La préparation du fortifioul sans limbium

Chapitre 1 : Comment sauver Sophie Foster de son rendez-vous avec la mort

Chapitre final

1910 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 05/07/2021 10:46

Cette fanfiction participe aux Défis d’écriture du forum Fanfictions. Fr : « Philtres, élixirs et petites potions » (juin juillet 2021).


Assis à mon bureau, je relate dans ma tête les derniers évènements. La plantation de l’Errant de Sophie… les regards incessés vers mon transmetteur… la confirmation qu’elle est bel et bien morte : de mes propres yeux, j’ai vu son pendentif d’identification. Rempli d’eau. Inutilisable. Keefe, inconsolable, est passé me voir hier. Sous ses airs de fauteur de trouble se cache véritablement un grand cœur. Je suis également passé voir Grady et Edaline. Ils sont anéantis par la mort de Sophie. Si seulement j’avais un remède miracle à leur proposer… Je reprends mon transmetteur et mon cœur loupe un battement : selon Fitz, Sophie serait vivante ! Je saute tout de suite à Lumenaria, une trousse de secours à la main. Je n’y crois pas ! Sophie et Dex se tiennent devant moi, sains et saufs ! Enfin, peut-être pas si sains… J’observe d’une part le corps inerte de Dex, et quant à Sophie, elle paraît dangereusement évaporée… Après lui avoir administré un sédatif, Fitz sort son cristal de foyer et nous transporte à Everglen.

 

J’ai fait tout ce que j’ai pu. J’ai administré à Sophie un mélange d’élixirs, plutôt agressifs pour la plupart : alkahest, apaisetout, casse-bobo, dermodoux, efface-plaie, hématomic… là n’est pas le problème. Seulement, si les cellules de Sophie reviennent peu à peu, elle ne reprend toujours pas de couleur. J’aurais bien une idée du remède, mais j’ai beau être médecin, je ne suis pas alchimiste. C’est alors que la solution s’offre à moi sur un plateau d’argent : Kesler Dizznee rentre dans la chambre où je me trouve. Il vient prendre des nouvelles de Dex, toujours inconscient. Je lui explique en quelques mots mon idée. Nous voilà dans son laboratoire. J’ai chargé Fitz de lui administrer une dose de chaque élixir, toutes les heures. Je présente à Kesler mon plan. Il s’éclipse et revient quelques minutes plus tard, les bras chargés de fioles :

« J’ai tout ce qu’il nous faut, annonce-t-il. Au travail ! ».

Je lui tends la notice des étapes, où il est écrit :

·        5 gouttes d’amarallitine

·        1 once de limbium

·        3 flacons de jouvence

·        2 larmes de bennu

·        25 gouttes de venin de jaculus

·        4 feuilles de Purfoliage palmae (plus connus sous le nom de purs)

Tout y passe ! Mes réserves de casse-bobo, des sérums destinés à reconstruire les cellules… et ne parlons pas du temps ! Deux heures pourraient passer, et on aurait l’impression que seulement quelques minutes s’écouleraient. Les chaudrons bouillonnent, et il en émane différentes odeurs qui emplissent la pièce. Des fumées multicolores se promènent. Nous sommes tellement concentrés que même Bullhorn ne pourrait nous déranger. Les fioles vides se multiplient comme les explosions en cours d’alchimie causées par Sophie. Kesler s’apprête à verser du limbium, mais je l’en empêche d’un geste :

« Stop ! Avez-vous oublié que Sophie y est mortellement allergique ? »

Dès ce moment, je change le titre de la recette qui affiche à présent « fortifioul sans limbium ».

Nous y avons déjà passé trois jours. Trois jours que je n’ai pas pris de nouvelles de Sophie. Je saute donc à Everglen. Arrivé dans la chambre, j’y trouve Fitz, assis sur une chaise, et Keefe, lançant des blagues pour détendre l’atmosphère. Je m’approche du lit où Sophie, toujours sous sédatifs, ne fait pas le moindre mouvement. Sa respiration est toujours faible mais malgré tout, lorsque je lui projette différents orbes de couleur, je vois ses cellules bien plus nettes. Je remets aux garçons de nouveaux élixirs, et, après les avoir remerciés chaleureusement de s’être occupés de Sophie, je m’en vais. En franchissant le portail, je rencontre Lady Galvin, venue parler à Alden. Quelle chance ! Je ne connais pas meilleure alchimiste qu’elle, excepté Kesler. Je lui demande donc de l’aide. Mais sa réponse me déçoit :

« Navrée, mais j’ai euh… une éclaterole et mes cours à préparer. »

Et, sans ajouter un mot de plus, elle disparaît à l’intérieur de la résidence. Quelle impolie ! Mais l’heure n’est pas à décrire son caractère sarcastique. Je dois au plus vite retourner au labo.

De retour avec Kesler, je mets les bouchées doubles. Un réapprovisionnement serait sans doute nécessaire après cela mais au moins, nous sommes assurés de garder Sophie en vie.

 Trois jours de plus s’écoulent. Nous travaillons jour et nuit. Nous n’avons plus aucune notion du temps. Je sors un instant, cherchant quelque ingrédient demandé par Kesler. Je jette instinctivement un coup d’œil à l’horloge : il est trois heures du matin ! Je ne me suis pas rendu compte que c’est à présent la nuit. Mais il faut dire que la seule luminosité présente dans le labo est l’obscure lumière qui se dégage du fouillis de chaudrons. C’est alors que la tragédie frappe : il nous manque du venin de jaculus ! Kesler m’informe que Grady et Edaline élèvent un jaculus… et même si ça ne me plaît guère d’aller les voir, je saisis sans hésiter mon cristal de foyer et trois secondes plus tard, Havenfield apparaît devant mes yeux. Verdi court déjà à ma rencontre : je crois bien qu’elle m’apprécie… pourtant, je n’ai guère d’affection pour les tyrannosaures !

Grady m’aperçoit et s’avance. Edaline nous rejoint quelques minutes plus tard.

- Alors, Elwin… ça avance ? 

-  Pour être tout à fait honnête, je dirais qu’on pourrait finir d’ici deux jours, si tout se passe bien. Seulement, nous sommes à court de venin de jaculus… Est-ce vrai que vous élevez cette créature ?

-  Oui… c’est exact, me répond doucement Edaline. Je vais t’en préparer.

Je m’attarde sur place, le temps de rassurer Grady, de leur donner de la somnolante et de la somnalène, puis de rassembler quelques feuilles du pur ornant la prairie.

Edaline revient vers moi, deux flacons à la main.

-  Voilà… me dit-elle de sa voix douce. Ce sera suffisant ?

Je lui fais signe que oui et m’apprête à m’engager dans le rayon lumineux, lorsqu’elle retient mon attention :

-  Elwin… commence Edaline. Merci. Merci pour tout.

Je sens la douce chaleur m’envelopper et je saute à Slurp & Burp.

Le reste du temps est consacré à trouver différentes recharges de différents élixirs. Plus le temps avance, plus je me dis que Sophie a vraiment de grandes chances de se réveiller très prochainement. En dépit de nos cernes et de notre fatigue, notre sourire croissant semble en dire grand sur nos pensées. En effet, quelques heures plus tard, alors que le jour se lève, nous avons enfin terminé !

Trois heures supplémentaires s’écoulent, le temps de remettre en état le labo et de trier toutes les sortes d’élixirs qui ont été nécessaires à la préparation. Ces choses faites, nous remplissons cinq fioles du remède miraculeux. Pas besoin d’être devin- ni même d’être Télépathe- pour savoir ce que nous pensons : Sophie va guérir.

Je saisis déjà mon cristal de foyer afin de sauter au plus vite à Everglen, mais Kesler m’en empêche d’un geste.

-  Allez-vous reposer, me suggère-t-il. Je m’occupe de Sophie.

Obtempérant à ses paroles, je saute vers ma résidence. Je dors une journée. Mes rêves sont peuplés de chaudrons, de douces odeurs et, étrangement, d’images des Cités Interdites. Lorsque je me réveille, ne sachant que penser de ce songe, je l’oublie. C’est alors que j’aperçois la date ! Affolé d’avoir dormi autant de temps, je m’habille en quatrième vitesse, attrape ma sacoche et me précipite à Everglen.

Les jours qui suivent sont plutôt flous. Bien sûr, je continue à préparer toutes sortes d’élixirs, et mon labo donne toujours l’impression d’avoir été dévasté par une bombe nucléaire. Mais la bonne nouvelle, c’est que je suis plutôt optimiste quant à l’état de Sophie. Alors que je remplis de nouvelles fioles avec du fortifioul sans limbium, je sens mon transmetteur chauffer : le visage de Fitz apparaît.

-  Fitz ? Qu’y a-t-il ? Un problème avec Sophie ? je m’inquiète.

-  Non, non ! Au contraire, tout va bien !

Alarmé, je saute immédiatement à Everglen. Je mets une minute avant de comprendre ce qu’il se passe : Bullhorn a enfin quitté le lit de Sophie ! Autrement dit, elle n’est plus en danger de mort ! La mine réjouie, je m’apprête à repartir, lorsque Keefe m’interpelle :

-  Donc… vous pensez qu’elle va se réveiller bientôt, la Mystérieuse Mademoiselle F qui me met à la porte machinalement et qui me fait me morfondre ?

- Je crois que tu viens officiellement de battre le record du surnom le plus long, Keefe. Mais oui, elle pourrait bientôt se réveiller. Peut-être même demain, qui sait ?

-  Merci, Elwin. Merci beaucoup. Vous êtes un dieu de la médecine, fait une voix dans mon dos.

Je me retourne et j’aperçois Edaline, le visage amaigri, baigné de larmes. Je lui souris en guise de remerciement et m’en vais vers le Centre de soins.

 

Et voici les figures de style !

-  Zeugma : Mais sa réponse me déçoit : « Navrée, mais j’ai euh… une éclaterole et mes cours à préparer. »

- Oxymore : Mais il faut dire que la seule luminosité présente dans le labo est l’obscure lumière qui se dégage du fouillis de chaudrons.

-  Hyperbole : …et mon labo donne toujours l’impression d’avoir été dévasté par une bombe nucléaire.

-  Allitération : Donc… vous pensez qu’elle va se réveiller bientôt, la Mystérieuse Mademoiselle F qui me met à la porte machinalement et qui me fait me morfondre ?

-Métaphore : Merci, Elwin. Merci beaucoup. Vous êtes un dieu de la médecine.


Note : tous les élixirs et ingrédients cités sont purement authentiques (du moins dans les livres) Allez donc lire le tome 8,5 ! 😝


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