Otages

Chapitre 1 : 7H

Par DarkSpielberg

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Le jour perce à travers les stores des fenêtres, Olivier ouvre les yeux, la lumière du soleil l’aveugle. Il se lève péniblement et quitte son lit avec regret. Lentement, il pénètre dans la salle de bain jouxtant la chambre pour se réveiller avec une bonne douche froide. En plein été, ça ne peut faire que du bien.

Après quoi il se lave les dents et se coiffe convenablement, ses cheveux noirs sont épais et mi-courts, il serait temps de passer chez le coiffeur.

Il va ensuite à son armoire pour trouver de quoi s’habiller.

Un T-shirt blanc et un jean feront l’affaire.

Il descend à la cuisine pour préparer le petit déjeuner.

Tartines, jus d’oranges, confitures, céréales, tout est là.

Une fois que tout est prêt, il remonte pour aller à la chambre à côté de la sienne et dire à voix basse :

- Debout là-dedans, c’est l’heure.

Les deux garçons se lèvent lentement, 8 ans et 10 ans, Martin et Lucas.

Tout le monde redescend pour manger.

Dix minutes plus tard, Marie, la femme d’Olivier, descend à son tour pour déjeuner, au passage, elle embrasse son mari et ses enfants.

- Bien dormi ? Demande t’il.

- Pas vraiment, j’ai fait un cauchemar.

- Ça racontait quoi ?

- …je ne m’en rappelle plus.

Elle allume la télévision et s’assoit à la table familiale.

« …négociations pour trouver un accord ont échouées, il semble que le conflit soit parti pour durer encore plusieurs mois, et ce malgré la récente capture des cinquante terroristes israéliens impliqués dans l’attentat de jeudi dernier qui a fait, je vous le rappelle, 18 morts et 56 blessés. Passons à un registre plus détendu à présent avec le quatrième championnat de cross pour dindes, un championnat…

- Tu a appelé Camille ?

- Oui, elle va passer ce matin.

- Il était temps.

- Ah oui, pendant que j’y pense, Pierre a appelé hier, il veut que tu voit avec lui pour la voiture.

- J’irai le voir après le boulot. Bon il faut que j’y aille. A ce soir mon amour.

Il l’embrasse amoureusement.

- Sois prudent.

- Bien sûr. A ce soir les terreurs.

- Salut pp’a ! disent les deux enfants en chœur.

Il sort et va rejoindre sa voiture, une 407 noire.

Il met les clés sur le contact, démarre, jette un dernier coup d’œil à sa maison et part sur le chemin du travail.


Daniel se réveille brusquement, tout en sueur. Encore un cauchemar, toujours le même : des gens qui hurlent, un paysage de flammes, et Johanne qui meurt.

Il se lève de son lit pour s’asseoir sur le rebord et plonger sa tête dans ses mains.

Après s’être remis quelques instants, il part prendre sa douche pour se rafraîchir le corps et les idées. Il s’habille de son habituel costard noir muni d’une cravate bleue allant avec ses yeux et d’un pantalon de velours noir. Il coiffe délicatement ses cheveux vers l’arrière. Une fois prêt il va préparer son petit-déjeuner : café, jus d’oranges et quelques tartines de confiture à la fraise. Tout en mangeant il écoute les dernières informations de la radio.

« La nuit dernière un raid a été organisé pour prendre d’assaut le palais où s’était retranché Mohamed Islamabar et ses hommes. Les terroristes ont tous été appréhendés malgré la mort de trois d’entre eux et de deux soldats Français. Ils sont actuellement gardés prisonniers sous haute surveillance avant leur jugement qui aura lieu ce soir, la peine de mort devrait être prononcée par les juges étrangers, ce qui serait une première en France depuis l‘abolition de ce châtiment sauf si la France propose une condamnation à vie au lieu d’une extradition. Les essais nucléaires Iraniens inquiètent… »

Daniel éteint la radio, il est déjà l’heure de partir au travail. Il prend son attaché-case posé près de la porte d’entrée, contre le mur, et sort.

