VIRELLIA - livre 2

Chapitre 29 : Le Poids du Vide

3285 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/08/2026 18:13

Retour à la Forge des Ombres au même moment...


L'immersion dans la Cuve n'est pas une noyade, c'est une dissolution absolue.


Cet artefact alchimique, creusé à même les fondations de l'Académie par les tout premiers maîtres de la Forge, n'a pas été conçu pour noyer, mais pour effacer. Son contenu, ce mercure d'ébène glacé, agit comme une presse éthérée. Il s'infiltre à travers les vêtements, s'écrase contre la peau et force les pores magiques à se refermer sur eux-mêmes. Le liquide noir agit comme un isolant parfait, ravalant l'aura à l'intérieur du corps pour couper tout rayonnement vers l'extérieur.


Pour Seyla, Talyor, Kelvar et Ilharan, la sensation de leurs propres membres disparaît en quelques secondes, remplacée par une conscience flottante, aveugle et sourde. Le liquide ne se contente pas de les dissimuler ; il ralentit leur métabolisme, harmonisant de force les battements erratiques de leurs cœurs sur la fréquence lente et minérale de la Forge.


Mais pour que ce camouflage fonctionne face à un prédateur absolu, ils doivent atteindre le "Point Zéro" : un état de vide émotionnel si profond qu'Aziris ne pourra plus distinguer leurs âmes du métal environnant.


Talyor est celui qui lutte le plus violemment contre l'étreinte. Dans l'obscurité totale et écrasante de la Cuve, la terreur viscérale qu'il a ressentie au troisième palier n'est plus un lointain souvenir, c'est une pression physique qui lui broie la cage thoracique. Il a l'impression insoutenable que le liquide s'insinue dans ses poumons, non pas pour le noyer, mais pour lui arracher son Souffle, sa seule étincelle vitale.


"Je suis la pièce manquante..."


La phrase claque dans son esprit, tournant en boucle comme un mécanisme grippé. Chaque fois que son rythme cardiaque s'emballe, des micro-bulles de lumière jaunâtre s'échappent de sa peau, menaçant de créer des fissures dans le dôme de protection thermique et magique de la Cuve.


Kelvar, de son côté, s'en remet à la pure discipline des Forgeurs. Il visualise son propre esprit comme un lingot de métal brut plongé dans la braise, qu'il doit marteler mentalement jusqu'à ce que sa surface soit parfaitement lisse, dénuée de la moindre aspérité émotionnelle. Immergé, il devine la présence des autres autour de lui sous forme de masses thermiques floues, et tente de densifier sa propre stabilité pour leur servir de point d'ancrage.


Ilharan est déjà infiniment loin. Pour le disciple d'Aegis, la Cuve n'est pas un piège étouffant, c'est une symphonie fascinante de silences superposés. Il ne pense plus, il se contente d'écouter la texture du vide. Il perçoit les vibrations lointaines de la roche, et celles, beaucoup plus proches et chargées d'électricité statique, de la rage naissante de Vaelran dans l'atrium juste au-dessus.


Le monde s'accorde sur une note funèbre, songe-t-il avec une sérénité déconcertante, se laissant dériver dans les abysses de la Cuve.


Et puis, il y a Seyla. Pour elle, cette immersion a un goût âcre de fer et de vieux secrets. Elle sent la colossale signature d'ombre de Vaelran au-dessus de leurs têtes, déployée comme un rempart de lames invisibles.


Mais alors que le froid mordant du mercure commence à grignoter la clarté de ses pensées, la jeune femme sent un poids distinct contre sa cuisse. Une petite bosse rigide coincée dans la doublure de sa tunique, là où le tissu trempé lui colle à la peau.


Ses doigts, raidis par l'absence de chaleur et de gravité, cherchent instinctivement l'ouverture de sa poche. Elle tâtonne, luttant contre la densité infernale du liquide qui semble vouloir paralyser chaque contraction de ses muscles.


