Game of Thrones : Fire and Ice. par

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Continuation / Fantasy

29 Game of Thrones Fire and Ice : chapitre 24 Jaime Lannister.

Catégorie: T , 4533 mots
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CHAPITRE NUMERO VINGT-QUATRE : JAIME LANNISTER.



L’écho que produisait ses petits pieds se répercutait contre les parois des nombreuses salles ainsi que les couloirs qu’il traversait au pas de course. Devant lui se précipitait une frêle silhouette. Elle demeurait indistincte du fait de sa course précipitée et de la distance qui le séparait de cette dernière. Tout cela n’était pas si grave dans le fond, après tout Jaime savait qu’elle ne pouvait pas lui échapper. Jaime était le plus rapide des deux et du haut de ses six ans il était déjà un jeune garçon vif.

Les adultes présents le regardaient faire, un air appréciateur chez les hommes, un sourire aux lèvres pour les femmes. Tous voyaient en lui un futur chevalier très prometteur et qui à coup sûr apporterait l’honneur à la famille Lannister et qui ferait dès lors la grande fierté de Tywin.

Des voix commencèrent à s’élever sur son passage. Ce devait probablement être des louanges émanant des proches de son père qui était alors connu de tous Westeros comme étant la Main du roi Aerys Targaryen. Curieusement, et au bout d’un moment les mots lui parurent plus nettement sauf que ceux-ci ne ressemblaient en rien à ce qu’il s’attendait à entendre.



« Laissez place au Régicide. Ecartez-vous devant l’homme sans honneur. »



Le petit garçon qu’il était ne réalisait pas le sens de telles paroles. De plus comme il était majoritairement concentré sur la silhouette à la chevelure blonde qui essayait toujours de lui échapper, les mots prononcés s’effilochaient déjà de sa mémoire. Seul le rire cristallin qui retentissait par instant devant lui, parvenait distinctement jusqu’à ses oreilles.



« Les choses que je fais par amour. »



Un homme venait de parler alors qu’il était dans une portion de la forteresse de Castral Roc où n’apparaissait pas le moindre adulte. Jaime en vint à éprouver une sensation étrange et se mit à hésiter sur si oui ou non il se devait de s’enquérir de la chose ou poursuivre sa chasse personnelle.

En effet le ton perçut ressemblait par trop familier. Était-ce donc père qui venait de le surprendre à son petit jeu auquel il aimait s’adonner ? Voilà qu’il n’aurait pu le certifier toutefois cette perspective avait de quoi l’effrayé.

L’hésitation qui l’avait gagné ne dura qu’une fraction de seconde mais ceci suffit pourtant à le déconcentrer au point que Jaime manqua de peu de perdre l’équilibre et de choir sur le sol en parquet lisse qui luisait de mille feux sous l’éclat des chandeliers. Jaime n’en bifurqua pas moins sur la gauche et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le garçon retrouvait déjà son rythme de croisière, conscient qu’en cas de chute sa sœur lui aurait très certainement échappé pour toujours.

D’où venait alors le fait qu’il avait la très nette impression que la distance qui les séparait Cersei et lui allait en s’agrandissant ? C’était tout bonnement impossible, Jaime l’avait rattrapé ce jour-là. Il s’en souvenait parfaitement d’ailleurs. Néanmoins d’où lui venait cette certitude étant donné qu’il vivait l’instant présent ?

Troublé par ce désarroi qui le gagna il en vint à éprouver également un sentiment d’abandon qui lui empoisonna tout son esprit et malgré ses six printemps il se sentit soudain plus jeune encore, effrayé par la perspective qu’on allait le laisser seul, entièrement livré à lui-même et ce d’ici quelques instants.



« Cersei, tenta-t-il de crier d’une voix qui, curieusement, était celle d’un adulte. Cersei ! »



L’intéressée ne l’entendit pas ou prétendit ne pas avoir perçu ses appels puisqu’elle continua tout droit, se contentant de rire de manière à se moquer de sa personne.



« Cersei, fit-il un peu plus fort cette fois. »



La silhouette s’immobilisa enfin, non sans lui tourner ostensiblement le dos.



« Tu m’as trahi, lui déclara Cersei de sa voix de petite fille. Tu m’as laissé tomber pour te joindre à nos ennemis. »



Jaime ne parvenait pas à comprendre pourquoi sa chère sœur lui disait une telle ignominie à son encontre. N’était-il pas là, tout près d’elle et d’un rien à portée de main ? Il tenta bien de formuler une réponse pour la rassurer, lui faire une promesse, celle qui affirmerait qu’il se tiendrait toujours à ses côtés et que rien n’y personne ne serait en mesure de les séparer. Malheureusement sa langue lui donnait l’impression d’être collée à son palais et ses jambes refusaient désormais d’effectuer le moindre mouvement. Cersei était pourtant juste là, venant d’éclater en sanglot et dont ce simple son lui déchira le cœur.

Moins de dix secondes plus tard elle s’enfuyait, se soustrayant aux mains inutilement tendues de Jaime. Le garçon la vit alors tourner à droite et sortir de son champ de vision le laissant définitivement seul, perdu.



********************



Ce fut sur ces entrefaites que Jaime finit par s’éveiller en sursaute, pantelant et le front couvert d’une pellicule de sueur malgré la froideur de la nuit hivernale. Ce cauchemar. Encore. Et dire qu’au départ il ne s’agissait que d’un songe qui commençait par un souvenir remontant à sa jeunesse. Jaime savait comment tout ceci s’était terminé dans la réalité. Une servante les avait aperçu et rapporter toute la scène à Dame leur mère alors que Cersei et lui se découvraient dans l’innocence de leur six ans et comprenaient dès lors qu’ils étaient l’un pour l’autre plus que le double du sexe opposé. Dans ce mauvais rêve toutefois, Jaime ne parvenait jamais à rattraper sa sœur.

A présent qu’il était pleinement éveillé, et sachant qu’il lui serait dès lors plus difficile de retrouver le sommeil, Jaime se redressa en position assise, appuyant son dos contre le tronc d’un pin proche de sa position et dont les branches pourvues d’aiguilles avaient permit de laisser le sol en vierge d’une neige qui était tombée la veille au soir et qui n’avait eu de cesse de s’accentuer et de s’agglutiner en une couche toujours plus épaisse.

Une fois son installation terminée, et par les sept Dieux que celle-ci était loin d’être confortable, Jaime jeta un coup d’œil autour de lui. Il ne fut pas surpris de découvrir que Bronn était également éveillé. Celui-ci se tenait aux abords du feu qui luisait avec une certaine vivacité témoignant de son entretien. Le reître était occupé à aiguiser avec le plus grand soin la lame de son épée. C’était à croire que Bronn ne dormait jamais.

L’intéressé croisa son regard et arbora une expression goguenarde sur son faciès de bourlingueur. Ce compagnon de voyage était parfois exaspérant au possible, d’autant qu’il n’était pas du genre à respecter les convenances dont il n’avait cure. L’interrogation qu’il énonça prouva qu’en ce qui le concernait cette affirmation se confirmait.



« Alors les baisers de Cersei étaient si atroces que ça ? »



Jaime ne prit pas la peine de répondre à cette sempiternelle provocation de son compagnon de voyage. Le songe s’étiolait déjà de son esprit et il ne comptait pas le revivre tout en sachant qu’au cours de la prochaine nuit le rêve ferait son retour, comme il le faisait déjà depuis quelques temps. Jaime ne se souvenait plus de quand il avait débuté. Sans doute le soir même où il avait laissé Bronn à l’auberge et où, une fois que celui-ci l’eut rejoint, les deux hommes avaient dormi hors des murs de la ville de Pierremoûtier.

Un frisson le saisit soudainement lorsqu’une brise vint balayer leur campement de fortune et un instant il en regretta presque de ne pas avoir choisi Essos comme destination finale et un endroit où il y ferait bien plus chaud. Pour l’heure, et malgré une couverture assez épaisse et la présence d’un bon feu que Bronn s’évertuait à grossir au maximum, rien n’y faisait, Jaime tremblait de froid. Au moins pouvait-il s’estimer heureux qu’il ne neige plus.



« Du nouveau, interrogea-t-il son vis-à-vis histoire de s’occuper l’esprit.

