Chapitre 4 :Ne RIEN ne laisser paraître
Jamais durant mes recherches, je n’aurais imaginé un seul instant apprendre quelque chose de cette envergure. J’ai du mal à imaginer une vie où géniteurs et progénitures vivaient ensemble, heureux. Mais plus forte que l’incompréhension, la colère. Ils nous ont empêchés de faire cela, de vivre ces vies. Pourquoi avoir changé cela ?
Je restai une heure, peut-être deux, figée devant cette lettre. Des millions de questions s’entrechoquaient dans ma tête et si bien que j’eus soudain mal à la tête. Je repliai alors cette lettre puis la rangea tout au fond du placard.
J’étais bien trop bouleversée par tout cela ! Je me mis à imaginer des gens, moi, heureuse, avec des adultes qui me ressembleraient. C’est étrange mais c’est apaisant ! J’aurais aimé connaître tout ça !
Je me fis la promesse, dans mes pensées.
Au moment de sortir, je croise Anaïs. Lorsqu’elle me demande d’aller manger avec elle et nos “amis”, je mets mon plus beau sourire et lui dis d’un ton enjoué :
— « Oui ! Bien sûr ! Allons-y. »
Même moi, je suis déconcertée de la facilité avec laquelle je parviens à cacher ce que je ressens et le bouillonnement actuel qu’est mon esprit.
Ce soir, c’est décidé, je n’y pense pas et surtout je sociabilise. Waouh ! Je suis pas habituée à dire ça !
Durant tout le repas, je parle, je rigole, je m’amuse. Je me surprends même à penser que c’est amusant et même agréable.
Au bout d’une heure à table, les bornes nous indiquent qu’il faut partir. Nous fuyons alors sans demander notre reste mais sans pour autant oublier de répondre poliment à cette capricieuse borne.
Lorsque nous eûmes rejoint notre chambre avec Anaïs, cette dernière me demanda d’aller discuter toutes les deux sur le balcon.
Après que nous nous soyons toutes deux installées, Anaïs prit la parole :
— « Tu sais, Haley, tu étais très bizarre la semaine dernière et d’un coup, tu es devenue super sociable ! Tu sais ce qu’il t’est arrivé ? Et la semaine dernière ? Tu sais, tu peux tout me dire !
— Tu sais, Anaïs, la semaine dernière, j’étais très fatiguée. Je ne voulais que dormir ou rester seule ! Sinon, tes amis sont adorables, j’aime beaucoup passer du temps avec eux ! répondis-je.
— Mais qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Haley, mon amie ! rigola Ana. »
Je me rendis alors compte que mon comportement de la semaine passée avait fortement affecté Ana, qui n’avait pas compris la raison de ce changement.
Je me fis alors une promesse :
Peu importe ce qu’il se passe durant les recherches, cela ne doit plus jamais et sous aucun prétexte impacter ma relation avec la seule qui a toujours été là pour moi.
Je lui demandai alors pardon, lui promettant que plus jamais cela ne recommencerait. En même temps, je me maudissais moi-même.
Comment ai-je osé ne serait-ce qu’une seconde lui infliger cela, à ELLE. Ma meilleure amie.
J’en ai même presque honte. J’ai été si cruelle avec elle, mais je ne mérite pas sa clémence. Pas après avoir été aussi distante et froide.