Game of Thrones : Fire and Ice. par

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Deviation / Fantasy

10 Game of Thrones Fire and Ice : Chapitre 9 Arya Stark.

Catégorie: T , 4932 mots
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CHAPITRE NUMERO NEUF : ARYA STARK.



Elle savait que l’aube n’avait pas encore fait son apparition et que seule la nuit noire continuait de s’étendre sur le château de Winterfell ainsi que ses environs. Pourtant Arya était déjà pleinement réveillée. Il fallait dire que depuis son retour dans le fief familial quelques semaines auparavant, elle n’avait que peu dormi dès lors que le jour s’en allait. Avec toutes les aventures qu’elle avait vécu, sa fuite auprès de Yoren qui devait la ramener dans le Nord à Winterfell auprès de sa mère et de son frère Robb et ce après que Joffrey eu fait tuer père, sa fuite avec Gendry et Hot-Pie, son séjour parmi la Fraternité Sans-Bannière, ses escapades auprès du Limier, son départ pour Braavos, son apprentissage parmi les Sans-Visage, sa courte période en tant qu’aveugle et à devoir redécouvrir l’environnement qui l’entourait, réapprendre à se fier à ses autres sens, la peur constante que la Gamine la trouve après qu’elle eut renoncé à tuer une cible désignée, son retour à Westeros puis à Winterfell, il n’était pas étonnant alors qu’elle ne puisse céder aussi aisément à un repos qu’elle affectionnait sans pour autant pouvoir en profiter. Après tout son leitmotiv était de rester en vigilance constante. Ceci s’avérait d’autant plus vrai que depuis la veille au soir une ennemie avait potentiellement investi les lieux.

Elle savait qu’à cette heure-ci la majorité des corridors du château était désert si l’on escomptait les gardes qui y effectuaient leur ronde. Arya se déplaçait donc dans le silence le plus complet et les rares fantassins qu’elle aperçu ne remarquèrent en aucun cas sa présence. Un petit sourire aux lèvres elle repensa à ses leçons d’avec Syrio Forel ainsi que les enseignements prodigués par Jaqen H’ghar. Tous lui restaient en mémoire. Après tout ces leçons pouvaient faire toute la différence entre rester en vie ou périr. Et cela Arya en avait plus que conscience.

Les torches figées dans leur applique, et dont elle usait des rares recoins non exposé à la lueur pour s’avancer, lui fournissaient l’éclairage nécessaire pour mener à bien la mission qu’elle s’était confiée. Et tout en progressant en vue de remplir cette dernière, elle se remémora les événements de la veille au soir. Le retour de Jon.

Une partie d’elle-même n’en revenait toujours pas de sa façon de se comporter devant tout le monde, laissant tomber le masque qu’elle prenait pourtant le plus grand soin d’aborder en leur présence pour ne rien montrer de ses pensées. Mais par les Anciens Dieux il lui avait été tout à fait impossible de ne pas laisser éclater sa joie en voyant Jon. Qui plus est alors qu’il chevauchait un dragon. Cette vision l’avait enthousiasmé avec des mots qu’elle ne serait prononcé si quelqu’un lui avait demandé de décrire son impression.

Depuis que ses pérégrinations l’avaient conduit en bien des lieux de Westeros ainsi que par-delà la mer du Détroit, Jon avait toujours été la personne qui lui avait manqué le plus. Lorsqu’il lui arrivait de rêver, Jon était à ses côtés, lui ébouriffant alors les cheveux comme il avait la coutume de leur faire avant que tous deux n’empruntent des voies différentes il y a de ça une éternité. Elle s’était même languie des « sœurette » qu’il lui adressait parfois. Oui les Anciens Dieux pouvaient être prit à témoins, Jon lui avait manqué plus que de raison.

