capitaine Arguent ! La défense se passe comme prévu on dirait. Votre tactique a fonctionné.
Elle passe son arme sur son épaule et se redresse en observant les vampires battre en retraite, les regardant d'un air calculateur.
Agathe : C'était la partie facile. Le reste ne dépendra que de lui…
Plus loin derrière eux, l'avant-garde vampire qui a réussi à passer s'engage dans un village proche de Bourdall.
Les habitants du village d'Amertun sont pris de court quand les soldats vampires arrivent dans leurs rues. Le massacre commence alors que les corps des gardes volent contre les dalles en pierre des maisons, les recouvrant de sang.
Un duo de soldats se fait encercler alors qu'ils tentent de protéger deux paysannes apeurées. Un soldat en armure noire s'approche d'eux, ses yeux rouges luisant à la vue de la blessure du garde.
Soldat vampire : Oh… regardez-moi ça. Un sac d'os qui tente de brandir son arme. Essayez donc de résister si vous voulez, mais ça ne changera rien au sort qui vous attend.
Les deux gardes s'adressent un léger regard hésitant, mais ils semblent d'accord sur un point : protéger les leurs, quitte à en mourir.
Garde : Si on peut toujours essayer… alors autant s'y risquer.
L'homme de droite tend son épée vers le vampire qui pare le coup avec entrain. Le garde blessé réagit aussitôt et enfonce sa lame en fer dans le flanc du vampire qui bouge à peine malgré la douleur.
La créature repousse le premier assaillant avant d'enfoncer ses doigts dans la blessure à son bras, le faisant reculer de douleur.
Soldat vampire : Comme si une simple épée allait m'arrêter ! Vous n'avez donc rien appris durant votre courte existence ?
L'homme fait face aux crocs qui tentent de s'abattre sur lui et repousse le vampire avec les protections de ses avant-bras, mais son adversaire a bien plus de force que lui.
Le soldat vampire regarde sa victoire avec avidité quand une lance vient lui transpercer l'épaule. Dans un certain cas, le coup ne lui aurait rien fait, mais là, une brûlure atroce se fait sentir, même quand l'arme recule.
Le garde humain en profite pour se retirer de son emprise et part rejoindre son collègue. Le soldat vampire se redresse et tente de l'attraper, sans succès.
Un autre coup de lance le met à genoux et il regarde vers son nouvel adversaire avec rage, se rendant compte qu'il s'agit d'un adolescent à peine plus grand que lui.
Soldat vampire : Rha… il recrute des gosses maintenant ?
Le garçon à l'écharpe bleue et à la tunique blanche lui sourit d'un air embêté, le tenant en joue avec son arme.
Aslan : Disons qu'il faut de tout de nos jours… non ?
Son air niais l'énerve plus qu'autre chose. Le vampire ramasse son épée et se prépare à un nouvel assaut malgré la douleur qui lui brûle le bras.
Aslan le voit venir et lui pointe sa lance devant le nez.
Aslan : À ta place, j'éviterais de faire ça. Rends-toi, et tu vivras peut-être assez longtemps pour qu'on te soigne.
La réponse de l'humain le dérange plus qu'autre chose. Comme s'il allait se laisser faire bien gentiment. Voyant qu'il n'a pas vraiment d'autre choix, il tente de porter un coup au jeune humain. Il se fait rembarrer aussitôt, mais saisit l'occasion pour fuir vers son groupe. Arrivé dans le carrefour principal, il tombe à genoux face à ce qui s'offre à lui.
Plusieurs soldats en armures sont présents aux côtés des gardes du village, tous armés de lames en argent. Le corps de ses camarades gît au sol, soit mort soit gravement blessé.
Derrière lui, la voix d'Aslan retentit.
Aslan : Alors ? Qu'est-ce que tu décides ?
Le vampire sent la peur s'installer alors qu'il comprend la situation. Normalement, les simples soldats humains ne portent que de simples armes en fer, ou en bois de frêne dans le pire des cas. Là, c'est au-dessus de ce qu'ils imaginaient. Ils n'ont aucune chance face à autant de soldats armés d'armes en argent, surtout face à ce jeune homme et sa lance.
Il lâche son arme et s'effondre au sol, ne disant mot. Aslan s'en voit en partie soulagé et fait signe à deux soldats du Lion d'or de l'emmener avec eux.
La frontière avait besoin de renfort, surtout après l'avancée éclair des vampires durant les derniers mois. Avant, il ne se serait jamais cru capable de les repousser, mais maintenant, avec tout ce qui lui a été offert, il commence à se dire que finalement, il pourrait peut-être un jour devenir le héros qu'on attend de lui.
Du bout de son pouce il caresse la gravure inscrite sur sa lance, rappel de la prière de la déesse qui le lie à son arme. Il la récite une dernière fois dans ses pensées : « Pour protéger mes amis et ceux qui croient en moi. »
***
L'éclaireur parcourt la rue boueuse en courant, tenant la lettre reçue par les pigeons voyageurs. Il évite les différents soldats et marins qui sont occupés à déplacer les différentes marchandises et manque de s'étaler plusieurs fois, mais il garde le cap.
Arrivé dans le quartier sud de Kirano, il trouve la caserne des soldats de l'ordre de l'Aigle d'argent.
Dreyfus est occupé à regarder les recrues s'entraîner entre elles quand une voix résonne à l'entrée du terrain.
Éclaireur : Capitaine !! J'ai un message pour vous !
Dreyfus prend la lettre d'un geste calme et l'ouvre, le bruit ayant attiré l'attention des recrues qui ont déjà le regard tourné vers lui. Ses yeux gris parcourent le bout de papier avant qu'il ne laisse échapper un sourire satisfait.