-Des loups. »



En entendant cela Jaime pensa aussitôt à la famille Stark. Se pouvait-il que certains d’entre eux soient dans les environs ? Jaime avait eu vent de ce qu’il s’était passé aux Jumeaux. Les petits oiseaux de Qyburn l’avaient rapporté à Cersei et Jaime était présent pour écouter le récit. Une jeune femme avait tué tous les Frey en se faisant passer pour le patriarche de cette vieille famille. Suite à quoi cette tueuse aurait prononcé une variante de la devise des Stark qui était « L’hiver vient. ». Se pouvait-il donc qu’il s’agisse de cette gamine dont le loup avait mordu Joffrey au bras ? Jaime ne se souvenait plus du nom de cette enfant pas plus que d’imaginer comment une simple gamine aurait pu s’y prendre pour qu’à elle seule elle parvienne à accomplir un tel forfait.



« Rassurez-vous, je parlais simplement de l’animal. Et d’après ce que j’ai pu entendre comme hurlements, il doit y avoir une sacrée meute dans les environs. »



Jaime se moqua mentalement de sa propre personne. Pourquoi en était-il subitement venu à imaginer un lien entre les propos de Bronn et cette fille Stark ? Voilà qui dépassait l’entendement. Qui plus est, et pour ce qu’il en savait, il y avait bien longtemps que cette gosse devait être morte puisque nul ne paraissait avoir eu de ces nouvelles ni de ce qui lui était arrivé depuis les événements survenus à Port-Réal qui avaient vu l’exécution publique de Eddard Stark.

Et quand bien même il s’avérait que d’une façon ou d’une autre cette jeune fille soit toujours là quelque part, en quoi devait-il la craindre ? Jaime ne parvenait à se la représenter en train de surgir tout à coup dans son dos pour lui trancher la gorge d’une oreille à l’autre et ce sans autre forme de procès.

A moins bien sûr que ce ne fut autre chose. D’après certaines rumeurs, qu’au demeurant il trouvait grotesque, l’esprit de Catelyn Stark était reparue et elle chercherait à présent à se venger de tous ceux qui avaient fait du mal à sa famille.

Quoiqu’il puisse en être, Jaime réalisa toutefois qu’il ne se sentait pas le moins du monde rassuré et se promit de rester sur ses gardes tant qu’il ne serait pas certain que nul ne risquait de lui rendre une petite visite jusqu’à ce que l’aube fasse son apparition.

Et comme pour l’avertir qu’effectivement il était préférable pour lui d’être sur le qui-vive, un hurlement lointain se fit entendre. Une réponse survint d’une autre direction, puis une troisième. Ils étaient encerclés par des loups. Bronn leva la tête mais ne témoignait d’aucune peur. Le reître était habitué à ce genre de rencontre fortuite et à l’entendre il aurait de quoi se confectionner maints manteaux de fourrure. Quant à Jaime, l’intéressé jugea plus prudent de ne rien dévoiler de l’effroi qui l’habitait sinon quoi il risquait de subir les railleries de son compagnon. Il n’en demeura pas moins qu’il préféra s’assurer de la proximité de son épée, juste au cas où.

Le loup était l’animal emblématique de la famille Stark. Jaime voyait en la présence de la meute proche un avertissement le concernant. Il ne devait pas aller dans le Nord car rien de bon ne l’y attendait. Sa place ne s’y trouvait pas puisqu’il était haït autant que ne l’était sa sœur et tous les Lannister. Serrant son poing gauche, Jaime jura silencieusement de ne pas se laisser démoraliser aussi aisément. Il avait fait une promesse et il irait jusqu’au bout afin de respecter celle-ci.

Outre le fait qu’il comptait l’accomplir pour lui-même, et se racheter de certaines erreurs qu’il avait fait, ce besoin de tenir sa parole était également le moyen à lui de rendre hommage à Brienne.



« Comme c’est étrange, fit-il sans s’adresser à quiconque en particulier.

-Quoi donc, le questionna Bronn qui poursuivait son activité d’affûtage. »



Cependant Jaime n’estimait pas nécessaire d’avoir à lui répondre et se plongea dans ses pensées silencieuses. D’où venait le fait qu’il s’était mis à penser à cette femme. Brienne lui avait longtemps paru insupportable, n’hésitant pas à la railler car une personne de son sexe qui voulait jouer les chevaliers avait quelque chose de risible.

