Les fantômes au fond de tes beaux yeux
Chapitre 11 : La Belle aux bois dormant
4409 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 18/09/2026 12:16
Chapitre 11 : La belle au bois dormant
Lorsque nous nous garons sur son parking une grosse demi-heure après, mes jambes tressautent encore et je glousse, électrisée par l’alcool et l’euphorie complète après ce que nous venons de faire. Il contourne sa voiture pour m’aider à me relever et à marcher en observant mes jambes plus que fébriles.
- Je n’ai jamais vu une gonzesse faire ça ! s’exclame-t-il.
- Je ne l’ai jamais fait ! ris-je.
- Tu l’as fait la dernière fois…, souligne-t-il avec hésitation.
- Oui mais, je veux dire, je n’ai jamais fait ça avec quelqu’un d’autre que toi, précise-je en pouffant.
- Je te casse putain…, s’inquiète-t-il avec des yeux sincèrement soucieux.
J’éclate encore de rire, un rire hystérique, un peu plus lorsqu’il m’attrape derrière les genoux pour me prendre dans ses bras et m’emmener jusqu’à sa chambre.
- T’es complétement torchée, s’amuse-t-il.
- Complétement ! confirme-je, hilare.
Il me dépose dans son lit et il s’assoit sur le bord, les yeux rivés sur mes jambes qui tremblent toujours comme des feuilles. Il pose une main dessus pour les caresser, sans doute une tentative de les calmer mais il n’y a rien à faire et c’est encore plus impressionnant que la dernière fois.
- Ça va ? insiste-t-il tout de même.
- Bien sûr que oui Kai !
- Mais tu… regarde-toi putain ! s’inquiète-t-il encore.
- C’est normal ! le rassure-je en riant. C’est une réponse physiologique qui peut arriver, ce n’est rien !
- Une réponse physiologique… ? demande-t-il en fronçant les sourcils.
- C’est mon corps qui réagit tout seul, à cause de l’excitation, de la tension, des hormones…, explique-je en souriant.
- Comment tu sais ça si ça ne t’est jamais arrivé ?
- Je le sais c’est tout… Et avec l’effort que je viens de faire, c’est sans doute accentué…
Il hoche la tête en observant mes jambes et je le trouve franchement mignon avec son regard soucieux. Encore quelque chose auquel je ne m’attendais pas… Mon euphorie se calme enfin un peu maintenant que je suis allongée dans ses oreillers et je porte naturellement ma main sur sa joue pour la caresser en lui souriant.
Il relève le nez de mes jambes pour me lancer un drôle de regard.
- Excuse-moi, dis-je en laissant retomber mon bras.
- Non je m’en tape, répond-il tout de suite.
Je lui offre un sourire plat, puisque je ne sais pas trop quoi dire à ça et il se reprend :
- C’est pas que je m’en tape, c’est juste que ça me dérange pas, enfin... que j’aime bien quoi, dit-il.
Je souris plus largement et je relève la main vers son visage, pour attraper une mèche échappée de son élastique qui retombe sur son visage. Elle est encore humide, je remarque d’ailleurs seulement maintenant qu’il a les cheveux mouillés et je souris plus largement :
- Je rêve ou tu t’étais douché pour moi ?! l’embête-je.
- Rêve pas, je revenais de la salle, emmerdeuse.
Je glousse un peu en m’installant plus confortablement dans son lit et il passe sa couette sur mes jambes agitées.
- Je peux aller fumer une clope ? Tu ne vas pas canner pendant ce temps-là ? se moque-t-il gentiment.
- Mais non… Je t’attends patiemment pour le deuxième round…, glousse-je.
- Repose-toi bien alors, parce qu’il ne va pas tarder, réplique-t-il tout de suite.
Il m’offre son sublime sourire coquin et je mords ma lèvre avec gourmandise, ce qui me vaut un petit rire. Je l’observe passer sa porte et dès que je suis seule dans la chambre, je m’étire un peu pour détendre mes muscles crispés.
Je suis encore complétement « torchée » comme il dit, rêveuse, à côté de la plaque, épuisée… Je ferme donc les yeux pour me reposer, parce que j’aimerais bien être un peu plus consciente lorsque nous recommencerons plutôt que de planer sur le nuage artificiel de la vodka…
*
Lorsque j’ouvre les yeux, je suis un peu éblouie par le soleil qui rentre par la fenêtre et je les referme en serrant l’oreiller que je tiens dans mes bras. Je suis un peu vaseuse à cause de ma consommation de la veille, mais je suis aussi incroyablement détendue…
Ce dernier constat me fait rouvrir les yeux en grand et le sang quitte mon visage lorsque je réalise enfin que je ne suis pas dans mon lit chez mes parents mais dans celui de Kai. J’ai l’impression que le ciel me tombe sur la tête à mesure que mes souvenirs de la veille reviennent, que je visualise Kai quittant la chambre pour fumer avant notre deuxième round que je lui ai agité sous le nez… alors que…
Oh mon dieu, je me suis vraiment endormie au lieu de profiter de lui ?!
