Fate of Blood Tome 3 : Dans l'ombre d'Omicron

Chapitre 12 : Nouvelle approche

Par EdNight

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Dreyfus affiche les cartes de la région quand Ophélia et Tristant arrivent dans son bureau. Une petite pièce carrée aux murs de pierre, décorée avec diverses armes et armoiries.

 

Il termine d'accrocher la grande carte de Strigua et se tourne vers eux quand ils le saluent.

Tristant : Vous nous avez demandés, capitaine Zorinof ?

 

Ophélia sourit encore de la cérémonie et se rapproche de lui, intriguée par leur présence en particulier.

Ophélia : En quoi pouvons-nous vous être utiles ?

 

Le capitaine se recule du mur et les rejoint. En passant près de son bureau, il ramasse un bout de papier et l'observe pour être sûr.

Dreyfus : Nous avons récemment appris que l'espion vampire a repris contact avec Lizalein. Les nouvelles informations mentionnent les déplacements vampires à venir et leurs prochaines stratégies.

 

Il repose le morceau de papier et leur remet un autre document. Leur première mission en tant que chevaliers de l'ordre.

Dreyfus : De ce que nous savons, les vampires ont transformé Bourdall en base avancée. Avec leurs nouveaux déplacements, la ville est en sous-effectif. Il faut agir vite, c'est pourquoi je vous charge de partir rejoindre Aslan et Agathe à la frontière.

 

Tristant prend la missive et croise le regard du capitaine.

Tristant : Vous pensez qu'on a une chance d'y arriver ?

 

Le capitaine affiche un sourire en coin et croise les bras d'un air confiant.

Dreyfus : Sans aucun doute. Le roi a prévu le coup et vient d'armer la plupart des soldats du royaume avec des armes en argent. À l'heure qu'il est, on a déjà repris du terrain face à l'avancée ennemie. C'est le moment ou jamais de frapper, et je compte sur vous pour porter le premier coup.

 

Les deux jeunes se regardent. Tristant semble avoir d'autres questions qui le chiffonnent, mais Ophélia vient lui prendre la main, se montrant confiante en leurs capacités.

Ophélia : On y arrivera, t'en fais pas.

 

Il se détend à son toucher et serre sa main dans la sienne.

Tristant : D'accord. On s'en charge.

 

Ils quittent le bureau et lancent un dernier regard à Dreyfus, promettant une victoire rapide.

Tristant : On passera le bonjour aux autres de votre part.

 

***

 

Des grondements sourds émanent de la cave du palais vampire. Depuis la cage d'escalier, des flashs bleutés éclairent l'espace sombre, parsemé de cris aigus étouffés.

 

Dans le labo improvisé, Yael teste une méthode à base d'électrochocs qu'il pointe sur la tête de son cobaye, Night. Le jeune vampire se retrouve assis et ligoté sur une chaise en fer, plus robuste que celle où était retenu Yael à son arrivée.

 

L'humain repointe ses deux instruments, semblables à des baguettes en métal, et un arc électrique jaillit alors qu'il les replace sur le front de sa cible, qui pousse un nouveau cri étouffé.

 

Malgré son mutisme, il semblerait qu'il soit capable de produire quelques sons, confirmant la question que s'était posée Yael.

 

Outre son penchant pour les tests sur un coup de tête, le jeune garçon fait cette expérience pour une autre raison. Il aurait aimé inhiber le lobe frontal de son cobaye vampire de cette façon. Mais bien sûr, ce n'est pas aussi facile.

 

Ne voyant aucune avancée, il repose les deux baguettes métalliques et se replonge dans ses notes. Sur la chaise, Night profite de ce court instant de repos pour retrouver ses esprits.

 

Tout son système nerveux est parsemé de spasmes désagréables, ce qui lui rappelle des sensations qu'il aurait aimé oublier.

Yael : Le dosage n'est sûrement pas assez fort pour percer ta régénération… haa… il ne reste plus que l'autre solution visiblement…

 

Il prend le croquis du cerveau vampire et se déplace vers une table entre les cuves, où se trouvent les corps des vampires récupérés à Montrouge.

 

Il y ramasse un morceau de chair du bout de sa main gantée et repart vers le plan de travail. Avant de s'atteler à la tâche, un mouvement dans le coin de la pièce le surprend, le faisant sursauter.

 

Posée près de l'armoire à l'entrée, la reine le regarde avec un sourire figé et une lueur prédatrice dans ses yeux rouges, à l'aura sombre.

 

Yael se détend en se rendant enfin compte de sa présence et cogne son poing sur le plan de travail devant lui, évacuant la vague de stress qu'elle vient de lui procurer.

 

Voyant qu'il la remarque enfin, la reine le rejoint et se pose derrière lui, serrant ses épaules d'un geste réconfortant. Malgré l'intention, Yael sent ses épaules craquer alors qu'elle emploie plus de force que d'habitude, lui faisant lâcher un petit cri.

Alixia : Yael ! Comment se passent tes recherches suite à notre petite collaboration ?

 

Elle murmure dans son oreille d'un ton amusé qui sonne plus comme une menace, le ton lui faisant vibrer les tympans.

