Otages

Chapitre 10 : 16H

Chapitre final

1294 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/07/2026 08:47

La camionnette fonce dans les rues de la capitale.

- Ils doivent être dans tous leurs états à l’heure qu’il est !

- Ashab, en rentrant, tu crois que nous serons des héros ?

- Non. Nous sommes devenus des assassins, c’est l’enfer qui nous attend.

- Alors pourquoi rentrer ?

- Si nous devons mourir, que ce soit chez nous.

- Et l’argent ?

- Il nous évitera ce genre d’ennui.

- On emmène les otages ?

- Non, on s’en débarrassera une fois dans les airs.

- Ashab…la mission…je doute qu’elle soit un succès.

- Pourquoi ?

- Marek…

- Marek était un traître !

- Mais maintenant, nous sommes tous des traîtres.


La camionnette arrive en vue de l’aéroport d’Orly, elle se gare sur l’un des parkings.

- Quel est le plan ?

- Il faut rejoindre le tarmac, c’est là que les otages interviennent.

Tout le monde sort et entre dans l’aéroport. Les gens sont horrifiés.

- Bashir, va acheter un billet.

- Quoi ?

- Fais ce que je te dis !

Bashir obéit et revient quelques instants plus tard avec un billet pour Jérusalem.

- Montre-moi ça…Vol 74, terminal 3, allons-y !

Ils arrivent au terminal, les officiers leur tombent dessus, ils sont immédiatement abattus par de multiples rafales de Kalachnikov. Terroristes et otages avancent ensuite dans le tunnel reliant le l’aéroport à l’avion. Ils entrent dans l’appareil, l’hôtesse voit les armes et crie, elle est abattue.

- Bienvenue à bord messieurs.

Une cinquantaine de personne se trouve à bord, tous sont terrorisés, certains pleurent.

- Que tout le monde reste calme et il n’arrivera rien, nous prenons le contrôle de cet appareil, (Il se tourne vers ses hommes) restez ici pur les surveiller, je vais dans le cockpit.

Il entre dans la cabine de pilotage, commandant et copilote sont surpris.

- Eh vous n’avez pas le droit de…

- Je prends le contrôle de l’avion, vous devrez faire ce que je vous dis et rien d’autre c’est clair ?

- C’est une blague ? Dit le copilote.

Il se prend une balle dans la tête.

- Ne m’obligez pas à me répéter !

- A votre service, dit le commandant.

- Décollez !

- D’accord (il allume sa radio) tour de contrôle ici vol 74, demandons autorisation de décoller.

- Négatif 74, vous ne pouvez pas…

Ashab dégomme la radio d’une rafale.

- Décollez !!

Les moteurs s’enclenchent, les turbines se mettent à tourner. Daniel est assis dans l’un des sièges avec tous les autres.

L’engin s’élance dans une secousse qui déséquilibre les terroristes, Daniel en profite.

Il bondit sur l’homme le plus proche et lui prend son arme, avant de l’abattre d’une rafale. Il tient en joue les autres terroristes et recule lentement vers le cockpit. Ashab surgit alors et lui saute dessus. La rage envahit les deux hommes. Daniel entraîne Ashab dans le poste de pilotage et le plaque violemment contre la console. L’arme de Ashab est pointée sur le visage de Daniel, Ashab tire mais la balle se perd en hauteur grâce à un coup de pied de Daniel. Ashab décroche un coup de poing et saisit Daniel pour le plaquer. La console crépite, elle est foutue. Ashab pointe à nouveau son arme, Daniel envoie un coup de pied qui lui fait perdre l’arme puis un coup de poing dans la mâchoire d’Ashab. Bashir arrive avec un couteau, deux autres terroristes l’accompagnent, armés de leur Kalachnikov. Daniel jette son arme, Ashab se relève et crache du sang.

- C’est fini pour toi mon ami.

Il reprend son arme.

