La flèche noire de Cupidon

Chapitre 1 : 1er Septembre

Par DarkSpielberg

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Quelles vacances !

Deux mois loin de mes amis, loin de tout ; deux longs mois d’ennui chez mes grands-parents.

Mais, maintenant, c’est terminé. Me revoilà.

Me revoilà sur la route de ma Dordogne familière, plus heureux que jamais. Il faut dire que rien n’a tardé. A peine suis-je revenu que Claire m’a invité chez elle.

Me voilà donc sur la route, avec mon VTT, luttant contre les éléments pour voler auprès de l’amour de ma vie.

J’ai vingt kilomètres à parcourir, mais je ne suis pas du tout découragé, ni impressionné, l’enjeu est trop grand ! Deux mois sans la voir, c’était horrible ! Mais, heureusement, il y avait sa douce voix qui me parlait presque chaque soir au téléphone.

Elle est tout pour moi. Je l’aime tellement. Je lui donnerai ma vie sans hésitation.

Ces « vacances » ont été bien trop pénibles. Elle m’a tellement manqué. A l’idée de la revoir, de la prendre dans mes bras, mon esprit est ailleurs, mon cœur accélère.

Je l’aime.

L’été prochain, je trouverais un boulot ici, obligé !


J’arrive dans sa ville. Mon excitation grandit encore davantage. Je tourne dans une rue, puis dans une autre, me rapprochant chaque seconde un peu plus d’elle.

Et j’arrive.

Une petite maison, mignonne, sans étages. Simple, charmante, à son image.

Je suis devant le portail. A cet instant, une question envahit mon esprit : « Qu’est-ce que je fais ici ? ». C’est tellement irréel ! Je descends de mon VTT, la fatigue alourdit mes pas, mais je n’ai pas fait tout ce chemin pour rien ! Je me dirige vers la sonnette, mais je ne sonne pas. Inutile.

Elle est là, en face de moi, jouant avec son petit chat.

Elle est magnifique, je la trouve encore plus belle, un ange, une déesse. Je suis ailleurs.

Elle tourne son visage adorable et nos regards se croisent.

Un grand sourire se dessine alors sur elle et là voici venir à ma rencontre.

- Ça va ? Me demande-t-elle joyeusement.

- Tu oses demander ?

Dès qu’elle m’ouvre, je la prends dans mes bras.

- Ça fait plaisir, tu peux pas savoir !


Tout s'enchaîne très vite. J'entre dans son humble demeure, elle disparaît quelques secondes pour revenir avec... Un jeu de cartes.

- Tu veux jouer ? Me demande-t-elle.

- Pourquoi pas !

La première demi-heure passe donc ainsi ; Je joue et je perds. Ensuite, elle m'amène devant sa télé, bel écran sous lequel sont rangés des centaines de DVD. Le paradis du cinéphile. Elle sort « Pirates des Antilles 2 »

- Ça te va ça ? Demande-t-elle.

- C'est parfait !

Elle met le DVD et s'assoit à côté de moi. Le film se met en marche, notre film, tant nous le connaissons par cœur. Pour preuve : Nous récitons les dialogues sans faute. Nous rigolons toujours autant aux mêmes passages. C'est grâce à ce film que je l'ai connue, apprécié, aimée. La fiction a dépassé la réalité sur ce coup. Notre passion est le cinéma, c'est notre échappatoire de ce monde si sombre, si injuste. Le rêve est notre refuge. Il nous donne la force de continuer et le courage de surmonter les épreuves.

L'irréel et notre vrai monde.

Malheureusement, connaître un film par cœur ne garantit pas de le regarder jusqu'à la fin. Au bout de onze minutes, elle m'emmène dans sa chambre, son royaume. Une petite chambre paisible et accueillante. Des posters de films ornent les murs, preuve supplémentaire de sa grande cinéphilie. Je m'assois sur son lit. Elle me tend un grand paquet cadeau.

- Joyeux anniversaire !

- Tu me l'as déjà souhaité il y a deux mois, tu étais là. Tu n'as pas oublié ?

- Je n'ai pas pu t'offrir de cadeau, je me rattrape.

Je me lève pour voir un magnifique clap de cinéma bleu avec inscrit : « Pour le plus grand des futurs réalisateurs ». L'émotion qui me submerge est indescriptible. Je me lève pour la prendre dans mes bras et l'embrasser sur la joue.

- Merci.

- Il te plaît ?

- Il est magnifique.

- Je l'ai fait moi-même. Mon père m'a un peu aidé.

- C'est superbe.

- Je l'enlace à nouveau.

- Tu m'as tellement manqué.

Une voix nous interrompt brusquement.

- À table, les jeunes !


Les parents de Claire sont à l'image de leur fille : Simples, justes, gentils. Il y a aussi la petite sœur, Charlène, 12 ans. Une vraie petite peste, comme toutes les petites sœurs. La discussion à table ne varie pas trop : Boulot, football, tombola. Ils sont actifs et accordent une grande part de leur temps à leurs amis. Pendant qu'ils discutent, Claire et moi nous regardons de ce regard électrisant qui réchauffe nos cœurs et nos âmes. Un moment magique qui fait oublier tout ce qu'il y a autour.

- Bon, je te raccompagne après, Thomas ?

Je reviens brutalement à la réalité.

- Hein ?

- Je te ramène ?

- Oh ! Oh non ! Je peux revenir par moi-même, il ne fait pas nuit.

- Tu es sûr ? Ça ne me pose aucun problème.

Je regarde Claire.

- D'accord, si vous insistez. Merci beaucoup.

Le repas se termine. Claire débarrasse et fait la vaisselle.

- Alors c'est toi l'esclave de la maison ?

- Oh, ce n'est pas si terrible que ça en a l'air.

- Tu m'en diras tant.


Me voilà déjà sur le chemin du retour. Et, cette fois, le jour est tombé. La radio diffuse une douce musique.

C'est passé si vite.

Je lui prends la main et l'invite à venir dans mes bras. Elle le fait.

Je lui caresse alors le dos et ses beaux cheveux bruns. Le regard de sa mère, qui conduit, dévie sur nous. Une phrase sort toute seule de ma bouche : « Eh oui, faudra vous y faire ».

L'étreinte de Claire se fait plus forte à cet instant. J'embrasse ses cheveux. Je pose ma tête contre la sienne.

Je l'embrasse sur la joue. Elle me retourne ce baiser.

Je tente alors le tout pour le tout.

Nous nous regardons. Je ferme les yeux. La musique crée la magie du moment et la renforce.

C'est ainsi que, parmi les ténèbres, je dépose sur ses lèvres ce premier baiser d'amour qui scelle nos destinées. Impossible de revenir en arrière. Je la regarde. Je sens son cœur battre la chamade.

« N'aie pas peur ».

Je l'embrasse à nouveau.

Nous voilà au paradis. Nous voilà libres, unis.

Nous vivons nos rêves.


La voiture s'arrête devant chez moi. Pendant que sa mère descend mon VTT, Claire vient à moi.

- Bon, tant que ta mère regarde pas...

Nous nous embrassons une ultime fois. Je voudrais tant que cet instant dure éternellement.

- Eh bien voilà, dit sa mère. Reviens quand tu veux.

- Je n'y manquerai pas !


Ils disparaissent tous deux dans la voiture qui s'éloigne alors dans l'obscurité. Je suis, sans cligner des yeux, les feux du véhicule, jusqu'à ne plus les voir.

Voilà, c'est terminé.

Je vais devoir me réveiller.




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