Rollercoaster

Chapitre 4 : Salutaria !

Par bucky1984

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IK J13 Ancient Rome


Salutaria


An 41, Rome


Après avoir prodigué quelques tentations ordonnées par Belzebub avec plus ou moins de conviction (plutôt moins que plus à vrai dire), Crowley s’était, effectivement, laissé tenter à son tour par la proposition d’Aziraphale de découvrir le restaurant de Petronius sur la rive gauche du Tibre, non loin du champ de Mars. “Il fait des choses remarquables avec les huîtres” avait dit l’ange. Crowley n’avait jamais mangé d’huîtres. En réalité, il ne mangeait pas, sauf lorsque son chemin croisait celui de la Principauté. Le démon se contentait des boissons alcoolisées concoctées par les humains et cela lui convenait amplement !  


Depuis leurs retrouvailles, quelques semaines plus tôt, Aziraphale multipliait les allusions à double-sens lorsqu’il rencontrait le démon et celui-ci ne manquait aucune occasion de lui renvoyer ses insinuations ! Il fallait dire qu’ils s’étaient manqués depuis la crucifixion… Le temps s’étirait lentement lorsqu’ils étaient loin l’un de l’autre et chacun espérait secrètement qu’un jour viendrait où ils pourraient se voir plus régulièrement. Vivre parmi les humains avait fait naître entre eux un intérêt bien différent de celui escompté par leur hiérarchie ; intérêt qui ne faisait que croître depuis qu’ils côtoyaient les Romains et leurs mœurs légères… 


Le goût des huîtres n’avait pas transporté Crowley, à l’inverse de l’ange, qui avait dégusté les siennes avec un plaisir non dissimulé, à grands renforts de soupirs extatiques et de grognements de satisfaction. Le démon avait failli tomber de sa chaise en l’observant. Pour un ange, Aziraphale était l’incarnation de la Luxure dès qu’il s’agissait de manger ; ce qui ne cessait d’épater Crowley, qui ne boudait pas son plaisir en épiant ses mimiques et le bout de sa langue se promener sur ses lèvres rougies et humides… 


— Toutes leurs saveurs se révèlent au palais et j’adore les sentir glisser le long de ma gorge ! s’était extasié l’ange.

Ngk, avait bredouillé Crowley, à court de mots pour une fois.

Salutaria, s’était ensuite exclamé Aziraphale, en levant son verre.

Salutaria, l’angelot… 


Le repas avait été copieusement arrosé et payé par miracle, comme toujours. 

Crowley s’était débarrassé de ses caligae à peine assis à table et avait perdu la couronne de lauriers dorés qui ornait ses cheveux au cours de la promenade qui avait suivi le dîner, si bien qu’il ne portait que sa toge noire en marchant de son pas élastique aux côtés d’Aziraphale. L’ange, pour sa part, était toujours drapé dans son impeccable toge blanche, surmontée d’une fibule dorée en forme de paire d’ailes, tandis qu’il discourait sur le goût des huîtres et du vin romain. 


— Ne t’avais-je pas dit que c’était un mets d’exception, mon cher ? se vanta-t-il, en massant son ventre. 

— En fait, t’arrêtes pas de me parler de tes foutues huîtres depuis que tu m’as trouvé dans cette taverne, l’angelot…  

— N’as-tu pas aimé ? demanda Aziraphale, visiblement déçu.

— Bof, c’est visqueux et en plus c’est toujours vivant quand tu le manges, je trouve ça un peu dégueulasse ! 

Oh… souffla l’ange, avant de roter bruyamment. 

— Ben alors ? se moqua Crowley, en tournant vivement son visage vers celui, mortifié, d’Aziraphale.

— Toutes mes excuses… Je crois que j’ai trop mangé avec cette chaleur… 

— Mhmm… 

— Et si nous allions nous baigner ? proposa soudain l’ange.

— Pardon ? 

— Aux thermes de Caracalla, nous sommes tout près ! 

— Mais… C’est la nuit, Aziraphale ! On a passé plus de trois heures chez Petronius à bouffer tout son stock d'huîtres… 

Oh… Mais je connais les gardes, peut-être feront-ils une exception !


