Les trois chevaliers la dévisagent un moment sans rien dire. Raphaël se sert de son épée pour se relever et fait le premier pas, rejoignant son amie face aux ennemis qui débarquent.
Il vient se mettre en garde et fait signe à Mael et Harsel d'y aller.
Raphaël : Vous l'avez entendue ! Allez voir ce qu'il se passe avec les canons. Nous, on reste en défense le temps qu'il faudra !
L'instructeur pousse un grognement satisfait et redresse Mael d'un geste vif. Il leur adresse un bref regard et les deux partent vers les quais, laissant la suite aux mains de leurs compagnons et de leurs valeureux soldats.
Raven note la présence de Raphaël et essaie de faire comme si ce n'était rien, alors que son geste de confiance lui va droit au cœur.
Raven : Merci…
Il entrouvre la bouche un instant et la referme aussitôt, préférant opter pour un bref sourire encourageant.
Raphaël : On t'est redevables. Et tu restes une amie fidèle.
Ça suffit à la rassurer. Elle brandit son arc en mode de tir et se laisse aller, usant de sa nouvelle force.
Raven : Manœuvre 215 ? J'attaque et tu soutiens ?
Il répond d'un signe de tête et la suit parmi la foule de soldats qui tentent de mettre en place un piège à l'entrée.
Ayant reculé en partie pour aider un commandant allié, Harius revoit l'étrange archère reprendre du service.
Harius : Pénétrer dans cette ville est aussi compliqué que prévu.
Son comparse reprend son arme et fait signe à une troupe libre d'entrer en action.
Commandant : Rassure-toi, c'est aussi tendu pour eux que pour nous.
Le jeune forgeron reprend une bouffée d'air frais, sentant le sel marin à proximité, et retourne au combat.
Une flèche vient aussitôt lui frôler la joue à toute vitesse. Il brandit son marteau pour parer et bloque un coup de dague adverse, suivi de l'épée de Raphaël.
Raven enchaîne son coup de dague avec un nouveau tir d'arc et parvient à toucher l'ennemi à la jambe.
Harius sent le coup passer et décide de prendre sur lui. Un soldat vient l'aider avec le commandant, mais il se fait transpercer par une lance en argent d'un soldat humain.
Le commandant le voit tomber. Il prend le temps de lui adresser un regard teinté de regret et vient aider Harius. À deux contre deux, le combat reprend une part d'équilibre.
Derrière eux, Raven fait un signe à Raphaël et disparaît dans la foule. Harius reste sur ses gardes, dos à dos avec le commandant vampire, et décide de jouer la carte de la rapidité. Mauvaise idée.
Raphaël roule à terre pour esquiver le coup et en profite pour lui donner un coup au mollet, là où Raven l'avait touché avant. Le commandant tente de le prendre de court, mais Raven veille. Une flèche vient lui érafler l'épaule en signe d'avertissement.
Harius peine à la voir tout en gardant un œil sur le chevalier aux cheveux blonds. Il décide d'user d'une autre technique et envoie un coup de marteau dans le sol, créant une fissure assez grande pour enlever un bloc rocheux, qu'il envoie valser dans la foule d'un nouveau coup de marteau quand l'archère envoie une autre flèche vers eux.
Le projectile bloque la flèche et percute deux soldats, en tuant un au passage. Raven sort de sa cachette au même moment et parvient à blesser Harius au bras alors que Raphaël enchaîne en le repoussant.
Commandant : Ceux-là sont plus que coriaces…
Harius prend une position défensive et recule vers la herse en regardant la situation autour d'eux. Leurs forces sont trop concentrées en un même point. La plupart des soldats se font cueillir dès leur entrée.
Maintenant que la plupart de leurs ennemis sont dotés d'armes en argent, aucune régénération ne peut venir les sauver. De plus, cette archère aux mêmes capacités qu'eux complique la donne.
Harius : On se replie ! On a trop à y perdre actuellement. Retrouvons le capitaine Renfield pour un nouveau plan d'action.
Le commandant hésite face à son ordre. Techniquement, Harius est son supérieur dans la hiérarchie. Même si ça ne lui plaît pas plus que ça d'être sous les ordres d'un gamin, il devait au moins admettre que la situation peut devenir plus que critique s'ils ne font rien.
Il prend son sifflet et sonne l'ordre de repli. Les soldats de la garde royale se replient en groupe, suivis des soldats présents en renfort. Seuls les soldats de l'unité Omicron restent sur place, toujours animés d'une rage incontrôlable.
***
Harsel et Mael dévalent l’escalier à flanc de falaise. Ils tiennent bon malgré le vent qui souffle de plus en plus fort, s’accrochant aux parois rocheuses pour ne pas tomber.
En contre bas, des lumières éclairent les quais ou son amarré les bateaux de l’ordre du Dauphin de bronze. Depuis leur point de vue, une marée noire semble avoir pris possession des quatre navires présents.
Ce qui semble être de l’eau de là où ils sont est en vérité le reste des troupes de l’unité Omicron. Ils escaladent la coque des navires avec adresse et continue de décimer d’autre soldats présents sur place, retardant le rechargement des canons.
Arrivé sur les quais, le duo poursuit sa route vers la fin du dernier ponton ou est attacher le navire de l’Amiral Amarachi.
Sur le bateau, les marins tentent de tenir le coup, mais quand les ennemis n’arrivent pas de la mer, ils leur tombent dessus depuis la falaise juste au-dessus d’eux.
Au milieu du navire, un homme à la grosse barbe blanche, vêtu d’une longue veste en cuir et d’un chapeau disproportionner, est occuper à dépecer chaque créature qui l’approche d’un peu trop près avec ses deux sabres.
Amarachi : Vous venez enfin nous aider ?! Comme c’est aimable Ponpindou !
Harsel dégaine sa double hache en argent et l’abat sur un trio d’ennemis avant de le rejoindre.
Harsel : On manque de personnel. J’ai donc fait comme j’ai pus
L’amiral dévisage le jeune chevalier qui l’accompagne puis recule vers la voile ou un marin tente de l’empêcher de descendre.
Amarachi : Mon œil. Vous venez surtout parce que vous avez besoin des canons je me trompe ?
Le guerrier à la barbe rousse pousse un grognement embêter et fait signe à son second de protéger la zone.
Harsel : Au moins ça nous évite d’expliquer la situation. Vas-y Mael. On va former une ligne de défense pour leur laisser le temps de préparer les canons disponibles.
L’un des marins positionner en ingénieur lève la tête vers le jeune garçon, méfiant. L’amiral hausse les épaules d’une grimace bougonnent et lui fait signe de se concentrer sur les canons du pont principale.
Amarachi : Faite vite ! On peut pas se permettre de perdre plus de temps !
Il renifle plusieurs fois dans l’air humide et manque d’éternuer, son nez frottant sur les plis de sa barbe.
Amarachi : A ce rythme, la pluie risque de nous rattraper !
Mael repousse une attaque qui arrive d’un peu trop près et Harsel tente de faire diversion. Derrière eux, les marins non initier aux combats reprennent du service, craignant à chaque instant pour leurs vies.
***
À l'entrée de la forteresse, l'air nocturne se rafraîchit alors que les combats s'éternisent. Certains soldats commencent à fatiguer plus vite que d'autres, dans chaque camp. Seul un groupe semble faire exception à la règle, paraissant infatigable.
D'autres font également exception. Au centre du conflit, Dreyfus continue d'essayer d'atteindre le capitaine vampire, sans succès. Il a beau user de toute sa rage à son égard, rien n'y fait.
De son côté, Renfield ne cesse d'esquiver, arrivant pratiquement à court de réserve de sang. Dans un sens, c'est déjà une chance qu'il ait encore tous ses membres. Malgré sa haine visible, Dreyfus reste un combattant redoutable.
À force d'y penser, sa chance finit par tourner. L'un des soldats de la garde royale se voit repoussé vers eux, son combat croisant celui des deux capitaines.
Dans un premier temps, Dreyfus se voit frustré de voir son combat interrompu, mais finit par changer la donne à sa façon.
Il pointe sa hallebarde usée droit devant lui et embroche le soldat vampire, son arme ressortant de l'autre côté du corps vampire pour atteindre sa cible.
Renfield se prend un coup au ventre et hurle de douleur, ses cris couverts par le râle d'agonie de son comparse qui a pris le coup en premier.
Dreyfus affiche un petit sourire ravi et reprend son arme pour finir le boulot. Renfield ne se laisse pas faire pour autant, malgré le poids qui pèse sur lui en ce moment.
Dreyfus : Ta mort est tout ce que je rêve depuis que tu m'as pris ma fille…
Le capitaine vampire continue de bloquer les coups plus faiblement alors que le visage de sa propre fille hante son esprit. S'il devait lui arriver malheur un jour, il serait sûrement tenté d'agir de la sorte à son tour.
