Les fantômes au fond de tes beaux yeux

Chapitre 18 : Petite jalouse

1894 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 29/09/2026 11:53

Chapitre 18 : Petite jalouse


Dans la voiture, il a beau me ramener à son motel, je ne peux pas m’empêcher de faire ma mauvaise tête en fixant l’habitacle avec les yeux plissés pendant le trajet. Il imagine sans doute que je me repose, parce qu’il me laisse tranquille jusqu’à ce qu’il intercepte mon regard noir en se garant sur son parking. 

-         Qu’est-ce que tu as, encore ? s’amuse-t-il.

-         Alma aurait sans doute adoré que tu lui fasses faire un tour dans ta belle mustang…, siffle-je.

-         Putain mais je rêve ! s’exclame-t-il en riant.

-         Elle sort avec Eden !! crie-je.

-         Mais je sais ! Putain Julia, mais tu es vraiment torchée ! s’esclaffe-t-il.

-         Elle sort avec lui depuis des mois ! continue-je.

-         Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre ?! rit-il.

-         Ah ! Donc tu t’en fiche qu’elle ait quelqu’un !! Tu l’admets !! m’écrie-je.

-         Mais qu’est-ce que tu racontes ?!

Il sort de la voiture en riant pour me rejoindre de mon côté, où il attrape ma taille pour me stabiliser et me mettre debout.

-          Tu la trouves jolie ? demande-je en plissant les yeux.

-         Qui ça ?

-         Alma, arrête de faire exprès.

-         Elle est trop sexy, répond-il.

Je tourne une tête outrée vers lui, mais quand je vois qu’il retient son rire, je comprends qu’il se moque de moi et je lui saute à la gorge sans autre forme de procès. Il me réceptionne d’un bras et nous rions comme deux gamins pendant que je serre mes mains autour de son cou, suffisamment fort pour qu’il s’étrangle dans son hilarité.

-         J’étouffe putain !! Tu es cinglée Julia !! Mais combien de fois il va falloir que je le constate avant de le comprendre putain ?! hurle-t-il de rire en me perchant sur son épaule pour que je n’accède plus à son cou.

-         Au moins encore une fois ! glousse-je en me retrouvant pendue dans son dos comme un sac à patate.

Il me met une claque sur les fesses qui ne fait qu’augmenter nos rires et une fois que nous sommes dans sa chambre, il me lance dans le lit où il me regarde me tortiller en riant.

-         Tu es vraiment attaquée…, constate-t-il en secouant la tête avec ses yeux amusés.

-         C’est toi que je vais attaquer, racaille ! réplique-je en lui présentant mes mains comme un ninja.

Il rit encore tellement qu’il pose son visage dans ses mains et je pouffe avec lui comme la bécasse enivrée que je suis.

Il vient ensuite vers moi, où il retient son rire quand j’abats gentiment mes mains sur lui, mais je me calme carrément quand il retire ma robe ; déjà toute émoustillée.

J’attrape ses joues pour l’embrasser avec température, un peu plus lorsqu’il me débarrasse de mon soutien-gorge, mais je suis surprise lorsqu’il se détache de mes lèvres.

Je suis à deux doigts de protester lorsqu’il se recule pour s’habiller. J’observe donc le spectacle en ronronnant comme un chat bienheureux, très sûre de la suite des évènements… jusqu’à ce qu’il enfile un short en me lançant un tee-shirt propre dessus.

Déterminée, dès qu’il se laisse tomber dans le lit, je délaisse son tee-shirt et je lui grimpe rapidement dessus pour m’allonger sur son corps en cherchant ses lèvres, qu’il me refuse pourtant.

-         Tu ne veux pas ? m’inquiète-je.

-         Je ne risque pas de te sauter alors que tu es dans cet état, Julia… C’était déjà limite la fois où tu m’as grimpé dessus dans ma bagnole, mais alors là…, répond-il en souriant.  

-         Quoi ?!

Je vois qu’il est sérieux et je me demande un peu ce que je fais là, ou plutôt si je « l’agace » à m’être mise dans cet état.

-         Je ne suis pas un plan d’un soir très fiable si tu es obligé de me faire dormir dans ton lit sans m’approcher…, m’inquiète-je.

-         Arrête tes conneries…

-         Je suis sérieuse, je ne veux pas être un boulet qui m’impose sans même faire ce pour quoi nous nous voyons… J’ai l’impression de t’embêter…

-         Arrête tes conneries… Et puis si tu t’inquiètes tant que ça, tu n’as qu’à te dire qu’on le fera demain matin… Putain ça fait trois semaines que je ne t’ai pas vu, je peux bien attendre dix heures de plus pour être sûr que c’est ce que tu veux et pas une connerie à cause de l’alcool.

-         C’est ce que je veux, je te l’assure…, insiste-je.

Il m’embrasse en souriant et ses mains serrent mes fesses pour me presser contre son divin lui – qui est très clairement plus que prêt. Lorsqu’il me relâche, je lui offre un sourire suffisant en croyant que j’ai obtenu gain de cause, mais il éclate de rire :

-         J’ai dit que je ne te toucherais pas ce soir, pas que ce serait facile putain ! Alors ne t’emballe pas quand je dérape ! Je suis sérieux Julia, c’est mort.

-         Pfff…, soupire-je en me laissant tomber à côté de lui.

Vaincue, j’enfile son tee-shirt avant de me lover sous la couette pour lui lancer un petit regard boudeur qui l’amuse encore.

-         On verra demain matin…, répète-t-il. Tes yeux se ferment déjà, emmerdeuse.

-         Mh…, marmonne-je.

*

Le lendemain, je me réveille avant lui et je l’observe dormir en souriant.

Il est étalé sur le ventre en travers du lit et je suis roulée en boule dans la place qu’il reste, comme si je m’étais adaptée naturellement à lui alors que nous dormions comme des loirs. Ma soirée d’hier est un peu vague mais je me souviens très bien des baisers vibrants que nous avons échangés sur la terrasse et ça suffit à me mettre d’une excellente humeur.

Je me lève discrètement pour éviter de le réveiller, avant de me faire un café tout aussi silencieusement. J’ai un appel en absence de l’université, ce qui sent très bon, alors j’attrape un caleçon propre dans son sac de sport pour m’en faire un short, je prends mon café, ses cigarettes et je sors de la chambre.

Je m’installe sur le petit rebord en béton en étendant mes jambes nues au soleil matinal, me régalant de mon café et d’une cigarette, surprise d’être pratiquement aussi apaisée que lorsque nous couchons ensemble alors que nous avons simplement dormi. Ça me parait curieux et je me demande quels drôles de pouvoirs possède Kai sur moi si ce ne sont finalement pas mes hormones de plaisir qui me mettent de cette humeur radieuse quand je dors chez lui.

Je me réveille tranquillement en sirotant mon café puis je me décide à appeler l’université qui m’annonce la bonne nouvelle. J’apprends que je pourrai venir récupérer mes clés aujourd’hui comme prévu et nous fixons un rendez-vous à midi.

Je viens à peine de raccrocher lorsque la porte s’ouvre si violemment derrière moi que je me retourne vivement, pour trouver Kai dans l’encadrement.

-         Tu m’as fait peur ! m’exclame-je.

-         Waaah… putain j’ai cru que tu t’étais barrée…, marmonne-t-il en posant ses mains sur ses yeux avant de repartir à l’intérieur sans fermer la porte.

Je l’observe se faire un café en admirant son corps de gangster, presque rieuse à l’idée d’avoir un jour dit que je trouvais ses tatouages horribles. Il me rejoint deux minutes plus tard pour s’assoir contre moi, et toute heureuse, je me redresse un peu pour l’embrasser chastement.

-         Tu avais peur que je me sois barrée…, souligne-je en lui souriant.

-         Ah ouai… un délire, j’ai cru que tu t’étais barrée sans un mot…

-         Et je n’en ai pas le droit ? l’embête-je en plissant les yeux. 

-         Si, mais je n’ai pas dit que ça me plairait…, rétorque-t-il à voix basse en fronçant les sourcils.

-         Et pourquoi donc ? Parce que vous n’auriez pas eu votre gain ? le taquine-je avec des yeux séducteurs. 

-         Exactement emmerdeuse…

Il m’offre son sourire de sale gosse et nous nous embrassons une seconde fois, puis il porte sa tasse à ses lèvres. Je pose ma tête contre son bras pour me lover contre lui, et nous passons un petit moment comme ça, à profiter des rayons du soleil sans dire un mot.

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