Vana quitta le cercle de pierres de Stonehenge. Le passage vers le paradis se referma et l’alcôve qui contenait les pierres cristallines s'enfonça sous la terre à jamais.
Vana devint son propre navigateur. Diriger le bateau de Hati était plutôt simple en fait. Elle l'avait tellement observé naviguer et l’avait même aidé à certaines occasions.
Huit lunes passèrent avant que Vana ne revoie la cité d'Atlantis, toujours aussi impressionnante et lumineuse. Le ciel était à l'aurore.
Vana accosta alors que la cité était encore endormie.
Elle pose pied sur le ponton et avança en regardant autour d’elle tout ce qui lui avait tant manqué. Elle ne vit pas la vieille femme devant elle, portant un panier qu’elle renversa en percutant Vana.
— Oh, pardonnez-moi, je suis vraiment désolée.
La femme la dévisagea.
— Vana ! C’est Vana ! Notre sauveuse est de retour !
Très vite, toute la cité se réveilla pour venir voir la sauveuse. Ils étaient tous heureux et la louaient.
— Dieu merci, vous êtes vivante !
— Oui, je suis de retour.
— Maintenant, nous pouvons nous réjouir, car la pierre est en notre possession !
— Il faut faire vite, expliqua Vana. Une malédiction pèse sur l'Atlantide et la cité risque d’être détruite à jamais.
— Cela est déjà en mouvement ! S’exclama une autre voix, plus éloignée.
C'était l'astronome royal.
— J'ai observé un drôle de phénomène dans l'espace. Une masse de roches s'est formée de nulle part. Dans deux lunes, elle nous frappera de plein fouet. Telle sera la vengeance de Satan.
— En êtes-vous sûr ?
— J'en suis certain.
— Le temps nous est compté alors. Il faut évacuer la cité.
— Mais elle a la pierre !
— Oui, j’ai la pierre, mais il faut envisager le pire. Je ne laisserai pas le peuple mourir ! Passez le mot autour de vous et allez aux embarcations !
Le peuple acquiesça et se dispersa.
Une personne était resté, une femme d’âge mature au teint hâlé. Vana devina son identité à ses yeux. C'était la mère de Hati.
— Je sais tout, dit la femme. Il est mort, il t'aimait.
— Comment savez-vous ?
— Il m'a parlé dans un rêve.
— Hati était brave. Son sacrifice n'aura pas été vain, il m'a sauvé de nombreuses fois. Je l'ai revu au royaume des anges, il est heureux.
— J'en suis rassurée.
— Allez, madame, réunissez vos affaires et quittez la cité tant que vous le pouvez encore.
La femme inclina la tête, en signe de gratitude et partit à son tour.
Vana devait mettre la pierre en place, mais, avant cela, elle devait voir le roi.
Elle se rendit donc au troisième niveau en réfléchissant à ce qu’elle dirait, au sujet de Firenze et de tant d'autres choses de première importance.