Après tout l’intéressé avait toujours été son frère préféré et celui dont elle était le plus proche. Même physiquement ils étaient semblables avec leurs crinières de cheveux noirs, leur côté solitaire. Jon lui ressemblait plus que ne l’avaient jamais fait ses autres frères et sœur. Et bien que Bran avait fini par lui apprendre qu’il n’en était rien au sujet de l’appartenance de Jon à leur fratrie, la jeune femme éprouvait toujours des difficultés à accepter que Jon était finalement son cousin mais surtout qu’il était un Targaryen.

S’arrêtant à un carrefour de couloirs pouvant lui permettre d’avancer dans tout le reste de l’édifice, Arya s’enfonça dans un recoin sombre pour céder à l’évocation de ses souvenirs. Elle n’avait pas été la seule à être surprise par la manière dont Jon avait effectué son retour. Elle les entendait encore les seigneurs qui s’interrogeaient sur le prodige qui valait que leur roi soit capable de monter un des dragons. Un Stark sur une telle créature. C’était imaginable, impensable. Un Stark était un loup. Point. Les rumeurs n’avaient pas tardé à circuler et avant qu’elle ne regagne sa chambre, Arya avait pu capté certaines conversations que leurs locuteurs paraissaient ne pas vouloir ébruiter aux oreilles de Lady Sansa et de Jon. On s’était interrogé sur la mère de ce dernier. Qui était-elle cette femme si mystérieuse au point que nul n’en avait jamais entendu le nom ne serait-ce que des propres lèvres du seigneur Eddard Stark ? Se pouvait-il que ce fut une Targaryen ? Ça avait le mérite d’expliquer de manière rationnelle la capacité de Jon à avoir pu voler sur le dos d’un de ces monstres ailées. Si oui laquelle pouvait-ce bien être ? Oh il n’y avait pas beaucoup de possibilités. Malgré tout et bien que Jon pouvait toujours apparaître comme un bâtard aux yeux du monde, quelques seigneurs se demandaient si leur roi ne savait pas depuis le début quelles étaient ses origines et si oui ou non c’était là la raison pour laquelle il avait ployé le genou devant Daenerys. Arya avait été à deux doigts d’intervenir pour leur rappeler que de tels propos étaient une trahison et de leur remémorer comment Littlefinger avait fini ses jours. Toutefois elle n’en avait rien fait, les seigneurs avaient foi en la famille Stark et Jon était l’un d’eux tout bâtard qu’il puisse être. C’était de la Targaryen dont il fallait se méfier. Arya s’était donc éclipsée sans un bruit, la main toujours posée sur son poignard en acier valyrien.



********************



Arya revint au moment présent, reprenant sa progression silencieuse. A vrai dire elle avait failli commettre une gaffe la veille au soir. Après tout elle connaissait la vérité sur Jon et sans le regard appuyé de sa sœur Sansa il était fort probable qu’elle eu lâché le morceau avant même de s’en rendre compte, toute à son excitation de retrouvailles longtemps espérées.

Finalement, et à bien y réfléchir, Arya était bien contente de n’en avoir rien fait. Effectivement au vue de l’accueil plus qu’assez froid reçu par Daenerys, que ce fut par les autres seigneurs, et il fallait bien l’avouer, par elle-même, Arya savait que les autres lords bannerets des Stark n’étaient pas prêt à entendre la vérité sur Jon et qu’importe à quel point leurs spéculations nocturnes s’avéraient être proches de la vérité en ce qui concernait celui qu’elle considérerait toujours comme son frère préféré. Ce serait d’ailleurs à lui de choisir le moment opportun pour faire une telle révélation.

A l’heure actuelle Bran n’avait toujours pas parlé, ayant laissé Jon profiter d’une nuit de sommeil. Ce n’était que bien plus tard dans la journée, qu’il avait prévu de s’exécuter en compagnie de Samwell Tarly. Arya se posait tout de même une question. Ne serait-il pas préférable que le secret demeure et que Jon n’en sache rien ? L’honnêteté de Jon le pousserait à tout dire aux seigneurs qui l’avaient choisi comme souverain du Nord. Or si les bannerets manifestaient leur désapprobation et leur hostilité, les Stark pouvaient subitement se retrouvaient dépourvus d’alliés Nordiens et perdre ceux-ci ne seraient pas la chose la plus intelligente à faire lorsque l’on savait qu’une guerre contre les morts pouvaient commencer à tout instant, tout du moins d’après ce que lui en avait dit Sansa bien qu’au fond Arya doutait de l’existence de pareils ennemis.



Elle n’était d’ailleurs pas la seule à émettre des doutes quant à la véracité au sujet de l’existence d’une telle armée. Toutefois comme l’affirmation émanait directement de l’homme que les seigneurs avaient choisi pour roi, pourquoi quiconque irait remettre ouvertement en doute ses paroles lui qui avait vu tant de choses lorsqu’il faisait partie de la Garde de Nuit et qu’il avait voyagé au-delà du Mur. Même les sauvageons avaient confirmé aux Nordiens l’existence des morts et des Marcheurs Blancs.

Il n’en demeurait pas moins que certains lords se refusaient à porter du crédit à ceux qu’ils accusaient d’avoir envahi leurs terres après avoir traversé le Mur. Les tensions étaient réelles et pour ces seigneurs les sauvageons étaient le véritable adversaire qu’ils allaient leur falloir bouter hors de leur frontière. Toutefois, et face à ce qui concernait ses propres incertitudes sur la réalité des morts prêts à fondre sur Westeros, Arya ne voyait là aucune menace imminente. Après tout, elle ne comprenait pas pourquoi ces cadavres ambulant parviendraient subitement à escalader le Mur haut de plusieurs centaines de pieds alors que ça faisait plusieurs millénaires qu’ils n’y étaient pas parvenus sans quoi on en aurait déjà entendu parler.





Les seuls ennemis réels à ses yeux étaient pour l’heure de l’ordre des vivants. Certains n’étaient plus, elle y avait veillé personnellement. Que ce fut Meryl Trant ou encore Walder Frey et tous ses rejetons aussi horribles que lui. De sa liste personnelle commençait voilà bien longtemps, il en restait bien peu à encore respirer. La reine Cersei, bien qu’Arya méprisait d’avoir à lui prodiguer ce titre, et la Montagne en étaient l’exemple le plus criant et elle aurait tôt fait de rayer leurs noms afin de ne plus avoir à les proclamer comme elle le faisait chaque soir à la nuit tombée, telle une litanie entêtante dont les paroles resteraient les mêmes et qui témoignaient que pour l’heure ceux-ci étaient hors de sa portée.



Seulement voilà si véritablement ce que Jon avait dit à Sansa et aux seigneurs étaient la vérité, Arya devait se préparer à combattre une force puissante et dont le nombre qui la composait était tel que toutes les armées de Westeros combinées ne représenteraient qu’une infime portion des troupes totales constituées par les morts.

A bien y réfléchir elle se rendait compte qu’apprendre que ceux que la légende avait nommé les Autres étaient réels, ne lui faisait ni chaud ni froid. Après tout elle avait eu son compte de choses étranges depuis qu’elle avait quitté Port-Réal. La plus notable de ces expériences s’était déroulée lors de son séjour à Braavos où ayant vécu parmi les Sans-visage elle y avait rencontré des gens pouvant changer d’apparence avec une facilité plus que déconcertante que tout néophyte au phénomène l’aurait qualifié de sorcellerie. Elle-même pratiquait cet art. Bien que ses talents étaient bien loin de ceux dont faisait preuve son ami Jaqen, ou Personne comme il s’appelait lui-même.

Une pensée désagréable s’empara d’elle tant et si bien qu’une fois encore elle s’arrêta. Cette fois dans un renfoncement qui lui permettrait de n’être aperçu par aucune paire d’yeux indiscrètes.

