IK J17 + J26 : Voyeurisme / Omégaverse
Le noeud de l’intrigue
Dieu et Satan s’étaient bien joués d’eux !
Pour se divertir, ils les avaient renvoyés sur Terre, mais en changeant toutefois un détail. Un détail d’importance… Jusqu’à leur ultime rébellion, Aziraphale et Crowley avaient toujours foulé la Terre dans des corporations neutres, leur condition d’êtres célestes ne pouvant se réduire à l’un des trois genres hiérarchiques humains s’ajoutant à leur genre de naissance : Alpha, Bêta ou Oméga.
Ils avaient donc observé, pendant plus de six mille ans, les humains se débattre avec leurs hormones avec plus ou moins de curiosité, mais sans jamais les envier ! S’ils n’étaient pas imperméables aux sentiments et au désir, ils avaient été épargnés de tout le reste : le poids des responsabilités inhérent à certains, les risques encourus par d’autres… Ils subissaient bien assez leur hiérarchie divine ou infernale à leur goût !
Seulement voilà qu’après une énième effronterie qui avait annulé le Second Avènement, ils avaient été renvoyés à Londres, leurs ailes en moins, mais un genre en plus…
Crowley s’était réveillé dans son appartement de Mayfair avec une fièvre de tous les diables et des douleurs infernales au ventre. L’esprit complètement saturé d’hormones, il n’avait eu qu’une idée en tête : trouver un mâle pour le soulager ! Il s’était masturbé six fois avant de pouvoir tenir debout et se miraculer à la librairie. Il s’était dit que l’ange saurait sûrement quoi faire pour inverser cette malédiction et le cas contraire, Aziraphale avait le bagage nécessaire entre les cuisses pour remplir le vide qu’il ressentait… Encore un coup d’Hastur, avait-il pensé avec hargne, en se matérialisant dans l’intérieur cozy de la librairie.
Sauf qu’au lieu de l’habituelle odeur réconfortante de chocolat chaud, il avait été accueilli par une odeur animale et puissante qui lui fit perdre tous ses moyens ! L’origine de cette odeur, quelle qu’elle soit, provoqua une étonnante réaction de sa corporation et il sentit un liquide chaud et visqueux couler le long de ses cuisses, tandis que ses douleurs redoublaient d’intensité.
Aziraphale avait alors dévalé les escaliers, le nez en l’air, ses boucles blondes collées par la sueur et il avait couru jusqu’à lui.
— C’est… C’est toi qui sent comme ça ? avait-il demandé sans préambule d’une voix rauque, en collant son nez dans ses cheveux roux, puis sur sa nuque, qu’il se mit à lécher fiévreusement.
— Comme… Comme quoi ? avait balbutié Crowley, enivré par la fragrance dégagée par Aziraphale et le bas-ventre en ébullition.
— Tu sens si bon… avait grondé l’ange, en promenant ses mains sur le corps fébrile du démon.
Ils avaient fait l’amour. D’aucuns auraient dit qu’ils s’étaient accouplés comme… Comme des… Comme des humains !
Les meubles avaient été renversés, les rideaux arrachés. Le sommier à lattes du lit d’Aziraphale n’avait pas survécu et les oreillers avaient été éventrés, répandant leur contenu duveteux dans les mèches de Crowley, qui n’avait jamais autant crié, même en Enfer…
Les chaleurs du démon avaient duré sept jours, puisque c’était le chiffre préféré de Dieu. Au matin du huitième jour, honteux et épuisés, Aziraphale et Crowley avaient discuté autour d’un café et d’un thé et avaient fini par comprendre qu’ils étaient devenus Alpha et Oméga.
Bon gré, mal gré, ils s’étaient donc mis à vivre selon leurs cycles - ruts pour Aziraphale, chaleurs pour Crowley - et il était rapidement apparu que le démon ne pouvait vivre plus longtemps seul à Mayfair. Déjà parce que le propriétaire de l’immeuble refusait de louer aux Omégas, et aussi parce qu’il était devenu dangereux pour lui d’arpenter les rues de Londres seul, alors qu’il n’était pas marqué.
Nul ne se souvenait de qui avait eu cette idée débile, Là-Haut, du marquage… Toujours était-il que c’était ainsi que celà fonctionnait sur Terre depuis qu’Eve - la première Oméga - avait croqué dans la pomme ! Une punition Divine, orchestrée par un de Ses archanges à n’en pas douter, que les Omégas avaient dû, depuis, porter sur leurs frêles épaules.
Si Crowley s’en était voulu, à l’époque, d’avoir tenté Eve, à présent il s’en mordait les doigts plus que jamais ! Les Omégas étaient tout en bas de l’échelle hiérarchique et devaient se soumettre à tous, en particulier aux Alphas et ne pouvaient s’unir qu’à eux.
Néanmoins, si Aziraphale et Crowley s’étaient avoué leur amour bien avant ce châtiment inattendu, le bonheur qu’ils ressentaient dans la présence de l’autre avait pris une dimension tant viscérale qu’émotionnelle. Car c’était ainsi que l’avait voulu Dieu : Alphas et Omégas était complètement alignés, à-même de ressentir les émotions de l’autre autant que ses besoins sexuels ! Aziraphale s’était même secrètement demandé si cette punition en était bien une, car son souhait le plus cher s’était réalisé : il partageait désormais la vie de Crowley. Sans parler du sexe…
Fidèle à sa nature rebelle, Crowley avait tendance à déchaîner les Alphas qu’il croisait dans la rue et qui ne manquaient pas de lui faire des avances ou d’avoir des gestes déplacés envers lui ! Aziraphale et lui n’avaient pas encore parlé de la possibilité de le marquer. Cela semblait fort barbare du point de vue du libraire, même s’il ressentait le besoin viscéral de mordre Crowley pour le revendiquer. Parfois, la seule pensée de planter ses canines dans sa glande de marquage, au creux de son cou parcouru d’éphélides d’où émanaient ses phéromones, lui provoquait une érection qu’il ne pouvait contenir ! Il se masturbait alors dans un vêtement appartenant au démon en poussant des grognements fébriles dans l’arrière-boutique de la librairie. Heureusement pour lui, les humains étaient extrêmement tolérants vis-à-vis des débordements sexuels des Alphas, aussi ses clients ne s’en offusquaient pas.
Crowley, lui, l’était moins lorsqu’il récupérait ses chemises ou ses cols-roulés couverts de la semence de l’ange. Aziraphale, pour sa défense, lui faisait alors remarquer que lui-même empruntait régulièrement ses propres vêtements - tout comme ses plaids tartan - pour confectionner son nid et frotter toutes les parties de son corps dessus…
En cette fin de journée automnale, tandis que l’ange était parti assister à une conférence sur la littérature moderne à l’University College de Londres, Crowley s’occupait seul de la librairie. Les clients étaient rares, comme souvent, et le démon avait passé la majeure partie de l’après-midi à scroller sur son téléphone. Il s’était commandé un nombre extravagant de colliers sur OmégaStore. Depuis qu’il avait failli se faire marquer la semaine précédente, en sortant de la boutique de disques de Maggie, il s’était résolu à se procurer ces épais colliers de cuir, que les Omégas portaient pour protéger leur glande de marquage.
Pas moyen de se faire marquer par un autre Alpha qu’Aziraphale, encore moins par un pasteur. L’homme d’église s’était pris un coup de genou dans les parties, mais sans l’aide de Maggie, le démon n’aurait jamais pu échapper à la poigne de fer de l’Alpha et aucun des passants n'avait réagi. Il était rare que quiconque s’oppose à un Alpha en rut et personne ne se souciait de l’intégrité corporelle d’un Oméga…
Crowley était rentré échevelé à la librairie et le corps parcouru de tremblements. Il s’était effondré en larmes dans les bras du libraire tout en se maudissant de paraître aussi faible, mais le fait est qu’il ne pouvait lutter contre sa nouvelle nature et ses sautes d'hormones imprédictibles… Aziraphale n’avait pas non plus été en mesure de lutter contre son instinct et après avoir réconforté Crowley, il avait quitté la librairie, auréolé de phéromones de rage. Crowley n’avait plus croisé le pasteur dans les rues de Soho depuis, mais il ne voulait courir aucun risque. Cela ressemblait trop à un coup tordu de Dieu : le faire marquer par un autre Alpha que l’ange…
Le démon avait pris la menace au sérieux et il avait mis une quinzaine de colliers dans son panier. Une fois la commande validée et payée grâce à la carte bancaire de l’ange - Crowley n’ayant pas le droit d’en posséder une - la porte de la librairie s’ouvrit et il s’ébroua à grand-peine :
— Vous n’avez pas vu les horaires ? Ils sont écrits sur la porte : la librairie est fermée depuis que je l’ai décidé ! C’est-à-dire depuis une bonne demi-heure…
— Tu feras bien une exception pour un vieil ami, lui répondit une voix traînante d’homme, depuis l’entrée.
— Furfur ? s’exclama Crowley, en se levant du canapé d’un bond, en reconnaissant la voix de l’intrus.
En quelques enjambées, il était déjà face à face avec le démon des Réquisitions, qui le toisait d’un air amusé.
— Qu’est-ce que tu fous là ?
— J’ai demandé la permission au Maître de venir voir comment tu te débrouillais sous cette nouvelle… Condition, ajouta-t-il, visiblement réjoui, en posant ses mains sur ses hanches. Tu fais moins le malin maintenant, n’est-ce pas ? Il semblerait que tu aies enfin cessé d’être traité avec privilèges ! Finalement, ton statut d’ancien Séraphin ne t’aura pas protégé éternellement…
— De quoi te plains-tu ? Tu auras peut-être enfin une promotion… rétorqua Crowley, avec un sourire narquois.
— Tu ne crois pas si bien dire, se rengorgea Furfur. Tu as devant toi le nouveau représentant plénipotentiaire de l’Enfer sur Terre !
— Comme quoi, passer sous le bureau de Shax a fini par payer, se moqua Crowley, en croisant ses bras sur sa poitrine.
— J’y suis passé moins souvent que toi sous celui de l’Archange Suprême, se défendit Furfur, en haussant ses sourcils broussailleux.
— Ex Archange Suprême…
— Ah oui ! J’oubliais… Lui aussi a été réduit à un amas d’hormones incontrôlable ! Comme c’est drôle… Il faut reconnaître que c’est la première idée sur laquelle le Maître et Elle ont réussi à s’entendre depuis la Chute et c’est vraiment une réussite ! J’ai crû comprendre que le pasteur en rut avait croisé ton chemin par un hasard habilement orchestré par Hastur, au passage… Quel boute-en-train cet Hastur, ajouta-t-il affectueusement.
— Va te faire foutre, Furfur ! Je ne te raccompagne pas, tu dois déjà connaître le chemin vers Mayfair…
— Je me disais que… commença Furfur, en se rapprochant langoureusement. Maintenant que ton libre-arbitre se résume à être correctement rempli, et que l’Archange Suprême moins le quart n’est pas disponible… Tu pourrais peut-être me raccompagner, rayon de soleil… Le lit king-size de l’appartement n’attend que nous pour réchauffer ses draps, poursuivit le démon, en caressant la joue de Crowley avec nonchalance.
Furfur était toujours un être céleste, aussi ne dégageait-il aucune phéromone susceptible d’entraver les réactions de Crowley. Le nouveau représentant de l’Enfer sur Terre se prit donc une gifle magistrale.
— Ooooh… On a gardé toute sa fougue à ce que je vois ? s’amusa Furfur, en frottant sa joue meurtrie. Au lit aussi, j’espère…
— Au lit surtout, s’exclama une voix grave, derrière lui.
Furfur fit volte-face pour se retrouver nez à nez avec Aziraphale, qui jeta un bref regard à Crowley pour s’assurer qu’il n’était pas blessé.
— Aziraphalbala ! gronda Furfur. Je ne t’attendais pas aussi… Tôt !
— Heureusement pour Crowley et malheureusement pour toi, je ressens toutes ses émotions, or son dégoût et sa haine envers toi me sont parvenues depuis le café où je m’étais arrêté discuter avec Nina et Maggie, nos voisines et amies.