La vieille hallebarde en argent s'abat une nouvelle fois sur la lame du vampire. Le coup se fait plus fort et Renfield s'écroule à terre, sa botte glissant sur la paroi rocheuse sur laquelle ils se trouvent.
Dreyfus plonge pour profiter de son erreur, mais manque sa cible, le capitaine ayant encore assez de force pour rouler sur le côté.
Le capitaine humain montre les dents et se prépare pour un autre coup, mais il se fait prendre de vitesse.
Un lourd marteau vient s'abattre contre son flanc, l'envoyant tituber en sens inverse.
Depuis là où il est, Kellan regarde la situation du coin de l'œil. Harius vient d'arriver en renfort. Leur capitaine en a bien besoin.
En face de lui, la capitaine adverse lui fait face. Il a réussi à tenir bon, mais quelque chose au fond de lui pense que c'est plus une question de chance. Elle ne semble pas y aller à fond.
Rien que d'y penser, la situation l'énerve. Tous les humains qu'il avait affrontés depuis son entrée dans l'unité Alpha voulaient d'une manière ou d'une autre sa mort. Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas de nouveau le cas.
Il reprend son souffle et fait glisser le bord de sa paume sur sa lame acérée pour la renforcer avec son sang. Une fois la lame légèrement brillante, il passe à l'action.
Vanessa n'est pas vraiment surprise par son geste. Ça devait être la cent cinquantième fois qu'elle voyait un vampire faire ce geste, quoique peut-être pas à un aussi jeune âge.
Elle brandit son épée en argent et pare son coup, enchaînant avec les suivants. Il était rapide, mais ce n'était pas tout. Au fond de ses yeux, elle pouvait reconnaître une certaine lueur qu'elle côtoie chaque jour.
Kellan change de stratégie après la cinquième attaque bloquée et décide de se prendre un coup volontairement. Comparées aux autres blessures causées par des armes en argent, celle-ci est bien plus douloureuse, mais il se doit de tenir bon.
Son adversaire ne s'y attendait pas, mais il peut voir qu'elle reste tout de même sur ses gardes. Il décide de prendre l'avantage et lui donne un violent coup de poing dans le ventre, perçant aisément le tissu en cuir de sa tunique.
Vanessa se retrouve le souffle coupé, mais décide d'agir d'instinct. Elle pose sa main sur son bras avant qu'il recule et lui tord le poignet.
Kellan émet un léger râle et recule à son tour. Tous les deux font le point sur la situation alors qu'elle retrouve un souffle normal et que lui régénère son poignet.
Les premières gouttes de pluie commencent à tomber sur le champ de bataille alors que les bruits de métal contre l'argent recouvrent la falaise, ayant remplacé le bruit des vagues.
Se retrouvant à nouveau en état de se battre, Kellan dévisage son adversaire, tous deux ressentant déjà la fatigue tomber sur leurs épaules.
Deux secondes plus tard, les voilà de nouveau face à face. Cette fois, Vanessa prend les devants en débutant une série d'attaques rapides sur le jeune vampire.
Son arme renforcée pare les attaques, mais le poids de l'épée en argent bénie de son adversaire force Kellan à reculer à nouveau.
Il n'aimait pas cette situation, et le sol de plus en plus glissant n'est pas sur le point de la rendre plus agréable.
Il décide tout de même de faire avec et utilise la surface luisante pour esquiver le dernier coup de son adversaire. En passant sur le côté, il attrape sa queue de cheval coiffée sauvagement et tire dessus.
La tête de Vanessa recule violemment en arrière alors qu'elle pousse un râle plus profond. Ce jeune vampire était plus énervant que la plupart des autres, surtout avec un tel geste à son égard.
Elle arrive à reprendre une position normale et se prépare à terminer ce combat, serrant son arbalète attachée dans son dos.
Un grondement sourd les prend au dépourvu, suivi d'une explosion sur leur gauche. Des débris volent dans toutes les directions, suivis des corps des deux camps.
Il ne faut pas longtemps avant qu'un autre coup de canon soit tiré, arrachant un bout du flanc de la falaise.
L'entrée de la forteresse de Kirano se transforme en cauchemar alors que les corps volent en lambeaux après chaque explosion. Les survivants quant à eux doivent continuer le combat sous une pluie battante.