Je me redresse enfin comme un diable, mortifiée, et je constate qu’il n’est pas là mais dans la salle de bain vu les bruits étouffés que j’entends dans la pièce derrière moi. Je colle mes mains sur mes joues, de plus en plus honteuse de m’imaginer m’endormir comme une masse à cause de la vodka, dans son lit, alors qu’il ne m’avait même pas invité à dormir là. Je tourne la tête vers la porte de la salle de bain par réflexe, et quand je découvre la tasse de café pleine sur la table de nuit, je m’apaise un peu.
J’imagine qu’il n’aurait pas pensé à me laisser une tasse s’il m’en avait voulu. Je l’attrape pour en siffler la moitié, autant pour me réveiller que faire passer l’haleine alcoolisée que je dois avoir et j’attends qu’il sorte en sirotant la fin.
Dès que la porte de la salle de bain s’ouvre, qu’il en sort vêtu d’un simple short et ses cheveux mouillés, que je vois son corps qui me fait rêver que j’ai pourtant abandonné pour dormir… Je plaque mes mains sur mon visage pour me cacher.
- C’est un réflexe chez toi de cacher ton visage le matin ? me taquine-t-il.
- Quand je suis gênée, oui ! couine-je.
- Mais gênée de quoi encore ?
Je sens son poids qui se pose sur le lit, vers le bout de mes jambes que j’ai remontée devant ma poitrine, et j’enlève une main d’un de mes yeux :
- Je n’en reviens pas, je suis désolée Kai, je ne peux pas croire que je me sois endormie comme ça…, gémis-je.
- Dormir est un crime punit par la loi, raille-t-il.
- Arrête ! Je t’agite cette histoire de second round sous le nez, tu pars fumer en te mettant la chose dans la tête et tu reviens pour me voir ronfler ! Non mais la honte ! m’exclame-je.
- Oh mais le deuxième round a bien eu lieu… tu criais simplement moins fort que d’habitude, plaisante-t-il avec son sourire en coin sublime.
Je ne peux pas m’en empêcher, je ris, et je laisse retomber mes mains de mon visage pour serrer la couette devant mon ventre.
- Tu es un peu plus dingo que prévu alors ! pouffe-je.
- Je suis complétement dingo Julia, je ne comprends pas ce qui peut bien te passer par la tête de revenir trainer avec moi…
Il se penche vers mon visage, un miracle après ce que je lui ai fait, et j’attrape ses joues pour accueillir le baiser qu’il pose sur mes lèvres… ou plutôt les baisers, les petits baisers gentillets auxquels je ne m’attendais pas et que je ne mérite clairement pas selon moi.
Lorsqu’il détache ses jolies lèvres des miennes, il fronce les sourcils :
- J’avais peur que tu te réveilles et que tu flippes ce matin, je suis allé faire ma séance à la salle puisque tu dormais et je t’ai enfermée à clé… Je ne voulais pas te laisser la porte ouverte… Je me suis dit que tu allais serrer, te demander quel genre de taré t’enfermait chez lui, dit-il.
- Tu es dingo, alors j’aurais sans doute flippé, l’embête-je.
- C’est bien ce que je me disais, mais heureusement, tu étais encore à moitié morte quand je suis rentré… J’étais sûr que t’allais canner si je sortais fumer ma clope hier soir putain ! Je te l’avais dit ! rit-il.
- Ça t’apprendra à me laisser au lieu de me combler une deuxième fois dans la foulée ! plaisante-je.
Il rit comme un bossu, ce qui était bien sûr prévu et je me détends enfin jusqu’à ce que mes yeux se posent sur le réveil sur sa table de nuit.
- Quoi ?! Il est midi passé ?! m’exclame-je.
- Bah ouai, quand je te dis que tu as canné, je ne déconne pas ! J’ai tourné en rond jusqu’à onze heures avant de me décider à aller à la salle. A ce stade, c’était un putain de coma.
- Oh mon dieu…
- Tu ressemblais à la princesse là…, me surprend-il.
- La princesse ?
- Ouai, la blonde qui dort…
- La belle au bois dormant ?
- Ouai ! J’avais l’impression d’avoir la belle au bois dormant dans mon pieu… J’aimais bien cette histoire quand j’étais gamin.
- Pourquoi ? Parce que la fille est inconsciente ? le taquine-je encore.
Il a un petit rire en baissant la tête, sans doute fatigué par mes bêtises parce qu’il pose ensuite sa main sur ma tête pour l’attraper, sa grande main couvrant la totalité de mon visage alors qu’il me secoue gentiment pour m’embêter.