Des sirènes se font entendre.

- Les flics !

- Merde ! Décollez ! Dit il en pointant son pistolet sur le Commandant.

- Impossible ! Tout est H.S !!

- Ah !!

Il tire une balle dans l’épaule du Commandant et se tourne vers se hommes.

- Tuez-les tous ! Jusqu’au dernier ! Dit-il en prenant sa mitraillette.


Les voitures de police se garent en pagaille autour de l’avion de ligne imposant, une vingtaine de policiers sortent armés. Olivier les mène. Sans hésiter, ils infiltrent l’appareil grâce à l’escalier installé. A peine entrés, un terroriste fonce sur eux en hurlant dans sa langue « Allah est grand !! » il est immédiatement abattu. Trois autres terroristes surgissent. Ils se réfugient dans les rangées de sièges. Les civils paniqués fuient l’appareil, les balles fusent de partout. Les tirs redoublent d’intensité, les policiers ont l’avantage grâce à leur entraînement et leur sobriété. Un terroriste prend une balle en plein front et s’écroule, l’autre à côté hurle et pleure, cessant le combat, il est abattu. Les tirs cessent, le silence revient. Le dernier homme se lève et tire une rafale, il abat deux hommes avant d’être abattu lui-même.

- Il n’y a plus que le chef.

La cabine du cockpit s’ouvre à la volée, Ashab sort avec le Commandant de bord, son arme est pointée sur la tempe droite de ce dernier.

- Lâchez vos armes où je l’abat sur le champ !!

- Obéissez, dit Olivier.

Tout le monde pose son arme.

- Maintenant sortez !

- Vous ne pouvez plus vous échapper; tout est fini maintenant.

- Non ! D’autres continueront mon combat !

- Rendez vous et vous serez sauf.

- Bien sûr ! je vais vous croire, reculez !!

- Pourquoi avez-vous fait tout ça ?

- J’en ai assez de voir les autres sourire pendant que les nôtres souffrent.

- On peut vous aider.

- Non, vous nous laissez crever ! Arrêtez ! Arrêtez !!

L’un des hommes décide d’agir, il bondit, Ashab l’abat, le Commandant en profite pour s’échapper de l’emprise de son agresseur. Les autres policiers ouvrent le feu sur Ashab.

L’homme s’écroule par terre, saignant de partout.

- Allez les gars, c’est fini.

Mais dans une ultime tentative, Ashab tend son arme sur Olivier. Trois balles pleuvent, mais pas de lui. Il s’écroule définitivement. Daniel se tient derrière lui, tenant le pistolet d’Ashab tendu vers le cadavre.

- Merci, dit Olivier.

Daniel ne répond pas, son visage est livide.

Il lâche l’arme, olivier vient près de lui.

- Allez venez, c’est terminé.

Ils quittent l’avion, les ambulances arrivent.

- Ça va aller ?

- A votre avis ?

Olivier lui tape sur l’épaule.

- Vous avez fait preuve d’un sacré courage.

- J’ai tué un homme.

- Non, un terroriste.

- Un homme quand même. Ce pourri a tué la femme que j’aimais et mes amis, je devrais le haïr, mais…j’ai pitié de lui.

- Je comprends.

- Non, vous ne pouvez pas comprendre.

Daniel s’éloigne. Une voiture arrive, une femme et deux enfants en sortent.

- Papa !!

Ils courent dans les bras d’Olivier. Marie, sa femme, a les larmes aux yeux.

- J’ai eu si peur !

Ils s’embrassent.

- C’est fini chérie, c’est fini.

- Dites…euh…chef, dit Daniel. Ça vous dérangerai de me ramener ?


Et parmi toutes ces lueurs écarlates de gyrophares, le soleil se dresse haut et fort, illuminant la piste, illuminant le ciel, chassant les nuages tout en donnant la forte impression que cette journée aurait pu être aussi banale que les autres.




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