Otages

Chapitre 4 : 10H

Par DarkSpielberg

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- On l’a ! hurle Romano une feuille à la main. On a l’identité de ce salaud !

Il pose la feuille sur le bureau d’Olivier et la lit à haute voix.

- Marek Azuka, né le 19 mai 1968 à Naselrim en Israël, il perd ses parents à 14 ans lors d’un attentat à la voiture piégée et se retrouve orphelin. Il s’engage dans l’armée à seize ans et en ressort sept ans plus tard avec un grade de lieutenant qui lui sera vite retiré.

- Pourquoi ?

- Incitation à la rébellion et meurtre contre un officier supérieur.

- Comment c’est arrivé ?

- Avec l’évolution des mœurs, Azuka s’est rendu compte qu’il ne servirait pas un pays rendu pauvre et aveugle par la politique. Avec son renvoi il a écopé de 9 ans de tôle, encore qu’il aurait dû subir la peine de mort. Il n’a fait que deux semaines, après quoi il s’est évadé, on ne l’a jamais retrouvé depuis. Il a réapparu trois ans plus tard en revendiquant un attentat contre un poste de police situé aux environs de Jérusalem. On sait depuis qu’il a rejoint le Soleil rouge dirigé par Islamabar.

- C’est quoi ce mouvement exactement ?

- Un groupe anarchique qui prétend vouloir retrouver la paix par les armes et éradiquer le pouvoir politique, leur dernière action était de renverser le gouvernement par l’assassinat du président dans son palais. Vous connaissez la suite.

- Islamabar et ses hommes ont été arrêtés.

- Jusqu’à maintenant.

- Martinez ! Venez vite ! Hurle le commissaire.

Olivier se précipite.

- Regardez ça, dit Malbot en désignant l’écran de télévision.

« Vous avez pris le contrôle de notre pays sans en avoir référé auprès de nous, et vous vous dîtes démocrates… »

Le message de Marek passe en intégralité.

« Cette intervention du leader du groupe terroriste qui a pris Montparnasse en otage date d’il y a une demi-heure, aucune nouvelle ne nous a été parvenue depuis, les négociations sont en cours pour récupérer les otages qui, je vous le rappelle, sont au nombre de 85. Le leader du groupe a été identifié comme étant Marek Azuka… »

- Quelle heure est-il ?

- 9 H 58.

- Merde ! Appelez-le !

- Et qu’est-ce qu’on lui dira ?

- Il faut bluffer, gagner du temps. Je vais m’en charger.

- La moindre erreur sera fatale Olivier.

- Je sais.

Le numéro se compose.

- Çà ne répond pas, il n’y a pas de tonalité. Ils ont coupé les communications.

Il raccroche, le téléphone sonne.

- Oui ?

- Salut petit flic. La ligne était occupé, à qui parliez-vous ?

- SOS zinzins.

- Ahaha, je vois que vous restez plein d’humour.

- Vous aussi.

- C’est moi qui pose les règles donc c’est moi qui appelle.

- D’accord.

- Bien, et pour notre petite affaire ?

- Nous avons trouvé un accord.

- Vous m’intéressez.

- Mais vous devez libérer 5 otages.

- Pas de négociations, c’est tout ou rien.

- Cent cinquante millions d’euros.

- Pas d’argent, les prisonniers.

- Laissez nous jusqu’à midi alors.

- Ma patience a des limites.

- S’il vous plaît.

- …D’accord, mais il se pourrait que d’ici là, mon doigt dérape accidentellement sur la détente.

Il raccroche.

- Bon, au moins on a gagné du temps.

Un officier arrive.

- Excusez-moi patron mais un homme veut vous voir, c’est un spécialiste des comportements.

- Un psy ! Juste ce qu’il nous fallait ! Faites-le entrer Turpin.

L’homme entre, un vieux bonhomme, 50 ans environ, barbe grise, visage ridé, habillé de gris.

- Bonjour, dit il d’une voix grave.

- Bonjour, alors, vous êtes venu pour nous ou pour ce malade ?

- Je peux vous apporter des informations sur ce Marek Azuka, j’ai déjà été confronté à des individus terroristes.

- Je vous écoute.

- Eh bien, les conclusions que j’ai trouvées sont indiscutables.

- Quelles sont-elles ?

- C’est un fou.

- Je suis ravi que vous soyez venu jusqu’ici pour nous le dire. Savez vous autre chose que nous ne savons pas déjà ?

- Son état mental est fragile, la mort de ses parents est la faille. Il a aussi une grande haine envers les étrangers, très intense.

- Et pour les otages ?

- Ils risquent gros, il faut intervenir sans attendre.

- Mais comment ?

