Les paupiettes de veau

Chapitre 1 : Les paupiettes de veau

Chapitre final

316 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 12/06/2026 12:57

À table, parlons un peu des paupiettes de veau.

Quand l’hiver vient, que les jours se font longs et froids,

Te voir dans l’assiette nous redonne la foi ;

Rarement a-t-on vu tant de gras être si beau.

 

Chair à saucisse, au cœur d’une fine escalope,

Accompagnée de patates, de pâtes ou de riz,

Arrivant trop tard pour être la plus belle fable d’Ésope,

Mais pour nous, les peines s’en vont, tout nous sourit.

 

Et puis il y a la sauce, le jus, le beau,

Dans la marmite une feuille de laurier flotte,

Légumes de saison, patate, champignons, carotte,

Un peu d’eau, vin blanc, huile d’olive et fond de veau.

 

L’odeur elle-même est une porte sur le passé.

Au temps des culottes courtes, quand Maman, Mamie, Mémé,

Des heures en cuisine, à cuire, à laisser mijoter,

Braves matrones se faisant une joie de nous régaler.

 

"Oh, dis-moi Papa, qu’as-tu fait de ta semaine ?

J’ai vendu un grille-pain et une télé à Germaine.

Et toi mon fils, qu’as-tu étudié non sans peine ?"

"Pas grand-chose, 2 ou 3 poésies de Verlaine."

 

"Tu reprendras bien une cuillère" me dit maman

"Bien sur et merci, c’est si bon, tu t’es surpassée."

"En effet chéri, dis-moi qu’il y en aura au diner."

"Vous exagérez, j’ai encore mis trop de vin blanc"

 

Il existe une version végane, sans tuer de veau.

Au titre, bien repoussant de paupiettes de choux

Et si, sur la conscience, les regrets sont plus doux

Dans l’estomac, la déprime est au plus haut.

 

Ni gras, ni crime, ni joie, cochon et veau sauvés,

Qu’on aime ou pas, il m’y manque ce souvenir aimé.

Attablé ensemble, anciens, parents, nouveau-né

L’évocation douce-amère de mes dimanches déjeuner.

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