 

Il se recule et parvient à se tirer de son emprise, la regardant d'un peu plus loin.

Yael : Ça avance… je suis sur… une piste.

 

La reine frappe sa main en la posant sur le plan de travail et le dévisage avec un air amusé, penchant vers un air sadique, différent de ses précédentes visites.

Alixia : Une piste !? J'espère bien pour toi, parce que mon temps commence à manquer !

 

Elle vient l'attraper par le menton, lui griffe la joue au passage et plonge ses yeux dans les siens, y lisant de la terreur.

Alixia : Tu as une semaine pour trouver une solution au projet Omicron ! Si d'ici là tu n'as toujours rien à me proposer, je me servirai de toi comme bouclier personnel face aux armes en argent de tes braves camarades humains…

 

Elle le relâche d'un coup et il s'effondre à genoux, avant de se retenir à la jambe de Night, qui observe la situation, encore sonné.

 

Une fois la reine partie, il se penche sur la table des cadavres et observe son travail, les yeux vides. Sans s'en rendre compte, il suit les différents vaisseaux sanguins du regard, comme un schéma dans sa tête.

 

Même en ce moment, sa soif de connaissance ne faiblit pas. Il ne sait pas ce qu'elle lui a fait, mais de par sa simple présence, son cœur s'emballe. Il avait pris ça pour de la fascination, ou quelque chose semblable à de l'amour, ironique venant de lui, mais maintenant il ne sait plus.

 

La reine le terrorise, mais il s'en voit étrangement plus motivé que jamais. L'explication la plus plausible est sans doute liée à la récompense qu'elle lui a promise… soit ça, soit elle vient de lui jeter un sort.

 

Dans tous les cas, il n'a plus vraiment le choix. Il aurait bien voulu éviter cette solution, mais il n'a plus le luxe de tergiverser.

 

Son regard passe sur la seringue qui contient le sérum de régénération modifié. Le liquide jaunâtre ondule sous son nez alors qu'il attrape un hachoir accroché au mur. Il pose sa main à plat sur la table et se coupe l'index d'un coup net.

 

Il hurle de douleur et se retient avec un grognement avant d'enrouler un tissu usé autour de sa blessure, le temps d'arrêter l'hémorragie. Une fois satisfait, il attrape la seringue et la regarde une dernière fois en se souvenant des soldats à Bourdall.

 

La formule avait été légèrement améliorée afin de permettre à un vampire blessé par l'argent de se régénérer. Si ça marche sur lui, un humain, ce sera déjà un bon début.

 

Il se l'enfonce dans le bras en introduisant la moitié du liquide dans son corps, puis ressent une brûlure intense sur sa blessure. Le sang à peine coagulé bouillonne puis commence à s'étendre pour reformer son doigt perdu.

 

La douleur estompée, il regarde son œuvre et parvient à bouger son nouveau membre sans problème. Satisfait de la première étape, il se tourne vers Night.

 

À présent remis des séances d'électrochocs, Night tente de comprendre ce que Yael essaie de faire. Il ne lui faut pas longtemps pour saisir la suite quand il le voit le regarder avec un grand sourire, la seringue dans une main et un scalpel en argent dans l'autre.

Yael : À ton tour… voyons voir si tu es capable de t'en sortir avec ça…

 

***

 

Il savait ce qu'il en coûtait de venir ici, mais il n'a pas eu le choix. Il pense, rit, aime, se souvient, mais ne peut pas aller contre les ordres.

Comme il y a sept ans, le revoilà attaché, face à une douleur qu'il ne peut ignorer.

 

Ventre contre le dossier de la chaise, Night y est solidement attaché afin de bouger le moins possible. Devant lui, Yael le regarde dans les yeux avec un air concentré. Une bougie est allumée sur le plan de travail juste à côté de lui, accompagnée de plusieurs scalpels en argent et de la seringue au liquide jaune, vide.

 

Le jeune humain lui a injecté le reste du produit après l'épreuve du doigt. À présent, le voilà en train de lui ouvrir le crâne sans qu'il ne puisse rien y faire.

Yael : Ça doit faire un mal de chien, je n'en doute pas. Mais essaie de bouger le moins possible. Une erreur, et on est foutus, autant toi que moi.

 

Ça faisait depuis une bonne trentaine de minutes qu'il était en train de lui charcuter le front. En remontant sur le haut de son cuir chevelu, il a trouvé une vieille cicatrice qui lui a en partie facilité la tâche.

 

À présent, il donne le dernier coup de scalpel qui lui dévoile la zone qu'il recherche. Une masse visqueuse et rose pâle se dresse devant lui, se compressant et se rétractant au fil du temps.

 

Yael affiche un sourire satisfait en voyant le lobe frontal de Night et commence à placer des aiguilles en argent sur les bords des entailles de son front, le contact empêchant la régénération de la plaie béante.

 

À leur contact, Night sent une piqûre atroce qui lui donne un mal de crâne insoutenable. Il s'agite légèrement et pousse un autre cri plaintif. Son scalpel à un centimètre de son cerveau, Yael s'arrête avec un sifflement de frustration.

Yael : Oh, allez… tu vas pas commencer alors que le plus dur est terminé…

 

Il reprend sa concentration et entaille doucement les zones clés du lobe frontal, se rapprochant lentement du cortex cingulaire.

Yael : Pense à moi aussi. Je te rappelle que j'étais prêt à sacrifier un doigt pour toi…

 

Quelques minutes plus tard, Night reprend conscience après s'être évanoui pour la deuxième fois. Une personne normale serait déjà morte, mais pour un vampire avec la régénération boostée, ce n'est rien, même avec des morceaux en argent coincés dans le crâne.

 

Yael dépose les derniers résidus ensanglantés dans le récipient à côté de lui et regarde la zone qu'il vient de creuser. Après quelques relectures des croquis de la reine, il trouve trois petites incisions à peine cicatrisées. Il les compare avec ses propres notes et comprend alors la situation à laquelle il a fait face ces dernières semaines.

Yael : Oh…

 

À moitié conscient, Night relève les yeux vers lui, intrigué par son air perplexe. Yael passe brièvement sur son regard avant de reporter son attention sur les cicatrices.

Yael : Je comprends mieux à présent… pas étonnant que tu ne parles pas… ou plutôt plus.

 

Il caresse la zone en partie brûlée et soupire face au travail mal fait.

Yael : Sans le sérum que je viens de t'administrer, les dégâts auraient été inévitables. On dirait que la reine n'a pas vraiment pris cette option en compte lors de ta première opération… ce qui a causé la perte de ta voix.

 

Night reste conscient et l'écoute attentivement. Depuis son enfance il avait été un sujet d'étude, rien de plus. Tout est flou dans sa tête depuis ce jour, celui où son entraînement spécial a commencé.

 

Le but de sa création est simple : créer un vampire sans émotion qui obéit au doigt et à l'œil. Cet avenir qui l'attend ne l'a jamais vraiment effrayé, mais aujourd'hui la situation est bien différente. Il est entré dans les unités spéciales où il s'est fait de vrais amis.

 

Un éclair le rappelle à l'ordre, alors que Yael reprend les deux barres d'électrochocs, prêt à les lui enfoncer dans le crâne. Un nouveau flash de couleur différente se produit au contact des deux instruments et lui rappelle un rose vif difficile à oublier, Talia.

 

Elle ne connaissait rien de lui, mais a tout fait pour l'intégrer au groupe, allant jusqu'à apprendre le seul langage qu'il maîtrise.

 

Rien que d'imaginer perdre tous ces bons moments le force à agir. Il pousse un sanglot et tente de se libérer des sangles en cuir qui le retiennent.

 

Yael s'en rend compte et retarde l'opération en haussant le ton.

Yael : Mais arrête de gigoter, bon sang ! Combien de fois il va falloir que je te le dise !

 

Il s'apprête à lui donner une décharge pour le calmer quand Night le regarde en beuglant quelque chose d'incompréhensible.

Night : ..ha.. haehe.. haguehaa…

 

Son regard désespéré le prend de court tandis que le vampire essaie de tendre la main vers lui. Yael se recale sur son tabouret, prêt à l'opérer, quand le vampire arrive à le surprendre. L'une des sangles se détache et Night parvient à libérer un de ses bras.

 

Yael ferme les yeux par réflexe et se protège de l'attaque à venir, mais rien ne se produit. À la place, Night prend sa main et le regarde d'un air suppliant, répétant son charabia.

 

Il ne s'attendait clairement pas à cette réaction. Normalement, quand on vous ouvre le crâne, vous êtes rancunier, mais là, il ne trouve rien de cela dans l'expression du garçon qui est censé être son ennemi. Pire encore, il semble comprendre ce qu'il veut.

 

Dans une main, il tient le bâton électrique, et dans l'autre, l'air suppliant de Night. Voir un cobaye lui tenir tête a le don de l'ébranler malgré lui. Il repense à ce qu'il s'apprête à lui enlever et se met à sa place, pour la première fois.

 

Lui non plus n'aimerait pas être privé de ses sentiments… encore moins de ce qui fait de lui qui il est. Ça, il peut au moins le comprendre.

 

Il serre l'outil électrique et soupire d'un ton râleur avant de regarder le garçon aux cheveux bleu nuit.

Yael : C'est bon, t'as gagné… alors arrête un peu de geindre.

 

Yael se repenche sur le front perforé du vampire et se prépare à électrocuter les zones cibles pour le projet Omicron.

Yael : Ne t'en fais pas… tu garderas tes émotions… et avec un peu de chance, tes souvenirs. Mais je ne te promets rien, hein.

 

À sa réponse, Night le regarde avec de grands yeux surpris et relâche son bras. Comme si ça ne s'était jamais passé, il se recale sur la chaise et se détend. Plus aucun cri ni spasme ne venant interférer avec la suite de l'opération.

 

S'en voyant en partie rassuré, Yael arme son instrument et vient donner une série d'électrochocs dans la plaie ouverte aux multiples piques d'argent.

 

Une fois que tout cela sera terminé, il aura ce qu'il a toujours voulu, mais aussi, il sera enfin libre de retrouver son frère.




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés