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Chapitre 7 : Les barreaux de la Bastille

Par bucky1984

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Bucky-scale 🍆


A TheBlueOne đŸ©” 


Une journée radieuse dans le Paris de la Révolution



Le peuple exaltĂ© ne cessait de hurler sa joie au chant de la lame de la guillotine, s’abattant depuis le matin sur des nuques aristocratiques plus ou moins coupables. Le peuple, si longtemps opprimĂ©, ne se donnait pas la peine de trier les vĂ©ritables complices des forfaitures commises Ă  son encontre depuis des siĂšcles. Être noble se payait dĂ©sormais au prix du sang, et le sang bleu ne manquait pas Ă  Paris ! L'Ă©chafaud, haut de plus de cinq mĂštres, installĂ© provisoirement sur la place, Ă©tait maculĂ© du sang des condamnĂ©s. La lame inclinĂ©e mettait un soixante-dixiĂšme de seconde Ă  s’abattre, autant dire que le rendement Ă©tait plutĂŽt bon et permettait des exĂ©cutions de masse. 

Crowley les observait, le visage impassible, derriĂšre ses petites lunettes aux verres fumĂ©s. Il avait reçu une dĂ©coration pour rĂ©sultats exceptionnels afin de le rĂ©compenser pour tous ces massacres. Sauf qu’il n’y Ă©tait pour rien ! Les Humains avaient fait ça tout seuls, comme toujours
 Leur maestria en termes de capacitĂ© Ă  rĂ©pandre la terreur et la mort l’avait toujours fascinĂ©, cette fois-ci peut-ĂȘtre encore davantage. La théùtralitĂ© entourant ce rituel de mise Ă  mort, l’ingĂ©niositĂ© de cette machine Ă  couper des tĂȘtes, cet engouement Ă  purger la Noblesse, non vraiment, ils avaient fait fort sur ce coup-lĂ  ! 

Pour le dĂ©mon qu’il Ă©tait, c’était la satisfaction macabre qu’il aurait dĂ» ressentir. 

Pour le CrĂ©ateur qu’il avait Ă©tĂ©, c’était l’accablement qu’il Ă©prouvait.     

Jadis, il avait trouvĂ© la joie Ă  rĂ©pandre la beautĂ© et la puissance divine dans l’éclat des Ă©toiles. Un vulgaire papier-peint, pour lequel il n’avait jamais reçu la moindre reconnaissance, contrairement Ă  ce bain de sang qu'on lui attribuait Ă  tort
 

Avec un soupir las, il s’assura du tranchant de la lame au moyen d’un petit miracle dĂ©monique, avant de s’éloigner. Au moins ces malheureux n’auraient pas le temps de souffrir. 

Cette sombre pĂ©riode ne durerait pas, Ă  l’image de toutes les autres avant elle. L’HumanitĂ© grandissait et apprenait un peu plus Ă  chacune de ses erreurs, Crowley l’avait appris dans la douleur depuis qu’il foulait la Terre. 

Pour l’heure, les Hommes le dĂ©goutaient, mais peu importe, ce n’était pas pour eux qu’il Ă©tait là
         


⚜⚜⚜


— Vous ĂȘtes le 999e aristo Ă  mourir par ma main, mais le premier Anglais ! proclama fiĂšrement Jean-Claude, l’un des bourreaux de la prison. 


Le bruit du couperet de la guillotine retentit une nouvelle fois, son sordide Ă©cho rĂ©sonnant entre les murs du cachot dans lequel Aziraphale Ă©tait retenu prisonnier et le bourreau se tourna vers la fenĂȘtre pour se repaĂźtre de ce son. EnchaĂźnĂ© au mur et debout devant un petit tabouret, l’ange, mortifiĂ©, observait Jean-Claude, dont le corps venait de se figer.


— Des animaux


— Les animaux ne se tuent pas en utilisant d’ingĂ©nieuses machines, seuls les Humains font ça ! 

Avec un petit sourire satisfait, Aziraphale se retourna. Il se doutait bien que seul Crowley avait pu figer le bourreau, il était le seul à avoir le pouvoir de chrono kinésie. Il fut toutefois surpris de le voir aussi élégant, assis de maniÚre apathique devant les barreaux de sa cellule.


— Crowley ! Doux JĂ©sus
 souffla-t-il, en le dĂ©visageant. 

— Qu’est-ce que tu fais enfermĂ© Ă  la Bastille ? Je croyais que tu voulais ouvrir une librairie
 

— J’avais un petit creux ! rĂ©pondit l’ange, en s’asseyant. Si tu veux tout savoir, c’est Ă  propos des crĂȘpes. On n’en trouve de dĂ©centes qu’à Paris ! Ça vaut pour la brioche aussi
 

— Donc, tu as traversĂ© la Manche juste parce que t’avais un petit creux. Dans cette tenue ?  