- Non, parce que j’aime bien les blondes, me corrige-t-il en me relâchant.
- Ah bon ? C’est étonnant…, réponds-je trop vite.
- En quoi ?
Je suis un peu intrusive sur ce coup mais tant pis.
- Je trouve ça étonnant en considérant qu’Hestia est brune et que j’ai bien compris que tu es amoureux d’elle…
Il ne le prend pas mal du tout, il hausse les épaules :
- Ouai… mais c’est pas pareil… Hestia est la seule fille qui a jamais fait attention à moi, qui m’a considéré, aimé, qui a pris soin de moi… Je l’aimerais quoi qu’il arrive, qu’elle soit brune, blonde, rousse… peu importe, ça aurait été pareil.
Je lui souris, parce que je trouve ça plutôt mignon venant d’un homme comme lui et il s’en rend compte, parce qu’il préfère changer de sujet en attrapant une de mes mèches entre ses doigts.
- Ouai, j’aime vraiment bien les blondes…, reprend-il pensivement en caressant mes cheveux. Tu ressembles vraiment à un putain d’ange… C’est dingue pour moi de baiser avec toi… ça assouvit un genre de fantasme perché je suppose… l’ange, la belle au bois dormant… putain j’en sais rien mais j’aime ça…
Mon égo s’émoustille et je lui offre des yeux séducteurs :
- Moi aussi tu sais… Toutes les filles rêvent du prince charmant alors que je n’avais d’yeux que pour les méchants… alors toi… c’est carrément un « fantasme perché » comme tu dis.
Il sourit en détournant la tête, avant de reprendre à voix basse :
- J’aurais jamais pensé que tu voudrais recommencer… Vraiment jamais, j’imaginais juste que je serais un tocard de plus sur ta liste, un paumé d’une nuit que tu critiquerais avec tes copines intello dès le lendemain… Une erreur dans ta vie quoi.
- C’est pour ça que tu as ignoré mes appels de phares hier soir ?! m’indigne-je.
- Tu te fous de ma gueule ? Je n’ai même pas capté que c’étaient des appels de phares ! Je ne comprenais rien, je ne comprenais pas pourquoi tu me parlais, si tu te faisais chier, si tu voulais m’emmerder… bordel j’étais paumé…
- Le fait que j’ai demandé ton numéro pour te poser une question stupide était tout de même assez clair… une carte magnétique… franchement Kai…
- Ah ouai ? T’as pas trouvé de carte dans ta bagnole ?
- Bien sûr que non ! ris-je. Je voulais juste une excuse pour demander ton numéro et t’envoyer un message ! J’imaginais qu’on parlerait un peu, je ne sais pas, qu’on… qu’on se donnerait des signaux pour s’indiquer qu’une deuxième nuit nous tentait bien…
- Mais putain Julia, tu n’avais qu’à m’envoyer directement que ça te chatouillait et j’aurais débarqué en rampant ! s’exclame-t-il.
Nous éclatons naturellement encore de rire et il s’installe sur le flanc à mes pieds, la tête dans une main, tandis que je le mate très clairement.
- Mais d’ailleurs Kai… comment as-tu su où j’étais ? réalise-je.
- Ah bah… j’ai appelé Hunter pour qu’il me passe Hestia.
- Quoi ?!
- Je suis peut-être trop con pour capter quand tu me fais des appels de phares mais putain, quand tu m’as dit que tu avais envie de moi, j’ai sauté dans la mustang !
Je ris tellement que j’en tombe à la renverse et je m’allonge donc sur le flanc face à lui, dans la même position que la sienne pour le regarder en secouant la tête.
- Mais comment tu as justifié une chose pareille ? Tu les appelé à quelle heure ?
- Vers minuit, je me doutais bien que ce débile serait encore debout puisque Monseigneur avait du boulot par-dessus la tête… Hestia ne dormait pas, je lui ai dit que tu avais un truc à moi et que je devais absolument le récupérer hier soir… Elle était inquiète et elle m’a dit qu’il lui semblait que tu étais à une soirée chez un type qui habitait une grande baraque à côté du stade… Alors j’y suis allé et j’ai trouvé la baraque avec de la musique et des débiles bourrés dans le jardin, tout simplement.
- Tout simplement ? Ce n’est pas ce que je dirais ! glousse-je.
- Ah ma Julia… si tu savais les efforts que j’aurais été prêt à déployer hier soir pour passer une deuxième nuit avec ta putain de gueule d’ange… tu serais surprise.
Je suis séduite à en fondre et pour la première fois, c’est moi qui ose me pencher pour l’embrasser sans aucune raison particulière si ce n’est que j’ai envie de sentir sa langue chatouiller la mienne. Et il le fait très bien, il me grimpe déjà dessus pour m’embrasser avec température et me faire vibrer en passant sa main sous mon tee-shirt pour caresser mon ventre. Cependant, il ne va pas beaucoup plus loin et lorsque j’ouvre les yeux pour lui lancer un regard interrogateur en grognant un peu, il se détache de mes lèvres :
- J’aurais adoré coucher avec toi toute la journée ma belle, mais j’ai un entretien d’embauche pour lequel il faut que je parte dans un petit quart d’heure maximum.