Juste avant son retour à Westeros, Jaqen lui avait finalement déclaré qu’à son tour elle était devenue Personne. Elle n’en avait eu cure, seulement désireuse de retourner chez elle après avoir comprit que sa vie serait toujours en danger tant qu’elle resterait près des Sans-Visage. Après tout Jaqen lui-même avait consenti à ce que la Gamine la tue. Toutefois si par le fait qu’elle soit devenue effectivement Personne pour les autres membres de cet ordre, cela signifiait-il qu’à leurs yeux elle est désertée ? Que connaissant leurs secrets ils devaient la faire taire ? Ou les Anciens Dieux seuls savaient quoi ? Ce n’était pas une perspective très reluisante puisque n’importe qui pourrait dès lors s’avérait un de ces assassins professionnels. La prudence allait devoir devenir son maître mot. Mais si véritablement ses doutes venaient à se confirmer elle escomptait que ce soit Jaqen qui vienne, elle parviendrait peut-être à le convaincre de la laisser vivre.



« Mais pourquoi m’avoir laissé tout ce temps libre de mes mouvements ? Depuis mon retour ils auraient eu maintes occasions de m’attaquer. »



Ne sachant plus trop quoi penser elle préféra se focaliser sur le moment présent et sa mission en cours. Ce n’était pas une chose capitale, plus une lubie qu’elle s’était fixée et de profiter que tout le monde dormait dans le château pour s’exécuter.

Et tandis que ses pensées revinrent vers les morts, elle restait assez concentré pour éviter les gardes de faction. La pensée de ses hommes, femmes et enfants qu’un ennemi aurait ramené avec sa magie lui rappela le souvenir de Béric Dondarion. L’intéressé était revenu six fois à la vie. Était-ce le même procédé qui agissait dans le cas présent ? Arya n’aurait pu le dire. Toutefois si elle croisait à nouveau la route du prêtre rouge qui accompagnait Béric, un nom qu’elle avait oublié mais dont elle le savait sur sa liste pour avoir vendu son ami Gendry, elle interrogerait celui-ci sur comment cela fonctionnait. Peut-être est-ce là la clé pour empêcher leur adversaire de se confectionner des armées sur la dépouille d’anciens êtres vivants.



Ses pas finirent la conduisirent enfin hors de l’édifice et le froid mordant de l’hiver la frappa de plein fouet. Elle remarqua que les fantassins de faction se pressaient autour de braseros sans se soucier aucunement de ce qu’il pouvait se passer au-delà de la lueur que dégageait les petites flammes. Arya se serait bien joint à eux pour quémander de la chaleur sauf que c’était là une idée stupide et il lui aurait fallu justifier pourquoi quelqu’un de son rang se trouvait hors des murs à une heure aussi matinale.

Elle pressa donc l’allure dans l’optique que ce geste lui permette de gagner les quelques degrés nécessaires pour ne pas avoir à trembler malgré sa tenue. Tout en faisant cela, Arya emprunta l’étroit chemin qui devait la mener à son objectif, à savoir les dragons de Daenerys Targaryen. Le souvenir de leur arrivée les lui montra tels qu’ils étaient, de grandes bêtes si énormes que s’en était incroyable, mais surtout qu’ils étaient magnifiques. Et dire que Jon avait eu la possibilité de voler sur l’un d’entre eux. La petite fille qui sommeillait en elle en éprouvait à la fois un sentiment de jalousie qu’il ait pu bénéficier d’un tel moment de grâce et à la fois du désir d’avoir à son tour à partager une communion similaire entre ces créatures majestueuses et elle-même. Et pourquoi pas pouvoir s’envoler sur le dos de l’un d’eux ? Probablement le vert qu’avait monté Jon, Arya imaginant mal comment émettre la suggestion de chevaucher celui de la Targaryen.

Dans tous les cas ce n’était pas là une subite lubie de sa part. Arya partageait depuis longtemps une passion pour les dragons et les femmes qui les montaient. Surtout pour ces dernières qui avaient fait l’Histoire de Westeros. Sa louve qu’elle avait appelé Nymeria en était le parfait exemple, bien que la Nymeria de l’histoire ne possédait aucun lien avec les créatures ailées. Toujours était-il qu’Arya aurait aisément pu nommer toutes les princesses Targaryen ainsi que leurs montures, tout comme les faits qu’elles avaient accompli de leur vivant. Elle n’était certes pas très douée dans ce qui était de la couture comme l’était Sansa, elle n’était pas non plus très portée sur les règles de la bienséance, pas plus qu’elle y connaissait quelque chose à l’art de l’héraldique. Malgré tout, sur ces femmes de renoms, ça oui Arya en savait un bout.