Au milieu de la plaine rocheuse, Kellan voit Harius manquer de se faire toucher par l'une des explosions. De là où il est, il peut entendre les hurlements du capitaine adverse qui tente de l'atteindre alors que son camarade protège le capitaine Renfield.
Il ressent un pincement au cœur quand l'arme de l'humain vient entailler la poitrine de son camarade.
Son esprit est en ébullition alors que son combat en cours l'énerve plus qu'autre chose. Il passe d'une situation à l'autre dans sa tête et décide de faire un choix.
Vanessa le voit se battre contre lui-même et comprend en suivant son regard. Elle croise son regard de haine un court instant avant qu'il n'abandonne leur combat.
De son côté, Renfield recule en essayant d'arrêter son hémorragie alors que Harius tente de le protéger malgré ses multiples blessures.
Renfield : Ne reste pas là, Harius… enfuis-toi…
Le chef de l'unité Gamma secoue la tête en faisant face à l'ennemi et serre le manche de son marteau.
Harius : Hors de question de vous abandonner. Si on sonne la retraite, ce sera avec vous…
Il voit Dreyfus bondir sur lui au même moment et le repousse en lui rentrant dedans. Il se fend la lèvre sur la lame de la hallebarde du capitaine ennemi et recule sous le coup.
Dreyfus lui envoie un deuxième coup, mais il rencontre un coup de poing en retour. Kellan vient d'arriver avec un uppercut qui vient de déstabiliser le capitaine ennemi.
Harius en profite et vient donner un coup de boule à Dreyfus, ce qui le sonne encore plus. Le capitaine tente de se protéger avec son arme, désorienté, mais le vampire envoie son marteau taper dessus avec ses dernières forces, cassant son arme, suivi de quelques-uns de ses doigts.
L'ennemi enfin à terre, Harius rejoint Kellan et Renfield, les deux jeunes créant un cercle autour de leur capitaine et ami.
Le sang et l'horreur les encerclent alors qu'une autre silhouette leur fait face. Kellan mord sa lèvre inférieure en voyant Vanessa les observer d'un air calme, épée en main.
Kellan : Sonnez l'ordre de retraite… maintenant !
Renfield observe la situation un moment, cherchant une raison présente depuis le début. Voir ses camarades de la garde royale se faire décimer est largement suffisant, malgré la conséquence qui risque de suivre. Harius recule vers lui et l'aide à se relever, lui faisant un bref signe de tête.
Harius : Ça va aller, capitaine. On aura encore une chance de s'en sortir… un autre jour.
Renfield se relève péniblement en s'appuyant contre lui et donne l'ordre de repli d'un coup de sifflet.
La plupart des soldats n'hésitent pas et reculent doucement vers l'endroit d'où ils sont venus.
Kellan les voit passer à côté de lui, mais reste en position, épée brandie malgré la fatigue et la pluie.
Face à lui, Vanessa le dévisage d'un œil critique alors qu'il attend le moment de son attaque.
À la place, elle baisse les yeux d'un air las et se détend, ne montrant aucun signe d'hostilité à son égard.
Les yeux de Kellan frémissent légèrement. Il croit mal comprendre, mais le geste de l'ennemie ne fait que confirmer ses doutes. En réponse, il serre le manche de son arme plus fort en grinçant des dents.
Ce visage, Vanessa l'a déjà vu un bon nombre de fois. Celui d'une personne qui ne vit que pour la haine de l'autre. Tout cela ne cesse de se répéter sans fin.
Elle a échoué à arrêter le cycle une fois. Mais elle peut peut-être essayer à nouveau, avec le temps.
Kellan sent sa fureur et sa frustration parcourir son corps alors qu'il reste parmi les derniers sur le champ de bataille, sans réponse. Se pourrait-il que Rendall ait eu raison ? Ce genre d'humain peut aussi exister…
Alors qu'il se bat contre son côté rationnel, il finit par évacuer sa rage avec un hurlement bestial à l'encontre de son ennemi, plus proche d'un cri de détresse et de fatigue.
Il regarde une dernière fois la capitaine dans les yeux, chacun soutenant le regard de l'autre comme une promesse, alors que chacun fait demi-tour, repartant d'où il est venu.
Le reste des troupes vampires disparaît sous la pluie, se ralliant à l'ordre de repli. Tous mis à part l'unité Omicron, qui continue l'assaut, ne servant plus que de couverture pour la retraite en cours.