Et pourtant, avec le temps, il avait apprit à respecter Brienne qui outre le fait que c’était une redoutable guerrière, témoignait d’un profond respect pour l’honneur à contrario de bon nombre de chevaliers qui prétendaient l’être.

Jaime avait revu Brienne lors de ce sommet à Fossedragon. Il repensa au bref échange que tous deux avaient eu et en quoi ce dernier l’avait incité à en être là à présent. Oui il tiendrait la promesse et escomptait sur le fait que Brienne apprécie l’homme honorable qu’il se voulait être.



« Vivesaigues n’est pas loin, intervint Bronn. Si vous tremblez face aux loups vous n’avez qu’à vous y réfugier. »



Jaime aurait pu le faire sauf qu’il préférait attendre qu’il fasse pleinement jour. A la place de quoi il se contenta de fusiller du regard ce reître qui transpirait l’autosuffisance.



« Nous nous tiendrons à ce que j’ai décrété.

-C’est ce que vous fera lord Edmure que vous craignait tant, le railla Bronn. »



Jaime ne releva pas. Il savait que Tully avait réinvesti le fief de sa famille après que quelqu’un l’eut délivre des cachots sordides des Jumeaux. Jaime ne le redoutait pas, il escomptait au contraire persuadé ce dernier de l’accompagner dans la guerre qui menaçait au Nord.

Cependant en se souvenant de l’échange qu’ils avaient eu quelques mois auparavant, Jaime doutait que Tully accepte de le suivre. Il se défierait de sa personne ce en quoi Jaime ne lui donnait pas entièrement tort.



« Au pire vous menacez une nouvelle fois de vous en prendre à son héritier, suggéra Bronn qui paraissait avoir deviner ses pensées. »

Jaime ne se le permettrait pas. Edmure devait venir de plein gré et non de force. Le fait qu’à l’époque il eut affirmé être près à balancer à la catapulte le fils de Tully le révulsait. C’était toutefois une option qui s’était avéré payante et qui avait empêché une effusion de sang.



« Moi en tout cas c’est ce que je ferai, souligna Bronn. »



Ce en quoi Jaime n’en doutait pas. Après quoi, et sans s’en rendre compte, il s’endormit contre l’arbre duquel il était adossé.



********************



« Vous me prenez donc pour un abruti, ser ? »



Comme attendu la réponse de lord Edmure ne le surprit pas. L’intéressé se trouvait sur un siège sculptait dans du bois de chêne et le toisait de toute sa hauteur. Depuis qu’il avait fait son retour dans le château et avoir apprit que les Lannister fuyait au Sud après qu’une Targaryen et ses dragons avaient débarqué sur le continent, Edmure paraissait s’être trouvé un regain de courage et de volonté.



« Si je vous demande cela c’est que l’urgence presse. Le Nord est en danger et si nous ne nous portons pas à son aide alors beaucoup mourons.

-Et depuis quand un Lannister se préoccupe-t-il tant de ce qu’il peut advenir des Nordiens. Dois-je vous rappeler qu’encore récemment vous leur faisiez la guerre. Dois-je vous remémorer les Noces Pourpres qui ont été organisées par votre famille ? »



Par son père probablement, mais Jaime se dédouaner de ce massacre qu’il n’aurait jamais cautionné.



« Je regrette les torts qui vous ont été causé lord Edmure. En mon nom propre je vous présente mes excuses.

-Je n’ai que faire de votre pathétique repentir. Passons directement au moment où vous allez me menacer si je ne vous obéis pas. Ou bien comptez-vous une fois de plus user de mon fils pour parvenir à vos fins ?

-Ce n’est pas pour moi que je vous demande de mener vos propres forces dans le Nord, mais pour les vôtres. Sansa Stark est à Winterfell et elle n’y est pas en sécurité.

-Et vous croyez que je vais risquer de tout perdre pour affronter une femme qui aurait des dragons à ses côtés ainsi que d’immenses armées. Je ne suis pas idiot, ser. J’ai vu les Dothraki, j’ai vu les Immaculés. Ce n’est pas avec la garnison que vous possédez ici que vous pouvez croire en venir à bout. Qui plus est je n’apporterai pas mon concours auprès d’un Lannister.

-Daenerys Targaryen se dirige vers le Nord pour aider face au véritable danger qui guette toute cette région. J’ai fait la promesse d’apporter moi-même les forces nécessaires pour lutter contre notre ennemi commun.

