Ragnis et Demon-Noir par

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Continuation / Fantastique / Aventure

14 Le départ

Catégorie: G , 1596 mots
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Nous entrâmes dans une salle, pas plus grande qu'une salle de classe. Au fond était posé un grand bureau de bois noir, sur lequel était posés une lampe à col de cygne, un sous main, et du papier blanc. Il y avait aussi un encrier en nacre dans lequel était plongée une longue plume de paon dans les tons verts-bleus. Une plume de paon dans toute sa splendeur, aucun filament n'était tordu par rapport aux autres. Les murs de la pièce arboraient des tableaux représentant des portraits d'hommes, de femmes, et d'Abeltis. Il y avait de même une grande cheminée en pierre taillée et sculptée, et de laquelle sortait une lueur rougeâtre et les crépitements des bûches brûlantes qui alimentaient la flamme dansante derrière la vitre. Le reste de la pièce était lui constitué de ce que l'on aurait pu appeler un coin salon. Cette partie de la pièce était meublée de grands canapés et sofas en cuir brun et bois, qui formaient un cercle au centre duquel était posée une table basse au pieds de métal et au plateau de verre. Se tenaient debout sur cette table, parfaitement alignées, trois clochettes dorées et une statuette au pied de laquelle était écrit sur une plaquette de métal : "Bionnka, Seigneur de Fotawlinda, Roi de Fotawl-Dhjalem".


-Asseyez vous je vous en prie, dit ce dernier en montrant les fauteuils.


Nous prîmes place tandis qu'il alla s'asseoir derrière le bureau. Il ouvrit un tiroir et commença à fouiller dedans. Soudain, il s'arrêta, releva la tête pour nous regarder.


-Oh ! Une dernière chose, reprit-il. Évitez les flatulences je vous prie, c'est un cuir de haute qualité et, par conséquent, très cher. Vos gaz pourraient le détériorer.


Il se remit à fouiller dans son tiroir comme si de rien n'était. Nous nous regardâmes, tous les sept, assis dans les fauteuils, ne sachant que répondre à cela. Je vis Ker, il était gêné, il bougeait dans son siège. Peut-être avait-il mangé un cassoulet il y a peu, ou peut-être avait-il l'habitude de lâcher des gaz par son arrière train et savait donc que cela sortirait un moment ou un autre et qu'il devrait alors se faire discret. Bionnka ouvrit un autre tiroir en râlant.


-Qu'est ce que j'ai bien pu faire de ces fichus papiers, dit-il tout en gardant la tête baissée sur son tiroir.


Des cloches sonnèrent. Ce n'étaient pas les clochettes posées sur la table. Cela ressemblait plus au tintement des cloches d'une église. Bionnka poussa d'un coup d'aile le tiroir qui se ferma en claquant. Il se mit à sautiller et taper ses ailes l'une contre l'autre. Excité comme un enfant le matin de noël.


-Le thé ! Le thé ! Le thé ! C'est l'heure du thé ! Le précieux thé ! Le thé ! Le thé ! Le thé ! se mit il à dire.


Il se déplaça vers nous tout en continuant de répéter les mêmes choses. Il s'assit dans un fauteuil libre, prit une des trois clochettes sur la table, celle qui était la plus proche de sa statuette, et se mit à la secouer. A peine les molécules tout autour vibrèrent pour former le tintement des cloches qu'un Abeltis entra dans la pièce. Il portait un plateau en bois coupé dans un grand tronc brun. Sur ce plateau étaient posées huit tasses et une théière en Grinsobat, ainsi que des petits gâteaux. L'Abeltis s'avança vers nous, posa le plateau sur la table, puis repartit comme il était venu. Bionnka enleva les tasses de la grande assiette et nous les distribua. Il prit la théière et nous servit.


-Bon, dit-il, je sais pas ce que j'ai fait de ces fichus contrats. Du coup je vais vous dire à l'oral les termes de ces petits bouts de papiers et vous signerez un autre papier quelconque prit sur mon bureau.


Il amena sa tasse à sa bouche.


-Refaites les contrats, dit Sarah, ça ne coûte rien.


Bionnka recracha sa gorgée de thé en toussant. Ses yeux de métal s'écarquillèrent.


-Mais elle est folle ! s'écria Bionnka, elle est complêtement barrée ta copine gamin ! On sacrifie pas l'heure du thé pour écrire sur un bout de papier !


Une bûche éclata dans la cheminée. Il attrapa la deuxième clochette et la secoua. Comme pour la précédente, un Abeltis entra dans la pièce. Cette fois ci, il avait un chargement de bois. Il ouvrit la porte de la cheminée, jeta toutes ses bûches dedans, referma la cheminée puis repartit.


-Sacrifier l'heure du thé pour écrire, non, reprit Bionnka. Par contre, on peut discuter, entre amis, autour d'une bonne tasse de thé, et je peux vous expliquer le contrat à l'oral c'est pas bien compliqué.

