Game of Thrones : Fire and Ice.

Chapitre 19 : Game of Thrones Fire and Ice : Chapitre 15 Samwell Tarly (partie 2)

4478 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/01/2019 14:30

CHAPITRE NUMERO QUINZE : SAMWELL TARLY. (partie 2)


La nuit était tombée depuis des heures, tout du moins à ce qu’il en savait, l’unique éclairage provenant des bougies que les serviteurs du château s’étaient empressés de renouveler il y avait de ça… . Et bien il ne s’en rappelait plus vraiment.

Plongé dans les épais grimoires, Sam n’avait pas vu le temps passer comme à chaque fois qu’il se jetait à corps perdu dans la lecture. Les ouvrages qui l’accaparaient actuellement provenaient tous de la Grande Bibliothèque de la Citadelle, haute tour blanche qui se dressait au sein de la cité de Villevieille, et dont il avait fait l’emprunt juste avant de regagner le Nord et le froid horrible qui y régnait depuis la venue de l’Hiver.

Certes pour être honnête il aurait été plus véridique de dire qu’il les avait volé, nonobstant Sam minimisait les choses, s’affirmant qu’il les rendrait tous sitôt que la guerre contre les morts serait terminée. Malheureusement Sam avait beau décortiqué le contenu des pages les unes après les autres, et les Nouveaux et Anciens Dieux pouvaient être témoin qu’il en avait déjà feuilleté des milliers, il ne semblait pas voir le bout de cette tâche fastidieuse d’autant qu’il l’accomplissait seul. Le mestre étant occupé de préparer les bandages, concoctions et autres pour subvenir aux besoins des blessés dans la perspective de la bataille à venir.

Alors oui Sam aurait pu demander à Vère mais celle-ci ne possédait que peu de bases dans sa lecture ce qui l’aurait ralenti. Il n’en éprouvait aucune animosité, étant même fier des progrès de sa dulcinée.

Restait Bran, enfin la Corneille comme il ne cessait de le lui rappeler. Sauf qu’en général le jeune homme était « absent », plongé dans des visions, dont Sam escomptait qu’elles traitassent de la guerre et de comment gagner celle-ci. Pour l’heure Bran n’était pas quelque part dans les méandres du temps et de l’espace puisque ses yeux étaient normaux.

Par moment Sam éprouvait un désir ardent de posséder lui-même un tel pouvoir. Que n’aurait-il donner pour revivre certains événements historiques dont les seules choses qu’il en savait provenait des ouvrages qui traitaient de ces choses. La Danse des Dragons, pour n’en citer qu’un exemple. Toutefois il ne se contenterait pas de Westeros. Ça non. Le monde entier serait son terrain d’exploration et plus rien n’aurait de secrets pour lui et peut-être que dans l’avenir il aurait rédigé des chroniques plus précises sur les premiers temps des hommes et de ce qu’il pouvait y avoir encore avant.

Néanmoins son envie s’en était trouvé fortement réduit depuis le moment où Bran avait évoqué ce qu’il était advenu de Hodor alors que lui-même était plongé dans le passé. Sam revit le colosse entraperçut longtemps auparavant. Celui que tous avaient considéré comme un simplet ne l’était probablement pas au final. Sam pria mentalement les Anciens et les Nouveaux Dieux quant au salut de l’âme de Hodor bien qu’il était plus que probable que celui-ci fut devenu un spectre parmi des milliers d’autres avant lui.



Tout entièrement concentré à sa lecture nocturne, Sam s’en détourna un bref instant afin de toiser Vère qui dormait sur une couche non loin de là, tenant le petit Sam, tout autant plongé dans un sommeil profond, entre ses bras. Sam aurait souhaité les avoir vu partir avec les premiers habitants de Winterfell et gagner Corcolline où il avait affirmé que Vère n’y risquait plus rien avec la mort de son paternel. Comme il s’y était attendu, la jeune femme avait refusé de le laisser seul ici alors que les morts s’apprêtaient à survenir et ce à n’importe quel moment.

