Résister

Chapitre 1 : Chapitre 1

Par DarkSpielberg

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Il fait noir dans les broussailles, rien n’est visible.

Un homme court, fusil à la main, un second court aussi, guerrier courageux et fou désespéré, l’un avance pour traquer l’autre. Non loin de là court un enfant, il court à en perdre haleine, son rythme cardiaque s’emballe, il percute brusquement quelque chose.

Une étoffe grise, il relève la tête et voit un homme au regard menaçant lui demandant d’un ton perplexe :

- Was du hier ?

L’enfant est paralysé par la peur, l’autre homme arrive alors derrière lui.

- Fuis Michel ! Fuis !!

L’Allemand brandit son fusil.

L’enfant est horrifié.

L’allemand tire.


Michel se réveille, la sueur perle sur son front. L’aube se lève à peine derrière les persiennes.

- Encore ce cauchemar ? Demande une douce voix à ses côtés.

Michel reprend son souffle.

- Oui. Toujours mon père.

Il repousse les couvertures et sort du lit.

- Où va tu ?

- Il est cinq heures Marie.


Il va jusqu’à la cuisine, sort le pain du placard et regarde alentour, rien d’autre.

« Maudit rationnement ! » se dit-il.

Il mange en silence en réfléchissant à ce que pourrait lui réserver cette journée, hélas l’imprévu est maître de ce monde !

Il tend le bras et allume le poste radiophonique.

« …n’ont toujours aucune information les concernant. Quant aux trafics de trains ils ne cessent d’être perturbés dans la région de Nantes et de Strasbourg, en représailles, les autorités allemandes ont décidées de ne pas réapprovisionner ces villes pendant deux semaines. Dans le sud ce sont les communications qui sont partiellement coupées. Le pays semble donc bien décidé à résister ! »

Résister. Quel beau mot pour Michel. Aussi beau qu’insignifiant. Il faut être fou pour chercher à lutter, mais au moins ils essayent.

« Dans notre région tout est calme en revanche, des arrestations juives ont eu lieu dans la nuit à Périgueux : 81 civils soupçonnés de participer à un réseau de résistance bordelais on été arrêtés selon les dires du chef de la GESTAPO Hambrecht. »

Michel éteint le poste, il n’en a que trop entendu. Tous ces innocents condamnés pour leurs idéaux, c’est inhumain. Il faut que ça cesse, la résistance doit agir, mais elle est encore trop faible, même trois ans après l’appel du Général tout menace de s’écrouler comme un château de cartes.

- Quelles nouvelles ?

Michel se retourne vers Marie.

- La résistance continue d’étendre son action un peu partout.

- Un peu partout sauf ici.

- Sois patiente.

- Au bout de trois années j’ai perdu ma patience.

- Garde au moins ton espoir.

- Je ne veux pas qu’Émilie grandisse dans la peur.

- Cela n’arrivera pas.

- Qu’en sais tu ?

- Je sais que tout a une fin, cette guerre s’achèvera bientôt, et elle s’achèvera en bien.

- Grâce à quoi ?

Il prend ses mains et la regarde dans les yeux.

- Ca.

Il l’embrasse, quelques secondes de bonheur dans cet univers de mélancolie. La guerre semble bien lointaine en cet instant, mais tout revient brutalement.

- Tu aimerais y croire, dit Marie.

- J’y crois. Tu a été voir Émilie ?

- Elle dort profondément.

- Je vais aller la voir.

- Laisse là.

- Juste quelques secondes.

Il va à la porte de la chambre qu’il pousse doucement, la petite Émilie est dans son berceau blanc, immobile, belle.

- Elle est magnifique, dit Michel en pensant tout haut.

Il la contemple de longues secondes, c’est elle son espoir, c’est pour elle qu’il doit vivre, pour qu’elle puisse voir ce qu’il ne verrait jamais : le bien d’un monde si tourmenté.

- Allez viens, dit Marie.

Il referme la porte lentement.

- Elle sera très belle plus tard, comme sa mère.

- Et son père.

- Non, elle n’a que mon nez, c’est sa seule imperfection !

- Il est très beau ton nez !

Elle l’embrasse encore.

- Allez pars vite avant qu’il ne soit trop tard.

- Je ne veux pas y aller.

- Il le faut bien. Tu a tes papiers ?

- Toujours enfin, où crois-tu donc que j’ai l’esprit ?

- Partout sauf là où il doit être. Allez file !

Ils s’embrassent encore tendrement.

- Sois prudent surtout.

- Comme toujours.

Et il s’éloigne, mallette à la main, quittant le doux foyer sur pour rejoindre les rues désertes d’une ville fantôme. Périgueux semble s’être vidée de toute vie, seul les anges de la mort patrouillent encore par endroits. L’air est froid et humide, le soleil peine à percer mais lui aussi résiste.

Michel n’a pas peur mais il reste nerveux, il se sent comme un étranger.

Il rajuste son col et réduit la cadence de ses pas. Inutile de se faire arrêter pour avoir marché trop vite.







Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés