J7 : Praise/degradations Louanges/Humiliations

Crowley était reparti à son appartement comme il le faisait de temps en temps pour faire acte de présence là -bas, au cas où il serait surveillé par ceux de son camp. Il avait passé la journée à dormir et à terroriser ses plantes ! Il feuilletait, sans vraiment les regarder, ses ouvrages consacrés aux étoiles, à ses étoiles, celles qu’il avait mis tant d’ardeur à créer avant même que Dieu ne pense à créer la Terre et ses habitants. Dehors, la nuit était tombée ; après un regard par les immenses fenêtres de son bureau, il claqua des doigts pour matérialiser plusieurs bouteilles de Talisker. Il ne pris, en revanche, pas la peine de matérialiser un verre…
Deux bouteilles à 45.8 % plus tard, il n’avait plus les idées très claires… Extirpant, non sans mal, son portable de la poche de son jean, il tenta de pianoter le numéro de la librairie. Sans succès :
— Putain de… Bordel de téléphone, tu vas me faire le plaisir d… D’appeler la librairie, tu comprends ? Appelle Aziraphale !
Quelques tonalités plus tard, la voix hésitante de l’Ange se fit entendre par le haut-parleur :
— Crowley ?
— Mn’ange ! C’est moi…
— Je me doute que c’est toi, Crowley, que se passe-t-il ?
— J… J’ai trop bu…
— Oh… Pourquoi tu ne dessoûles pas, mon cher ?
— J’préfère être soûle… Tu me manques, l’angelot…
— Crowley… Tu n’es parti que depuis ce matin…
— Je veux rentrer à la maison !
— Tu as dit qu’Hastur allait venir d’un jour à l’autre pour récupérer tes rapports de mauvaises actions ! S’il ne te trouve pas ici…
— T’as qu’à venir toi, alors !
— Je ne pense pas que ce soit préférable dans le cas où Hastur débarque chez toi… Crowley ?
— J’veux faire l’amour avec toi, Aziraphale !
L’Ange n’avait pas l’habitude d’entendre autant de détresse et de vulnérabilité dans le ton de la voix du Démon. En tortillant nerveusement le fil de son combiné, il eut soudain une idée :
— Nous pourrions le faire par téléphone ! Les humains font ça ! Enfin, je… Je crois qu’ils font… Ce genre de choses, c’est… J’ai lu ça quelque part, hum…
— Par téléphone ? Ces humains, alors… Pffff… Comment ils font ? Je vois pas comment tu vas pouvoir faire passer ton truc là -dedans… Y a que des petits trous minuscules, si tu voyais comme y sont minuscules… répondit le Démon, en inspectant son portable sous tous les angles.
— Si tu commençais par aller t’allonger dans ton lit, mon cher ? suggéra la Principauté.
Le bruit du raclement d’une chaise apprit à l’Ange que son amant s’était levé. Un bruit sourd et une litanie de jurons lui apprirent, quelques secondes plus tard, que le Démon avait certainement chuté sur le parcours…
— Ayait j’y suis, mon ange !
— Tu… Tu ne t’es pas fait mal ?
— Un peu, mais y a une plante qui a eu beauuuucoup plus mal que moi, héhé !
— Bon, euh… Tu devrais, hum… Te déshabiller, qu’en dis-tu ?
— Ayait !
— Quoi… Déjà ?
— Petit miracle démonique…
— Tu devrais peut-être éviter les miracles dans ton état, Crowley ! répondit l’Ange, d’une voix autoritaire.
— Ouuuuuh… Tu me commandes maintenant ? Continues !
— D… De quoi ?
— Donne-moi des ordres, Zira ! Je suis ton vilain petit démon aviné !
Quelque chose dans la voix du Démon, ainsi que dans ses mots éveillèrent l’excitation de l’Ange, qui se prit au jeu :
— Ahem, très bien… Puisque tu as trop bu, je vais te dire exactement ce que tu dois faire dans ce cas…
— À tes ordres, mon ange !
— Tu… Tu vas commencer par t’imaginer que je t’embrasse dans le cou…
— Mmmmm…
— Très bien, tu aimes quand je t’embrasse dans le cou ?
— J’adore ça !
— Bien… Maintenant, caresse-toi… Doucement…
— Mmmmm… Je fais ce que tu me dis… Je me caresse !
— Tu es un bon petit démon…
Les gémissements que poussait Crowley en se touchant et qui lui parvenaient dans le téléphone commençaient à exciter sérieusement Aziraphale, qui dut s'asseoir pour se toucher lui aussi. La respiration du Démon se fit soudain plus erratique à l’autre bout du combiné.
— Crowley ? Arrête de te toucher !
— N… Non…
— Crowley… Arrête-ça tout de suite !
— Mais… J’ai tellement envie, mon ange…
— Mets un doigt dans ta bouche !
— Mais…
— Fais ce que je te dis ! Tu as léché ton doigt ? Bien… Maintenant glisse-le en toi !
— Ngggnk… Oh…
— Tu es un bon petit démon… Si docile… Continue, ne t’arrête pas…
— Ah… Aziraphale…
— Tu es si excité…
— S’il te plaît… S’il te plaît… S’il te plaît Aziraphale, laisse-moi me toucher…
— J’aime bien quand tu me supplies comme ça, Crowley… Mets un autre doigt, mon petit démon !
— Ngggnk… J’ai envie de toi, mon ange…
— Évidemment que tu as envie de moi… Tu es si affamé !
— Aziraphale… Aziraphale ?
La voix cassée du Démon raisonnait dans le vide à la librairie. Le combiné reposait sur le bureau de la Principauté, abandonné… Aziraphale apparut soudain dans le rayon de lumière projeté par le plafonnier de la chambre du Démon et trouva ce dernier allongé sur le dos, pantelant et le souffle court :
— Aziraphale, qu’est-ce que tu fais là ? Et si… Si jamais Hastur débarque ?
— Dommage pour lui…
Cependant qu’Aziraphale s’approchait du lit en déboutonnant son pantalon avec une lenteur exaspérante, le Démon recommença à se caresser.
— Est-ce que je t’ai dit de te toucher ?
— S’il te plaît, l’angelot… Occupe-toi de moi…
— Arrête de te toucher !
— Pitié, mon ange…
— Mmmm… Tu me le demandes si gentiment… Tu vas dessouler avant ! Je ne voudrais pas abuser d’un petit démon qui n’a pas les idées claires…
— Arrête de me torturer, Aziraphale ! grogna le Déchu, qui s’était en partie allongé sur le ventre pour se frotter contre les couvertures.
— Qu’est-ce que tu es en train de faire ? Tu te masturbes, mon cher ?
Crowley s’immobilisa et dut plonger sa tête dans l’oreiller pour se concentrer suffisamment afin de dessouler. Chose faite, il tourna son visage aux yeux jaunes encore larmoyants en direction de l’Ange :
— Je suis sobre !
— Bien… Et donc ?
— Occupe-toi de moi… S’il te plaît, mon ange…
Aziraphale finit de se débarrasser de ses vêtements pour se placer avec précaution au-dessus du Démon et le mordre doucement dans le creux du cou :
— Retourne-toi ! lui suggéra-t-il d’une voix rauque à l’oreille.
— Pourquoi ? s’étonna Crowley, qui grimaçait d’impatience.
— Je veux te voir pendant que je te prends ! Je veux voir tes magnifiques yeux, mon petit serpent si docile…
***** Persuasion est également le titre du dernier roman de Jane Austen ! À demain *****