Ce fut au tour du dĂ©mon d’observer attentivement Aziraphale. Il portait la parfaite tenue d’aristocrate standard, une redingote crĂšme sur un gilet et des culottes de la mĂȘme couleur, ainsi que des bas de soie blancs, assortis Ă  sa chemise Ă  jabot. Le soleil, qui illuminait la cellule par la fenĂȘtre situĂ©e dans son dos, se rĂ©verbĂ©rait sur ses vĂȘtements clairs et ses cheveux blonds, presque blancs, semblant l’aurĂ©oler d’une lumiĂšre divine. Satan, qu’il Ă©tait beau ! 


— Jolies chaussures ! se moqua le dĂ©mon, pour masquer son trouble.  


A sa grande surprise, Aziraphale lui offrit un haussement de sourcil espiĂšgle, avant de reporter son attention sur ses chaussures blanches Ă  talons : 


— Ces chaussures sont magnifiques Ă  mes pieds, mais elles seraient encore plus belles sur tes Ă©paules ! rĂ©torqua-t-il, joueur. 

— P
 Pardon ? s’étonna Crowley, abasourdi. 

— Tu as trĂšs bien entendu, mon cher ! 


Au grĂ© de leurs rencontres, l’ange rĂ©trogradĂ© et le dĂ©mon-malgrĂ©-lui avaient nouĂ© une amitiĂ© ambigĂŒe, nourrie d’interdits et de fascination mutuelle, laissant parfois la place aux gestes, plutĂŽt qu’à la parole. Incapables de s’avouer les sentiments nĂ©s entre eux au fil des siĂšcles, ils avaient parfois recours au pĂ©chĂ© de chair pour s'abandonner l’un Ă  l’autre le temps d’une Ă©treinte passagĂšre pendant laquelle aucune autoritĂ© supĂ©rieure ne les soumettait Ă  une volontĂ© qui n’était pas la leur.  

    

— Ahem, je
 Je suis venu t’aider, c’est tout ! Je le fais sans arriĂšre pensĂ©e, se dĂ©fendit Crowley, en se redressant. 

— Moi, en revanche, je me suis laissĂ© enfermer avec beaucoup d’arriĂšres pensĂ©es
 poursuivit l’ange, dĂ©terminĂ©.

— Alors
 T’as fait exprĂšs ? 

— Evidemment
 

— Comment savais-tu que j’allais venir ? 

— C’est ce que tu fais toujours, Crowley ! rĂ©pondit l’ange, sur le ton de l’évidence.


Et il avait raison. OĂč que se trouve Aziraphale, pourvu que ce ne soit pas au Ciel, le dĂ©mon savait exactement oĂč il Ă©tait et s’il se trouvait en danger. Enfin
 Pour autant qu’un ange puisse courir le moindre danger. 

Jamais Elle ne permettrait qu’un de Ses anges obĂ©issants ne soit blessĂ© par un mortel, mais rien ne faisait plus plaisir Ă  Crowley que de secourir Aziraphale. Sans compter qu’Aziraphale n’était pas, et loin de lĂ , Son ange le plus obĂ©issant
 


— Dois-je te rappeler que l’Arrangement Ă©tait ton idĂ©e ? demanda l’ange, en faisant cliqueter ses chaĂźnes dans un mouvement nerveux. 


Crowley ricana.


— L’Arrangement ne comprenait rien de sexuel Ă  la base, mon ange, c’est toi qui as ajoutĂ© cette clause, si mes souvenirs sont bons. Tu voulais “essayer cette activitĂ© que pratiquent les Humains, mĂȘme en dehors de la procrĂ©ation”, rappelle-toi ! 

— J’ai toujours Ă©tĂ© hĂ©doniste
 Et toi, tu m’as toujours Ă©tĂ© dĂ©vouĂ© ! Alors, ça vient ? s’impatienta Aziraphale. Je me languis dans cet affreux cachot depuis des heures, j’ai eu le temps d’élaborer tout un scĂ©nario, vois-tu ! Tu vas me dĂ©tacher et ensuite, tu vas me faire l’amour dans le plus bel hĂŽtel de Paris, et
 

— Je crois pas, non ! le coupa Crowley, en se levant d’un bond souple, pour venir se planter devant lui.

— PlaĂźt-il, mon cher ?  

— Puisque tu tiens tant Ă  jouer la demoiselle en dĂ©tresse, tu vas ĂȘtre la victime de mes envies ! rĂ©pondit Crowley, en dĂ©tachant la chaĂźne du mur par miracle pour s’en saisir. 

— Oh
 Il
 Il faudrait m’enlever ses chaĂźnes pour
 Pour aller Ă  l’hĂŽtel ! bĂ©gaya Aziraphale, les joues de plus en plus colorĂ©es. 

— J’ai pas dit qu’on allait Ă  l’hĂŽtel, mon ange ! 

— Ah ? Et
 Mais
 Mais



D’un claquement de doigt, le tabouret se transforma en un confortable et trĂšs Ă©pais matelas sous les fesses de l’ange, qui furent soudain Ă  hauteur des hanches du dĂ©mon. 


— Crowley ! On ne va tout de mĂȘme pas faire ça ici ? Devant Jean-Claude
 s’indigna Aziraphale.

— Oh que si ! Jean-Claude est inconscient de toute façon
 Allonge-toi ! ordonna le dĂ©mon.

— Et si je refuse ? demanda l’ange, clairement Ă©moustillĂ© par les initiatives du dĂ©mon. 


D’un nouveau claquement de doigt, la chaĂźne s’allongea pour aller se fixer dans le plafond, faisant se renverser sur le dos Aziraphale, dont la tĂȘte s’enfonça dans un oreiller Ă  motif tartan : 


— Crowley


Encore un claquement de doigt et le pantalon de l’ange se volatilisa. 


— Crowley ! Tu
 Tu m’as laissĂ© mes chaussures et mes bas de soie ? s’étonna Aziraphale, en pliant ses jambes pour enfoncer ses talons au bord du matelas. 

— T’as bien dit que t’avais envie de les voir sur mes Ă©paules non ? rĂ©pondit le dĂ©mon, avec un sourire en coin. 

— Seigneur
 haleta l’ange, dont le large sexe Ă©tait dĂ©sormais en Ă©rection. 

— Laisse-la oĂč Elle est, tu veux ? gronda Crowley, en ĂŽtant ses lunettes, qu’il posa sur le nez de Jean-Claude, avant de venir s’agenouiller gracieusement devant le matelas. 

— Crowley, tes genoux sur la pierre ! s’inquiĂ©ta l’ange, en se tortillant pour observer son ami. 

— Je suis pas en sucre, l’angelot ! 


Les bras Ă  demi suspendus au-dessus de sa poitrine, Aziraphale remua ses doigts pour matĂ©rialiser un coussin tartan sous les genoux du dĂ©mon, qui leva les yeux au ciel : 


— Je te rappelle que je peux pas suspendre le temps pendant cinq mille ans, mon ange ! 

— Dans ce cas, laisse-moi mettre mes chaussures sur tes Ă©paules ! rĂ©torqua malicieusement Aziraphale.

— Il faut que je te prĂ©pare dĂ©jĂ  ! La derniĂšre fois, c’était il y a cent-quatre-vingt-douze ans
 

— Avant mon dĂ©part pour l’Ecosse ! J’avais
 commença Ă  se remĂ©morer avec nostalgie Aziraphale. 


Il fut interrompu en sentant son sexe ĂȘtre englouti dans la bouche souple et bouillante du dĂ©mon. Oui, il se rappelait maintenant que leur derniĂšre entrevue s’était terminĂ©e ainsi ! A l’issue d’une nuit de fornication dans les coulisses du Globe Theater, il avait Ă©jaculĂ© une derniĂšre fois dans la gorge de Crowley avant de l’embrasser Ă  pleine bouche pour lui dire au revoir. Il ne pensait pas mettre aussi longtemps Ă  le revoir cependant, aussi, quand le manque de l’autre s’était fait trop pesant, il avait mis sur pied cette petite rencontre
  

Crowley avait une langue dĂ©licate et appliquĂ©e. L’ange se rĂ©galait de le voir baver sur son gland, juste avant de le prendre en entier dans sa bouche. La taille imposante du sexe d’Aziraphale lui provoquait parfois un rĂ©flexe nausĂ©eux, qui le faisait saliver encore davantage sur son Ă©rection et c’était une source d’excitation supplĂ©mentaire pour l’ange ! Par souci de confort, il lui avait demandĂ© plusieurs fois s’il souhaitait qu’il modifie les mensurations du sexe de sa corporation, mais Crowley avait toujours catĂ©goriquement refusĂ©. L’ange avait, de mĂȘme, toujours refusĂ© que le dĂ©mon, Ă  l’inverse, n’augmente la taille et la largeur de son propre sexe, le trouvant tout simplement parfait en l’état !  


— Regarde-moi, demanda Aziraphale.


Entre ses cuisses, Ă©cartĂ©es de la plus obscĂšne des façons, l’ange vit le visage de Crowley se redresser lĂ©gĂšrement de sa toison pubienne, plongeant ses orbes jaunes dans les siens. Tout en maintenant le contact visuel, le dĂ©mon retira le sexe d’Aziraphale de sa bouche, laissa couler un filet de salive sur son gland enflĂ©, puis l’enfonça Ă  nouveau dans sa bouche. L’ange reposa lourdement sa tĂȘte sur l’oreiller et s’obligea Ă  se concentrer pour Ă©viter de jouir trop vite. Par chance, Crowley relĂącha son Ă©rection au mĂȘme moment, lui offrant un peu de rĂ©pit. RĂ©pit de courte durĂ©e, car bientĂŽt, l’ange sentit la langue de Crowley tournoyer habilement contre son intimitĂ©, lui arrachant un cri rauque. Aziraphale, faute de mieux, se cramponna Ă  ses chaĂźnes. Son corps entier se mit Ă  trembler, tandis que le dĂ©mon enfonçait ses doigts dans ses cuisses charnues pour le maintenir en place pendant qu’il le pĂ©nĂ©trait dĂ©sormais avec sa langue fourchue. 


— Crowley ! implora l’ange, Ă  bout de souffle. 


Les yeux crispĂ©s, il ne vit pas le dĂ©mon se redresser, ni enlever son pantalon par miracle, en revanche, il le sentit s’enfoncer en lui, dans une dĂ©licieuse communion de leurs corps. 


— Tu vas jouir, mon ange, constata Crowley, satisfait. 


Sans attendre, Aziraphale tendit ses jambes et posa ses chaussures blanches sur les Ă©paules, vĂȘtues de noir, du dĂ©mon. Crowley caressa tendrement le bas de soie de sa jambe droite, avant d’y poser un chaste baiser et de reproduire les mĂȘmes attentions Ă  sa jambe gauche. Il passa ensuite ses mains autour des cuisses de l’ange et s’enfonça en entier dans son intimitĂ©, entamant une sĂ©rie de va-et-vient avec un rythme punitif, qui provoqua rapidement l’orgasme d’Aziraphale. En voyant le sperme de l’ange couler de part et d'autre de son ventre rebondi, le dĂ©mon ne mit pas beaucoup plus de temps Ă  jouir Ă  son tour, en Ă©touffant un gĂ©missement. AprĂšs avoir tendrement reposĂ© les jambes d’Aziraphale, il les Ă©carta pour s’agenouiller une nouvelle fois devant lui et entreprit de lĂ©cher son ventre, ne s’arrĂȘtant qu’une fois tous les reliefs du plaisir angĂ©lique disparus. 

Il se leva ensuite d’un bond et fit disparaĂźtre les chaĂźnes d’Aziraphale, tandis qu’il grimpait sur le matelas. Il s’allongea spontanĂ©ment devant l’ange, qui s’était tournĂ© pour l’observer, et Aziraphale le serra dans ses bras et posa un baiser dans ses cheveux. Non loin d’eux, Jean-Claude commença Ă  bouger, imperceptiblement. 


— Je crois que cet ultime effort t’a demandĂ© un peu trop d’énergie, Crowley
 Le temps est en train de reprendre son cours ! 

— Mhmmm, marmonna le dĂ©mon, Ă©puisĂ©, en se tortillant contre lui. 

— Ne t’endors pas tout de suite, ça ferait dĂ©sordre ! rigola l’ange. Que dirais-tu de finir cette journĂ©e Ă  l’hĂŽtel, comme je l'avais prĂ©vu ? demanda-t-il, en posant un nouveau baiser dans la chevelure auburn, qui brillait Ă  la lumiĂšre du soleil couchant. 

— ‘Veux voir ta librairie, protesta Crowley. 

— Ma librairie ? Mais
 C’est un peu la pagaille, je n’ai encore rien rangĂ©, hĂ©sita Aziraphale.

— Je t’aiderai
 Demain, prĂ©cisa le dĂ©mon.

— Entendu ! 

— J’ai pas la force, mon ange
 s’excusa Crowley. 

— Je m’en occupe ! Tant pis pour Gabriel
 rĂ©pondit Aziraphale, en serrant plus fort le dĂ©mon contre lui, tandis que d’un miracle, il les matĂ©rialisa Ă  Londres, dans le tout nouveau commerce qu’il venait d’acquĂ©rir Ă  l’angle d’une rue passante
    






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