Point de vue de… :
Terre 66 – Central “Hell” City
Le soleil se lève sur la ville. Comme tous les jours vous allez vous dire mais j’étais loin de me douter qu’aujourd’hui n’allait pas être un lundi routinier. Je tâtonne avec ma main sur la table de chevet en espérant désespérément trouver le bouton “OFF” sur mon réveil. Qu’est-ce que je peux détester ce bruit ! Je replonge ma tête dans l’oreiller en peinant à ouvrir un œil quand je me redresse en sursaut. “ Oh bordel je vais être en retard au boulot !” dis-je à haute voix en voyant l’heure qui s’affiche sur le cadran. Mais pourquoi mon frère ne m’a pas réveillé ?! D’habitude quand il voit que je ne suis pas levée il vient dans ma chambre pour me secouer le coco. Décidément on ne peut jamais compter sur lui. Mais ce que je ne savais pas c’est qu’il avait réussi l’exploit de se rendormir comme un bébé dans le canapé, sa tasse de café dans une main et sa tartine dans l’autre. Non mais je vous jure, si je pouvais vous montrer une photo de l’instant, vous n’en croiriez pas vos yeux. Ce n’est pas possible, c’est moi la plus jeune de nous deux et c’est moi la plus responsable.
Je vis en colocation avec mon frère depuis environ cinq ans. On s’entend tellement bien que ça nous est parvenu comme une évidence de vivre ensemble jusqu’à ce que nous formions une famille chacun de notre côté. Nous sommes extrêmement proches, voire même fusionnels à tel point qu’on nous prend plus souvent pour de faux jumeaux, alors que nous avons un an d’écart. Nous travaillons tous les deux pour la police scientifique, vous savez les personnes qui arrivent sur les scènes de crimes ou autre avec leurs grosses valises et leurs gants en caoutchouc pour analyser le moindre indice ? Bah c’est ce que nous faisons. Mais nous avons la fâcheuse tendance à être en retard le matin. Et comme vous pouvez le constater c’est de famille.
Mais revenons à mon frère qui s’est rendormi dans le canapé. Il va bien falloir que je le réveille ce zigoto. Mais il est tellement chou ! Je m’approche à pas de loup près du canapé et je hurle son prénom près de son oreille. Il sursaute et en renverse son café sur lui et par la même occasion fait tomber sa tartine sur son tee-shirt.
Aussitôt dit, aussitôt fait, en l’espace d’un éclair, le voilà déjà changé et prêt à partir. Et l’éclair suivant nous sommes au poste de police. Oui pause de deux minutes dans l’histoire. J’ai omis de vous dire que nous ne sommes pas de simples humains.
En réalité personne n’est totalement humain sur notre terre. Nous sommes tous des métas humains, des personnes avec des capacités hors-normes. Une explosion d’un accélérateur de particules qui remontent à des siècles en arrière, a profondément changé la nature sur notre Terre, amenant tous bébés nés ici à être méta humain. La nature de nos pouvoirs dépend de tellement de choses que je ne saurais vous dire exactement de quoi. Tout ce que je peux affirmer c'est que ce n'est pas une recette magique, personne n'a prié une étoile, on est tous nés comme ça depuis des milliers d'années. Mon frère a la super-vitesse grâce à la Speed Force et elle lui permet également de ralentir le temps sur une courte durée, de faire vibrer ces cellules tellement rapidement qu’il peut traverser les objets. Plutôt pratique pour des personnes toujours en retard comme nous. Quant à moi je suis en capacité de faire déplacer des objets et/ou personnes grâce à un flux d’énergie, plus communément appelé télékinésie et je suis aussi capable de rentrer en communication interne avec autrui également appelé télépathie. Nous ne sommes pas des super-héros, nous sommes tous uniques et nous nous efforçons de faire le bien ensemble car vous vous en doutez certaines personnes qui acquièrent ces pouvoirs se sentent pousser des ailes et vont au-delà des lois, il faut bien les remettre en place de temps en temps. Mais en aucun cas nous ne nous donnons le nom de super-héros encore une fois parce que nous sommes tous pareils.
Je vous épargne les détails de notre journée qui s’est résumé à faire de multiples analyses sur divers objets retrouvés sur des scènes de crimes. Mais autant vous dire qu’à 18h nous étions bien contents de quitter notre poste pour rentrer en un éclair se reposer. Nous rentrons et comme à notre habitude, avec comme programme un plateau repas devant un film pour nous détendre. Oui, on ne peut pas considérer que nous avons une vie sociale très développée. Nous aimons rester souvent rien que tous les deux. Ou généralement, nous retrouvons le même groupe d’amis depuis des années. On aime avoir cette petite routine et nous le vivons très bien comme ça.
Nous sommes donc en plein devant notre film en train de finir notre dessert quand tout se coupe d’un seul coup, plus d’images, plus de lumières, et ce dans toute la ville. Normalement un générateur est censé prendre le relais mais apparemment il est lui aussi hors service.
Ce sont des geeks et ils aiment tellement leurs travails que parfois ils ne voient pas les heures passées et donc y passe parfois leurs nuits dessus. Il est donc dans nos habitudes de les appeler dès que nous rencontrons ce genre de soucis, ils ont toujours la solution.