- En douceur, ils ne faut pas les brusquer, sinon ils exécuteront les otages.

- On a pas le temps de faire en douceur !

- Il faudra bien que vous le trouviez, sinon ils sont perdus.

Le téléphone sonne, Malbot décroche.

- Oui ? Oui…tout de suite.

Il raccroche.

- Nous discuterons de tout cela plus tard messieurs, le ministre nous attend.


- Alors Marek ? Qu’ont-ils répondu ?

- Rien.

- Quoi ?

- Ils ont demandé deux heures de plus.

- Ils veulent gagner du temps ce n’est pas normal.

- Ils ne savent pas quoi faire, ils sont encore plus bêtes que je ne le pensais. Ce n’est pas compliqué pourtant !

- Quand ça concerne la politique c’est toujours compliqué.

- La politique ? Quelle politique ?

Ils rient et prennent une cigarette.

- Marek, tu a prévu quoi si ils se ramènent ?

- J’ai un plan ne t’inquiète pas, mais il faudra se tenir prêt à tout faire sauter.

- Pas avant que Mohamed ne soit libre.

- Il ne sera jamais libre.

- Alors pourquoi avoir fait tout ça ?

- Plus nous devrons attendre, pire ce sera. Que Allah soit avec nous.

Un autre terroriste arrive en courant.

- Marek ! Ashab est arrivé.

- Merci.

Marek prend l’ascenseur pour revenir au rez-de-chaussée, un jeune homme l’attend. Ils s’enlacent amicalement.

- Content de te voir Ashab.

- Ou en est l’opération ?

- Ils ne l’ont pas encore relâché.

- C’est trop long, le bâtiment devrait déjà être détruit, pourquoi attendre ?

- Ils vont céder.

- Tu es sûr que ce n’est pas plutôt toi qui va céder ? Plus tu attends, plus nos chances de succès diminuent.

- Nous aurons une réponse dans deux heures.

- Et que se passera t’il d’ici là ?

- Attendons deux heures et nous serons fixés.

- Avoue plutôt que tu ne veux pas tuer ces otages.

Marek ne répond pas.

- Ce sont eux les assassins pas toi, ils ont tué notre peuple, ta famille, ils faut qu’ils payent leur crimes. Tu rentrera en héros.

- Je ne serai jamais un héros, quoi que je fasse.


- Eh, ça va ?

- J’ai faim.

- Comment peux tu avoir faim dans un moment pareil ?

- Je suis hyper stressée, il faut que je bouffe.

- Essaie de te détendre.

- Me détendre ? Comment veux tu te détendre avec 4 mitraillettes braquées sur toi ?

- Pense à quelque chose qui te rend heureuse.

- Mon chien est mort la semaine dernière, je n’ai pas envie d’y repenser.

- Pense à quelqu’un que tu aime.

- C’est ce que tu fais ?

- Oui.

- Et ça marche ?

- Pas mal.

Ils rient.

- Où est Angela ?

- Je ne sais pas. Henri, où est Angela ?

- Elle s’est faite flinguer avec le patron. T’es miro ou quoi ?

- Merci.

- Qui sera le prochain ?

- J’ai peur Daniel, je ne veux pas mourir, dit Johanne en se serrant contre lui.

- N’ai pas peur, dit-il en l’embrassant sur le front. N’aie pas peur.


Les portes de l’ascenseur s’ouvrent au niveau du parking souterrain.

- Aziz est en train d’installer les charges.

- Combien ?

- 24.

- Parfait, pas de problèmes de disposition ?

- Non, tout se passe comme prévu.

Ashab prend un pan d’explosif.

- TNT C4 amélioré. Ça va faire du bruit.

- Ashab, pourquoi avoir choisi cette tour ?

- Un monument détruit, ça fera les gros titres. Tu tue des otages dans un cinéma, c’est un drame. Tu les tue dans un monument que tu détruis, c’est un désastre pour la nation toute entière.

- 85 otages, je trouve que c’est un peu trop pour Islamabar.

- Ils n’auront que ce qu’ils méritent. J’ai mis sept mois à préparer ce plan, à en vérifier tous les aspects, je t’ai donné toutes les clés pour réussir et tu a réussi. Et maintenant que tu a le contrôle de la situation tu veux abandonner ?

- Non Ashab, ce n’est pas ça.

- C’est exactement ça. Pas de pitié envers nos bourreaux.

Ashab prend son pistolet en main.

- Combien d’otages a tu exécuté ?

- Deux.

- Qui ?

- Le patron et une de ses subordonnés.

- Ça n’a pas eu grand effet, dit-il en chargeant son arme. Je crois qu’il est temps de passer à une autre forme de persuasion.





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