C’est ainsi que les deux célestes se retrouvèrent aux portes des thermes à une heure plus que tardive où le clair de lune les éclairait néanmoins comme en plein jour. 


— Halte ! intima l’un des gardes.

Salutatio vespertina

— Aziraphalus, c’est toi ? s’étonna le garde, en approchant.

— En effet ! Je… Nous aimerions faire quelques ablutions, Barrius… expliqua l’ange, d’un ton neutre. 

— Les thermes sont fermés la nuit, tu le sais bien ! Je ne peux pas vous faire entrer ton esclave et toi, s’excusa le garde. 

— Ce n’est pas mon… commença Aziraphale, les yeux écarquillés, en se tournant vers Crowley.

— Tu te fais vraiment appeler Aziraphalus ? se moqua le démon, tout en claquant des doigts. 


Le garde s’écarta pour les laisser passer : 


— Passe une bonne soirée, salua-t-il l’ange. C’est bon, laissez passer Aziraphalus et son esclave, commanda-t-il aux autres gardes. 


Une fois à l’intérieur de l’immense bâtiment, Aziraphale les conduisit directement vers le Tepidarium (1). 


— Tu es plus contrarié par mon nom que par le fait que ce romain t’ait pris pour mon esclave, s’étonna Aziraphale en chemin. 

— Je suis pas étonné, je suis amusé ! rectifia le démon. Aziraphalus ? Sérieusement ? 

— Tu vas te moquer longtemps ? Les esclaves ne se moquent pas, je te rappelle ! répondit Aziraphale, avant de s’arrêter net au bord de l’élégant bassin.

— Un problème, Aziraphalus

— C’est… C’est juste que… Tu es déjà venu aux thermes, Crowley ? 

— Non, pourquoi ?

— Il faut… Ahem… Il est d’usage de se baigner nu… 

— Oh… Et ça te pose un problème ? T’as l’air de bien connaître les lieux pourtant, tu dois venir souvent… 

— C’est le cas ! Mais… Je ne veux pas t’obliger ! 

— T’as qu’à me montrer les usages des Romains, l’angelot, répondit le démon d’une voix pleine de sous-entendus. Je ne suis qu’un pauvre esclave moi… 


Les joues légèrement rosies, Aziraphale promena ses yeux sur la toge de Crowley.


— Hum… Normalement, les esclaves ne se baignent pas avec leurs maîtres ! expliqua l’ange d’un ton amusé. 

— Ah oui ? Et que font-ils alors ? demanda sérieusement le démon, de plus en plus tentateur. 

— Ils… Ils déshabillent leurs maîtres… 

— Voyons comment je me débrouille dans ce cas…


Crowley réduisit la distance entre eux d’une simple enjambée et se retrouva nez à nez avec l’ange, qui le dévisagea en silence. 


— Tu devrais poser tes lunettes, l’eau va les abîmer ! 


Le démon grimaça, mais Aziraphale tendait déjà ses mains vers son visage : 


— Je peux ? 

Ngk… 


La Principauté ôta délicatement la paire de lunettes de soleil et la fit disparaître d’un mouvement de doigts. Une fois les yeux serpentins de Crowley dévoilés, l’air devint plus lourd et la tension entre eux, nettement plus chargée. Dans un épais silence, Crowley entreprit de décrocher la fibule en or, qu’il posa avec révérence au sol en s'accroupissant lentement devant l’ange, avant de se remettre à sa hauteur. Avec des gestes légèrement tremblants, il écarta les pans de la toge blanche, qu’il fit glisser aux pieds de l’ange en la retenant à peine, trop occupé à admirer la nudité d’Aziraphale enfin dévoilée. Son regard s’attarda d’abord sur ses épaules et son torse, recouvert d’une toison aussi blanche que ses cheveux, puis son ventre rebondi, avant de glisser plus bas. 

Il sentit l’ange retenir son souffle.


— Un esclave ne se permettrait jamais de regarder ainsi le corps de son maître avec insistance sous peine d’être puni, mon cher… finit-il par dire d’une voix grave, que Crowley ne lui connaissait pas, mais qu’il aima sur-le-champ. 

— Ton corps attise ma curiosité, mon ange ! 

— Permets-moi d’admirer le tien, s’il te plaît…  


Avec des gestes hésitants, Crowley se dépouilla de sa toge, qu’il maintint pudiquement quelques instants devant son entrejambe. 


— Ne doute pas de ta beauté, Crowley ! l’encouragea Aziraphale. 


Le démon fit glisser sa toge au sol, qui s’écrasa mollement sur le marbre, à côté de celle de l’ange. Aziraphale émit un son à mi-chemin entre l’émerveillement et un grognement affamé, tandis que ses yeux se perdaient à contempler le corps élancé du démon, recouvert de taches de rousseur. 


— Et dire que je ne t’avais jamais vu nu depuis tout ce temps… 

Ngk… grogna Crowley, en détournant les yeux.

— C’est un spectacle enchanteur, je dois l’admettre ! Accepterais-tu de te baigner avec moi, mon cher ? 

— Je… Je sais pas… C’est chaud comme du soufre bouillant ? demanda le démon avec crainte, en observant la surface lisse du bassin. 

— Non, bien sûr ! L’eau est tempérée ici, ne t’inquiète pas. Je ne t’emmènerais jamais où tu risquerais de te blesser… 


Il prit la main du démon dans la sienne : 


— Viens avec moi ! l’encouragea-t-il. 


Aziraphale pénétra le premier dans le bassin, accompagné par le démon, qui s’immergea après une dernière hésitation. 


— Tu vois ? Elle est bonne… le rassura l’ange. Je suis étonné que tu ne sois jamais venu aux thermes ! A vrai dire je suis étonné qu’un démon craigne l’eau chaude… poursuivit-il, en faisant quelques pas dans le bassin.  

— Mhmm… Ca se voit qu’on t’a pas plongé un million d'années dans du soufre en ébullition… 

Oh ! s’exclama l’ange, en se retournant. Je suis désolé, Crowley, je ne voulais pas… 

— C’est rien, l’angelot ! C’était il y a longtemps… répondit tristement le démon. 

— Viens près de moi ! Si… Si tu veux bien sûr… ajouta maladroitement Aziraphale. 


Crowley le rejoignit bien vite ; l’eau formant quelques vaguelettes à la surface du bassin, dont le clapotis se répercuta dans l’immense pièce vide. 


— Alors comme ça, tu viens souvent te baigner ici avec des gens tout nus ? demanda-t-il d’un air moqueur, pour masquer son trouble.  

— Eh bien… C’est plutôt agréable ! Et de nombreuses discussions d’importance ont lieu dans les thermes, tu sais ? 

— Ah ouais ? Tu trouves ça agréable de te baigner en tenue d’Adam ? 

— P… Plutôt oui, bégaya Aziraphale. Pas toi ? ajouta-t-il, mutin. 


Le démon prit le temps de réfléchir ; il refit quelques pas dans le bassin et se concentra sur la sensation de l’eau sur sa peau, sa pression contre ses jambes, son ventre et son sexe… 


— On se sent… Plus libre ! C’est plutôt sympa, j’avoue… À part marcher, on fait quoi ici ? C’est pas assez grand pour nager… 

— On se détend, mon cher ! On discute… 

— On se détend… répéta Crowley, sceptique. Comment ? 

— Eh bien, en profitant de l’eau. On peut aussi se faire masser par un esclave… 

— Oh ! Tu veux… Tu veux que je te masse, c’est ça ? 

— As-tu déjà massé quelqu’un ? demanda l’ange, avec curiosité. 

— Jamais, répondit spontanément Crowley. 

— Bien, souffla Aziraphale, avec une satisfaction évidente. Je peux te montrer si tu veux ?

— Pourquoi pas ? Comment… Comment ça marche ? 

— Mets-toi devant moi… l’encouragea l’ange, en joignant le geste à la parole. 


Crowley fit comme demandé et l’ange l’encouragea à se tourner pour lui présenter son dos, qu’il commença à effleurer délicatement. Les mains d’Aziraphale étaient douces contre sa nuque et ses épaules. Tellement bien que Crowley se relâcha vite, son appréhension cédant le pas à une douce torpeur, que l’ange remarqua rapidement. 


Aziraphale laissa glisser ses mains le long des bras du démon et vint se coller à lui, offrant l’appui de son corps à celui, rendu cotonneux, de Crowley. 


— S’quetufais ? marmonna le démon. 

— Chut… Détends-toi, mon cher, susurra Aziraphale à son oreille, en effleurant le creux de son cou du bout des lèvres. 

— Ziraphale… bredouilla le démon, en basculant sa tête en arrière, contre l’épaule solide de la Principauté. 

— Chut…


L’ange poursuivit ses soins, en passant ses mains contre le torse de Crowley, en longeant soigneusement ses clavicules. Il s’attarda sur ses tétons, qu’il sentit durcir sous ses doigts habiles. Quelques gémissements s'échappèrent des lèvres de Crowley, provoquant une satisfaction et une excitation grandissante chez Aziraphale. Son propre sexe était d’ores et déjà tendu contre les fesses du démon, qui ne sembla pas s’en offusquer ! 

La respiration de Crowley se fit plus laborieuse tandis que les mains angéliques s’approchaient de son bas-ventre. Il en vint à retenir son souffle lorsqu’elles se posèrent enfin sur son sexe. Aziraphale entreprit de saisir le sexe dressé du démon dans une main, pendant que l’autre carressait ses testicules durcis par le plaisir. Il les sentit rouler sous ses doigts et lorsque Crowley se remit à respirer, l’ange commença à le masturber doucement, lui arrachant un glapissement sonore.


— Chut… Tout va bien, Crowley, je te tiens ! Laisse-toi aller… 


Un grognement étouffé pour toute réponse, Aziraphale poursuivit ses caresses avec un rythme croissant, sentant avec délectation le corps tout entier du démon se tendre contre lui. Le bassin de Crowley s’avançait en rythme pour aller à la rencontre de la paume de l’ange, qui faisait des merveilles à masturber toute la longueur de sa verge. Une sensation nouvelle s’insinua au creux du ventre du démon, une sensation qu’il ne connaissait pas, et qui lui fit peur. Il s’agita contre le corps de l’ange.


— Qu’est-ce que… Qu’est-ce que tu me fais, mon ange ? demanda-t-il, d’une voix éraillée. 

— Je vais te faire jouir, Crowley ! C’est une sensation exquise, qui, j’en suis certain, va changer le cours de ton existence dans cette enveloppe charnelle ! Fais-moi confiance… 

Ngk…    


Crowley se mit à se débattre mollement, tandis que l’orgasme montait en lui, avec une douce violence. Entre deux soupirs et gémissements erratiques, il sentit son sexe pulser dans la main ferme de l’ange, tandis qu’il atteignait le plaisir, grâce à ses caresses. Le nom d’Aziraphale résonna avec force contre les parois de marbre, avant que le silence ne retombe autour du bassin. Le corps de Crowley se fit à nouveau atone et il s’abandonna contre l’ange, le souffle court. 


— Alors ? susurra la Principauté. 

— C’était… C’était… marmonna Crowley, en se redressant lentement sur ses jambes. 

— Oui. Je sais ! Intense… 

— Tu veux… Tu veux que je te fasse pareil ? 

— Oh… Je pensais plutôt… Enfin, si tu es d’accord, je pensais plutôt à me débrouiller tout seul, en me caressant contre tes fesses… avoua l’ange, les joues plus roses que jamais. 

— Pourquoi, contre mes fesses ? 


L’ange sourit avec indulgence.


— J’ai encore beaucoup de choses à t’apprendre que j’ai moi-même apprises grâce aux Romains… 

— J’ai hâte que tu me montres tout ça, l’angelot ! 

— Je rêvais de te l’entendre dire, mon cher ! Heureusement nous avons un peu de temps devant nous ! La chute de l’Empire n’est prévue que dans quatre cent trente-cinq ans, d’après Gabriel… 







  1. bain d’eau tiède 





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