- Oh merde ! Je suis désolée ! m’affole-je en me redressant.
- C’est rien.
Je saute sur mes pieds pour m’activer et ce n’est qu’à ce moment que je percute que je porte un de ses tee-shirt.
- Où est ma robe ? demande-je.
- Je l’ai pendue derrière la porte, je savais pas trop si ce machin devait se pendre ou se jeter en boule dans un coin… Je te l’ai enlevée hier soir, je ne voulais pas que tu sois mal en dormant… le tee-shirt est propre, précise-t-il.
Je ne sais pas si je suis plus choquée par le fait qu’il ait pensé à m’enlever ma robe pour que je sois bien ou qu’il ait pensé à me mettre un tee-shirt à la place pour m’éviter de dormir nue, mais un troisième élément s’impose à moi.
- Oh bon sang ! Tu m’as déshabillée hier soir et moi je dormais comme une idiote !! enrage-je.
Ça le fait encore mourir de rire mais je ronchonne allégrement en remettant ma robe, sans culotte puisqu’il l’a détruite hier soir dans sa voiture. Ce constat me fait frotter mon visage en soupirant :
- Bon sang… et je vais devoir encore marcher jusqu’à chez Gia cul-nu… je me fatigue tiens…
- Ah ouai, désolé mais je garde ta culotte, je fais une petite collection…, m’embête-t-il en faisant référence à mon tocard voleur de sous-vêtements.
Il me fait naturellement glousser, comme toujours, et je passe rapidement à la salle de bain pour me rafraichir et me recoiffer avant de sortir dans les temps, prête à partir. Il propose de me ramener chez Gia et nous grimpons donc dans sa jolie voiture, que je peux enfin admirer avec l’esprit clair. C’est une mustang VI noire, très jolie, et j’adore me faire promener dedans, surtout vu le conducteur.
- Elle est très chouette, elle a dû te coûter cher, commente-je en caressant le siège en cuir.
- Ouai… je l’adore… Je l’ai acheté d’occasion un peu moins de vingt-mille balles, mais elle était comme neuve.
- Je l’aime beaucoup, et elle te colle à la peau, tu vas très bien avec ta voiture… Vous êtes sombres, féroces, classes…
- Classe ?! Putain je crois que c’est la première fois de ma vie que j’entends une connerie pareille. C’est toi qui es classe Julia, pas moi.
- Selon mes critères, tu l’es.
Evidemment, un petit regard silencieux. Mais nous sommes assez proches maintenant pour que je lui donne le fond de ma pensée.
- Non Kai, je ne me moque pas de toi, arrête de toujours avoir l’impression que je te mens…, soupire-je.
- Ouai bah désolé mais je peux juste pas entendre des conneries pareilles et y croire, réplique-t-il froidement.
- Ok, alors persuade-toi bien de ce que tu veux après tout.
Mon petit ton sec met un terme à la conversation et il se gare devant chez Gia quelques minutes de silence plus tard.
- Merci de m’avoir déposée, bon entretien, lâche-je froidement.
- Merci…
J’attrape la poignée de la portière sans lui lancer un regard, ronchonne à cause de notre « prise de bec », mais il attrape mon bras pour me tirer vivement en arrière, vers lui.
- Non mais… ?! siffle-je en lui lançant un regard furieux.
Ses lèvres s’écrasent sur les miennes et ma colère fond comme neige au soleil.
Je manque déjà d’air, survoltée par son baiser et ses dents qui mordent mes lèvres régulièrement entre deux valses de nos langues qui commencent à drôlement bien se connaitre.
Lorsqu’il me laisse tranquille, ses yeux sont taquins :
- Mal baisée va.
- Entièrement ta faute, réplique-je avec un air hautain.
Et notre prise de bec s’envole, effacée par notre éclat de rire.
- Bon, je peux te laisser aller jusqu’à l’immeuble de ta pote sans t’accompagner ? Vu la terreur que tu es, c’est prendre des risques…
- Bien sûr que oui, je ne suis pas en sucre ! réplique-je.
- T’es un carré de sucre qui se prend pour de l’acier Julia… c’est bien ce qui m’inquiète.
- Tu t’inquiètes pour moi ?? minaude-je en gloussant.
- Pfff… Allez, dégage de là va…, réplique-t-il en détournant la tête et en riant un peu.
J’embrasse sa joue, qu’il presse contre mes lèvres en gardant son air ronchon et je file de sa voiture avec un sourire jusqu’aux oreilles.