Mais bien que son enthousiasme l’incitait à atteindre au plus vite la zone aux abords de l’enceinte de Winterfell où l’on avait parqué les dragons de la prétendante au Trône de Fer, il lui fallait demeurer prudente. Quoique superbes que puissent être ces créatures, elles n’en restaient pas moins des monstres dangereux qui pouvaient donner la mort aussi promptement qu’un souffle qui consumerait la flamme d’une bougie.



« Ou bien avec la lame d’une Aiguille, se dit-elle avec un sourire quant à ce que cette image signifiait pour elle. »



Arya usa donc d’un des seuls moyens qu’elle connaissait pour apaiser les craintes qui pourraient s’éveiller en elle et se récita alors les leçons prodiguaient par Syrio Forel. Elle était prête à parer à toutes éventualités.



« La peur est plus tranchante qu’aucune épée. »



A mesure qu’elle se rapprocherait du point final de son escapade nocturne, la neige qui venait de débuter gagnait légèrement en intensité. Ce n’était pas grand-chose puisque Arya savait que les palefreniers, les écuyers et autres domestiques n’auraient aucune difficulté à nettoyer les allées pour permettre à la circulation de se faire sans risque.

D’autres gardes se dressaient sur la muraille, trop heureux de s’agglutinaient sur les braseros pour repérer la frêle silhouette qui passa non loin de leur position. Il fallait espérer que le jour de la bataille ils décident de combattre contre l’ennemi plutôt que de se soucier que leurs doigts ne finissent pas complètement geler.

Le reste du parcours ne se révéla dès lors qu’un jeu d’enfant pour une personne comme elle. Arya relâcha même une partie de sa vigilance lorsque, sous l’éclat spectral de la lune, la forme gargantuesque des dragons se profila dans le lointain. Elle ne les distinguait pas pleinement, toutefois c’était suffisant pour reconnaître qu’effectivement ils étaient superbes.

Arya déglutit. Elle ne devait cependant pas céder à l’effroi que l’enfant en elle éprouvait devant pareille vision. Les dragons le sentiraient et seuls les Anciens Dieux pouvaient prétendre savoir comment ils allaient réagir à cela. Aussi Arya s’immobilisa un temps, soufflant longuement pour s’exhorter au calme tout en reprenant la formule de Forel.



« La peur est plus tranchante qu’aucune épée. La peur est plus tranchante qu’aucune épée. »



Ce qui, pour être honnête avec elle-même, ne donna pas les résultats souhaités. Après tout Syrio en personne ne s’était jamais retrouvé confronté à une telle situation. Pourtant, et à bien y réfléchir, Arya ne parvenait pas à se le représenter comme un homme qui dévoilerait ouvertement ses angoisses face à deux dragons qui auraient fait de lui moins qu’une bouchée.

Finalement, et après s’être remis en mouvement, ses pas qui faisaient criser la poudreuse blanche produire un son assez fort pour que l’ouïe des dragons leur donne conscience que quelqu’un s’approchait d’eux. Arya les vit se redresser, donnant l’impression de vouloir paraître plus impressionnant. Elle déglutit une fois de plus avant de prendre la parole.



« Salut, je suis la sœur de Jon. »



Malgré cette piteuse entrer en matière, la jeune femme fut soulagée d’entendre que sa voix ne tremblait pas. Pour leur part, les deux créatures la toisaient avec ce qui lui semblait être de la curiosité, s’interrogeant sans doute sur pourquoi cette petite fille était venue jusqu’à eux. Cependant elle pouvait très bien y apercevoir que ce qu’elle espérait y voir.



« Je suis la sœur de Jon, répéta-t-elle. »



Ce n’était certes pas la vérité mais comment ces êtres immenses auraient pu le savoir ? Et si ça lui permettait de minimiser les risques de se faire brûler sur place alors autant s’en servir. Du moment qu’elle ne perdait pas de vue qu’à tout moment son escapade nocturne pouvait virer au drame et qu’elle ne faisait aucun geste que les dragons pouvaient interpréter comme une agression envers eux, il n’y avait aucune raison pour que ça tourne à l’aigre.

Jon étant un Targaryen lui aurait pu les approcher et lui permettre de les toucher. Sauf qu’elle était seule et qu’en pareille circonstance jamais Jon ne lui aurait permit de se tenir là où elle était actuellement. Bien au contraire, il l’en aurait empêché, cherchant à la protéger tout en lui affirmant que si elle décédait ceci mettrait en ruines tous ses efforts de conciliations qu’il escomptait établir entre les Nordiens et Daenerys Targaryen.

Son désir était toutefois plus important et elle ne craignait pas la mort, la phrase de Syrio franchit donc ses lèvres sans qu’elle en ait conscience.



« Pas aujourd’hui, proclama-t-elle. Pas aujourd’hui. »



C’était certes là des mots à prononcer au Dieu de la mort mais ça pouvait tout aussi bien s’appliquer aux deux créatures dans le cas présent. Arya effectua une demie-douzaine de foulées supplémentaires et sa vue, plus perçante que la moyenne, lui permit dès lors de distinguer chacune des écailles sur la gueule des deux dragons.

Elle imagina la réaction d’effroi de Sansa si elle la découvrait là maintenant, celle de Jon qui loin de se doutait à quel point elle avait changé au cours de ces dernières années, y verrait la décision idiote d’une petite fille qui ne réaliserait pas le danger qui l’environnait. De fait Arya su que jamais son désir de monter l’un des dragons ne surviendrait jamais.

Il lui restait bien la possibilité de poser la question à Daenerys, sauf qu’Arya ne la connaissait pas assez pour justifier de témoigner une subite confiance envers cette dernière. Peut-être qu’avec le temps, qui sait ? Et Jon y verrait probablement un moyen de rapprocher le Nord de Daenerys si les Nordiens s’apercevaient qu’un lien s’était établi entre la Targaryen et Arya. Sauf que celle-ci ne se laisserait pas dompter aussi aisément et pas par l’intermédiaire de sa passion.

Pendant ce temps, les dragons avaient eux-mêmes amorcé un mouvement d’approche. Malgré leur imposante stature, il fallait bien reconnaître que leurs déplacements conservaient quelque chose de gracieux. Arya était tellement focalisée sur ces derniers, qu’elle en oublia de rester pleinement sur ses gardes en ce qui ne concernait pas ces créatures.



« Est-ce là une habitude chez les Stark, débuta une voix douce. Venir trouver mes enfants lorsque que la nuit s’étend sur Westeros ? »



Arya pivota instantanément, une main déjà posée sur la poignée de sa dague en acier valyrien. Ce geste fut décrypté comme une grave menace envers Daenerys car ses deux dragons rugirent de concert. Un bruit si puissant qu’il devait avoir réveillé tout le monde dans le château ainsi que la ville accolée à celui-ci.



« Tout doux, tout doux, s’empressa d’intervenir la jeune femme. »



Arya fut étonnée de voir l’aisance avec laquelle elle parvenait à calmer les deux dragons. Pour sa part elle toisa ceux-ci, le corps tendu comme la corde d’une arc, vigilante quand à l’apparition de la moindre flamme qui sourdrait des imposantes gueules.



« Vous n’avez rien à craindre d’eux, lui affirma Daenerys. Mes enfants ne vous feront aucun mal dès lors qu’ils comprendront que je ne suis pas en danger à vos côtés.

-Vos enfants, répéta Arya tout en continuant de fixer les deux silhouettes ailées. »



Elle nota du coin de l’œil que Daenerys acquiesçait tout en flattant l’encolure du plus sombre des deux dragons. Arya posa les yeux sur la fine main de la Targaryen, essayant de se représenter effectuer elle-même un tel geste. Son désir revint et elle ressentit le besoin impérieux de tenter d’imiter Daenerys.

