Alphabet spirituel au détour d’une conversation

Chapitre 1 : Alphabet spirituel au détour d’une conversation

Par B7B14

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


Cette fanfiction participe au Défi Discussion ABCdaire de KamrynAllister sur Nocteller

Trois discussions avec des esprits errants — version augmentée du Défi.




— Ainsi, vous me voyez ? s’étonna-t-il.

— Bien sûr, sinon je ne pourrais vous dire que vous portez une veste bleue et des pantalons jeans, soupira Mélinda.

— Comment n’y avais-je pas pensé ! ajouta l’esprit errant en riant.

— Désormais, pouvez-vous, monsieur Smith, m’expliquer la raison de votre…

— Euh oui ! Je veux que… Je voulais quoi déjà ?… Ah oui, retrouver Lewis !

— Fabricant de jeans ?

— Gnouf ! Non, c’est là qu’est Lewis ! Pas un fabricant de jeans !

— Ha ! D’accord ! Et vous voulez que je dise quoi à Lewis en prison ?

— Identifiant… Son identifiant est KZ023.

— Je ne comprends pas ce que ça veut dire ?

— Kasher pour son mode alimentaire, Zoo pour son premier lieu de travail, 02 pour le mois de naissance et 3 pour le jour.

— Logique !

— Madame, je n’ai pas fini ! Je voulais lui donner l’argent que je cache dans un coffre chez moi ! Pouvez-vous demander à ma femme de vous donner cette somme ?

— Nécessairement possible… Ce ne sera pas la première fois que j’accomplis la volonté des esprits errants.

— Oh ! C’est gentil !

— Par contre, je doute que je puisse me rendre en prison les mains dans les poches et dire aux gardiens « Eh vous, je veux rendre visite à Lewis, identifiant KZ023, pour donner un petit cadeau d’un ami défunt. »

— Quoi ? Comment ?

Le fantôme serra ses mains en poing. Il devint rouge comme pivoine.

— Respirez un peu. Calmez-vous. Soyez rationnel, continua-t-elle avec un petit sourire apaisant. Personne ne me laissera passer si je me pointe à la prison…

Smith respira bruyamment avant de se calmer quelques minutes plus tard.

— Surtout que je ne suis pas un proche de votre ami ou une connaissance quelconque. Et, qu’est-ce qui vous lie à Lewis en prison ? Elle murmura d’une voix douce sa question.

— Très bien, je saisis votre raisonnement, mais nous pouvons essayer, s’il vous plaît ! Vous pouvez m’aider, non ? Sinon Lewis, c’est mon collègue et ami depuis le temps des études. Je ne peux le laisser croupir sans un sou en prison, le pauvre ! Et je peux toujours posséder l’un des gardiens ! Sans succès garanti, mais qui n’essaie pas n’a rien !

— Une tentative ne signifie pas automatiquement une victoire.

— Victoire certaine autrement ! Si cette option ne fonctionne pas, je sais que Lewis a une petite amie… Wilhelmina. Elle peut prendre l’argent à sa place.

— Wilhelmina, pourquoi pas ? Plus simple, moins suspect. Je peux toujours donner la somme d’argent à cette femme. Ça revient au même, non ?

— Xiiii ! Bon d’accord… Ça ne sera pas facile… Je doute qu’elle accepte, mais à ne pas exclure !

— Y suffit de penser à ce qui est le plus évident ! s’enthousiasma la médium.

— Zut ! Cette option est impossible… Je pense qu’ils ne vivent plus ensemble depuis plusieurs années !


***


— Albert Bernard, s’exclama Mélinda, les mains serrées en poings, dites-moi pourquoi vous…

La médium lança un regard foudroyant à son interlocuteur.

— Bien ! Bien, répondit le fantôme en levant théâtralement ses mains. Je vais vous aider !

— Comment ? C’est moi qui vous aide, pas le contraire ?

— De temps en temps, je change d’avis, vous savez ? Je m’amuse un peu avec la radio, c’est drôle !

— Écouter une chanson dans une langue étrangère est votre seule raison de demeurer parmi les vivants, non ? Un peu particulier, quoi d’autre ?

— Franchement pas difficile à deviner, n’est-ce pas ? Je ne suis pas quelqu’un de compliqué !

La médium tendit l’oreille, curieuse.

— Grec ? Vous voulez écouter une chanson dans cette langue ?

— Hilarant, n’est-ce pas ? continua Albert avec une touche de sarcasme. Surtout lorsque que je ne sais pas un mot !

— Inquiétant, plutôt, marmonna-t-elle. Vous allez réveiller, mon petit bébé, Aiden !

Un cri fusa du berceau.

— Je suis désolé, marmonna le fantôme en baissant la tête. Sinon, je suis passionné par un certain théâtre asiatique… dont j’ai oublié le nom…

— Kabuki ? Le kabuki ? suggéra-t-elle en berçant son fils pour le calmer.

Il secoua la tête en signe de négation.

— Le nô, peut-être ?

— Merci ! C’est ce que je cherchais ! s’exclama Albert en sautillant. Tellement intriguant ce jeu de pantomime, ces costumes colorés et ces masques. Bon, que je revienne à mon propos… Voulez-vous en savoir plus ?

— Non, pas d’intérêt personnel pour le théâtre, sauf si c’est important pour vous ?... haussa des épaules la médium. Je peux vous écouter… Selon mes recherches…

— Oubliez-vous que toutes les informations accessibles sur Internet et les médias sociaux sont très partielles ?… Et qu’elles ne permettent aucunement de conclure quoique ce soit à mon sujet.

— Pourtant, vous êtes mort… en mangeant du confit de canard lors de votre voyage en France !

— Quels magnifiques souvenirs ! le fantôme se laissa aller à la rêverie. La tour Eiffel, le Louvre et tant de merveilles architecturales !

— Revenons à ce qui nous intéresse. Je n’ai pas l’éternité devant moins, contrairement à d’autres.

— Si vous le souhaitez, bien entendu ! Sinon, j’ai un frère qui travaille à la banque, responsable de détournement…

— Troublant ! Au moins, vous n’avez pas eu de contact avec lui… Sinon, vous avez voyagé partout dans le monde avec votre épouse, sauf dans quelques pays.

— Un petit détail, Gertrude et moi avons visité tous les pays, sauf l’Uruguay, la Russie et la Finlande. Et je me suis récemment rendu… d’outre-tombe dans ces lieux. Je regrette de ne pas pouvoir partager mes joies avec ma bien-aimée ! Concernant Robert, mon frère, je n’ai aucun contact avec lui depuis très longtemps… Et j’ai été très étonné lorsque j’ai appris sa peine de prison il y a dix ans !

— Vous avez raison ! C’est bien décevant ! Surtout lorsque nous avons une meilleure opinion de nos proches… Pour moi, c’est pareil pour mon père !... L’armoire que votre épouse a amené à la boutique est remplie de statues en bois…

— Xoanon… le corrigea le fantôme.

— Yiddish ? Grec ancien ? Je pense que c’est le second, non ?

L’esprit approuva d’un signe de tête.

— Zéro culture générale, commenta cyniquement Albert en croisant ses bras sous la poitrine et en esquissant un sourire narquois. Bien sûr, c’est du grec ! Sinon, vous pouvez donner les xaonons à Gertrude, c’est un souvenir de voyage.

La médium confirma d’un hochement de tête. 


***


— Alcool, murmura un fantôme. Où est-il ? Je le cherche…

Mélinda s’arrêta sur le seuil de la cuisine, étonnée.

— Bertrand Falcault, je peux vous aider dans votre dernière volonté. Je vous l’ai déjà mentionné lors de notre rencontre dans le parc.

— C’est vrai ! 

Il se frappa la main sur le front.

— Dam, j’ai une mémoire de poisson rouge ! Perte de mémoire à mon âge ! Devrais-je m’en inquiéter ?

— Effectivement ! Mais s’en faire un souci maintenant… soupira Mélinda, les bras croisés. Il est un peu tard, non ? Que cherchez-vous ?

— Futile, tout ça !... Je cherche quoi ? Rien !

— Génial ! s’exclama la médium en portant une main à sa tête. Selon mes recherches, il y a deux cent résultats, dont la moitié pourrait correspondre à votre cas ! Ni Google ni Penthius ne sont collaboratifs !

— Ho ! Je ne sais que dire alors !

— Intéressant votre cas !... dit-elle en levant les sourcils. Comment puis-je vous aider ?

— Jeûner ! Je suis mort de faim… se lamenta-t-il en levant ses mains au plafond. Je voulais devenir un ascèse ! Je pensais survivre en me nourrissant exclusivement de kecha…

— Kacha ? suggéra Mélinda, confuse. Un ascétique bien gourmet ! Original !

— L’indigène connaît mieux que moi la nourriture ! Formidable. Je m’empêtre avec les mots…

— Monsieur Falcault, soyez clair ! Que voulez-vous exactement ? Pour quelle raison vous errer encore parmi les vivants ?

— Néant ! Je ne me rappelle plus… Sauf si c’est l’origano ?

— Original ! Mais que voulez-vous faire avec cet épice ?

— Pour la cuisine, bien entendu ! Mon épouse, Anastasia, en avait besoin !

— Quel quiproquo ! Vous êtes professeur émérite à notre université locale, pas un cuisinier !

— Respectueux et très honorable professeur de littérature française et anglaise, précisa le fantôme avec un petit sourire nostalgique.

— Stupéfiant que le monde soit petit dans notre ville ! Mon ami le professeur Richard Payne vous a mentionné, une fois ! Et vous voulez que je retrouve cet épice pour votre femme ? C’est ça ?

— Trouvez aussi l’alcool que je voulais lui offrir pour son anniversaire… Lequel déjà ?

— Un bordeau ?

— Vodka répondit-il en fronçant les sourcils. Sauf si c’est autre chose, mais quoi ?

— Xérès, non ? murmura la médium, incertaine.

— Youpi ! C’est cet alcool-ci pour accompagner les jacuzzi…

— Zakouski ? sourit-elle, amusée.

Le fantôme approuva d’un signe de la tête, le regard pétillant.




Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés