Maglev

Chapitre 5 : Conscience

1839 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 12/06/2026 08:47

- Général ? Général me recevez-vous ?

- Laissez tomber capitaine, les communications sont coupées. Nous sommes seuls.

- Mais comment tout cela a t’il pu arriver ?

- Aucune idée.

- A mon avis, dit Rigoulet, cette pièce a fait plus de dégâts que prévu.

- En tous cas la prochaine fois, je prendrais l’avion, dit Matéi.

- Je sentais dès le départ que cette mission serait foireuse, dit Rigoulet.

- Moi aussi Félix, mais tu sais pourquoi je l’ai acceptée quand même ? Demande Matéi.

- Tu n’avais pas le choix.

- J’aurai pu ne pas venir, mais je suis venu parce que je voulais prouver que l’homme serait toujours plus fort que la machine. Et c’est ce que je viens de prouver.

Michael arrive alors.

- Ah enfin ! C’est pas trop tôt, quelles sont les nouvelles ?

- C’est pas bon, nous avons perdu la liaison avec le centre de contrôle, ce qui signifie qu’ils ne peuvent plus nous piloter.

- Alors pourquoi cet engin de malheur fonctionne t’il encore ?

- Nous l’ignorons, mais il faut désactiver le système au plus vite.

- Et comment ?

- Manuellement, par l’interface, l’un de mes frères y travaille mais il a besoin du code de confirmation que vous seul détenez capitaine.

- Il n’y a pas d’autre moyen ?

- Bien sur que non, c’est l’unique procédure à suivre pour ce genre de situation.

- Et les missiles, que se passera t’il si l’on désactive le système ?

- Ils seront juste neutralisés, il n’y a rien à craindre de ce côté.

- Très bien, je vous suis jusqu’au cockpit.

Il se tourne vers ses hommes.

- Vous restez là au cas où la liaison reprendrait pour tenir le général informé.

- A vos ordres.

- Ne perdons pas de temps capitaine.

- Quelle merde !

- Et le mot est faible pour qualifier ce désastre.


Ils passent dans la réserve, Nicolas y est, s’acharnant contre les parois du compartiment.

- Que faites-vous ? Demande Eric.

- Je sors, je ne veux pas rester là !

- Ne sois pas débile Nico, on va tout arrêter, ce sera fini dans moins de cinq minutes.

- NON !

- Écoute-moi, le Maglev avance actuellement à 316 km/h, à cette vitesse tu n’a aucune chance de toucher le sol vivant.

- J’essaie au moins !

- De toutes façons les parois ne s’ouvriront pas.

Mais justement, elle se déploient sur les côtés, laissant apparaître la lumière du matin et le paysage défilant à toute allure.

- J’ai réussi ! J’ai réussi !! Hurle Nicolas.

- Arrête, fais pas le con !

- Viens avec moi, venez tous, on va sortir par là !

- C’est impossible !

Les parois commencent à se refermer lentement.

- Non !

- Nico, ne fais pas ça !

- Désolé.

Il saute hors du Maglev, la paroi se ferme derrière lui.

Un de moins à bord.


Sébastien entre les coordonnées du Maglev pour les envoyer au GPS mais ça ne fonctionne pas, la cloison séparatrice se soulève et Michel entre, appuyé sur Eric.

- Mon Dieu que s’est il passé ?

Michael s’effondre par terre.

- Ton frère est mort, annonce Eric, il a sauté hors du train par la paroi de la réserve.

Sébastien se retient, il sombre dans la confusion, puis la colère.

- Putain !!!

Il frappe tout ce qui est à sa portée avec ses bras et ses mains.

- Je suis désolé.

- Il n’aurait jamais du venir, il était claustrophobe, c’était pas sa place, mais il ne voulait pas abandonner ses frères. L’armée va le payer !

- Sébastien, il faut arrêter cet engin, sinon nous connaîtrons tous le même sort, d’accord ?

Il hoche la tête.

- Que faut il faire ?

- Vous n’avez qu’à entrer votre code de confirmation.

- Et c’est tout ? Tout s’arrêtera ?

- Tout s’arrêtera.

Eric avance vers l’interface, entre le code et valide.

- Et voilà.

Il y a un râle électronique qui émane brusquement de l’interface puis, plus rien.

- Alors ?

- Il faut attendre un peu, dit Sébastien.

Des étincelles crépitent subitement de partout.

- Bon Dieu !!

L’interface se brouille, l’écran s’éteint.

- Pas question de crever ici ! Hurle Michel.

Il brandit son canif et se rue sur les circuits à sa portée.

- Non !

Il reçoit alors une série de décharges électriques qui le font se convulser de plus en plus intensément jusqu’à l’immobiliser totalement.

La cloison extérieure commence à s’abaisser.

- Viens Sébastien, tu ne peux plus rien pour lui.

Ils quittent le compartiment, mais Sébastien s’arrête et se retourne.

- Viens !

Il tourne la tête vers Eric.

- Il n’y a que la mort ici.

Il plonge alors sous la cloison pour rejoindre son frêre, mais cette dernière accélère brusquement sa vitesse de descente, tranchant ainsi le destin de Sébastien.