Il descend les escaliers et quitte l’appartement après avoir dit bonjour à sa concierge qui balaie le sol. Le soleil est caché derrière une épaisse couche de nuages gris. Le temps est orageux, nul doute qu’il va pleuvoir sous peu. Daniel atteint la rame de métro du vingtième arrondissement, il monte dedans pour rejoindre son travail.

La rame atteint Montparnasse, Daniel descend et ressort à l’air libre. L’immense tour noire s’étend devant lui, toujours aussi froide et menaçante, tout en restant fascinante et resplendissante, c’est sûrement pour ça que Daniel avait toujours voulu y travailler.

Il entre par la porte la plus proche, Robert, le gardien de l’accueil fait son boulot :

- Bonjour monsieur Boissier.

- Salut Robert, triste défaite hier hein ?

- On les écrasera un jour ces foutus lyonnais, vous verrez !

- J’espère bien ,allez bonne journée.

- A vous aussi.

Daniel rejoint ensuite son bureau au 11éme étage, bureau qu’il partage avec sa collègue Johanne dont il était tombé amoureux dès son arrivée. Une fille d’un mètre soixante-huit, bien en chair, cheveux noirs, yeux verts. Aujourd’hui elle arborait un mignon petit chemisier noir avec le pantalon assorti.

- Salut Johanne.

- Salut.

Ils se font la bise. Daniel exulte rien qu’en sentant sa peau toucher la sienne.

- Qu’est-ce que tu fais ? Demande t’il.

- Réunion dans 10 minutes au vingt-troisième sur les avantages boursiers du moment.

- Encore un truc rasoir.

- Exactement.

Ils rejoignent tous les deux l’ascenseur, Johanne appuie sur le 23éme bouton. L’ascenseur s’élève dans un vrombissement bref et léger.

- Alors, tu a revu Ben ?

- C’est fini entre nous je te l’ai déjà dit.

- Ah.

- Il l’a bien cherché.

- Ça c’est sûr. Alors…tu es libre en ce moment ?

- Oui. Pourquoi me demande-tu ça ?

- Oh comme ça…en fait je pensais t’inviter…à dîner…un soir. Sortir quoi.

- Excellente idée…pourquoi pas ce soir ?

- Ce soir oui…ce sera parfait.

- Ce sera parfait.

Les portes de l’ascenseur se rouvrent. Ils sortent et marchent dans l’étroit couloir aux nombreuses portes.

- Il faut que tu sache qu’en tant que secrétaire comptable de monsieur Danède, je suis très occupée.

- Oui, je sais.

Le portable de Johanne sonne.

- Oh zut ! Oui ? Oui d’accord mais plus tard, je suis en réunion.

- Très occupée.

- Des factures à vérifier, rien de très urgent.

L’orage éclate dehors.

- Génial ! On va avoir du beau temps ! Dit-elle.

- Pourvu que ça ne dure pas jusqu’à ce soir.

Ils rentrent dans la salle de réunion, pleine à ras bord, il y a 87 personnes, soit tous les employés restants, le reste étant parti en congés.

Une femme blonde d’une cinquantaine d’années approche Daniel et Johanne.

- Ah ! Je suis ravie de vous voir, il ne manquait plus que vous !

C’est Angela Lacase, directrice du service comptable, leur supérieur.

- Bonjour Madame.

- Ne vous inquiétez pas ce n’est qu’une simple réunion de travail, elle ne devrait pas dépasser une heure, vous serez vite de retour au travail.

- Sauf si ça se complique, comme d’habitude.

- Oh ! Quel temps épouvantable, dit brusquement Lacase pour changer de sujet, ils avaient prévu du soleil, quels imbéciles !

- Il viendra après, espérons-le, dit Daniel.

- Vous avez écouté les informations ? Ils ont enfin capturé ces terroristes !

- Oui, il était temps.

- Après tout ce qu’ils ont fait…j’espère qu’ils vont souffrir.

- Ça c’est leur problème. Dit Daniel.

Ils rient nerveusement.

- Je vais vous laisser, installez-vous ça va commencer.

- Oui, merci.

Elle part.

- Quelle connasse ! Dit Johanne.

- Waw ! Alors là tu m’épate !


Tout le monde s’installe autour de la grande table et la réunion commence.




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