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Chapitre 7 : LA SUITEEE

1194 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 31/07/2026 16:44

— Oh, les voilà enfin de retour ! dit Keefe lorsque les deux sœurs arrivèrent dans la Forêt tordue. On va pouvoir les tabasser.

  • Ah nionionionionio tu vas pas me taper toi tu rêves !! Nan mais, les gosses d’aujourd’hui, dit Raven d’un ton méprisant.
  • Je suis plus grand que toi déjà ! Répliqua Keefe. 
  • C’EST UN DÉTAIL CA ! 

Fitz s’avança d’un pas vif vers les deux filles.

— On est censés former une équipe ! Vous devez nous emmener avec vous quand vous vous enfuyez avec des étrangers, au lieu de disparaître sans rien dire !

  • Ah moi je fais CE QUE JE VEUX, t’es pas mon daron ! Répliqua Raven, à nouveau méprisante. 

— Je suis désolée, dit Sophie, l’esprit encore ébranlé par les révélations de l’après-midi.

Elle ne pouvait se faire à la terrible idée que le Conseil aurait pu éviter la catastrophe. Mais hors de question d’en parler à ses amis en présence de Calla. Elle chercha donc des explications plus inoffensives.

— Tamou ne m’a laissé qu’une seconde pour me décider, dit Raven

— Qui ? l’interrompit Dex.

— Le beau Ténébreux. Sa sœur s’appelle Linh.

— Ils sont frère et sœur ? s’enquit Biana.

— Jumeaux, précisa Raven. Ce sont eux, les adolescents dont on a retrouvé les empreintes près de Bois-Sauvage.

— Vous étiez à Bois-Sauvage ? demanda Calla depuis la cime des arbres.

— As-tu peur d’une contamination ? J’ai essayé de faire attention. Je me suis juste approchée pour examiner les racines.

Linh a vu les Invisibles inspecter la zone, aussi ai-je failli prendre un échantillon, mais je...

— Décrivez-les moi, l’interrompit Calla avant de sauter au sol.

Lorsque Sophie eut fini, la gnomide était aussi verte que ses pouces.

— Les racines étaient rouges ? murmura-t-elle.

— Qu’est-ce que ça signifie ? demanda Biana, passant un bras autour des épaules de Calla pour la soutenir.

— Que leur temps est presque écoulé, répondit la gnomide. Les racines rouges, c’est la fin. Toujours. Sans exception.

— Combien de temps reste-t-il aux colons ? chuchota Raven, les mains derrière la tête. 

— Difficile à dire. L’organisme des arbres est plus simple que le nôtre. Mais nous suivons le même chemin. Une fois que l’infecté voit rouge, ses jours sont comptés.

— Selon Lur et Mitya, aucun des colons ne présente de marques rouges, annonça Sophie à M. Forkle, qui commençait à creuser un sillon dans le tapis de la salle commune.

— Pour l’instant, ajouta-t-il.

Calla avait chargé Sophie de transmettre à Lumenaria dès leur retour à Alluveterre, afin de savoir si l’un des gnomes avait atteint le stade final. Ce n’était pas le cas. La jeune fille s’était bien gardée d’expliquer à Mitya ce que le rouge signifiait, mais personne n’était dupe. Quant au gnome trouvé dans la Gorge de Bosk, son état empirait toujours plus vite que celui des autres. Sophie demanda s’il se souvenait de ce qui lui était arrivé, ou de quoi que ce soit d’utile. Il se rappelait juste avoir perdu connaissance avant de ressentir la douleur de la maladie.

D’un regard, Sophie s’assura que Calla était partie avant de poursuivre.

— Nous avons à présent la preuve que le Conseil était au courant pour l’épidémie.

— Tu crois ? demanda M. Forkle. Il me semblait plutôt avoir les déclarations de deux adolescents bannis... dont un Ténébreux célèbre pour son insubordination.

— Vous pensez que Tam et Linh mentent ? rétorqua Raven, agressivement. 

— Bien sûr que non. 

BAH HEUREUSEMENT, se dit Raven sinon j'aurais reçu mon poing dans la tronche !! 

Forkle continua : 

  •  Mais leur parole n’a pas le poids que tu lui prêtes. Surtout quand on considère le flou de la conversation rapportée. Tout ce qu’ils ont entendu, c’est l’évocation d’un « risque ». Le Conseil s’empressera de prétendre qu’il n’était pas question de l’épidémie.

— Ils ont aussi entendu que « personne ne devait être au courant », non ? demanda Dex.

— Ce qui peut s’appliquer à n’importe quelle activité du Conseil, dit M. Forkle. La plupart de leurs enquêtes sont confidentielles.

— C’est bien le problème, maugréa Sophie. Trop de secrets.

Elle repensa à la cache de Kenric. Quelles horreurs pouvait-elle bien contenir ? Combien de tragédies ces informations pouvaient-elles éviter ?

— Je suis souvent le dernier à défendre le Conseil, Sophie, reprit M. Forkle. Mais ils doivent avoir leurs raisons pour préserver un tel secret. Des siècles durant, les Conseillers ont fait preuve d’une profonde affection pour les gnomes. Je n’arrive pas à croire qu’ils les mettraient en danger de plein gré. C’est pourquoi nous devons nous concentrer sur tes autres découvertes et garder nos soupçons pour nous le temps de rassembler des preuves concrètes. Les lumières aperçues dans la forêt pourraient correspondre à bien des éléments, même si je soupçonne l’intervention du Psionipathe. Bref, l’arbre que tu as vu a sans doute plus de liens avec l’épidémie qu’avec son remède. A nous de découvrir comment. Et pourquoi l’arbre emprisonné semblait plus vert, plus sain.

— D’accord. Comment s’y prend-on ? demanda Sophie.

— On envahit Ravagog, dit Keefe. Qui en est ?

  • MOIIIIIIII, s’exclama Raven 

M. Forkle ignora sa suggestion.

  • On y va ensemble Keefe? proposa Raven 
  • Bien sûr, s’exclama-t-il en lui faisant un high five

— En toute franchise, Exillium constitue toujours la meilleure piste. Pensez à tout ce que nous avons appris depuis que vous y êtes scolarisés.

Keefe émit un soupir excédé.

— Alors on gaspille notre week-end ?

— On ne gaspille rien du tout, rétorqua M. Forkle. Vous avez tous d’importantes leçons à étudier. Mais nous devons d’abord examiner le plan de Raven.

— Quel plan ? demanda la Ténebreuse, avec nonchalance.

— Tu allais suggérer de laisser les jumeaux rejoindre notre ordre, non ?

Raven le regarda, ébahie.

— Bien sûr j’attendais juste que vous finissiez de débiter des informations ennuyantes.

— L’idée est très mauvaise, termina M. Forkle, ignorant les plaintes de Raven . Ils ne savent rien de notre organisation ou du sacrifice qu’elle impose. Nous avons besoin de membres engagés et conscients de leurs responsabilités, pas de ventres vides en quête d’un lit douillet.

— Mais...

Il la fit taire d’un geste, ce qui était un véritable exploit. Ses amis demeuraient silencieux.

Aucun d’entre eux n’avait prononcé le moindre mot en faveur des jumeaux. Pire, tous semblaient éviter le regard de leur amie.

— Je ne dis pas que nous ne les aiderons pas, ajouta M. Forkle. Je vais prendre des dispositions afin qu’ils soient nourris et logés. Mais ils resteront à l’écart du Cygne Noir. Et je te déconseille de leur parler de nous ! 



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