Bucky-scale đ
A TheBlueOne đ©”
Une journĂ©e radieuse dans le Paris de la RĂ©volutionâŠ
Le peuple exaltĂ© ne cessait de hurler sa joie au chant de la lame de la guillotine, sâabattant depuis le matin sur des nuques aristocratiques plus ou moins coupables. Le peuple, si longtemps opprimĂ©, ne se donnait pas la peine de trier les vĂ©ritables complices des forfaitures commises Ă son encontre depuis des siĂšcles. Ătre noble se payait dĂ©sormais au prix du sang, et le sang bleu ne manquait pas Ă Paris ! L'Ă©chafaud, haut de plus de cinq mĂštres, installĂ© provisoirement sur la place, Ă©tait maculĂ© du sang des condamnĂ©s. La lame inclinĂ©e mettait un soixante-dixiĂšme de seconde Ă sâabattre, autant dire que le rendement Ă©tait plutĂŽt bon et permettait des exĂ©cutions de masse.
Crowley les observait, le visage impassible, derriĂšre ses petites lunettes aux verres fumĂ©s. Il avait reçu une dĂ©coration pour rĂ©sultats exceptionnels afin de le rĂ©compenser pour tous ces massacres. Sauf quâil nây Ă©tait pour rien ! Les Humains avaient fait ça tout seuls, comme toujours⊠Leur maestria en termes de capacitĂ© Ă rĂ©pandre la terreur et la mort lâavait toujours fascinĂ©, cette fois-ci peut-ĂȘtre encore davantage. La théùtralitĂ© entourant ce rituel de mise Ă mort, lâingĂ©niositĂ© de cette machine Ă couper des tĂȘtes, cet engouement Ă purger la Noblesse, non vraiment, ils avaient fait fort sur ce coup-lĂ !
Pour le dĂ©mon quâil Ă©tait, câĂ©tait la satisfaction macabre quâil aurait dĂ» ressentir.
Pour le CrĂ©ateur quâil avait Ă©tĂ©, câĂ©tait lâaccablement quâil Ă©prouvait.
Jadis, il avait trouvĂ© la joie Ă rĂ©pandre la beautĂ© et la puissance divine dans lâĂ©clat des Ă©toiles. Un vulgaire papier-peint, pour lequel il nâavait jamais reçu la moindre reconnaissance, contrairement Ă ce bain de sang qu'on lui attribuait Ă tortâŠ
Avec un soupir las, il sâassura du tranchant de la lame au moyen dâun petit miracle dĂ©monique, avant de sâĂ©loigner. Au moins ces malheureux nâauraient pas le temps de souffrir.
Cette sombre pĂ©riode ne durerait pas, Ă lâimage de toutes les autres avant elle. LâHumanitĂ© grandissait et apprenait un peu plus Ă chacune de ses erreurs, Crowley lâavait appris dans la douleur depuis quâil foulait la Terre.
Pour lâheure, les Hommes le dĂ©goutaient, mais peu importe, ce nâĂ©tait pas pour eux quâil Ă©tait lĂ âŠ
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â Vous ĂȘtes le 999e aristo Ă mourir par ma main, mais le premier Anglais ! proclama fiĂšrement Jean-Claude, lâun des bourreaux de la prison.
Le bruit du couperet de la guillotine retentit une nouvelle fois, son sordide Ă©cho rĂ©sonnant entre les murs du cachot dans lequel Aziraphale Ă©tait retenu prisonnier et le bourreau se tourna vers la fenĂȘtre pour se repaĂźtre de ce son. EnchaĂźnĂ© au mur et debout devant un petit tabouret, lâange, mortifiĂ©, observait Jean-Claude, dont le corps venait de se figer.
â Des animauxâŠ
â Les animaux ne se tuent pas en utilisant dâingĂ©nieuses machines, seuls les Humains font ça !
Avec un petit sourire satisfait, Aziraphale se retourna. Il se doutait bien que seul Crowley avait pu figer le bourreau, il était le seul à avoir le pouvoir de chrono kinésie. Il fut toutefois surpris de le voir aussi élégant, assis de maniÚre apathique devant les barreaux de sa cellule.
â Crowley ! Doux JĂ©sus⊠souffla-t-il, en le dĂ©visageant.
â Quâest-ce que tu fais enfermĂ© Ă la Bastille ? Je croyais que tu voulais ouvrir une librairieâŠ
â Jâavais un petit creux ! rĂ©pondit lâange, en sâasseyant. Si tu veux tout savoir, câest Ă propos des crĂȘpes. On nâen trouve de dĂ©centes quâĂ Paris ! Ăa vaut pour la brioche aussiâŠ
â Donc, tu as traversĂ© la Manche juste parce que tâavais un petit creux. Dans cette tenue ?
Ce fut au tour du dĂ©mon dâobserver attentivement Aziraphale. Il portait la parfaite tenue dâaristocrate standard, une redingote crĂšme sur un gilet et des culottes de la mĂȘme couleur, ainsi que des bas de soie blancs, assortis Ă sa chemise Ă jabot. Le soleil, qui illuminait la cellule par la fenĂȘtre situĂ©e dans son dos, se rĂ©verbĂ©rait sur ses vĂȘtements clairs et ses cheveux blonds, presque blancs, semblant lâaurĂ©oler dâune lumiĂšre divine. Satan, quâil Ă©tait beau !
â Jolies chaussures ! se moqua le dĂ©mon, pour masquer son trouble.
A sa grande surprise, Aziraphale lui offrit un haussement de sourcil espiĂšgle, avant de reporter son attention sur ses chaussures blanches Ă talons :
â Ces chaussures sont magnifiques Ă mes pieds, mais elles seraient encore plus belles sur tes Ă©paules ! rĂ©torqua-t-il, joueur.
â P⊠Pardon ? sâĂ©tonna Crowley, abasourdi.
â Tu as trĂšs bien entendu, mon cher !
Au grĂ© de leurs rencontres, lâange rĂ©trogradĂ© et le dĂ©mon-malgrĂ©-lui avaient nouĂ© une amitiĂ© ambigĂŒe, nourrie dâinterdits et de fascination mutuelle, laissant parfois la place aux gestes, plutĂŽt quâĂ la parole. Incapables de sâavouer les sentiments nĂ©s entre eux au fil des siĂšcles, ils avaient parfois recours au pĂ©chĂ© de chair pour s'abandonner lâun Ă lâautre le temps dâune Ă©treinte passagĂšre pendant laquelle aucune autoritĂ© supĂ©rieure ne les soumettait Ă une volontĂ© qui nâĂ©tait pas la leur.
â Ahem, je⊠Je suis venu tâaider, câest tout ! Je le fais sans arriĂšre pensĂ©e, se dĂ©fendit Crowley, en se redressant.
â Moi, en revanche, je me suis laissĂ© enfermer avec beaucoup dâarriĂšres pensĂ©es⊠poursuivit lâange, dĂ©terminĂ©.
â Alors⊠Tâas fait exprĂšs ?
â EvidemmentâŠ
â Comment savais-tu que jâallais venir ?
â Câest ce que tu fais toujours, Crowley ! rĂ©pondit lâange, sur le ton de lâĂ©vidence.
Et il avait raison. OĂč que se trouve Aziraphale, pourvu que ce ne soit pas au Ciel, le dĂ©mon savait exactement oĂč il Ă©tait et sâil se trouvait en danger. Enfin⊠Pour autant quâun ange puisse courir le moindre danger.
Jamais Elle ne permettrait quâun de Ses anges obĂ©issants ne soit blessĂ© par un mortel, mais rien ne faisait plus plaisir Ă Crowley que de secourir Aziraphale. Sans compter quâAziraphale nâĂ©tait pas, et loin de lĂ , Son ange le plus obĂ©issantâŠ
â Dois-je te rappeler que lâArrangement Ă©tait ton idĂ©e ? demanda lâange, en faisant cliqueter ses chaĂźnes dans un mouvement nerveux.
Crowley ricana.
â LâArrangement ne comprenait rien de sexuel Ă la base, mon ange, câest toi qui as ajoutĂ© cette clause, si mes souvenirs sont bons. Tu voulais âessayer cette activitĂ© que pratiquent les Humains, mĂȘme en dehors de la procrĂ©ationâ, rappelle-toi !
â Jâai toujours Ă©tĂ© hĂ©doniste⊠Et toi, tu mâas toujours Ă©tĂ© dĂ©vouĂ© ! Alors, ça vient ? sâimpatienta Aziraphale. Je me languis dans cet affreux cachot depuis des heures, jâai eu le temps dâĂ©laborer tout un scĂ©nario, vois-tu ! Tu vas me dĂ©tacher et ensuite, tu vas me faire lâamour dans le plus bel hĂŽtel de Paris, etâŠ
â Je crois pas, non ! le coupa Crowley, en se levant dâun bond souple, pour venir se planter devant lui.
â PlaĂźt-il, mon cher ?
â Puisque tu tiens tant Ă jouer la demoiselle en dĂ©tresse, tu vas ĂȘtre la victime de mes envies ! rĂ©pondit Crowley, en dĂ©tachant la chaĂźne du mur par miracle pour sâen saisir.
â Oh⊠Il⊠Il faudrait mâenlever ses chaĂźnes pour⊠Pour aller Ă lâhĂŽtel ! bĂ©gaya Aziraphale, les joues de plus en plus colorĂ©es.
â Jâai pas dit quâon allait Ă lâhĂŽtel, mon ange !
â Ah ? Et⊠Mais⊠MaisâŠ
Dâun claquement de doigt, le tabouret se transforma en un confortable et trĂšs Ă©pais matelas sous les fesses de lâange, qui furent soudain Ă hauteur des hanches du dĂ©mon.
â Crowley ! On ne va tout de mĂȘme pas faire ça ici ? Devant Jean-Claude⊠sâindigna Aziraphale.
â Oh que si ! Jean-Claude est inconscient de toute façon⊠Allonge-toi ! ordonna le dĂ©mon.
â Et si je refuse ? demanda lâange, clairement Ă©moustillĂ© par les initiatives du dĂ©mon.
Dâun nouveau claquement de doigt, la chaĂźne sâallongea pour aller se fixer dans le plafond, faisant se renverser sur le dos Aziraphale, dont la tĂȘte sâenfonça dans un oreiller Ă motif tartan :
â Crowley !
Encore un claquement de doigt et le pantalon de lâange se volatilisa.
â Crowley ! Tu⊠Tu mâas laissĂ© mes chaussures et mes bas de soie ? sâĂ©tonna Aziraphale, en pliant ses jambes pour enfoncer ses talons au bord du matelas.
â Tâas bien dit que tâavais envie de les voir sur mes Ă©paules non ? rĂ©pondit le dĂ©mon, avec un sourire en coin.
â Seigneur⊠haleta lâange, dont le large sexe Ă©tait dĂ©sormais en Ă©rection.
â Laisse-la oĂč Elle est, tu veux ? gronda Crowley, en ĂŽtant ses lunettes, quâil posa sur le nez de Jean-Claude, avant de venir sâagenouiller gracieusement devant le matelas.
â Crowley, tes genoux sur la pierre ! sâinquiĂ©ta lâange, en se tortillant pour observer son ami.
â Je suis pas en sucre, lâangelot !
Les bras à demi suspendus au-dessus de sa poitrine, Aziraphale remua ses doigts pour matérialiser un coussin tartan sous les genoux du démon, qui leva les yeux au ciel :
â Je te rappelle que je peux pas suspendre le temps pendant cinq mille ans, mon ange !
â Dans ce cas, laisse-moi mettre mes chaussures sur tes Ă©paules ! rĂ©torqua malicieusement Aziraphale.
â Il faut que je te prĂ©pare dĂ©jĂ ! La derniĂšre fois, câĂ©tait il y a cent-quatre-vingt-douze ansâŠ
â Avant mon dĂ©part pour lâEcosse ! Jâavais⊠commença Ă se remĂ©morer avec nostalgie Aziraphale.
Il fut interrompu en sentant son sexe ĂȘtre englouti dans la bouche souple et bouillante du dĂ©mon. Oui, il se rappelait maintenant que leur derniĂšre entrevue sâĂ©tait terminĂ©e ainsi ! A lâissue dâune nuit de fornication dans les coulisses du Globe Theater, il avait Ă©jaculĂ© une derniĂšre fois dans la gorge de Crowley avant de lâembrasser Ă pleine bouche pour lui dire au revoir. Il ne pensait pas mettre aussi longtemps Ă le revoir cependant, aussi, quand le manque de lâautre sâĂ©tait fait trop pesant, il avait mis sur pied cette petite rencontreâŠ
Crowley avait une langue dĂ©licate et appliquĂ©e. Lâange se rĂ©galait de le voir baver sur son gland, juste avant de le prendre en entier dans sa bouche. La taille imposante du sexe dâAziraphale lui provoquait parfois un rĂ©flexe nausĂ©eux, qui le faisait saliver encore davantage sur son Ă©rection et câĂ©tait une source dâexcitation supplĂ©mentaire pour lâange ! Par souci de confort, il lui avait demandĂ© plusieurs fois sâil souhaitait quâil modifie les mensurations du sexe de sa corporation, mais Crowley avait toujours catĂ©goriquement refusĂ©. Lâange avait, de mĂȘme, toujours refusĂ© que le dĂ©mon, Ă lâinverse, nâaugmente la taille et la largeur de son propre sexe, le trouvant tout simplement parfait en lâĂ©tat !