-Grand bien vous fasse, ironisa le seigneur de Vivesaigues. Au vu du peu d’hommes que vous leur apportez je doute que ceci fasse une quelconque différence contre ce prétendu ennemi.

-L’armée des morts existe et les Marcheurs Blancs sont réels, déclara Jaime. J’ai pu voir de mes propres yeux un de ses spectres et il y a en plus de cent mille. »



Durant une fraction de seconde il crut déceler une lueur de peur dans le regard du maître des lieux.



« Ce ne sont là que des balivernes, s’entêta Edmure.

-Pensez-vous sincèrement que Daenerys Targaryen aurait renoncé à prendre Port-Réal alors que ses armées étaient au Sud et que ma sœur n’aurait pu lui opposer la moindre résistance ? Non si Daenerys agit de la sorte c’est parce que les morts vont frapper le continent.

-Et bien si vous craignez autant ceux-ci peut-être est-ce que ça vient du fait que vous redoutez que certains d’entre eux reviennent vous hanter. Quoiqu’il en soit je serai curieux de savoir ce que pense votre sœur de vos intentions.

-Cersei a fait la promesse d’apporter son concours auprès des Nordiens. »



Ce qui en réalité n’était qu’un stratagème pour gagner du temps et renforcer ses forces en recourant à la Compagnie Dorée. Néanmoins Jaime préféra omettre ce détail ni le fait que lui-même soit en fuite pour avoir « trahi » sa sœur. Fort heureusement la compagnie qu’il avait laissé à Vivesaigues avait tout de même accepté de le suivre. Il n’y avait là qu’un demi-millier de fantassins et ne possédant pas de verre-dragon, Jaime avait conscience que leur présence ne changerait probablement pas grand-chose à l’issue d’une bataille. Voilà pourquoi il espérait qu’Edmure ouvre les yeux et veuille bien amener sa propre armée. Plus tard Jaime arriverait à Jumeaux où les garnisons présentes pourraient peut-être s’ajouter aux siennes.



« Dans ce cas pourquoi vos hommes ont-ils étaient vus en train de converger vers la capitale. D’après la géographie de Westeros Port-Réal est plus au sud. A moins que vous vouliez me faire croire que votre sœur que vous aimez tant ai choisi de tous les recouper en un seul point avant d’entreprendre le voyage vers le Nord. »



Jaime pouvait continuer à mentir, défendre l’honneur de sa sœur. Sauf que lui-même ne croyait plus en cette dernière. Elle était devenue une femme fourbe et qui voyait des ennemis partout.



« Cersei n’a effectivement aucune intention de respecter ses serments. Ce qui n’est pas mon cas… .

-Ne jamais faire confiance à un Lannister, telle devrait être votre devise, ser. »



Edmure se leva et s’approcha tout en le regardant droit dans les yeux. Le visage dur témoignait du fait qu’il n’éprouvait pas la moindre peur.



« Je pense que vous ne me dites pas la vérité, ser Jaime. Vous voulez que je retire mes hommes de ce fort pour qu’une fois hors de ce dernier une de vos armées investissent les lieux. Après quoi Vivesaigues appartiendra aux Lannister. Quant à moi, il y a fort à parier que je finisse mes jours dans un des cachots de Castral Roc. A moins que la rumeur ne dise vrai quant au fait que les Lannister ont perdu leur fief ancestral.

-Pensez ce que vous voulez. Vos hommes pourraient s’avérer utile contre les morts. Car la garnison que je vais prendre ne suffira pas à inverser la tendance contre ce Roi de la Nuit.

-Et moi je me répète, non je n’aiderai pas un Lannister. Et si véritablement vous comptez agir comme vous le prétendez, je préfère vous avertir que votre présence ne sera pas souhaitée. »



Voyant que c’était cause perdue Jaime n’insista pas. Et si Edmure était trop têtu pour comprendre l’urgence de la situation alors grand bien lui fasse. Qu’il demeure là à se barricader à Vivesaigues comme une moule s’accroche à son rocher. Ne restait qu’à espérer que lorsque les morts surviendraient il ne soit pas déjà trop tard pour sauver l’humanité.



********************



Les soldats l’attendaient. Il n’avait pas l’intention d’en laisser derrière lui. Et bien que tous savaient qu’ils allaient aider Winterfell, beaucoup ignoraient contre quoi ils auraient à se battre. Bah ils le comprendraient au moment venu, se dit Jaime. Sauf si Bronn vendrait la mèche avant que tous ne parviennent à destination. Jaime ne le souhaitait pas car il n’était pas convaincu que ses troupes poursuivent plus avant. C’était déjà une chance que la faction présente à Vivesaigues soit restée sur place.



« Alors il ne vient pas, fit Bronn. »



Le reître ne paraissait pas surpris. Il n’attendait aucune réponse et s’approcha de sa monture.



« Au moins vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas essayé.

-J’aurai préféré y parvenir, déclara Jaime qui lui-même prit place sur la selle de son cheval. Quand je vois le peu de troupes dont je dispose je me dis à quoi bon m’échiner à respecter un serment si je ne puis faire la moindre différence.

-Parce que vous voulez changer le regard des autres, répliqua Bronn. »



Jaime s’étonna de la réponse de son vis-à-vis duquel il aurait plus attendu des moqueries sur son souhait de se repentir de ses actions passées. A la place de quoi il fixa les fantassins.



« La marche sera longue jusqu’à Winterfell. Malgré tout il va nous falloir forcer le rythme si nous voulons y être à temps. Un ennemi s’avance et le conflit qui nous opposera à lui concernera chacune des personnes résidant sur Westeros. Les Stark et les Targaryen sont désormais nos alliés et malgré l’inimitié que vous pourriez éprouver à leur encontre, je vous ordonne de la mettre de côté. »



Au vue des regards qui se posaient sur sa personne, Jaime su qu’ils obéiraient mais pas de gaieté de cœur. Bronn s’était fait le même constat.



« Bon bah je crois que vous n’en ferez jamais des copains de beuveries de ces lascars. »



Jaime le snoba et d’un signe de la tête il mit en branle sa petite armée. Lord Edmure se tenait là, venu assister à son départ.



« Vous n’avez pas changé d’avis lord Tully, s’enquit Jaime. Vous pouvez encore vous joindre à nous pour aider votre famille. »



L’intéressé n’eut pas le temps de répondre qu’un grondement s’éleva depuis les fourrées proches et plusieurs hurlements s’en élevèrent. Après quoi, et sous les yeux effrayés de toutes les personnes présentes, un loup gigantesque sortit de la forêt. L’animal était d’une telle taille que les chevaux renâclèrent devant lui et menacèrent de désarçonner les deux cavaliers.



« Vous voyez le Nord ne veut pas de vous, le railla Edmure. Ce sont les Stark qui vous envoie ce message. »



Jaime voulait bien le croire, il lui suffisait d’apercevoir les crocs du loup pour le comprendre. Néanmoins il fut de loin le plus surprit de l’assemblée quand il remarqua que la bête s’approchait de sa position, s’asseyait près de sa monture et se mettait à hurler vers le ciel. Une conclusion s’imposait, le loup s’était placé du côté des Lannister.



« On dirait qu’il vous a à la bonne, souligna Bronn qui avait posé une main sur la garde de sa bâtarde. »



Le loup fixait un Edmure incrédule, puis l’animal se leva et s’avança vers la route qui devait mener les forces Lannister vers le Nord. Le loup s’immobilisa alors, toisa tous les humains présents, notamment Jaime, inclina son large museau puis reprit sa progression.



« Voyez lord Edmure, il semblerait que cette bête croit en mes nobles intentions, déclara ce dernier. Peut-être serait-il temps pour vous d’en faire tout autant. »



Tully ne savait plus quoi penser, Jaime pouvait le deviner à l’éclat qui se devinait dans ses yeux bruns.



« Les Stark ont besoin de nous plus que jamais, reprit Jaime. Si vous ne voulez pas le faire pour moi alors faites-le en mémoire de votre sœur.

-Ma nièce court-elle un véritable danger ?

-Je ne serai pas là si tel n’était pas le cas. »



Edmure opina lentement du chef. Jaime su alors que Tully l’accompagnerait pour Winterfell. Et en effet, le temps de s’organiser ce fut les armées des deux camps qui se mirent en mouvement dès le lendemain, direction le Nord et ce sous l’escorte d’une meute de loups tel que Jaime n’en avait jamais vu.



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