Certes Sam s’était bien escrimé à lui faire comprendre qu’il ne pouvait supporter les savoir en danger en demeurant sur place. Vère avait parlé du fait qu’à présent tous trois étaient une famille et qu’il était hors de questions qu’ils se séparent les uns des autres. Sam avait cédé, trop facilement à son goût, et à présent qu’il toisait les deux personnes qui comptaient le plus à ses yeux, il regrettait son laxisme. Sam tenta alors de se convaincre que si l’armée du Roi de la Nuit venait à être aux abords de Winterfell il trouverait cette fois la force de se montrer intransigeant et que Vère et Sam Jr prendraient tous deux la direction du fief de la famille Tarly. Prêt à les y escorter pour être certain que ceux-ci parviendraient sains et saufs à destination.



« Qu’est-ce qui vous préoccupe tant Samwell Tarly ? »



Obnubilé par ses pensées, il fallu un certain temps à Sam pour réaliser que Brandon Stark le toisait de ses yeux inexpressifs.



« La guerre contre le Roi de la Nuit approche et je n’ai toujours rien qui puisse nous indiquer comment en venir à bout.

-Il a été vaincu par le passé. Il le sera encore ce coup-ci. »



Sam aurait bien voulu faire montre d’un optimisme semblable bien que le ton du jeune homme était toujours aussi morne.



« Ne pouvez-vous voir ce qu’il s’est passé à cette époque ?

-Je ne vois que des images flous car j’ignore quoi chercher. Dès que je m’essaie à atteindre cette période quelque chose me repousse. Le Roi de la Nuit ne tient pas à ce que je découvre des secrets enfouis depuis des milliers d’années.

-Vous m’avez parlé de ce Prince qui fut promit. Qui était-il ? D’où venait-il ? »



Mais l’autre ne lui répondit pas. Il paraissait réticent quant à l’idée d’avoir cédé un peu plus tôt pour lui fournir la révélation de l’existence de ce lointain héros. Sam tâchait donc d’en découvrir un maximum sur ce dernier. Sauf qu’après tout peut-être n’avait-il pas emprunté les ouvrages adéquats. Quoiqu’il en était, Sam se doutait qu’il devait y avoir un lien quelconque avec Jon puisque Bran insistait sur le fait que seul ce dernier serait à même de vaincre le Roi de la Nuit.



« Mais comment réussirons-nous à tuer un tel être? Est-ce possible au moins ? »



Il escomptait que quelqu’un vienne résoudre pour lui ces mystères. Nul ne vint. Et Bran était replongé dans ses visions, en témoignait ses yeux qui venaient de virer aux blancs. Sam se sentait démuni. Il était venu à Winterfell pour apporter ses connaissances sur les morts mais il ne pouvait se targuer d’avoir été d’une grande utilité jusqu’à maintenant.

Tout à coup il se figea, des mots lui sautant aux yeux : « Autres. ». Sam savait que cette appelation désignait les Marcheurs Blancs. Il ne s’était pas rendu compte, fatigué qu’il était, que le grimoire qu’il inspectait à présent était consacré à ses lointains héros des temps si reculés que les récits qu’il avait sous les yeux émanaient d’histoires colportés de bouches à oreilles avant que quelqu’un ne décide de les retranscrire mais des lacunes subsistaient. Curieux de découvrir ce qu’il en restait il se concentra.

Après tout peut-être que l’homme, dont le chapitre le qualifiait de dernier héros, était-il le fameux prince qui fut promit dont Bran lui avait révélé l’existence et l’importance lors de leur première guerre contre le Roi de la Nuit. Toutefois le mestre qui avait établi de relater les faits ne cachait pas que ce n’était probablement là que des spéculations.



« En ces temps anciens où régnait la Longue Nuit depuis près d’une génération, et alors que les royaumes des hommes chaque jour se reculaient davantage face à l’avancée des Marcheurs Blancs et de leurs implacables armées, un homme se serait dressé pour contrer cette menace.

Qui était donc cet individu ? Nul ne le savait et il est plus que probable que son nom reste à jamais oublier du commun des mortels. Si nos Dieux le connaissent alors peut-être lui-ont ils consacré une place à leurs côtés.

Toujours est-il que les récits s’accordent sur les péripéties qu’aurait vécu cet homme. Accompagné par une douzaine de compagnons, son cheval et son chien, il s’en serait allé vers le Nord, en quête des Enfants de la Forêt qui, disait-on alors, y avait établi leur dernier refuge pour échapper à ceux qui les avaient combattu des siècles durant.

