IK J 12 + J25 : Feminization + Plug/plugging
TW : propos transphobes / comportement déplacé
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Aziraphale animait une session d’écriture en cette soirée plutôt fraîche d’automne. Pour une fois, monsieur Brown ne s’y était pas inscrit, aussi Crowley - n’ayant pas à surveiller la drague lourdingue exercée par le vendeur de tapis envers l’ange - n’avait pas eu besoin de s’infliger la réunion. Le thème de la session était : écrire une courte fanfiction autour d’une œuvre de Jane Austen. La réunion devait durer trois heures.
Le démon avait donc donné rendez-vous à Nina et Maggie à La mule chargée pour une soirée “filles”. Les soirées filles du trio étaient trop rares au goût de Crowley, qui adorait porter des tenues féminines autrement que dans l’intimité de la librairie. Le peuple de Soho était plutôt ouvert d'esprit et le démon n’essuyait que rarement les commentaires impolis de quelques rustres de passage et lorsque cela arrivait, il avait rarement le temps de réagir avant Nina ! Son amie était prompte à la bagarre, surtout après quelques verres et les tentatives de Maggie pour tempérer ses ardeurs se soldaient systématiquement par un échec ; Nina préférant témoigner son amitié avec ses poings plutôt qu’avec des mots. Elle jugeaient ceux-ci inutiles face aux “raclures de chiottes” et préférait ne pas les gaspiller. Pour Nina, les mots étaient trop précieux et devaient être réservés aux personnes dignes d’intérêt !
La chose était nouvelle pour Crowley. Avoir des amis. Depuis sa Chute, il n’avait pu compter que sur Aziraphale, mais à présent, tous les commerçants de Whickber street le saluaient aimablement dans la rue ! Certains étaient devenus plus que de simples connaissances, à l’image de Nina et Maggie bien sûr, mais également le couple Mutt, du magasin de magie, et madame Sandwich, qui tenait une “maison d'hôtes” très cotée dans Soho.
C’était d’ailleurs madame Sandwich qui avait organisé la soirée à laquelle était convié le trio ce soir…
— Faut y aller, avait déclaré Nina, en reposant sa tequila sur le bar.
— Déjà ? avait demandé Crowley, tout en regardant sa montre. Ah oui !
— Faudrait que tu changes ta montre quand t’es habillé comme ça, Anthony !
— Ben… Pourquoi ? Je l’aime bien ma montre…
— Eh bien… Disons qu’elle n’est pas très accordée à ta robe, avait renchérit Maggie, de sa voix douce.
Ce soir, Crowley portait une longue robe dos nu noire à manches longues. Le tissu - moulant - était largement fendu sur sa jambe droite et le décolleté de dos était souligné par trois rangées de chaînettes en strass.
— T’es canon comme ça, mais cette montre est trop masculine ! Il t’en faut une plus délicate…
— Ou pas de montre du tout ! ajouta Nina, en haussant les épaules.
— Dis à Aziraphale de t’offrir une autre montre, suggéra Maggie, avec malice.
— Ou un joli bracelet ?
Le démon observa sa montre sous toutes les coutures. Elle lui plaisait beaucoup, mais n’était peut-être pas, en effet, d’un accord parfait avec sa robe. Il l’enleva donc et la glissa dans sa pochette, tout en réfléchissant aux suggestions des filles. Comment Aziraphale prendrait-il une telle demande ? Il ne lui avait jamais rien demandé après tout, encore moins un bijou… Il sentit les filles se lever et ajuster leurs vêtements, mais resta plongé dans ses réflexions.
— Allez bouge ! On va arriver les dernières sinon, pressa Nina.
Sans attendre, elle et Maggie quittèrent le pub encore bondé, tandis que Crowley se levait paresseusement à son tour, tout en jetant un œil à son portable : dix-neuf heures cinquante. La réunion sex-toys slash apéritif dînatoire slash beuverie commençait dans dix minutes et la séance d’écriture, elle, finissait dans une bonne heure ! Il avait promis à Aziraphale de ne pas rentrer tard, aussi se dépêcha-t-il de lisser sa robe pour rejoindre les filles, déjà sur le trottoir. Il était en train de secouer ses longs cheveux roux dans son dos, la tête légèrement penchée en arrière, lorsqu’il sentit une forte odeur d’after-shave bon marché lui agresser les narines.
— Je t’offre un verre ? l’apostropha une voix d’homme, dans son dos.
Surpris, Crowley se tourna brusquement, en ajustant sa paire de Valentino sur son nez :
— Pardon ?