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’un immeuble proche du notre explose. Le souffle de l’explosion nous propulse en arrière et mon frère a juste le temps de m’attraper et d’utiliser sa super vitesse pour nous sortir de l’immeuble et courir vers le laboratoire pour en savoir davantage. Là-bas il y a tous ce qu’il faut en termes de technologie pour étudier un peu tout et n’importe quoi mais il y a surtout des techniciens hors-pairs. Nous retrouvons étonnamment nos amis aux pieds de l’immeuble.
Ils n’ont pas le temps de me répondre que d’autres immeubles explosent un par un aux alentours ne laissant que le laboratoire encore debout, entouré de flammes et de constructions en ruines. Quand soudain dans la fumée des braises on aperçoit une ombre d’une personne. En pensant que c’est une personne rescapée je me précipite vers elle pour voir si elle va bien mais à peine j’ai commencé à marcher que je m’effondre sur les genoux en me tenant la tête, prise d’une violente douleur. Je hurle même de douleur tellement mon crâne me fait souffrir. J’entends des hurlements, des cris de terreurs, des pleurs, des gens qui appellent au secours, des os qui craquent, je vois même des mares de sang partout. Tout est rouge autour de moi, mais un rouge qui croyez-moi vous mettrez dans un état d’angoisses et d’effroi, que jamais vous ne pourriez soupçonner ni oublier. Je ne sens même pas les bras de mon frère qui m’entourent, ni sa voix qui me hurle de me calmer, qu’il est là, que tout va s’arranger. Je l’entends à peine avec tous les cris qui résonnent dans ma tête et qui vont me rendre folle. J’ai l’impression que cela fait des heures et des heures que j’entends tout ça alors qu’en réalité ça ne dure que trente secondes. Petit à petit les voix se taisent, la vue du sang s’estompent comme si j’avais fait un malaise et que je revenais à moi ou même pire c’est comme si je revenais à la vie. Mais rien à changer, je suis toujours dans le même lieu, entourée de flammes. Il fait une chaleur étouffante, je peine à reprendre mon souffle. Je pose ma tête sur le torse de mon frère, le front ruisselant de sueurs, ne pouvant même pas articuler une phrase tellement je suis à bout de souffle. Il me serre encore plus contre lui, mais je sens aux battements de son cœur qu’il est dans un état de rage extrême et qu’il cherche une solution pour nous sortir de là mais surtout il bouillonne d’impatience de savoir qui a osé s’en prendre à moi. J’ai un grand frère très protecteur envers ses proches et particulièrement envers moi. Je sais qu’il serait capable de donner sa vie si ça pouvait me sauver.
Il a raison je suis à bout de force réellement et je suis dans l’incapacité de lui faire face physiquement mais au moins, jusqu’à mon dernier souffle, je me battrais pour mes idéaux et mes valeurs.
Personne n’a le temps de réagir avant qu’il lance une sorte de dague dans la direction de notre groupe. Mon frère, en ralentissant le court du temps tente de la réceptionner mais elle l’esquive littéralement pour venir se planter directement dans la poitrine de Caitlin qui s’effondre, morte, sur le coup. Je l’ai ressenti au moment où la dague l’a frappé que son esprit s’est échappé de son corps. Il a clairement contrôlé la dague pour qu’elle aille à l’endroit où il le souhaitait, en plein dans son cœur. Je ne peux pas retenir les larmes qui coulent le long de mon visage, mon frère non plus d’ailleurs qui se sent totalement impuissant. Je sens l’atmosphère se charger en électricité. Il est dans un état de rage dans lequel je ne l’avais jamais vu et dans lequel maintenant je n’aurais jamais voulu le voir. Il se mit à faire des tours autour de ce monstre, pendant que Cisco l’attaque de loin, et mon frère finit sa course en lançant un éclair qui ne le fait reculer que de quelques pas. Pas d’effet, comme si ça lui a fait des chatouilles. Je me retourne vers Cisco qui se sent totalement impuissant lui aussi. On se serre tous les trois ensembles, les uns contre les autres. Au moins, si on y passe, ça ne sera pas seuls. Ce monstre dont on ne connait pas le visage s’approche de nous, suffisamment pour que nous puissions l’entre apercevoir. Il doit faire environ deux mètres cinquante, une montagne de muscles et il fait planer au-dessus de son petit doigt une dague similaire à celle qu’il a lancé contre Caitlin.
Il dépose un bisou sur mon front en prenant mon visage dans ses mains. Je fonds en larmes parce que je suis persuadée que je vais le perdre.
Et en un éclair le voilà partis pour tourner autour de ce monstre. Il court tellement vite qu’il arrive à faire soulever la poussière et les gravas autour de lui créant ainsi une barrière où il ne peut pas voir au travers. Cisco tente d’ouvrir une brèche mais il n’y arrive pas. Il est lui aussi à bout de force et de souffle. Il insiste et finit par réussir et non pas sans peine à en ouvrir une. Il a du sang qui sort de son nez et de ses oreilles tellement la pression doit être forte. Barry nous rejoint alors le tourbillon est encore en action pour sauter avec nous dans la brèche quand soudain on voit Cisco s’effondrait à terre, une dague plantée dans le dos. La brèche se referme petit à petit malgré qu’il tente de la retenir alors qu’il est en train de se vider de son sang. Barry me pousse à l’intérieur et elle se referme derrière moi.
Je ne peux rien faire et je me retrouve propulser contre un mur. Le choc m’a mis un sacré coup dans la tête et je me sens que je vais m’évanouir. Heureusement plusieurs personnes sont témoins. J’ai à peine le temps d’appeler Barry une nouvelle fois que je m’évanouis.
Fin du point de vue de Lizzy.