Le fait qu’il possédât une monture laisse supposer que ce héros pouvait bien appartenir à une maison de renom et escomptait, par ces hauts-faits, entrer dans l’Histoire. C’est ce qu’il se passa, bien que comme narré un peu plus haut, son identité réelle tomba dans les tréfonds de l’oubli.

De sa mission qui dura des années, il fut le seul à en réchapper, voyant peu à peu ses frères d’arme tomber dans cette périlleuse entreprise. Des animaux qui l’escortèrent ? Il est plus que probable qu’ils aient fini comme nourriture quand celle apportée vint à leur manquer. Les récits ne s’attardèrent pas sur la question. Ce n’étaient que de vulgaires bêtes après tout.

Quoiqu’il en soit, ce dernier héros trouva enfin les Enfants de la Forêt et les enjoignit à aider les hommes avant que les Marcheurs Blancs ne parviennent à anéantir toute forme de vie. Un pacte fut dès lors prononcé dont les mots prononcés et les promesses faites nous demeurent inconnus.

Et lorsque celui qu’on nommerait le Dernier Héros fit son apparition il s’en venait accompagné des Enfants. Les sortilèges de ceux-ci étaient puissants et terrassèrent maints Marcheurs Blancs. L’homme en fit tout autant, armé d’une épée que les narrations orales qui en ont découlés à travers les siècles, appelaient une lame en acier Dragon. Etait-ce le cas ? Il est en effet curieux qu’une telle épée ai pu exister à une telle période si il y a là un lien avec l’acier valyrien qu’apportèrent les Targaryen en leur venue à Westeros et ce des siècles plus tard.

Dans tous les cas, le héros comme tout ce qu’il possédait encore sur lui, disparu et jamais plus ne fut vu. Des mestres tentèrent de percer les secrets concernant son identité, ses origines. Certains imputèrent cette légende à un Stark, d’autres à un Bolton, d’autres encore à des noms de maisons aujourd’hui éteintes. Le saurons-nous un jour, je gage que non. Tous s’accordent néanmoins sur le fait que ce fut là que s’acheva la Longue Nuit. »



Sam relu plusieurs fois le texte. Celui-ci ne lui avait pas apprit grand-chose d’intéressant. Irrité par ce manquement il en frappa le livre du plat de la main. Vère gémit alors dans son sommeil et Sam se sermonna silencieusement quant à son geste puéril. Les mots acier Dragon retinrent son attention. Se pouvait-il qu’effectivement il y ait un lien avec l’acier valyrien ? Sam pensa à l’épée que possédait Jon et faite de ce métal. Une arme qui était effectivement efficace contre les Marcheurs Blancs. Le serait-elle néanmoins contre un adversaire comme le Roi de la Nuit. Là il ne pouvait se montrer aussi affirmatif. Il n’était pas persuadé non plus que dans le cas présent le verre-dragon soit tout autant utile contre cet être puissant.

Sam nota que le texte se poursuivait, comme si le mestre qui l’avait rédigé, avait reprit la plume des années plus tard pour compléter ce qu’il avait déjà rapporté au sein de ce grimoire.



« Malgré tout il est un récit qui m’est parvenu, venant d’au-delà des mers, du continent de Essos. Des prêtres rouges, à la religion plus que discutable, y auraient leur propre légende sur la fin de la Longue Nuit, un homme nommé Azor Ahai qui aurait lui aussi combattu la menace des Marcheurs Blancs et du Roi de la Nuit. Se peut-il qu’il s’agisse d’un seul et même individu ? Je partirai bientôt pour Volantis où j’escompte grandement obtenir enfin des réponses et qui sait, lever le voile sur le Dernier Héros que compta Westeros. »



C’était tout. Dépité une fois de plus, Sam manqua de laisser parler sa colère. Au lieu de réponses tant espérées il n’en retirait que de nouvelles interrogations. Il se souvint alors de Melissandre d’Ashai qui avait accompagné le roi Stannis Baratheon au Mur. Sam déglutit avec difficulté. Rien que d’avoir à évoquer cette femme lui donnait une sensation de malaise qu’il avait continuellement éprouvé dès lors qu’il s’était tenu en présence de l’intéressée.

Sam savait qu’elle avait été bannie du Nord du fait de terribles exactions. Si elle s’en revenait, seul la mort l’attendait. Pourtant Sam aurait espéré la savoir présente. Peut-être connaissait-elle des informations sur ce héros que les adeptes du Dieu R’hllor avaient prénommé Azor Ahai. Et si oui ou non il y avait un lien avec le Dernier Héros de Westeros.

Si véritablement une telle connexion était établie, Sam escomptait enfin percer des mystères qui lui apporteraient une solution sur la manière de vaincre le Roi de la Nuit. Après tout le récit qu’il venait de lire ne disait rien à ce sujet. Ce mystérieux héros avait terrassé des Autres via son épée en acier Dragon. La guerre c’était ensuite terminée. Et quid du Roi de la Nuit ? Rien, aucune phrase pour lui dire ce qu’il en était.



« Si véritablement il a triomphé du Roi de la Nuit, comment celui-ci peut-il encore exister, se demanda-t-il à voix haute. »



Une seule option pouvait lui expliquer ce mystère. Le héros n’avait pas vaincu le Roi de la Nuit, il l’avait simplement repoussé vers les lointaines contrées du Nord. Cela ou alors il avait passé une sorte de pacte avec les morts et ceux-ci s’en étaient allés loin du monde des hommes. Sam pria les Nouveaux et les Anciens Dieux de pouvoir parler à la prêtresse rouge pour l’interroger sur Azor Ahai et en tirer des données dont le grimoire qu’il venait d’examiner ne possédait pas.

Sam se demanda toutefois si oui ou non il lui fallait exposer ses maigres découvertes à Jon. Il n’avait rien à lui offrir de probant, fort lui était de le reconnaître. Aussi Sam jugea-t-il plus prudent de garder le silence.



« Après tout je ne lui communiquerai rien de ce qu’il souhaite savoir. »



Et désappointé par son ignorance, il referma d’un coup sec l’épais et ancien ouvrage.



********************



Sam bâilla longuement jusqu’à manquer de s’en décrocher la machoire. La fatigue le gagnait à présent et cela faisait bien des heures qu’il épluchait les différentes œuvres qu’il avait « emprunté » à la Citadelle. Peut-être était-il grand temps pour lui de s’octroyer un peu de repos.

Lors de son séjour à Villevieille il s’était souvent échiné à quêter des informations et ce après de longues et harrassantes journées où en tant que simple novice il s’était vu confier les tâches les plus ingrates. Vère lui avait dit qu’il ne pourrait tenir longtemps en agissant de la sorte. Sam s’était refusé à l’écouter, se disant que les morts n’avaient nul besoin d’effectuer des haltes.

Seulement voilà s’il tenait aujourd’hui à garder toute sa concentration il lui faudrait dormir qu’il le veuille ou non. Et avec un peu de chances, la journée à venir se montrerait-elle plus fructueuse dans les recherches que Sam accomplirait.

S’étirant et sentant les os de ses jambes craquer, par les Dieux que c’était bon, Sam s’apprêtait à se relever en suivant lorsqu’il nota qu’une fois encore Bran le fixait.



« Vous avez vu quelque chose d’intéressant, demanda-t-il instantanément, l’esprit parfaitement lucide. »



Bran se contenait de continuer de l’observer et ce sans prononcer le moindre mot. Prenant conscience qu’il en resterait ainsi, Sam décida de profiter pour questionner son vis-à-vis dont le comportement n’avait de cesse de le désarçonner. Notamment sur le fait qu’il avait tenu sa langue sur ce qu’il avait vu du côté de Fort-Levant et du Roi de la Nuit qui était parvenu à détruire une partie du Mur via l’aide d’un dragon qu’il avait réanimé et ainsi livrer le passage à ses incommensurables armées.



« Pourquoi vous taisez-vous autant ? Ne croyez-vous pas que les informations que vous détenez pourraient s’avérer capitales pour Jon ? Comme lorsque les morts ont pu franchir le Mur ? »



Le silence fut la seule réponse que le jeune homme devenu la Corneille à Trois Yeux s’autorisa à lui accorder. Dissimulant difficilement l’irritation qu’un tel comportement provoquait en lui, Sam quitta son siège, hésitant sur propre façon de se conduire au sujet de Vère et si oui ou non il devait l’extraire du sommeil dans lequel elle était profondément plongée. Malgré tout Sam n’eut pas le loisirs de se décider puisque Bran prit finalement la parole.



« Si Jon l’avait découvert il se serait avisé d’envoyer davantage d’hommes à travers tout le Nord pour aider le peuple qui réside dans des régions reculées. Je ne pouvais permettre qu’il agisse comme cela. Je savais que cette action ne passerait pas inaperçue pour le Roi de la Nuit qui dès lors, se serait précipité sur Winterfell et y aurait frappé de toute sa puissance. Les propres troupes de Daenerys n’auraient pas été présentes pour nous défendre et la débâcle aurait été totale. Plus tard les forces de Daenerys aurait essuyé à leur tour un terrible assaut. Bien inférieurs en nombre, les Dothrakis et les Immaculés n’auraient pas été de taille face à ces milliers de spectres que le Roi de la Nuit aurait déployé contre eux. »



Bran se tut un court instant, tournant la tête vers la fenêtre. Les ténèbres de la nuit empêchaient de savoir si oui ou non la neige s’était remise à tomber sur le château et ses environs. Sam se demanda si Bran avait vécu la scène où ayant fait avertir Jon de ce qu’il savait, Winterfell et tous ceux qui s’y trouvaient avaient succombé face aux morts et avaient par la suite rejoint les rangs du Roi de la Nuit. Inquiet quant à ce qu’une telle possibilité se concrétise, Sam porta sa propre attention en direction de Vère et du petit Sam. Il les aimait tellement et se refusait de sombrer dans la fatalité quant au sort qui les attendait certainement.



« Une fois Winterfell tombé et les forces de Jon et Daenerys décimée, plus rien n’aurait pu empêcher le Roi de la Nuit de fondre sur le restant de Westeros, reprit Bran qui retint une fois de plus son attention. La reine Cersei aurait bien usé de ses hommes et des forces qu’elle possède désormais pour contenir au mieux la vague ennemie. Malheureusement contre le feu des dragons de glace, même Port-Réal aurait fini par crouler sous les flammes et peu après le monde des vivants n’aurait plus existé en cette partie du monde. Seulement le Roi de la Nuit ne compte pas s’arrêter à Westeros. Essos aurait donc suivi et il en serait allé de même pour les autres continents. »



En somme la volonté de Jon a toujours vouloir sauver la veuve et l’orphelin aurait mené à leurs pertes à tous, conclut mentalement Sam. Pouvait-on cependant affirmer que le silence de Bran sur les événements survenus à Fort-Levant leur assurait à coup sûr d’une victoire lors de la Grande Guerre qui les opposerait au Roi de la Nuit ?



« Winterfell tiendra, lui affirma Bran qui paraissait avoir lu dans ses pensées. Toutefois tel est le cas dans la majorité de mes visions. Le futur est incertain car un rien peu le modifier. Je tiens cependant à vous mettre en garde, nombreuses seront les pertes et si victoire il doit y avoir ce ne sera qu’au prix de milliers de vies.

-Et le Roi de la nuit, s’il possède réellement des capacités similaires aux vôtres, comment être certain qu’il ne choississe d’agir différemment à présent que Jon a été informé de la présence des morts au sud du Mur ?

-Comme je l’ai dit à Jon, le Roi de la Nuit cherche avant tout à amasser un maximum de nouvelles troupes. A présent l’ennemi a conscience qu’il ne peut se targuer de s’emparer de Winterfell avec aisance d’autant plus que les propres armées de Daenerys seront bientôt là. La Grande Guerre ne sera pas pour autant gagnée si Winterfell venait à résister. De plus il est inconcevable que nous demeurions éternellement entre ces murs car les spectres sont bien plus nombreux et en cas de nouvel assaut nous succomberons sous la masse. Quant au Roi de la Nuit il profiterait de l’inaction de Jon et Daenerys pour porter une autre partie de ses forces dans des zones peuplées pour compenser les pertes qu’il aura ici.