L’intrus était en train de siffler silencieusement, tout en le regardant des pieds à la tête, tel le prédateur abstinent qu’il était. Il n’était pas vilain à regarder, mais son air affamé gâchait tout son potentiel. Habillé en costard bon marché, il faisait déjà signe au serveur :
— Deux mojitos pour mademoiselle et moi, s’il vous plaît.
— J’ai pas dit oui, grommela Crowley, d’une voix traînante.
— Ta mère elle fait pas des biscottes ?
— Pardon ? répéta le démon, interdit, en penchant sa tête en avant.
— Parce que t’es craquante, répondit le bonhomme, visiblement satisfait de sa blague.
— Ma mère a créé les biscottes pour tout te dire, rétorqua Crowley, avec un sourire forcé. Et les lourdingues aussi, à mon grand regret.
Le serveur posa les boissons sur le bar, avant de s’éloigner prendre une autre commande et l’intrus poussa un verre devant Crowley.
— Ah ouais ? Elle a l’air aussi intéressante que toi, ta mère ! répondit-il, sans se départir de son assurance.
— Tu perds ton temps, tombeur…
— Allez, fais pas semblant ! Quand on s’habille comme ça, c’est pas pour aller à un groupe de prières… se moqua l’homme, en portant son verre à sa bouche, sans cesser de poser ses yeux porcins sur chaque partie du corps du démon.
— Je te le fais pas dire ! Néanmoins, c’est pas pour me faire draguer non plus, surtout pas de façon aussi pitoyable…
— Pour un travelo, je te trouve bien difficile ! T’en trouveras pas d'autres pour te baiser, t’es au courant ? répondit l’intrus, en se levant pour se coller à Crowley, subitement nettement moins aimable.
— Rien n’est moins sûr ! Et c’est pas avec une attitude pareille que toi tu vas trouver quelqu’un pour te baiser ! T’as encore plein de trucs à apprendre sur les femmes.
L’homme se mit à rire bruyamment, tout en saisissant fermement Crowley par le coude :
— C’est pas toi qui va m’apprendre à parler aux femmes, surtout avec une bite cachée sous cette robe !
Crowley observa sa main sur son bras, puis son visage, avant de sourire :
— Si j’étais toi, j’arrêterais tout de suite et je dégagerais vite !
L’homme pouffa :
— Depuis quand on s’excuse avec les gens de ton espèce ?
Une tape derrière son crâne lui fit lâcher Crowley, qui s’écarta prudemment : le visage de Nina venait d’apparaître derrière l’intrus.
— Depuis que les gens de son espèce ont des amis prêts à tout pour les défendre, grogna-t-elle, entre ses mâchoires serrées.
Aussitôt, Maggie saisit le verre de mojito destiné à Crowley et le jeta au visage de l’homme :
— Tu manques de respect envers Crowley, tu manques de respect envers toutes les femmes !
Nina la dévisagea avec amour :
— Bébé, souffla-t-elle, avec admiration.
Maggie tendit ensuite sa main à Crowley :
— Ça va ? demanda-t-elle, avec douceur.
Crowley se demanda vaguement comment il allait faire pour s’habituer à ça aussi. La compassion. Il saisit la main tendue et sourit avec sincérité :
— Oui, merci ! Je ne risquais rien, tu sais ?
— Allons-y, on est déjà en retard à cause de ce tocard ! ajouta Nina.
— Tu lui casses pas la gueule ? s’étonna le démon.
— Pas le temps ! Les autres vont tout acheter si on arrive trop tard…
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La réunion n’était pas finie lorsque Crowley quitta l’établissement de madame Sandwich. Il ne passa pas inaperçu en sortant, d’ailleurs. Attirant les regards de tous les clients, il glissa son unique achat dans sa pochette et prit le temps de saluer toutes les participantes, en insistant auprès de madame Sandwich afin qu’elle organise sans tarder une prochaine réunion dans le boudoir de son bordel.
— Ravie que ça te plaise, Trésor ! Je suis sûre que ton libraire et toi, vous allez bien vous amuser avec ce que tu as acheté, tu m’en diras des nouvelles ! On se retrouve demain matin chez Nina ? Neuf heures ? C’est mon tour de te payer le café ! proposa la tenancière, en posant un bisou humide sur sa joue.
— Neuf heures, sans faute ! Bonne nuit…
Crowley rentra sans encombres à la librairie, en faisant abstraction des habituelles propositions des clients le croisant dans la rue et qui pensaient que le démon travaillait au bordel. Son “succès” l’avait étonné au début. Il avait pris l’habitude d’être accosté, dans sa corporation masculine, pendant l'”absence” d’Aziraphale - lorsqu’il errait sans but dans Soho - mais il ne s’attendait certainement pas à l’être autant, habillé en femme. Surtout qu’il n’était qu’habillé en femme et non dans sa corporation de femme ! Homme ou femme, il captait tous les regards concupiscents de Soho, surtout “habillé en salope”, comme aimait lui faire remarquer madame Sandwich avec affection.
Avec un sourire goguenard, après qu’on lui ai demandé pour la troisième fois ses “tarifs”, il franchit la porte de la librairie et croisa le regard de madame Mutt, dans l’entrée, qui le salua avec entrain :
— Crowley ! Je me disais bien que tu serais sorti ce soir, dit-elle avec un sourire entendu. Quelle robe ! Elle te va comme un gant ! Tu as passé une bonne soirée ?
— Ouais, c’était sympa ! La réunion se termine juste ? s’étonna le démon.
— Elle est finie depuis vingt minutes, mais Aziraphale parlait de magie avec mon mari, répondit madame Mutt, en levant les yeux au ciel.
Effectivement, la carrure imposante de monsieur Mutt se dessina derrière son épouse :
— Bonsoir, Crowley, le salua-t-il avec politesse.
— ‘Soir !
— Passez une bonne soirée, ajouta-t-il, en se retournant vers Aziraphale, qui s’approchait.
— Bonne soirée, les salua le libraire, tandis que le couple s’engageait dans la rue. Nous sommes synchrones, ajouta-t-il à l’adresse de Crowley, en s’avançant pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres, rehaussées d’un rouge brillant.
— Ça s'est bien passé ?
— Oui, répondit le libraire avec enthousiasme. J’ai des élèves plus qu’appliqués ! Certains sont vraiment doués… Et toi ?
— C’était d’Enfer ! Une bonne soirée ! On se refait ça bientôt a priori…
— Tickety-boo ! s’enthousiasma l’ange, en serrant les poings joyeusement. Je t’offre un verre ?
Le démon sourito :
— C’est la deuxième fois qu’on m’offre un verre ce soir, mais il n’y a qu’à toi que je peux dire oui, mon ange…
Aziraphale haussa un sourcil, mais s’écarta pour laisser entrer le démon, qui balança sans ménagement ses escarpins pour aller se vautrer dans le canapé.
— Talisker ?
— S’il te plaît !
Deux verres à la main, l’ange vint s’asseoir à côté de Crowley et lui tendit son whisky.
— Tu as trouvé quelque chose ? demanda-t-il avec curiosité.
L’ange avait compris, plus vite que lui, l’intérêt des réunions sex-toys…
— Ouais, un truc sympa ! Enfin… Sur le papier, c’est vendeur en tout cas ! répondit Crowley, en sortant le petit emballage de sa pochette pour le tendre au libraire.
— Qu’est-ce que c’est ?
— Ça s'appelle un “plug” !
Aziraphale observa le petit objet métallique de couleur dorée et surmonté d’un strass noir avec intérêt. Il fit glisser ses doigts sur sa surface lisse.
— C’est… Petit, commenta-t-il.
— Plus petit que toi, ça s’est sûr ! rigola le démon.
— Est-ce que c’est censé… Te donner du plaisir ?
— Si je dois prendre du plaisir avec ça, on n’est pas sortis des Limbes ! C’est censé me préparer… Si j’ai bien compris…
Le libraire haussa un sourcil interloqué :
— Mais… N’est-ce pas mon rôle ?
— Prends ça pour une aide technique ! Tu sais… Comme le cock ring que j’ai acheté le mois dernier !
L’ange s’empourpra légèrement en bredouillant :
— Hum, oui… Ces humains ont de bonnes idées, il faut bien l’avouer, mais… Je me demande si… ajouta-t-il, en tournant le plug dans ses mains.
— Si quoi ? demanda Crowley, en reposant son verre vide.
— J’ai une idée ! s’exclama l’ange.
— Hou là… grimaça Crowley. Pas un tour de magie j’espère ?
— Il faudra bien faire disparaître cet objet en toi, mon cher ! répondit le libraire avec malice, en passant une main dans les longues mèches rousses du démon.
— Si c’est ce genre de magie, ça me va…
— Tu es magnifique ce soir ! Cette tenue te va à ravir, pourtant je rêve de te l’arracher…
— Bas les pattes, Aziraphale ! J’adore cette robe et tu as déchiré presque toutes les autres ! le rabroua Crowley.