-Allez-y, s'enquit Beverly

-CHHHHHUUUUUUUUTTTTTTTTTT !!!! Je vais directement mettre les choses au clair, c'est comme tout à l'heure, vous vous taisez et je parle.

-Je connais la chanson, reprit Beverly

-Qu'est ce que je viens de dire !!!???!!! Bon commençons, les règles sont simples : Vous partez, vous tuez la bête et, si possible, ses parents. Que vous finissiez l'aventure morts ou vif je n'en ai rein à faire, vous m'avez déjà bien assez embêté comme ça.


Je voulus riposter à cela lorsque la troisième clochette se renversa. Bionnka arrêta de boire son thé et se mit à fixer cette petite cloche. Un troisième Abeltis entra dans la salle, poussant une table à roulettes sur laquelle étaient posées les sept KunKraZin. A peine eut-il le temps de placer cette table à côté de nous que les murs et le sol tremblèrent.


-Ils sont là, dit Bionnka, ils sont là pour vous.

-Qui donc ? demanda Gri

-Posez pas de questions, prenez chacun une lame et partez.

-Qui vient pour nous ? renchérit Bar

-Birru !!!! cria Bionnka, ignorant les paroles de Bar.


Birru entra dans la salle. Le Roi l'attrapa par le bras.


-Tu les accompagneras et leur servira de guide jusqu'aux limites du Royaume. Nous retiendront les bêtes le plus longtemps possible


Bionnka se tourna vers nous et me regarda.


-Tu connais Birru. Il ne parle pas votre langue mais vous n'aurez pas besoin de lui parler. Dirigez vous plein Sud, vers les Terres Noires. Lorsque vous arriverez aux portes du Royaume, il vous laissera continuer seuls, ne craignez rien vous êtes armés.

-L'ennemi l'est aussi, répliquais-je

-L'ennemi est occupé ici, à la Citadelle, partez, nous les retiendront.


Un autre Abeltis entra dans la pièce. Bionnka se tourna vers lui.


-Fait seller Mineyii, dit-il, et trouve leur des chevaux.


Le robot se mit à nous compter.


-Tout de suite !! cria le Roi en se tournant vers nous. Prenez le premier escalier à gauche en sortant de la pièce et descendez le plus bas possible...


Il s'arrêta lorsqu'une deuxième secousse se fit sentir. Birru ouvrit la porte et nous entendîmes des cris et vîmes des Abeltis courir de partout. Certains criaient "Exalinsis envoie ses sbires nous tuer !!!", d'autres, respectant la hiérarchie familiale comme de vrais humains criaient "Où est mon fils !!?". La secousse s'arrêta et le Roi reprit la parole.


-Tout en bas se trouvent les écuries, le palefrenier est partit seller vos chevaux. Montez en selle et partez par le tunnel arrière, silencieux comme le vent. Si jamais vous aviez à voir un cerf métalique, comment dire... armé pour la guerre, n'y faites pas attention il est à moi. Maintenant partez !!


Nous commençâmes à marcher lorsque Bionnka nous reprit :

"Lorsque le monde se couvrira de son voile blanc,

L'humain sera prit au dépourvu par le temps."


Il nous fit signe de partir. Les dernières choses que je vis furent le Roi retourner derrière son bureau pour en sortir une grande épée et s'élancer dans la bataille, comme un vrai Roi qui combattrait pour son peuple. Je vis, le Roi d'un peuple libre.

Nous commençâmes à descendre les marches, puis, au bout de quelques minutes, nous arrivâmes tout en bas, dans les écuries. Des écuries aux plafonds bleus, sans voûtes cette fois ci. Dans certains box, des chevaux couverts d'armures, piétinaient le sol de peur. Mais au milieu de tous ceux-la, je vis un cerf de métal, armé de canons et de lames. Sur la porte du box était écrit : "Mineyii, destrier du Roi"

Le peuple aime son Roi, me dis-je, et ce dernier le lui rend bien.

Nous arrivâmes au fond de l'écurie où nous attendais huit chevaux aux robes brunes. Birru en chevaucha un puis partit au galop vers la droite en criant : "Suivez moi !"

Nous nous exécutâmes pour arriver dans un tunnel étroit duquel nous ne sortîmes qu'après une demi-heure de cheval.

Nous étions maintenant dans une grande plaine. Je me retourna et vis quatre piliers de Grinsobat surmontés d'un toit. Notre guide s'arrêta.


-L'entrée de Fotawlinda, dit-il


C'était une entrée bien sobre pour la cité qui se trouvait en dessous. Nous nous remîmes en marche. Je me rappela alors les paroles de Bionnka :

"Lorsque le monde se couvrira de son voile blanc,

L'humain sera prit au dépourvu par le temps."

Qu'est ce que cela pouvait-il bien vouloir dire ?


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