Dreyfus : Eh bien… ça pour une surprise.
Mael, peu habitué à cette expression sur le visage du vieux capitaine, s'approche d'un air hésitant.
Mael : Qu'est-ce qui vous fait sourire comme ça ?
Dreyfus efface son sourire mais garde un ton confiant en croisant son regard.
Dreyfus : Des nouvelles du front. Agathe et Aslan viennent de repousser une incursion près de la frontière.
À la mention de son ami, Mael ressent un élan de fierté et sourit d'un air calme. Il n'a toujours pas retrouvé son frère, mais savoir que son meilleur ami s'en sort suffit à le réconforter pour la suite.
Raphaël : J'en conclus qu'il vient de terminer sa formation ?
Deux silhouettes arrivent au bout de la rue et confirment la situation, ayant entendu la nouvelle.
Harsel : C'est exact. Et maintenant, ça va être à votre tour.
Oward et Harsel arrivent devant la caserne, suivis d'un chariot bien rempli, sans doute de provisions.
Ophélia passe une main fatiguée dans ses longs cheveux bruns et s'appuie sur sa hallebarde, Tristant à ses côtés.
Ophélia : Où vous voulez en venir ?
Dreyfus se déplace vers le chariot et soulève la bâche afin de vérifier si tout est en ordre alors qu'Oward se charge de décharger les provisions.
Dreyfus : C'est simple. Avec l'arrivée de la guerre, nous manquons de temps pour vous former à un entraînement plus poussé. C'est pourquoi nous avons décidé de vous nommer directement chevaliers.
Tristant manque de s'effondrer à sa réponse, mais Ophélia le repousse gentiment.
Tristant : Attendez… donc… cette pression que vous nous avez mise depuis notre arrivée à Kirano, c'était pour ça ?
Harsel attrape des objets enveloppés dans un tissu blanc et vient les rejoindre au centre du terrain sableux avec un grand sourire.
Harsel : Et oui, jeune Urmen. Dans une dizaine de minutes, vous ferez officiellement partie des chevaliers de l'Aigle d'argent.
Le jeune garçon lance un regard ravi à Raphaël, qui lui rend un léger sourire. Ça fait depuis leur rencontre à l'académie que son ami lui parle de son rêve de devenir un grand chevalier. Aujourd'hui, c'est chose faite.
Ses yeux bleus parcourent le tissu blanc posé au milieu du terrain, se doutant de ce dont il s'agit.
Raphaël : C'est bien ce que je crois ?
Dreyfus les rejoint et les recrues se mettent en cercle autour du mystérieux paquet. Harsel a du mal à contenir son excitation et regarde le capitaine en chef, attendant le feu vert.
Une fois le coup d'œil reçu, il tire le tissu et dévoile une volée d'armes en argent neuves.
Harsel : En effet. Devant vous se dressent vos nouvelles armes qui marquent votre entrée dans l'ordre. Toutes ont été créées selon votre style de combat et ont été bénies par la déesse en personne. Vous trouverez votre bénédiction inscrite dessus.
Les recrues affichent une mine émerveillée face au métal blanc pur qui luit devant eux. Sans perdre de temps, Dreyfus les prend une par une et les distribue à leurs nouveaux maîtres.
Mael reçoit son épée en argent avec honneur, suivi par Tristant. Une fois Ophélia munie de sa nouvelle hallebarde, elle le rejoint en se blottissant contre lui, observant leurs deux gravures, une prière, mais aussi une promesse entre eux.
Quand vient le tour de Raven, la jeune fille s'approche d'un pas hésitant. Elle connaît bien la douleur qu'un vampire peut ressentir au contact d'une arme de ce genre. En temps normal, elle ne devrait pas s'inquiéter, mais sa nouvelle nature lui est encore inconnue. Est-ce que comme les vampires, elle connaîtra la même douleur, ou sera-t-elle épargnée par sa nouvelle condition ?
Elle n'a pas vraiment le temps de s'en inquiéter. Quand Dreyfus lui tend le grand couteau en argent avec un air fier, elle ne peut que l'accepter, symbole de sa confiance en elle.
Sa main effleure la lame et à son grand soulagement, elle ne ressent qu'une fraîcheur intense. Elle passe l'arme dans son fourreau et rejoint les autres.
Seul Raphaël n'a pas reçu d'arme, ayant déjà acquis le statut de chevalier de par son rôle de garde de la princesse. Un petit couteau traîne au fond du drap, l'arme destinée à Yael. Mael l'observe du coin du regard et essaie de ne pas y penser.
Une fois la remise terminée, les trois capitaines se mettent au garde-à-vous et saluent les nouveaux chevaliers, qui font de même.
Dreyfus les regarde tour à tour puis conclut la cérémonie d'un ton solennel.
Dreyfus : Chers recrues, à partir de maintenant, vous voilà officiellement membres des chevaliers de l'ordre de l'Aigle d'argent. À partir de cet instant, n'oubliez jamais votre tâche principale : empêcher tout vampire de nuire à notre belle nation. Tel est notre devoir. Est-ce bien entendu ?
Les cinq recrues se tiennent d'un air fier et reconnaissant avant de s'exprimer en chœur face à ceux qui leur ont tant appris.
Chevaliers de l'ordre d'argent : Oui, mon capitaine !!
Adossée près de la porte de la caserne, Vanessa observe le petit groupe profiter de leur nouveau statut. Elle affiche un léger sourire ravi mais teinté de tristesse. Elle est passée par là avant eux et sait les conséquences d'un tel rôle.
Tout ce qu'elle peut espérer à présent, c'est qu'ils pourront faire les bons choix, là où elle a échoué.