-Nous irons donc au Sud ? Jon compte déjà y envoyer les populations Nordiennes. Y seront-elles à l’abri si nous focalisons l’attention du Roi de la Nuit sur Winterfell ?

-Un temps tout du moins, lui confirma le jeune homme. Malgré tout Jon et Daenerys ne doivent pas non plus sous-estimer la menace que représentera Cersei contre eux. Arya a raison en affirmant que Cersei cherchera à les affaiblir en frappant les populations en exode.

-Nous ne pourrons jamais lutter sur deux fronts à la fois, s’exclama Sam effrayé d’une telle perspective. De plus Jon fera des morts sa priorité.

-Voilà pourquoi vous et moi devons l’aider en obtenant des informations sur comment vaincre le Roi de la Nuit et mettre un terme à la marche des morts.

-Et en possédez-vous ?



Durant une fraction de seconde, Sam crut voir une lueur de peur dans les yeux bruns de Bran. Cependant ceci fut si bref qu’il devait s’être trompé. Après tout comme Bran l’affirmait lui-même il n’était plus Brandon Stark mais la Corneille à Trois Yeux. Il s’était détaché des émotions humaines pour ne se concentrer que sur sa mission et des vastes visions qu’il avait régulièrement.



« Pas qui puisse aboutir à la perte du Roi de la Nuit, finit par concéder Bran. »



Et sur ces derniers mots, Bran replongea dans son mutisme, laissant Sam dans l’ignorance quant à ce qu’il avait possiblement découvert. Et le fait de ne pas savoir comment les hommes s’y prendraient pour survivre à ce conflit lui donna un sentiment d’impuissance. Si encore les différents grimoires en sa possession lui permettaient de savoir la façon dont Jon devrait accomplir l’exploit que l’on attendait de sa part dans le cas où son ami était bel et bien cet élu que Bran voyait en lui. Furieux contre le fait que les ouvrages ne lui étaient d’aucune utilité, Sam leur adressa un regard sombre.

Les réponses, quelles qu’elles fussent, devaient être trouvées et vite. Sans quoi, Sam en avait parfaitement conscience, le continent tout entier disparaîtrait sous les assauts des légions de spectres. Qu’espérait alors si véritablement ne subsistait pas le moindre espoir d’avenir pour le monde des hommes. Ecrasé par cette sensation d’abattement qui le tenaillait, Sam se prit la tête dans les mains.

A quoi bon lutter si l’entreprise pour permettre aux vivants de triompher était condamnée à échouer? Peut-être était-il alors préférable de s’en ouvrir auprès de Jon et de Daenerys, leur faire comprendre que c’était inutile d’attendre l’assaut puisqu’il n’y aurait rien à faire pour éradiquer pleinement leur principal adversaire. Qu’en lieu et place de tirer l’épée il leur faudrait déplacer l’ensemble des populations loin de la menace qui pesait sur eux tous.

Seulement où iraient-ils ? Vers Essos ? Impossible. Il suffirait au Roi de la Nuit d’atteindre la mer du Détroit et Sam se le représentait très bien en train de geler l’étroit bandeau d’eau salée à l’aide de sa puissance accrue par les milliers de troupes qu’il aurait en sa possession, pour permettre à celles-ci d’atteindre l’autre rivage. Et le chaos passerait sur Essos. Même Bran lui avait dit que cette partie du monde ne serait pas épargnée.

Sam secoua mentalement la tête. Un telle pessimisme ne devait pas l’accaparer. Non l’espoir devait demeurer. Tôt ou tard, et mieux valait que ce soit au plus tôt, que ce soit par son biais ou les visions de Bran, s’offrirait aux hommes les clés dont ils pourraient se servir pour percer les secrets quant à la faiblesse de leur adversaire et finalement en venir à bout. Et avec un dernier regard il fixa Vère et plus particulièrement l’enfant qu’elle serait toujours entre ses bras. C’était pour ce dernier qu’il continuerait à lutter quoiqu’il lui en coûte. Sam Junior comme tant d’autres garçons et filles représentaient la postérité des vivants et ce serait aux adultes de leur donner la possibilité d’avoir un futur où ils pourraient dès lors grandir en toute sécurité.



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