Mémoires d'un top model.
LE JOURNALISTE: nous sommes donc en 1990, vous venez d'intégrer la mytique agence Elite, qui compte parmis ses plus célebres mannequins, Cindy Crawford, Naomi Campbell ou encore Linda Evangelista. Vous avez tout juste 18 ans. Selon la rumeur, vous avez rencontré monsieur Axl Rose a cette époque. Dailleurs, votre relation fera scandale car il a 10 ans de plus que vous et une sacré réputation d'homme violent. Comment s'est vraiment passée cette rencontre? Comment une toute jeune fille bien sous tout rapport a pu ravir le coeur du chanteur aux 500 millions de fans a travers le monde? Qui était le vrai Axl Rose? Il ne donnait pas beaucoup d'interview a cette époque, on connaissait juste son histoire a travers les commentaires des autres membres du groupe...Nous sommes en décembre 1990, vous posez pour le Playboy US, on ne parle que de vous a cette époque, que s'est il réellement passé?
VINNY LEYPOVITZ: Alors il faut savoir que je n'ai jamais posé pour ce fameux Playboy. Mon ami David Bailey, le photographe qui m'a découverte dans un club de New York cette année là, voulait me shooter en premier temps pour un projet personnel, et fournir a mon book des photos un peu plus...deshabillées que ce que j'avais fournies. A l'époque j'étais pudique et John Casablancas, le big boss d'élite, m'avait prevenu qu'un mannequin pudique ne travaillerait pas autant qu'un mannequin bien dans son corps et a l'aise avec la nudité. David m'a donc emmené sur une plage déserte, sur la cote est. Je me rappele qu'il faisait froid, j'étais a moitié nue. Ou alors je portais des bouts de chiffons ridicules, pas assez grands pour me couvrir. Bref, je pose, je me sens bien. David est un pro, il sait ou il veut m'emmener. On a du faire une centaine de clichés. Lorsqu'il a developpé le tout, j'ai été étonnée du résultat. Il avait voulu du noir et blanc. Les photos étaient simplements magnifiques. Malgré ma nudité, elles n'avaient rien de vulgaire ou de choquant. Je m'apperçois que j'ai un corps dément en fait. Je ne me reconnais pas. Bref, David me dit que je pourrais vendre les photos au célebre magazine Playboy, que je ferais un malheur et que ce serait une pub d'enfer pour lancer ma carriere. Bien entendu je refuse. Dabord parce que je ne suis pas fan de ce genre de magazine et ensuite parce que je n'ai pas envie que ma famille voit ces photos. Meme si elles sont purement artistiques, je suis quand meme a poil! Je refuse donc. Nous sommes en novembre 1990. Entre temps, mon éssai chez Chanel est concluant, la marque me veut pour les défilés de Paris, en janvier. Je suis aux anges. Il faut dire que je n'avais pas trop le moral par rapport a Chad, mon mari...J'éssayais de faire bonne figure mais j'avais toujours un petit coté triste. Je crois que c'est cet air qui plaisait tant, en fait. David, pensant bien faire, vend les fameuses photos a Playboy, a mon insu. Je décide de partir quelques jours sur la cote ouest, avec ma cousine Carla, qui est devenu mon agent par la suite. Ma famille a une villa a Los Angeles. On veut profiter du soleil californien. Il fait trop froid a New York. Et je n'ai rien de prévu dans mon agenda. Un soir, on sort . Il y avait un bar sur sunset, le Rainbow. Avec Carla, on met des fringues cool et sexy puis on y va. Le rainbow est l'endroit a la mode. C'est un petit club qui fait aussi grill, il y a souvent des petits groupes de rock qui jouent sur la scene. Ce soir là, il y a beaucoup de monde. Un petit salon de tatouage est meme installé dans les chiottes. J'adorais L.A. pour ça. Cette ville était a un million d'année d'ouverture d'esprit de New York, la coincée. On y voyait de tout, on pouvait s'habiller comme on voulait, je m'y sentais libre et naturelle. Pas de famille pour nous surveiller, pas de jugement...Carla et moi on se pointe au comptoir. L'ambiance est électrique. Les gens se poussent, dansent n'importe comment, une fille se déchaine a une barre de pole dance...Le barman nous demande nos cartes d'identité. Il a bien vu qu'on étaient pas du coin, ni des habituées. Il nous refoule. On a pas 21 ans, donc pas d'alcool. Bien décidées a faire la fete, coute que coute, on se sépare a la recherche d'un pigeon qui voudrait bien acheter de la biere pour nous. Carla part de son coté, moi du mien. Je remarque des types a une table. Vu leur dégaine, je pense que ce sont des hardos, on donnait ce nom aux mecs comme eux, qui portaient des blousons et des pantalons en cuir, qui avaient les cheveux longs et des tetes de mort partout. Prise d'une audace que je ne me connaissais pas, je déboule a leur table. Avec mon sourire ultra brite et un air détendu, je stoppe leur conversation.
- excusez moi de vous déranger, j'ai un peu honte de vous demander ça mais l'un de vous pourrait il aller acheter des bieres a ma place au comptoir? le serveur dit qu'il faut avoir 21 ans...
Ils parurent surpris et amusés en meme temps. Leur table était remplies de bouteilles vides et de cendriers pleins a craquer de mégots en tout genre. En attendant leur réponse, je les détaillais un par un. Il y avait deux blonds aux cheveux longs, un brun plutot mince, un autre qui portait un haut de forme sur une tignasse noire qui masquait ses yeux, une fille, et un autre gars. Ce dernier portait un blazer rouge trop grand, sans rien dessous. Il avait de longs cheveux roux et un visage presque enfantin. Ses yeux clairs me fixaient d'un air bizzare. Au bout d'une éternité, l'un des deux blonds m'intérrogea.
- t'as quel age, princesse?
- 18 ans, lui répondis je, écoutez, désolée du dérangement, je vais aller voir plus loin.
Alors que j'allais m'éloigner, une voix grave me stoppa.
- attends! je veux bien t'aider.
Je me tournais. Le roux était debout. Et souriait, bouche fermée.
- merci, on a juste envie de s'amuser avec ma cousine!
- comment refuser un service a une si jolie fille? suis moi...me dit il en m'entrainant vers le comptoir
Je le suivis donc. Tres sur de lui, il fit signe au barman.
- Tommy, donne moi 2 bieres !
- tout d 'suite, Axl! répondit l'employé
Le roux mit un billet de 10 dollars sur le comptoir.
- non, non, j'ai de l'argent! dis je, c'est moi qui paye
- pas question! aucune femme ne paye avec moi, encore moins si elle est ravissante!
Il avait un visage doux, bienveillant, qui ne collait pas avec sa déguaine. Le serveur apporta les bieres et prit le billet. Le chevelu n'attendit pas sa monnaie et m'entraina plus loin. Puis il me tendit les bouteilles.
- et voila! méfait accompli! tu es officiellement une hors la loi ! chapeau !
- merci, vraiment, dis je en prenant les bieres, ce qui fait de vous mon complice!
- haaaa, ce vouvoiement, j'ai l'air si vieux?
Il souriait. Et quel sourire. Des fossettes ornaient ses joues.
- désolée, j'ai étée élevée a l'ancienne, dans le respect de la politesse!
- c'est tellement rare des filles bien élevées de nos jours, je suis assez surpris.
- bon, ben je vais éssayer de retrouver ma cousine, encore merci!
Il m'attrapa par le bras.
- attends, t'es du coin? tu viens souvent ici?
- non, je viens de New york! je repart demain!
Il parut décu. Il haussa les épaules.
- ok, au passage, je m'appele Axl! dit il en me tendant une main amicale
- Vinny! dis je en sérrant ses doigts brulants
Il semblait attendre quelque chose. Je compris plus tard qu'il voulait que je le reconnaisse. Mais je n'avais jamais entendu parler de lui avant. Je n'écoutais pas ce style de musique, et de toute façon, j'en écoutait rarement.
- et bien, avec un peu de chance, on se revérra un jour! dit il
- qui sait...aurevoir!
Puis je me suis éloignée. C'était trop bizzare la façon dont ce type me regardait. Avec une lueur étrange dans les yeux, comme s'il attendait quelque chose de moi. Ce soir là, j'ai récupéré Carla, on a bu nos bieres, je me suis faite tatouée dans les toilettes pour hommes, alors que l'hygiene était désastreuse, puis on a prit un taxi pour rentrer. C'était ma premiere rencontre avec Axl Rose.