Thierry s’excite comme un malade sur son clavier, priant chaque seconde intérieurement pour trouver un élément qui lui aurait échappé. Les données affluent sur son écran, des dizaines de milliers de lignes de code, chiffres et lettres sans le moindre sens pour les néophytes, comme Simone.

- Tu comprends quelque chose à tout ça ? Demande t’elle.

- Évidemment, sinon je ne serais pas ici.

- Et qu’est ce que ça raconte ?

- Toujours la même chose : l’incident B-23, rien d’autre.

- Tu as regardé après la réinitialisation du système.

- Mes données n’arrivent pas en temps réel, toute l’armée essaye de voir ce qui a flanché, c’est une course, j’espère que c’est moi qui gagnera le pompon !

Elle sourit.

- Je dois arrêter le Maglev, des vies sont en jeu.

- On ne peut pas faire grand chose tant que la liaison n’est pas rétablie.

- Oui je sais.

L’ordinateur bipe, de nouvelles données apparaissent.

- Enfin !

Il regarde en manipulant son stylo. Il ne tarde pas à le lâcher en prenant un air grave.

- Quoi ?

- Appelle vite Lemas.


- Vous avez trouvé ? Demande Lemas en arrivant précipitamment.

- Oui, c’est de la folie.

- Je vous écoute, vous avez toute mon attention.

- Bien. Le système nous a rapporté un incident mineur B-23, mais en réalité cet incident était bien plus sérieux que cela.

- Comment cela ? Le système s’est trompé ?

- Pas vraiment. L’objet métallique a bien tranché des circuits mineurs du Maglev, mais le problème c’est que ces circuits sont reliés, comme tous les autres, au système central dans le cockpit, et le moindre court-circuit peut s’avérer fatal tant la technologie utilisée est puissante, donc fragile.

- Quelle saloperie ! Mais pourtant le système a bien réagi à la panne non ?

- Oui, il s’est coupé comme prévu, mais seulement, quand nous l’avons réinitialisé, le court-circuit a crée une sorte de bug qui a fait sauter les entraves électroniques du système.

- C’est à dire ?

- Ces verrous électroniques limitaient le rayon d’action de sa conscience, cela l’empêchait d’agir de sa propre volonté.

- Attendez, vous êtes en train de me dire que le Maglev est devenu…vivant ?

- Il possède l’intelligence artificielle la plus évoluée du monde, sans ces entraves il peut désormais faire ce qu’il veut.

- Y compris lancer les missiles à son bord ?

- Oui.

- Je vois.

- Ce n’est plus qu’une question de temps.

- Vous avez une solution a suggérer ?

- Non, je n’aurais jamais imaginé qu’une telle chose se produirait.

- Et pourtant elle est arrivée. Alors c’est simple : soit vous trouvez un moyen de l’arrêter, soit je le détruis.

- Avec les hommes et les missiles ?

- C’est un risque à prendre.

- Il y a d’autres solutions.

- Mais je vous écoute !

- Il faut l’arrêter n’est-ce pas ? Et on ne peut pas le faire dérailler, théoriquement en tous cas.

- A quoi pensez vous ?

- Je ne pense pas, je réfléchis.

- Enlevons lui une portion de rail et ça ira !

- Ça ne l’arrêterait pas, la voie le guide mais il peut fonctionner sans.

- Un sauvetage par hélicoptère alors.

- Pas avec les batteries armées.

- Ah ! Cet engin est trop bien conçu !

- Il est tel que l’armée l’a voulu général : invincible.

- Il y a un système d’urgence à bord non ? Pourquoi nos gars ne l’activent pas ?

- Si le Maglev est conscient il ne va sûrement pas se laisser désactiver.

- Alors ils sont fichus ?

- Non, il y a toujours une faille, il suffit juste de la trouver.

- J’ai peut être une idée, dit Simone.

Tous les regards se tournent vers elle.

- Si le système a été endommagé par un objet métallique, pourquoi ne pas réutiliser la même chose pour l’achever ?

- Oui, c’est une solution, mais le risque est que le Maglev devienne totalement hors de contrôle. L’idée reste bonne cependant, dit Thierry. Mais le système ne sera pas détruit, juste paralysé.

- Combien de temps ?

- Je l’ignore, suffisamment longtemps pour tenter quelque chose.

- Comme quoi ?

- Il faut l’arrêter ? Mettons lui des bâtons dans les roues ! Plaçons des obstacles sur la voie, du sable, de la roche, n’importe quoi du moment que cela soit solide. Ainsi vos hommes pourront s’échapper et vous pourrez mettre le Maglev hors-jeu quand il sera dans une zone déserte.

- Très bien, ce plan est approuvé, je m’occupe du nécessaire. Merci Mazet.

- A vos ordres.

Lemas se retire.

- Tu crois vraiment que ça marchera ?

- C’est le seul plan que nous avons pour le moment, croisons les doigts.

- Et si il échoue ?

- J’aurai eu le temps d’avoir un plan B.

Thierry se retourne vers son écran.

- Je vais analyser les dernières données avant la coupure, je veux savoir où il va, et surtout pourquoi.








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