Le libraire leva les mains :
— Très bien, très bien ! Dans ce cas, je vais me contenter de la soulever pour te faire l’amour…
— C’est ton club d’écriture qui t’a excité comme ça ? rigola Crowley.
— C’est toi qui m’excites, rétorqua Aziraphale avant de se pencher pour l’embrasser d’une façon, cette fois-ci, nettement moins chaste.
Crowley se tortilla dans les bras de l’ange et réussit à dégager ses lèvres un court instant :
— Dans la chambre, l’angelot !
— Tes désirs sont des ordres, mon rossignol… acquiesça Aziraphale, en le soulevant dans ses bras.
— N’oublie pas le plug !
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— Aziraphale !
Echevelé, Crowley tenta de repousser une mèche de son visage en soufflant dessus. Toujours penché sur ses coudes, il tourna légèrement son visage pour observer l’ange, qui ne s’était toujours pas retiré malgré le fait qu’il avait joui, en même temps que lui.
— Tu vas rester là toute la nuit ? plaisanta Crowley, en tortillant ses fesses.
— Je t’aime ! répondit spontanément Aziraphale, dans un aveu essoufflé.
— Oh. Moi aussi je t’aime, mon ange !
— Où est ton petit objet ? demanda Aziraphale, en scrutant les draps chiffonnés et souillés autour de lui.
— Le plug ? Tu l’as même pas utilisé ! répondit Crowley, en tâtonnant sous l’oreiller pour trouver le sex toy. Il est là ! ajouta-t-il, en jetant l’objet vers le libraire.
— C’était volontaire ! Je le gardais précisément pour cet instant !
— Hein ? Mais… T’as pas compris l’utilité du truc je crois !
— Si, mais je préfère le détourner, vois-tu ? Comme ceci… ajouta-t-il.
Il se retira délicatement et tandis que son sexe, luisant des reliefs de son orgasme, découvrait l’anus dilaté de Crowley, il y enfila aussitôt le plug, provoquant un sursaut de la part du démon.
— Hey ! Mais… La vache, c’est froid !
— Oh ! Pardonne-moi, je le chaufferai dans ma bouche la prochaine fois, s'excusa Aziraphale en caressant la partie de son dos découverte par le décolleté de la robe.
— Tu comptes remettre ça ? demanda Crowley avec espièglerie, en se retournant pour s’allonger sur le dos.
— Demain, certainement ! Mais pour l’heure, je vais aller faire couler un bain bien chaud en sachant que ma semence restera là où je l’ai déposée, répondit Aziraphale avec suffisance.
— Tu sais que je ne vais pas garder ça toute la nuit, j’espère ?
— Ce que je sais, c’est que tu vas me rejoindre dans la salle de bains et que, tandis que je me prélasserai dans l’eau, tu t’effeuilleras de cette magnifique robe et tu te pencheras devant moi afin que j’ôte ce petit plug et que je vois ma semence dégouliner le long de tes cuisses…
— Ngk…
— C’est bien ce qui me semblait… Je vais couler l’eau ! ajouta Aziraphale, en se penchant en avant pour soulever la robe de Crowley et poser ses lèvres sur son sexe.
— Putain, l’angelot, soupira Crowley, en basculant sa tête en arrière.
Aziraphale poussa des grognements de satisfaction au goût salé et amer sur le gland de Crowley, encore couvert de sperme.
— Tu as ruiné ta robe tout seul aujourd’hui, je n’y suis pour rien, susurra-t-il, en redressant son visage pour croiser les iris serpentins du démon.
— Si j’ai joui dans ma robe, c’est ta faute, l’angelot ! rectifia le démon.
— Je t’en achèterai une autre, promit Aziraphale.
— Ben en fait…
— Oui ?
— J’aimerais mieux un bracelet ! Si… Si tu as envie de… De m’offrir quelque chose… bredouilla Crowley, confus.
L’ange fronça les sourcils :
— Tout ce que tu veux, Crowley ! Je… Je rêve de te couvrir de cadeaux, mais… Je n’osais pas…
— C’est pour ça que tu me couvres d’autre chose, plaisanta Crowley, pour dissiper la gêne.
— A ce propos… Bain ! ajouta joyeusement Aziraphale, en s’asseyant au bord du lit pour retirer ses jarretières de chaussettes et ses chaussettes tartan.
Arriverait-il à s’habituer à ça ? Avec un sourire réjoui, il en eut soudain la certitude.