- De toute ma carrière je n’ai jamais eu à faire à une situation pareille.
- Heureusement.
- Oui, cette histoire aura des répercutions, qu’elle qu’en soit son issue.
- Ils ne pourront pas quitter le pays, le visage de Marek est connu partout.
- Il a sûrement un plan.
- Croyez vous qu’ils pourraient vraiment exécuter les otages ?
- Comme l’a dit le spécialiste, ils sont fous, c’est à croire que ce sont des bêtes et non pas des hommes.
- Quelles sont nos chances de réussite ?
- Une sur cent ? Une sur mille ? Dieu seul le sait.
- Alors croisons les doigts pour qu’il soit avec nous.
La Mercedes noire escortée par quatre motos de police entre dans la cour du Ministère de l’Intérieur, Place Beauvau, pour se garer devant l’entrée. Olivier et André quittent le véhicule.
- Je n’aurai jamais cru que je mettrais les pieds ici un jour.
- Moi non plus.
Un valet descend les marches de l’entrée.
- Monsieur le Ministre vous attend Messieurs, si vous voulez bien me suivre.
Ils entrent et sont immédiatement saisis par la beauté des lieux mais ils ne peuvent, hélas, s’y attarder, ils arrivent devant une grande double porte à l’ancienne.
- C’est ici, dit le valet.
Ils entrent dans une vaste salle avec une grande table de bois et une trentaine de sièges, il y a des tableaux aux murs et plusieurs vases anciens richement décorés.
- Asseyez-vous Messieurs, je vous en prie.
- Monsieur le Ministre, c’est un honneur.
- Trêve de bavardages, l’heure nous est comptée. Alors où en êtes-vous ?
Ils s’assoient.
- Nous avons gagné deux heures supplémentaires, ce qui fait qu’il nous reste encore une heure.
- Bien. Le plus important c’est que les otages soient mis en sécurité au plus vite.
- Monsieur, nous n’avons gagné que du temps jusqu’à présent, ces terroristes sont impitoyables, je dirai même qu’ils sont très instables mentalement.
- Vous pouvez le dire.
- Allez vous faire ce qu’il demande ?
- Je ne peux pas libérer Islamabar, la tension politique autour de lui pourrait entraîner une guerre, il doit être condamné au plus vite pour que tout revienne en ordre.
- Alors qu’allez vous faire ?
- Attendre, ou intervenir.
- Comment ça « intervenir » ?
- Je peux envoyer le GIGN, ils ont déjà fait ce genre d’intervention.
- Il aurait fallu le faire dès le départ.
- J’ai besoin de l’accord du président. Je vais l’appeler tout de suite.
- Inutile, je suis là. Dit une voix derrière eux.
- Monsieur le Président.
- Restez assis Messieurs. Cette histoire est devenue affaire d’État. Israël nous donne le feu vert pour agir et neutraliser rapidement cette menace par tous les moyens nécessaires, même si cela inclut une exécution des otages.
- Vous n’allez quand même pas les laisser mourir ?
- La France doit parfois sacrifier le sang de ses patriotes pour rester forte envers ses ennemis.
- Il n’en est pas question !
- Monsieur, dois-je envoyer les groupes d’intervention ?
- Nous n’avons pas le choix. Je vous donne mon accord.
- Merci Monsieur le Président.
- Et pour Islamabar ? Demande André.
- Non.
André et Olivier baissent la tête.
- Comprenez bien que le monde a les yeux fixés sur nous, si nous échouons les conséquences seraient catastrophiques pour notre pays, c’est ce que vous voulez ?
Ils ne répondent pas.
- La décision est prise, 2 unités du GIGN se rendront sur place et neutraliseront la menace. Ce sera tout.
Le Président quitte la pièce.
- Cette réunion est terminée, dit le Ministre.
- Et c’est encore pire qu’avant.
André et Olivier quittent le Ministère.
- Nous aurions pu régler ça avec diplomatie et au lieu de ça il emploie les armes, toujours les armes !
- C’est une situation de crise.
- André, tu ne te rends pas compte ? Le Ministre et le Président viennent de signer l’acte de mort des otages !
- Que pouvons nous y faire ? Cette affaire ne dépend plus de nous.
Le Ministre descend les marches.
- Le premier Ministre et le Ministre des affaires étrangères sont en pourparlers avec Israël, la situation est tendue, ils veulent que nous libérions Islamabar, la vie des otages importe plus à leurs yeux que celle des terroristes.
- Vous allez le libérer alors ?
- Il n’en est pas question.
- Avez-vous peur Monsieur ?
- …Bien sûr que j’ai peur.
Il rejoint sa voiture et s’en va.
- Le pouvoir est la seule chose dont il se soucie.
- Olivier, je crois qu’il est temps que tu vole de tes propres ailes. Je te confie cette affaire.
- Quelle affaire ? Je croyais que cela ne nous concernait plus.
- Tu peux encore agir, moi je suis trop vieux pour bouger. Va à la tour avec ton frêre et les gars et vois ce que tu peux faire.
- On se fera renvoyer, et même pire !
- Et alors ?
- J’ai déjà vu ce type à la télé.
- Qui ?
- Leur chef.
- Le contraire m’aurait étonné.
- Tu sais, si on a une chance de s’en sortir vivants, je te jure que la première chose que je ferai sera de changer de boulot.
- Moi aussi. Johanne…
- Prends moi dans tes bras.
Daniel l’étreint amoureusement, elle relève la tête et l’embrasse.
- Je t’aime.
- C’est une histoire qui commence plutôt mal tu ne trouve pas ?
- C’est pas grave.
La porte s’ouvre, Ashab entre.
- Lui ? Dit Daniel.
- Qui est-ce ?
- Ashab Esmeh, le directeur des relations publiques, c’est grâce à lui que je suis ici.
Ashab regarde les otages, son regard se fixe sur Johanne. Il va vers elle.
- C’est toi Johanne Duvalet ?
- Oui.
Il la tire par le bras violemment.
- Tu viens avec moi.
- Non !!
- Ne la touchez pas ! Hurle Daniel en se levant.
- Toi tu te rassois, dit Ashab en brandissant son pistolet.
Daniel obéit. Mais dès que Ashab se retourne, il lui donne un coup de pied dans le dos, Ashab ne tombe pas, il se retourne et, surpris par un autre coup de pied, son arme lui est arraché des mains. Ashab décroche une droite dans la mâchoire de Daniel qui chancelle alors, il envoie alors son genou dans son estomac, Daniel gémit. Ashab se retourne pour récupérer son arme mais Daniel ne lui en laisse pas l’occasion et lui saute dessus. Les deux tombent par terre et se débattent, Ashab envoie un autre coup de poing, il sort de la mêlée et prend son arme.
- Qu’est-ce que tu va faire maintenant ?
Marek fait irruption dans la salle.
- Que se passe t’il ici ?
- Ce connard a essayé de m’avoir, je vais lui faire payer cet affront !
Il pointe son arme sur Daniel, les yeux plein de rage.
- Non ! attends !
- Quoi ça te dérange ? Tu peux sortir si tu veux, c’est entre lui et moi.
- Laisse-le, c’est la fille que nous voulons, il mourra avec les autres.
- Ah ? Tu veux tout faire sauter maintenant ?
- Oui, mais laisse cet homme tranquille.
- Ce n’est plus toi qui décide Marek.
Il appuie sur la détente.
Rien ne se passe, on entend juste un petit « Clic ».
- Putain !!
Il rappuie, toujours rien.
Il fixe Marek avec rage.
- Tu m’a filé un flingue vide ?
- On ne tue personne de sang froid, c’est une règle que nous avons fixé avant de venir tu ne te rappelle pas ?
- Tu dis ça alors que tu a tué deux d’entre eux ?
- Juste deux.
Ashab se rapproche contre Marek en le foudroyant du regard.
- Dans quel camp est tu ?
Marek ne répond pas. Ashab disparaît avec Johanne.
Il l’entraîne dans le couloir.
- Lâchez-moi !
- Ta gueule !
Elle se débat.
- Arrête de bouger ou je te flingue !
Elle le gifle.
- Alors toi…
Il défonce la porte du bureau le plus proche et la pousse dedans. Il ferme la porte, Johanne recule contre le mur, terrorisée. Ashab défait sa ceinture, elle recule encore. Il lui bondit alors dessus et la plaque contre le mur, elle se débat, il la gifle et lui tire la tête par les cheveux.
- Si tu ne te laisse pas faire je te jure que tu ne reverra jamais ton copain.
Il la fait tomber, enlève ses vêtements et commence à l’embrasser avec animosité avant de lécher ses seins. Elle gémit mais pas de plaisir. Il se redresse alors.
- Sale petite pute, ne fais pas la chienne avec moi.
Il fait ensuite son affaire, Johanne crie et pleure, il met sa main sur sa bouche, il vient vite et gémit, il respire ensuite rapidement en la regardant.
- J’espère que tu a pris ton pied, parce que c’est la dernière chose que tu aura prise.
Elle lui crache au visage, il la frappe d’un coup de poing et sort son arme. De son autre poche il sort un chargeur qu’il introduit dans le pistolet. Il tire et pousse le chien.
- Maintenant il est chargé.
Il brandit son arme.
La radio crache des bribes.
- Ashab ! Réponds ! Vite !!
- Quoi ?
- Les flics sont là, huit bagnoles, ils sont une vingtaine.
- J’arrive.
Il éteint la radio et prends Johanne par le bras.
- J’en ai pas fini avec toi.