Malgré tout une part d’elle-même restait circonspecte quant à la présence de celle-ci. Daenerys avait beau adopter une attitude nonchalante, Arya ne pouvait s’évertuer à croire que cette rencontre nocturne ne soit que le fruit du hasard.



« M’avez-vous suivi, questionna-t-elle.

-Pourquoi aurai-je eu besoin de le faire, répliqua l’autre avant de poursuivre en souriant. Non je suis présente depuis un petit moment. Je ne parvenais pas à trouver le sommeil et j’ai décidé de rejoindre mes enfants . Ceux-ci m’apportent du réconfort lorsque le besoin s’en fait ressentir. »



Arya pouvait le comprendre. En ce qui la concernait elle aurait plus d’une fois eu envie que Nymeria soit à ses côtés lors des moments difficiles qui lui avaient été donnés de vivre. Seulement sa louve n’était pas là et à l’heure actuelle elle devait errer quelque part en compagnie de sa gigantesque meute.

Arya se concentra donc sur Daenerys, voulant profiter de ce tête-à-tête improvisée pour étudier le comportement de l’intéressée, l’expression de son visage et voir si les réponses qu’elle lui donnerait étaient franches ou non.



« Lorsque j’étais à Braavos, débuta-t-elle, j’ai souvent entendu des marins évoquer votre existence. Toutefois quand ils parlaient de vos dragons ils les chiffraient au nombre de trois. Je n’en vois pourtant que deux. »



Elle réalisa instantanément qu’il s’était passé un événement horrible lorsqu’elle remarqua que le visage de Daenerys se refermait, comme pour dissimuler un chagrin encore trop récent pour ne plus la faire souffrir. Même ceux qu’elle reconnaissait affectueusement ses enfants paraissaient manifester de la tristesse. Arya savait, de part les récits entendus dans sa jeunesse et qui émanait le plus souvent des lèvres même de Vieille Nan, que les dragons étaient des créatures intelligentes. Néanmoins elle ignorait le fait que ces êtres puissent faire montre d’émotions.



« Il s’appelait Viserion, finit par lui confier la jeune femme. Quant aux deux autres, il s’agit de Drogon et de Rhaegal. »



Tout en les mentionnant, elle les désigna d’un geste de la main. Arya les toisa, s’intéressant davantage au plus petit des deux. Jon était arrivé à Winterfell sur le dos de celui-ci. Rhaegal était un prénom proche de Rhaegar, le vrai père de Jon. L’ironie de la situation était telle qu’Arya ne put s’empêcher de sourire.



« Qu’est-ce qui vous rend ainsi ? »



Daenerys l’observait avec attention. Arya préféra fermer son visage, ne dévoilant plus rien qui pourrait trahir ses pensées et la confondre aux yeux de l’autre. Toutefois à moins que la prétendue souveraine ait deviné les raisons de sa présence ou qu’elle ne parvenait pas véritablement à camoufler ses sentiments, Arya l’entendu lui déclarer.



« Je présume que vous êtes venue ici dans l’espoir de pouvoir les approcher et de les toucher, voire de voler sur l’un d’entre eux. Je me trompe ? »



Arya décida donc de fendre le masque. En partie tout du moins, il était hors de question qu’elle en dévoile trop en présence de la jeune prétendante au Trône de Fer. Après tout, et tant qu’elle n’aurait pas la preuve des bonnes intentions de cette dernière à l’encontre de Winterfell, du Nord et de ses habitants, Daenerys demeurerait pour elle rien de plus qu’une Targaryen et qu’en tant que tel restait également une menace pour sa famille. Et si par malheur… .

Arya n’eut toutefois pas le temps d’exposer plus avant ses réflexions silencieuses que dans un rugissement de rage, le plus gros des deux dragons ouvrit en grand sa large gueule et Arya ne vit plus rien d’autre que le jet de flammes qui en jaillit, fondant tout droit sur elle.

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