Rebirth of the Dragon (After GOT / Daenerys Targaryen) par

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Continuation / Fantasy / Drame

14 Rebirth of the Dragon Part 14

Catégorie: T , 4034 mots
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Essos, Volantis


Une autre semaine avait passée. Après avoir prêté son serment à la reine des dragons, Cade était retourné de ce pas au campement de la Compagnie Dorée afin d'annoncer la nouvelle à ses hommes. Daenerys étaient alors venue en personne avec lui, accompagnée de Yara, Ver Gris et Shen-zoan. Elle avait tenue à être présente afin de laisser un choix aux anciens mercenaires: la rejoindre ou non. Elle leur promit qu'aucun mal ne leur serait fait s'ils refusaient de rejoindre l'Ordre des Dragons d'or, mais devaient en échange ne pas devenir des obstacles contre elle. Sur les 500 hommes de Cade, 300 acceptèrent l'offre et se joignirent à Cade pour former le nouvel ordre de chevaliers crées par Daenerys. Les 200 hommes restants purent partir, comme elle l'avait promis, abandonnant une fois pour toutes leur statut de mercenaires de la Compagnie Dorée, désormais révolue. 

Avec l'allégeance du capitaine Cade et de ses 300 hommes, Daenerys obtint également les 10 éléphants de guerre, de magnifiques et puissantes créatures possédant leurs propres armures de combat, et qui selon les dires de Cade, ne pouvaient être chevauchés que par les hommes les plus expérimentés de la Compagnie. Fort heureusement, 10 des hommes ayant prêtés allégeance parmi tous ceux restants, se montrèrent capables de contrôler les éléphants. Avec cette cavalerie lourde, Daenerys savait que la puissance de sa nouvelle armée était à nouveau décuplée, ce qui renforçait sa détermination à marcher contre l'empire esclavagiste et libérer de nouveau la Baie des Serfs. 

Malheureusement, avec toutes les épreuves traversées depuis son retour, Daenerys était de plus en plus stressée, n'arrivant presque pas à dormir durant certaines nuits, et faisant encore parfois quelques cauchemars. Ce fut Shen-zoan qui proposa humblement un remède de sa contrée, Yi Ti, et que Daenerys accepta, faisant toute confiance à son ami. 

Pour cela, Daenerys se trouvait maintenant dans une petite pièce calme du temple, éloignée des lieux de rites afin qu'un silence absolu règne. Ayant enlevée ses vêtements, portant uniquement une serviette blanche autour de ses seins et une autre pour cacher son entrejambe, Daenerys s'assied sur une petite table de bois, tandis que Shen-zoan, debout devant un petit bureau, s'occupait d'ouvrir une boite prise dans son sac de voyage et contenant de très fines et petites aiguilles. Daenerys frissonna un peu en les voyant, levant un sourcil. La voyant quelque peu circonspect devant les aiguilles, Shen-zoan sourit et la rassura.

_"N'ayez aucune inquiétude, majestée. Ceci ne fait pas mal."

_"Comment nommez vous cette....médecine si particulière?" demanda la jeune reine. 

_"Acupuncture je crois, mais je pense qu'ils ont décidés de changer le nom."

_"Et, qu'est ce que cela va me faire?" 

_"Disons...." expliqua Shen "...qu'en piquant certains endroits spécifiques du corps, il est possible de réaligner les énergies qui nous composent, afin de ramener un semblant d'équilibre et d'harmonie dans votre corps. Après tout ce que vous avez subie, majestée, je pense que cela ne peut que vous faire du bien." 

Cela semblait presque comme une sorte de rite mystique aux oreilles de Dany, mais encore une fois, elle avait toute confiance en Shen, lui qui plus d'une fois avait prouvé sa valeur et sa dévotion envers elle. Il ne cessait jamais de l'étonnée. Elle le regardait parfois vaguer à ses occupations. Yara, elle aussi, en parlant avec Daenerys, racontait parfois que Shen passait beaucoup de temps à contempler les paysages autour de lui, restant assis pendant des heures sans parler ni bouger. Il aimait beaucoup dessiner, écrire, jouer d'une flute qu'il avait emmené avec lui de son pays et qui appartenait autrefois à son défunt maitre, ainsi que fumer une herbe à l'odeur forte mais agréable dans une pipe en bois. 

Elle l'avait vue également s'entrainer quelques fois, pratiquant seul cet art si particulier et fascinant de combat, des mouvements rapides et d'une précision inouïe. Elle comprenait aussi pourquoi il était surnommé "Marchevent" car en effet, l'air autour de lui paraissait l'accompagner et danser autour de lui dans ses mouvements de combat. 

Comme indiquer par l'homme de Yi Ti, Daenerys s'allongea sur le ventre, son dos nu éclairé par la lueur orangée des bougies éclairant la pièce. Shen s'avança d'abord en enduisant ses mains d'une lotion dont la senteur d'amande douce caressa agréablement les narines de Daenerys. 

_"Une huile spéciale de mon pays, spécialement fabriquée afin d'augmenter l'efficacité de la circulation des énergies dans le corps durant le processus.....Puis-je, majestée?" il demanda encore une fois très humblement. Elle le regarda et acquiesça. Du plat de ses paumes, Shen commença alors à appliquer l'huile sur la peau douce du dos de la reine. La fraicheur soudaine de l'huile la fit frisonner, mais pas de manière désagréable. Elle sentit aussi les muscles de son dos se détendrent doucement. Daenerys, du coin de l'oeil, observait Shen. L'homme était très concentré dans sa tâche, ne se laissant pas perturber une seule seconde par la vision du corps à demi nu de la reine. Daenerys admirait cela également chez Shen. Sa retenue et son respect vis à vis du corps des femmes. Elle se demandait parfois s'il ne préférait pas les hommes? Ou peut-être aimait-il à la fois les hommes et les femmes? Où alors son enseignement si particulier dans cet art de la méditation et du combat l'avait-il élevé au dessus de tout cela? Ne ressentait-il plus le besoin du plaisir de la chair? Tant de questions.... 

_"Dites moi, Shen...." demanda soudainement Daenerys "...maintenant que je m'en souviens, lors de notre rencontre, vous n'avez montrer aucune surprise en voyant Drogon."

Shen sourit tout en continuant de masser le dos de la reine avec l'huile et répondit avec une grande franchise.

_"Si les dragons sont souvent décrits comme des bêtes féroces et destructrices, là d'ou je viens, ils sont vus comme des esprits aux grands pouvoirs, des gardiens de la nature, à la fois bienveillants et capricieux. Certains apportent la pluie et la nuit, d'autres le beau temps et le soleil, perpétuant ainsi les cycles des jours et des saisons...."

_"Y at-il des dragons à Yi Ti?" demanda alors Daenerys, ses iris brillants d'une fascination naissante. 

_"Je ne saurais le dire, majestée, je n'en ai jamais vu.....mais certains racontent avoir entendu leurs chants résonner par delà les Montagnes du Matin, dans les terres de l'extrême Est de Yi Ti. Certains disent même les avoir vus....grands, majestueux, dépourvus d'ailes mais flottants dans les airs...leurs corps longs et fins comme des serpents dansant au dessus des pics dans le crépuscule, leurs écailles luisantes tel le jade et réfléchissant la lumière du soleil et de la lune...."

Tout en écoutant ce récit des plus fascinants, à la manière d'un conte, Daenerys posa les yeux sur la petite flamme lancinante d'une bougie posée en face d'elle, y voyant presque les silhouettes dansantes des dragons de Yi Ti, entendant presque les échos lointains de leurs chants dans ses oreilles.... Daenerys ne sentait plus rien autour d'elle, ne voyant que la bougie, la flamme formant presque les pics des montagnes lointaines des contrées de Yi Ti, les formes éloignées et gracieuses des grands dragons tournoyants et dansants sous la lune de minuit.... 

Shen-zoan après avoir appliquer proprement l'huile, commença alors à implanter la première aiguille dans le dos de Daenerys, qui ne réagit même pas, ne ressentant aucune douleur, même vive. 

_"Parlez moi de Yi Ti, Shen....." Daenerys dit, étant toute ouïe et désireuse d'en entendre plus sur cette contrée légendaire mais méconnue du reste du monde. Shen sourit de voir la curiosité de la reine dragon et se fit un plaisir de lui raconter. 

_"Il y a de cela fort longtemps, La Jouvencelle de Lumière et le Lion de la Nuit donnèrent naissance à un fils unique, le Dieu-sur-Terre, qui fonda le Grand Empire de l'Aube et devenant ainsi le tout premier empereur-dieu de Yi Ti. L'empire s'étendait des montagnes des Os au Désert Gris, de la Mer de Jade jusqu'à la Mer Grelotte. L'empereur voyageait dans un grand palanquin, taillé dans une seule perle, et était porté par cent femmes, les cents reines de l'empereur-dieu."

Cent reines pour un seul dirigeant? Daenerys en fut plus que surprise. 

_"L'empereur régna ainsi pendant dix mille ans...." continua Shen-zoan "...avant de s'en aller rejoindre ses ancêtres parmi les étoiles, et laissant ainsi sa place à son fils ainé, l'Empereur de Perle, qui lui succéda en tant que nouveau souverain de Yi Ti."

Daenerys écoutait sans en perdre un mot, plus que fascinée par ce qu'elle écoutait alors que Shen continuait de poser les aiguilles, une par une, avec délicatesse et précision. Un souverain vénéré comme un dieu, décrit comme l'enfant d'un couple de divinités et ayant régner sans partage durant plusieurs millénaires.....Cela paraissait bien trop mystique pour être vrai, mais après tout ce qu'elle avait pu voir dans sa vie, et ayant elle-même été plongée dans le feu sans en subir la moindre blessure, ramenée à la vie par la volonté d'un dieu des flammes et de la lumière, la frontière entre le monde des mortels et celui de la magie était devenu de plus en plus mince....

 _"J'aimerais tant visiter Yi Ti un jour...." dit doucement Daenerys, ressentant les effets relaxants envahissant petit à petit son corps. Shen comprit bien le désir de la jeune femme, mais parut moins souriant tout à coup, comme se rappelant de choses bien moins joyeuses. 

_"J'ai bien peur que cela soit impossible, majestée....." dit-il, presque comme s'excusant d'avoir à le dire "...notre pays fut certes autrefois un puissant et prospère empire, mais ce temps là est désormais révolu....Aujourd'hui, Yi Ti n'est plus qu'une terre déchirée par la guerre, divisée en plusieurs royaumes, chaque empereur voulant asseoir sa domination sur les autres, créant ainsi encore plus de conflits...." 

Daenerys fut désolée pour Shen en entendant cela. Voyant que le sujet avait plongé Shen dans des pensées plus sombres, elle choisit de ne plus rien dire, ne voulant pas le mettre davantage mal à l'aise et le laissa poursuivre son traitement médicinal. 

********** 

Cette nuit, dans le temple de Volantis désormais plongé dans le plus grand silence, Daenerys se retrouva de nouveau quelque part, dans un endroit qui lui parut à la fois inconnu et familier. 

Habillée de son élégante et légère robe de nuit en soie blanche flottant dans la brise, Daenerys marchait au milieu d'un champ infini d'herbes et de fleurs sauvages bercées par le vent, sous un ciel clair vierge de toute présence nuageuse. Elle se sentait bien, légère, comme libérée d'un poids énorme sur ses épaules. Caressant du bout des doigts les tiges des herbes tout en marchant et sentant la douceur de la terre sous ses pieds nus, la jeune reine regardait autour d'elle, se demandant où elle pouvait se trouver cette fois, ce rêve lui paraissant encore cette fois bien réel. 

Elle remarqua alors, au milieu de ce champ, une demeure isolée en briques, très bien entretenue et à l'allure plus que familière. En s'avançant pas à pas, Daenerys sentit son coeur faire un bond lorsqu'elle reconnut là la maison à la porte rouge, celle ou elle passa une partie de son enfance heureuse. Cette maison si chère à son coeur, qu'elle voulait revoir à tout prix. Une odeur agréable vint saluer les narines de la jeune femme....une odeur elle aussi familière.....du citron......Regardant vers sa gauche, elle aperçut là le petit citronnier de son enfance, se tenant juste sous l'une des fenêtres de la maison, celle de sa chambre de jadis. Daenerys se souvint. Chaque matin, elle se levait tôt afin d'ouvrir la fenêtre et admirer le lever du nouveau soleil tout en humant avec interêt la douce odeur des citrons poussant sur les branches. Elle avait toujours aimée cette odeur, tout comme elle aimait le citron au gout. Viserys, lui, se fichait de tout cela, ne rêvant que de pouvoir un jour reconquérir le trône de la famille. Daenerys, elle, étant enfant, n'avait jamais connue tout cela et n'aspirait qu'à menée une vie paisible. Daenerys soupira, plongée dans tout ces souvenirs alors que sa paume venait toucher le tronc sec de l'arbre. En y repensant, elle aurait presque souhaiter restée la jeune fille innocente et un peu rêveuse, rester loin de touts ces conflits et ces jeux de pouvoir qui lui avaient attirés tant de souffrances et l'avaient menée à sa perte. Elle cueillit un citron sur l'une des branches les plus basses, palpant sa peau et reniflant son odeur. Elle voulut croquer dedans, afin de se souvenir un peu plus de ses souvenirs heureux....

_"Daenērys Targārien....."

Daenerys se figea lorsque l'écho de cette voix désincarnée parlant en Haut Valyrien la traversa, lui arrachant un frisson à travers le corps, laissant tomber le citron à ses pieds. Les herbes sauvages frissonnèrent elle aussi dans la violente bourrasque qui se leva tout à coup. Daenerys se retourna, pour voir avec anxiété la porte rouge de la maison s'ouvrir lentement dans un grincement prononcé. 

_"Māzigon isse...."

La voix fantomatique provenait de l'intérieur et l'invitait à entrer. Daenerys reconnut cette voix. Elle l'avait entendue plusieurs fois, la première fut lors du rituel qui la ramena à la vie. Alors qu'elle se trouvait encore entre les bras de la mort, cette voix l'avait appelée, la tirant hors des griffes de la mort. Comme attirée par cette voix et sans être capable de résister, Daenerys s'avança jusqu'à la porte rouge et pénétra dans l'enceinte de la maison, dans une pièce d'une obscurité aussi opaque que de l'encre. Une fois entrée, la porte se referma brutalement derrière elle, la faisant sursauter, bloquant toute possibilité de revenir en arrière. 

L'obscurité s'évanouit et Daenerys se retrouva maintenant debout au milieu d'un endroit totalement différent et qui cette fois, la replongea dans des souvenirs bien plus douloureux....Winterfell! Elle était au milieu de la cour du château de Winterfell, reconnaissant très bien les lieux et sentant cette fois la neige mordante sous ses pieds. Le coeur battant et respirant de plus en plus fort avec crainte, Daenerys regardait autour d'elle, sans apercevoir âme qui vive. 

Winterfell était une ruine, balayée par les vents du nord venant faire craquer le bois des fondations et la neige recouvrant peu à peu les bâtiments de son épais manteau blanc. Les seuls bruits entendus étaient ceux de corbeaux venant se percher sur les toits et jacassant sans cesse. Daenerys voulut faire un pas, et sentit sous son pied la texture d'un tissu. Baissant le regard, elle aperçut une bannière plus que reconnaissable, le loup des Stark, à moitié enseveli dans la neige mais ayant été aussi lacéré en deux. Daenerys déglutit, contemplant ce domaine fantôme. Qu'avait-il bien pu se passer ici? Un vent glacial l'enveloppa, l'obligeant à blottir ses bras autour de son corps afin de se protéger, sa robe en soie ne la protégeant en rien de la température polaire qui régnait. Vite, elle courut se réfugier à l'intérieur du premier bâtiment venu, avant de finir congelée. 

Elle entra, barrant la porte pour empêcher le froid d'entrer. Mais en se retournant, elle haleta d'horreur, paralysée sur place. Devant elle, se trouvait la grande salle de Winterfell, dévastée, les tables et les chaises renversées, les dalles de pierre des murs et du sol imprégnées de mare de sang....mais surtout, plusieurs corps, cloués sur les murs tels des papillons dans la vitrine d'un collectionneur, et autour d'eux des spirales faites de membres humains sanguinolents. Parmi les corps sans vie, Daenerys les reconnut tous....Jorah, Missandei, la tête de Rhaegal, Ver Gris, Shen-zoan, Cade, Jon Snow.....il étaient là, morts, éventrés comme des animaux, leur sang s'étant répandu à leurs pieds..... 

_"NOOOOOON! NOOOOON! NOOOOON!!" Daenerys tomba à genoux devant eux, hurlant, versant des larmes et martelant le sol avec ses petits poings. Elle en avait assez de ces visions d'horreur, de tout cela, elle ne pouvait plus le supporter. Quand les dieux cesseraient-ils donc de la tourmenter? Quelle message odieux voulaient-ils lui annoncer? 

Le grande cheminée dans la salle de Winterfell s'embrasa tout à coup dans des flammes incandescentes, surprenant Daenerys qui cessa de pleurer, le regard fixe sur quelque chose en particulier. Devant la cheminée, se tenant dos à Daenerys sur un grand siège, une silhouette obscure était assise, les doigts de ses mains ombreuses tapotant doucement sur le bois de la chaise. Elle paraissait enveloppée dans une sorte de très long manteau d'ombres, une capuche relevée cachant sa tête. Daenerys se sentit immédiatement écrasée par cette présence dont l'aura avait envahie tout à coup la pièce, la plongeant dans une grande obscurité et seule les flammes venant y apporter de la lumière. 

Très lentement, Daenerys se remit sur ses pieds, les larmes s'asséchant sur ses joues et sans détourner le regard de cette ombre assise dans le siège et à aucun moment ne semblait prêter attention à elle. Daenerys voulut faire un pas vers elle, mais fut comme retenue par une force immense et invisible, l'empêchant d'approcher de cette personne, ou plutôt, cette chose dont la simple présence physique suffisait à la faire frémir. 

_"Konīr ao māstan naejot nyke, ñuha kivio mēre."

Tu es enfin venu à moi, mon élue. Daenerys comprenait ce qu'il disait, mais reconnut à nouveau cette voix venant faire trembler ses tympans et son crâne, bien plus proche qu'avant et faisant même trembler les murs. Lorsqu'il parlait, les flammes rugissaient, redoublant d'intensité pendant quelques secondes. Daenerys déglutit, sentant la moindre parcelle de son corps trembler, mais restait droite malgré tout. Elle savait qui il était....

_"Vous.....vous êtes...... celui que les prêtres rouges nomment....." commença t-elle à dire. 

_"R'HLLOR!!" clama tout à coup la voix caverneuse et inhumaine, interrompant Daenerys qui surprise se recula d'un pas, alors qu'à nouveau, les flammes rugirent tels un monstre cherchant à s'extirper de la cheminée. 

_" Naenie brōzāt sia tepagon naejot nyke, yn iksan iēdrosa keskydoso. Konīr's mērī nyke.....se ao. Mirre se ra ao glaestan jemagon ao naejot nyke."

Beaucoup de noms me furent donnés, mais je reste le même. Il n'y a que moi.....et toi. Toutes les choses que tu as vécue jusqu'à maintenant t'ont menée jusqu'à moi. 

_"Que.....que voulez vous de moi? Pourquoi m'avoir choisie?" demanda Daenerys, désireuse d'enfin obtenir une réponse à cette question, et qui de mieux que le maitre de la lumière lui-même pour lui fournir cette réponse? Mais le ferait-il? Entrelaçant les doigt longs et fins de ses mains les uns les autres, sans se détourner du feu, l'entité ne répondit pas tout de suite, paraissant s'évaporer dans l'air et réapparaitre à chaque seconde qui passait. 

_"Mērī kostā keligon skoros kessa massigon. Skoros ao ūndegon iksis skoros kessa sagon lo ao qringaomagon. se vōljes lēda hāre kasta laesi iksis māzis, se mērī se mēre qilōni kostagon iōragon se egros āzma hen perzys kostagon keligon zirȳla."

Seul toi peut arrêter ce qui va se produire. Ce que tu as vu là sont les conséquences de ton échec.....le corbeau aux trois yeux bleus arrive, et seul celui qui pourra brandir l'épée née du feu et des cendres, pourra le stopper. L'épée née du feu? Daenerys se souvint de cette épée qu'elle récupéra dans les flammes.... Une vision aussi claire que de l'eau lui apparut comme un flash devant les yeux.....elle et Jon se faisait face, tous deux se tenant au milieu d'un champ de neige et de cendres, et Jon titubait, le visage hagard, alors que la lame de l'épée de Daenerys venait de lui transpercer le coeur, venant imprégner la lame argentée de l'arme qui se nimbait alors d'une flamme grandissante et rougeoyante.... Daenerys chassa cette vision de ses yeux et tomba en arrière, haletante et tremblante. L'ombre et les flammes dans la cheminée s'était évanouies dans la pénombre, seul restait le siège, vide, et à nouveau le silence pesant régnant en maitre. 

Daenerys décida de ne pas rester ici une seconde de plus et se hâta d'aller ouvrir la porte de la grande salle, préférant affronter le froid de l'extérieur. Mais en l'ouvrant, elle se retrouva à nouveau devant la maison à la porte rouge, sous la chaleur et la lumière du grand soleil, parmi les herbes et les fleurs sauvages. Elle revit également le citronnier, inchangé, mais cette fois, deux personnes se tenaient au pied de l'arbre, et ne semblaient pas remarquer la présence de la jeune femme. Daenerys, encore une fois, resta figée sur place, incapable de parler ni même de penser face à ce qu'elle voyait. 

C'était elle....elle se voyait là, au pied du citronnier, un peu plus âgée, et vêtue très simplement d'une longue robe bleue azur et d'un chale de fine soie violette. Et avec elle, assise sur ses genoux, une petite fille adorable, aux cheveux tressés argentés, et aux yeux noirs, que la deuxième Daenerys serra fort dans ses bras, toutes deux s'amusant dans une grande joie et regardaient ensemble les citrons sur les branches. Ils étaient proches d'elle, mais leurs rires semblaient si lointains, comme des échos venant s'évanouir dans l'air. 

Daenerys contempla cette scène semblant venir d'un autre temps ou peut-être simplement de son imagination. Une larme coula délicatement sur sa joue. 

La Daenerys de la vision porta alors ce qui était sûrement sa fille à bout de bras, la levant vers l'une des branches afin qu'elle puisse y cueillir un citron mûr, ce qu'elle fit. Autour de son poignet, elle portait un bracelet en argent, façonné sous la forme d'un dragon à trois têtes. La petite fille rigolait, tenant le fruit dans sa main, mais devint tout à coup plus sérieuse, tournant lentement son attention vers une autre direction.

Le coeur de la vraie Daenerys bondit dans sa poitrine. C'était elle que la petite fille regardait fixement. Elle voulut tendre la main vers cette petite fille, venir la toucher....

Mais Daenerys ouvrit tout à coup les yeux, extirpée de son sommeil et se retrouva dans son lit, au milieu de sa chambre dans le temple de Volantis. La nuit régnait encore. Daenerys s'assied sous les draps, une profonde mélancolie la submergeant, sa gorge se nouant, et sentit la trace de la larme qu'elle avait versée plus tôt sur sa joue, la touchant du bout des doigts. De son autre main, elle vint délicatement toucher son ventre qui continuait lentement mais sûrement de s'arrondir. A l'extérieur, dans le lointain, elle entendit soudainement le hurlement d'un animal à la pleine lune....le hurlement d'un loup.... 



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