â Regarde-moi, demanda Aziraphale.
Entre ses cuisses, Ă©cartĂ©es de la plus obscĂšne des façons, lâange vit le visage de Crowley se redresser lĂ©gĂšrement de sa toison pubienne, plongeant ses orbes jaunes dans les siens. Tout en maintenant le contact visuel, le dĂ©mon retira le sexe dâAziraphale de sa bouche, laissa couler un filet de salive sur son gland enflĂ©, puis lâenfonça Ă nouveau dans sa bouche. Lâange reposa lourdement sa tĂȘte sur lâoreiller et sâobligea Ă se concentrer pour Ă©viter de jouir trop vite. Par chance, Crowley relĂącha son Ă©rection au mĂȘme moment, lui offrant un peu de rĂ©pit. RĂ©pit de courte durĂ©e, car bientĂŽt, lâange sentit la langue de Crowley tournoyer habilement contre son intimitĂ©, lui arrachant un cri rauque. Aziraphale, faute de mieux, se cramponna Ă ses chaĂźnes. Son corps entier se mit Ă trembler, tandis que le dĂ©mon enfonçait ses doigts dans ses cuisses charnues pour le maintenir en place pendant quâil le pĂ©nĂ©trait dĂ©sormais avec sa langue fourchue.
â Crowley ! implora lâange, Ă bout de souffle.
Les yeux crispĂ©s, il ne vit pas le dĂ©mon se redresser, ni enlever son pantalon par miracle, en revanche, il le sentit sâenfoncer en lui, dans une dĂ©licieuse communion de leurs corps.
â Tu vas jouir, mon ange, constata Crowley, satisfait.
Sans attendre, Aziraphale tendit ses jambes et posa ses chaussures blanches sur les Ă©paules, vĂȘtues de noir, du dĂ©mon. Crowley caressa tendrement le bas de soie de sa jambe droite, avant dây poser un chaste baiser et de reproduire les mĂȘmes attentions Ă sa jambe gauche. Il passa ensuite ses mains autour des cuisses de lâange et sâenfonça en entier dans son intimitĂ©, entamant une sĂ©rie de va-et-vient avec un rythme punitif, qui provoqua rapidement lâorgasme dâAziraphale. En voyant le sperme de lâange couler de part et d'autre de son ventre rebondi, le dĂ©mon ne mit pas beaucoup plus de temps Ă jouir Ă son tour, en Ă©touffant un gĂ©missement. AprĂšs avoir tendrement reposĂ© les jambes dâAziraphale, il les Ă©carta pour sâagenouiller une nouvelle fois devant lui et entreprit de lĂ©cher son ventre, ne sâarrĂȘtant quâune fois tous les reliefs du plaisir angĂ©lique disparus.
Il se leva ensuite dâun bond et fit disparaĂźtre les chaĂźnes dâAziraphale, tandis quâil grimpait sur le matelas. Il sâallongea spontanĂ©ment devant lâange, qui sâĂ©tait tournĂ© pour lâobserver, et Aziraphale le serra dans ses bras et posa un baiser dans ses cheveux. Non loin dâeux, Jean-Claude commença Ă bouger, imperceptiblement.
â Je crois que cet ultime effort tâa demandĂ© un peu trop dâĂ©nergie, Crowley⊠Le temps est en train de reprendre son cours !
â Mhmmm, marmonna le dĂ©mon, Ă©puisĂ©, en se tortillant contre lui.
â Ne tâendors pas tout de suite, ça ferait dĂ©sordre ! rigola lâange. Que dirais-tu de finir cette journĂ©e Ă lâhĂŽtel, comme je l'avais prĂ©vu ? demanda-t-il, en posant un nouveau baiser dans la chevelure auburn, qui brillait Ă la lumiĂšre du soleil couchant.
â âVeux voir ta librairie, protesta Crowley.
â Ma librairie ? Mais⊠Câest un peu la pagaille, je nâai encore rien rangĂ©, hĂ©sita Aziraphale.
â Je tâaiderai⊠Demain, prĂ©cisa le dĂ©mon.
â Entendu !
â Jâai pas la force, mon ange⊠sâexcusa Crowley.
â Je mâen occupe ! Tant pis pour Gabriel⊠rĂ©pondit Aziraphale, en serrant plus fort le dĂ©mon contre lui, tandis que dâun miracle, il les matĂ©rialisa Ă Londres, dans le tout nouveau commerce quâil venait dâacquĂ©rir Ă lâangle dâune rue passanteâŠ