Détective Kisaragi

Chapitre 1 : Le suicide presque parfait

736 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 09/06/2026 16:11

PROLOGUE


Je m'appelle Hayato Kisaragi. Ancien inspecteur de la police métropolitaine de Tokyo. Aujourd'hui, je suis détective privé. Il fut un temps où mon nom et prénom apparaissaient dans les journaux pour de bonnes raisons. Les affaires résolues, les arrestations, les félicitations de la hiérarchie... Tout cela paraît très loin maintenant. Une intervention a changé le cours de ma vie. Elle devait être très simple : une arrestation classique. Mais quelque chose a mal tourné. Le suspect s’est effondré au sol d’un seul coup. Il était sans doute dans un état de stress ou de fatigue extrême. Personne n’a réagi assez vite. Et après, les médias avaient besoin d'un responsable. Ils m'ont choisi. J'ai quitté les forces de l'ordre peu après. Pas parce que je détestais ce métier. Mais parce que j'ai compris quelque chose : certaines victimes sont abandonnées dès que leur dossier devient encombrant. Alors je continue mais autrement. Je cherche les vérités que les autres préfèrent oublier. Peut-être que j'essaie encore de prouver que je peux sauver quelqu’un.




CHAPITRE 1


La pluie frappait doucement les vitres de mon bureau.


J'observais les lumières de Tokyo depuis mon fauteuil lorsque mon téléphone vibra sur la table.


Je décrochai sans un mot.


Une respiration hésitante se fit entendre à l’autre bout du fil.


— …Kisaragi-san ?


La voix d’une femme.


Jeune.


Tremblante.


— J’ai besoin de votre aide.


Je restai silencieux.


Puis la phrase tomba.


— Mon frère… a été assassiné.


Un long silence s’installa.


— La police dit qu’il s’agit d’un suicide.


Je relevai lentement les yeux.


Pour la première fois depuis plusieurs jours, mon regard changea.


— Donnez-moi l’adresse.


Trente minutes plus tard, je descendis d'un taxi devant un immeuble étroit de Setagaya.


Les gyrophares rouges illuminaient la pluie.


Plusieurs policiers discutaient devant l'entrée.


L'un des deux policiers, en me voyant, sembla être agacé.


— Sérieusement… ils ont appelé ce type ?


Je n’y prêtai pas attention.


Je passe devant eux sans ralentir.


L’entrée de l’immeuble contraste avec l’extérieur. Chaleur, lumière douce, odeur de bois propre.


Rien n’indique qu’un mort se trouve quelque part ici.


La police m’indique l’escalier.


Je monte.


Et je rentre dans la pièce.


Le corps était au centre de la pièce.


Une corde encore suspendue.


Une chaise renversée.


Tout était exactement comme dans un manuel.


Les chaussures posées près du mur.


Parfaitement alignées.


Trop propres.


Aucun désordre.


Rien.


Peut-être que c'est bel et bien un suicide.


Mais je ne le pense pas.


Je m'agenouillai près du corps.


Aucun bleu.


Aucune griffure.


Aucun signe de résistance.


Normalement, une pendaison, même volontaire, laisse toujours des traces.


Ici, il n'y a rien.


Je levai les yeux vers la corde.


Le point d'accroche était trop bas.


Trop proche du plafond pour permettre une suspension correcte.


Je regardai la chaise renversée.


Puis le corps.


Puis la distance entre les deux.


Je fis mentalement le calcul.


Ça ne collait pas.


Peut-être que quelqu'un a dû intervenir.


Soit pendant la mise en scène.


Soit après la mort.


Les policiers s'étaient regroupés derrière moi.


L'un d'eux soupira.


- Alors ? Vous avez trouvé quelque chose, le détective ?


Je trouvai deux indices qui ne coïncident pas avec la thèse du suicide. Tout d'abord, pas de traces compatibles avec une pendaison. Et ensuite, la hauteur n'est pas suffisante pour se suicider.


Donc, j'en conclus, que quelqu'un a mis en scène le suicide.


Un rire bref s'échappa derrière moi.


- Vous regardez trop de séries, Kisaragi-san.


Je me redressai


- Vous pensez qu'on a affaire à un meurtre ?


Je levai les yeux vers eux.


- Je dis que la scène ne correspond pas à un suicide.


Un silence.


Un silence très froid.


- Officiellement, dit un policier en refermant son carnet, c'est un suicide.


Il rangea son stylo.


- Et votre "analyse"... n'est pas suffisante pour rouvrir quoi que ce soit.


Je refermai lentement mon carnet aussi à mon tour.


Et je regardai la scène une dernière fois.


Trop propre.


Trop parfait.


Quelqu'un avait fait une erreur.


Et s'ils ne la voyaient pas encore.

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