Puis, ses phalanges se referment sur la surface lisse et familièrement gravée. La rune. Le cadeau de Nilwen. Ce modeste éclat de bois que la jeune fille lui avait glissé dans la main à leur retour de mission, des semaines auparavant.


À l'instant où la pulpe de ses doigts épouse la gravure, une décharge de chaleur remonte le long de son bras, brisant net la torpeur anesthésiante de la Cuve. Ce n'est pas une simple illusion thermique, c'est un ancrage vital. Cette rune lui hurle que Nilwen n'est pas qu'un simple écho sacrifié dans la Suture ; elle est une réalité tangible que Seyla refuse catégoriquement d'abandonner. Dans ce vide suffocant où tout menace de s'effacer : son passé de paria, ce lien de sang absurde avec un Mentor sarcastique, la chute désastreuse d’Elarion. Cette rune devient sa seule véritable coordonnée.


"Je ne t'oublie pas", murmure la conscience de Seyla, sa détermination inébranlable créant une onde de choc minuscule mais d'une pureté cristalline dans la mélasse sombre.


Ce calme précaire est brutalement balayé par un remous violent à sa gauche. Talyor est en train de perdre totalement pied. S'il lui est impossible de hurler, le liquide s'agite frénétiquement autour de lui en de violents tourbillons. Ses jambes battent le vide à la recherche d'un sol inexistant, ses bras fouettent le mercure pour trouver une prise. Ses lourds bracelets gravitationnels, saturés par sa pression artérielle, émettent un sifflement strident, une vibration de panique pure qui se propage dans l'entièreté de la Cuve comme une cloche d'alarme.


Kelvar tente de se mouvoir dans le liquide dense pour le saisir, cherchant à plaquer sa paume sur l'épaule du garçon blond pour l'immobiliser, mais l'angoisse de Talyor génère une force de répulsion cinétique qui repousse tout contact.


Soudain, une pression glaciale, infiniment plus dense que le mercure de la Cuve, s'abat sur la surface du bassin, juste au-dessus de leurs têtes. Ce n'est pas une main tendue, c'est un filet d'ombre qui sonde le vide. Une volonté extérieure, cruelle et affamée, qui "écoute" les frémissements du fluide. Aziris est là. Et la convulsion nerveuse de Talyor vient de peindre une cible rouge sang au beau milieu de la noirceur parfaite.


Seyla serre la rune de Nilwen à s'en écorcher la paume. Elle sent le bois vibrer, réagissant violemment à l'intrusion psychique d'Aziris en surface. Elle doit impérativement stopper les spasmes de Talyor avant que la conscience du Fléau ne se verrouille définitivement sur son anomalie.


S'étirant dans les ténèbres aveugles, elle cherche à tâtons le bras de son camarade. Aucun mot ne peut franchir cette barrière liquide. Seul le contact compte.


Ses doigts se referment brutalement sur le poignet de Talyor. D'un coup sec, elle le tire vers elle, plaquant la main du garçon contre sa propre poche, là où la rune irradie d'une chaleur tenace. La surprise et la fermeté de la prise court-circuitent la panique de Talyor. Il se fige. Le sifflement de ses bracelets s'éteint, et les bulles de lumière meurent dans l'obscurité.


En surface, la pression écrasante hésite, balaie une dernière fois le silence du bassin, puis... se retire. Aziris change de cible.


Au-dessus de la trappe, dans l'immensité de l'atrium plongé dans des ténèbres absolues, la voix du demi-fléau ne résonne plus comme une menace ouverte. Elle glisse, douce et venimeuse comme de la soie, s'insinuant à l'endroit exact où Vaelran est prostré.


— Il y a quatorze ans… Tu te souviens de cette odeur, n'est-ce pas ? murmure Aziris, la voix démultipliée par les échos de la roche. L'odeur infecte du quartz brûlé et de la chair froide sur les terres du domaine des Solhen. Tu avais seize ans, Vaelran. Un bel âge pour tout perdre. Un âge parfait pour devenir un fantôme.


Le corps de Vaelran est pétrifié, mais chaque muscle sous sa tunique se bande à en craquer. Le souvenir insoutenable de ce champ de cendres, ce jour maudit où il est rentré de l'académie pour ne trouver que des ruines fumantes et les cadavres mutilés de sa famille, est une plaie béante qu'aucun de ses sarcasmes n'a jamais pu suturer.


— La ferme… articule Vaelran, la mâchoire serrée à s'en briser les dents, la voix étranglée par une détresse vieille d'une décennie. Je t'interdis de parler d'eux !


Un rire feutré, presque compatissant, s'élève de l'ombre visqueuse dans son dos.


— Tu ne veux pas entendre la vérité ?


— La vérité ? siffle Vaelran en se redressant lentement, ses yeux verts perçant l'obscurité d'une lueur d'avertissement. La Triade est arrivée trop tard, voilà la vérité ! Tu es arrivé trop tard. Tu m'as trouvé errant au milieu des décombres... Tu m'as tendu la main quand je n'étais plus qu'une coquille vide dénuée de nom... Et maintenant tu veux quoi ? Ma gratitude éternelle ?


Un souffle d'air glacial lui caresse la nuque. La réalité bascule.


— Non, Vaelran… La Garde et la Triade ne sont pas arrivées trop tard, mon jeune ami… C'est moi qui ai donné le signal de l'assaut. C’est moi qui ai convaincu les Hauts Mentors et le Roi Silas que le clan Solhen était une anomalie, un cancer qu'il fallait purger par le feu avant que son potentiel endormi ne dévore Virellia. C'est moi qui ait fait en sorte de t'éloigner du massacre ce jour là... C'est ta gentillesse qui a scellé ton sort...


Vaelran se fige totalement. Le monde autour de lui semble s'effondrer sur lui-même. Le battement affolé de son propre cœur devient un martèlement assourdissant qui noie le silence de l'atrium.


— Quoi ? lâche-t-il, le souffle court.


— J'ai orchestré la fin de ton illustre clan, Vaelran, reprend Aziris avec une tendresse terrifiante. J'ai regardé ton foyer brûler, tes frères s'effondrer, depuis la crête de la colline d'en face. Et quand les flammes ont fini par dévorer le dernier cri, je suis descendu dans les cendres. J'avais besoin d'un héritier brut, d'un pantin au sang puissant mais suffisamment brisé pour être remodelé à ma stricte convenance. Un adolescent perdu dans les décombres ne se méfie jamais d'une main secourable, surtout quand elle porte le sceau sacré de la Sagesse.


Vaelran se lève d'un bond sauvage. Une aura d'ombre pure et dévastatrice explose autour de lui, faisant trembler les murs de basalte. Ses poings se serrent à s'en faire saigner les paumes, mais Aziris reste insaisissable. Le Fléau n'est qu'une silhouette de fumée moqueuse qui danse perpétuellement à la limite de sa portée.


— Tu... Tu les as abattus ? rugit le Mentor, les yeux écarquillés par un mélange de choc et de fureur indicible. Ma famille ? Mes parents ? Tout mon clan ?!


— Je les ai sauvés de la folie de leur propre pouvoir, rectifie Aziris avec une arrogance glacée. Et je t'ai sauvé, toi, de l'oubli. Je t'ai offert une place de choix à la Forge. Je t'ai appris à dompter cette ombre que je t'avais moi-même imposée en détruisant ta lumière. Tu es mon chef-d'œuvre, Vaelran. Et maintenant... ta petite Seyla va exactement suivre le même chemin. Elle aussi s'imagine naïvement que cette académie est un refuge.


Vaelran pousse un hurlement déchirant. Une lance de ténèbres solides jaillit de sa main, pulvérisant la colonne de pierre où Aziris se tenait une fraction de seconde plus tôt. Le marbre vole en éclats dans un vacarme assourdissant. Mais le Maître est déjà ailleurs, sa présence étouffante pesant désormais directement sur le rebord de pierre de la Cuve, juste au-dessus des disciples.


— Regarde-les, Vaelran. Ils sont là-dedans, enfouis et terrifiés comme des rats dans une cale, murmure Aziris avec délectation. Est-ce que tu vas enfin leur dire la vérité sur toi ? Ou vas-tu continuer à jouer au grand Mentor sarcastique et protecteur pendant que le sang de ton propre clan crie vengeance sous tes bottes ?


Le rire d'Aziris claque sous les immenses voûtes de l'atrium, un son acéré qui rebondit sur chaque dalle noire. Il glisse autour de la Cuve avec une aisance spectrale, narguant la fureur aveugle de son ancien protégé.


— Regarde-toi, Vaelran ! s'esclaffe le banni. Douze longues années de discipline martiale, cinq années à jouer les chiens de garde bien dressés au sein de la Triade... et il suffit d'une petite révélation pour que le vernis craque de toutes parts. Vas-tu enfin cesser de réprimer ta propre nature ?


L'entité s'approche, réduisant la distance, sa voix s'infiltrant directement dans le crâne du Mentor.


— Ton clan a été réduit en cendres, mais son pouvoir, lui, bat encore à tout rompre dans tes veines. Utilise-le. Ouvre l'Œil de l'Éclipse. Ne sens-tu pas cette brûlure acide derrière tes paupières, cette soif de destruction totale ? C'est le sang des Solhen qui exige son dû. Épouse ton véritable héritage, Vaelran. Deviens l'ombre absolue. Tue-moi... Venge-les enfin.


Vaelran tremble de tous ses membres. Sa vision se trouble, les contours de la pièce virant au pourpre et au noir. La douleur qui vrille son crâne est une lame de vide pur cherchant à s'échapper. L'envie de tout lâcher, de céder à ce poison ancestral et de raser cette cité bâtie sur le massacre des siens, est une tentation vertigineuse.


— Je vais... t'anéantir... grogne Vaelran, sa voix déformée par l'énergie qui déborde de ses lèvres.


Il lève la main droite. L'air ambiant de l'atrium se liquéfie littéralement sous la pression atmosphérique. Les ombres projetées par les piliers ne se contentent plus de ramper ; elles s'érigent comme des lames de guillotine effilées. Le sinistre sceau de l'Oeil de l'Éclipse commence à briller au creux de sa paume, une marque runique interdite pulsant d'une lueur violette et promettant l'éradication de toute vie dans un rayon de plusieurs lieues.


Aziris esquisse un sourire extatique. Ses yeux brillent d'une anticipation cruelle. Il a attendu quatorze ans pour savourer cet instant : voir son pantin le plus docile briser ses propres chaînes pour se transformer en monstre incontrôlable.


Vaelran recule son bras, les muscles bandés, prêt à libérer une déferlante cataclysmique capable d'effondrer les fondations millénaires de la Forge et d'emporter un quart de la forêt avec eux.


Pendant un battement de cœur suspendu, il est sur le point de basculer dans le vide.


Puis, une réalisation le frappe de plein fouet, fulgurante et glaçante. S'il libère son pouvoir ultime ici, au cœur de l'atrium, l'onde de choc dévastatrice va saturer la roche et plonger dans les niveaux inférieurs. Elle va s'engouffrer dans les conduits, pulvériser les fragiles sceaux de la Cuve et écraser les signatures de ses propres disciples sous une pression magique insoutenable.


S'il accepte de devenir le monstre vengeur qu'Aziris espère, il assassine de ses propres mains le seul avenir qui respire encore à quelques mètres sous ses pieds. Il exécute cette gamine têtue aux yeux vairons, la seule qui partage encore son sang, sans même qu'elle ait eu le temps de comprendre pourquoi.


Son geste se fige, suspendu dans l'air lourd. L'énergie accumulée hurle, instable, faisant crépiter l'air autour de ses phalanges en de petites gerbes de foudre noire.


Vaelran laisse échapper une longue expiration, un râle profondément douloureux. L'aura violette se rétracte brutalement, comme si son âme se recousait de force et à vif. Il ne baisse pas la garde, ses yeux verts fixant toujours son ennemi avec une intensité mortelle, mais la lueur de folie destructrice s'estompe, avalée par une résolution strictement humaine et implacable.


— Non, murmure Vaelran, la voix rauque mais terriblement stable. Tu as massacré mon clan pour obtenir ce pouvoir, Aziris. Je ne te ferai jamais la politesse de devenir l'animal que tu t'es acharné à dresser.


Il recule d'un pas mesuré, se positionnant délibérément entre Aziris et la lourde trappe de fer qui protège la Cuve. Son visage est livide, ses traits sont tirés par l'épuisement, mais son regard est redevenu celui, acéré et souverain, du Mentor de la Forge des Ombres.


— Je ne suis pas ton monstre, lâche-t-il. Et je te promets que tu ne t'approcheras jamais de ce qu'il reste de mon sang.


Le sourire triomphant d'Aziris s'efface d'un coup sec, remplacé par une moue de dégoût souverain.


— Quelle déception affligeante, Vaelran. Tu préfères donc mourir en serviteur brisé plutôt que de régner en dieu vengeur ? Soit. Si tu refuses catégoriquement d'ouvrir l'Œil... je vais devoir aller chercher les clés de la Suture directement à la source.


Le Fléau jette un regard lourd de sens vers le sol de basalte, à l'endroit précis où dort la Cuve.


— À très bientôt… Vaelran.


Sur ces ultimes mots, la silhouette d'Aziris se disloque dans l'air. Elle ne s'évapore pas comme une brume, mais se résorbe violemment, comme une tache d'encre aspirée par le néant. L'obscurité suffocante qui noyait l'atrium se retire d'un coup sec, permettant aux lourdes torches murales de reprendre vie dans un crépitement libérateur.


Vaelran se retrouve seul au centre de la salle monumentale. Le silence qui s'abat sur la Forge est mille fois plus écrasant que toutes les révélations de son ancien maître. Ses mains ont cessé de trembler, mais ses doigts sont glacés, comme si la vérité avait définitivement gelé le sang des Solhen dans ses veines.


Il baisse longuement les yeux vers la plaque de fer scellée. À travers les épaisses strates de roche, il lui semble deviner le pouls lent, régulier et rassurant du mercure de la Cuve.


Quatorze années de mensonges absolus. Quatorze ans à courber l'échine devant le boucher de son propre sang, à porter le deuil silencieux d'un massacre dont il vient à peine de découvrir le véritable architecte. La rage incendiaire est toujours là, nichée au creux de son estomac comme un tison ardent, mais elle est désormais encapsulée sous une certitude glaciale. S'il lui est impossible d'effacer le passé, il a encore le pouvoir d'empêcher Aziris de dévorer l'avenir.


Il s'approche de la trappe et y pose fermement la paume, non pas pour briser le sceau, mais pour diffuser une douce onde de protection.


— Elle ne sera jamais ton pantin, promet-il à voix basse, le serment résonnant doucement dans la pénombre de l'atrium. Ni elle, ni les autres.


Il se redresse lentement. Son regard vert accroche la porte principale de l'Académie avec une résolution féroce. Aziris vient de partir, mais il reviendra. Et la prochaine fois, il n'y aura plus l'espace pour le moindre discours.


Vingt mètres plus bas, dans le froid abyssal de la Cuve, Seyla perçoit une soudaine et brutale chute de tension dans le mercure. La petite rune de Nilwen, toujours serrée à s'en blanchir les jointures, émet une pulsation plus vive, comme un soulagement silencieux. Quelque chose de fondamental vient de basculer au-dessus d'eux. Le Mentor espiègle et arrogant qu'elle exécrait et admirait à la fois vient de mourir là-haut, et l'homme qui se tient désormais là haut est la bombe à retardement la plus redoutable et le secret le plus dangereux de Virellia.




La suite mercredi entre 18h30 et 21h...

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