— Malheureusement pour vous deux et heureusement pour moi, aucun de vous n’est plus en mesure de me chasser de cette ex Ambassade du Paradis ! se vanta Furfur, en les toisant tour à tour.
— En effet, répondit le libraire d’une voix égale, en posant tranquillement son cardigan sur le dossier de son fauteuil.
Crowley sentait sans mal les phéromones de l’Alpha : colère et… Excitation sexuelle. Aussitôt, l’Oméga se mit au diapason de l'humeur d’Aziraphale et sentit le désir monter en lui, ignorant complètement la présence du démon. L’Alpha s’approcha de lui pour l’enlacer et l’embrasser avec tendresse, avant de se tourner vers Furfur :
— Je ne peux pas t’obliger à partir, aussi tu peux tout à fait rester et me voir faire l’amour à Crowley et le posséder comme tu ne pourras jamais le faire… Combler son désir avec mon nœud d’Alpha et jouir en lui pendant au moins une demi-heure pendant laquelle je lècherai sa glande et qui sait… Mordrai dedans pour le revendiquer… S’il le souhaite…
— Putain, mon ange… susurra Crowley contre lui, les jambes flageollantes.
— Je le couvrirai de mon odeur et nous nous appartiendrons pour l’éternité et plus aucun autre mâle ne pourra s’accoupler avec lui, poursuivit Aziraphale, en serrant l’Oméga contre lui pour poser un baiser dans ses cheveux.
— Fais-le, Aziraphale ! Prends-moi et marque-moi, supplia Crowley, en promenant sa main sur l’entrejambe du libraire, comprimée dans son pantalon beige.
— En es-tu sûr, mon rossignol ?
Crowley tourna brusquement son visage vers Furfur :
— Tu devrais te barrer, ça va être sale !
Le démon n’en fit rien.
Subjugué par la tension sexuelle qui avait envahi l’espace, il assista en silence au déshabillage des deux hommes et ne put s’empêcher de pousser un cri étouffé lorsque le libraire libéra son sexe d’Alpha de son boxer tartan. Déjà en érection, tandis qu’il observait d’un oeil émerveillé le corps de l’Oméga, son large sexe surmontait un noeud qui, s’il n’était pas encore gonflé, témoignait déjà de sa taille imposante.
Ignorant l’insistance de l’intrus, Crowley, obsédé par l’excitation de l’ange, se laissa gracieusement tomber sur ses genoux et releva son visage pour plonger ses iris safranés dans le regard brûlant de l’Alpha.
— Je sens ton envie de me prendre, mon ange, mais laisse-moi te prendre en premier ! J’en ai rêvé toute la journée…
— Qui suis-je pour te refuser ce plaisir ? répondit l’ange, en caressant les cheveux auburn de l’Oméga, tandis qu’il se penchait pour promener sa langue sur ses testicules et son nœud, sans le quitter des yeux.
Aziraphale ne put retenir un profond soupir et bascula brièvement sa tête en arrière, avant de se plonger à nouveau dans son regard :
— Mets-les en entier dans ta bouche, susurra-t-il lascivement.
Crowley s’exécuta avec complaisance et réussit à glisser les testicules de l’ange dans sa bouche gourmande, avant de les relâcher, en laissant au passage un filet de salive dégouliner sur son torse, à la fine toison rousse. Il descendit ensuite sur le sexe gonflé de l’Alpha, qui émit un grognement sourd. Tandis que Crowley se tortillait d’excitation en suçant toute la longueur de son large sexe, Aziraphale accompagna ses mouvements d’une main plongée dans sa chevelure. Il observa alors Furfur avec un sourire satisfait :
— Crowley sait sucer comme personne, n’est-ce pas ? C’est ce que les Omégas font le mieux…
Pour toute réponse, le démon émit un gémissement étouffé et glissa une main dans son pantalon pour se caresser.
— Nous avons un invité, Crowley, n’oublie pas. Ton ancien collègue rêve d’être à ma place à l’heure qu’il est… Montre-lui comme tu aimes ta nouvelle condition et comme tu sais donner du plaisir à un homme ! l’encouragea Aziraphale avec malice.
Aussitôt, l’Oméga poussa un grognement réjoui et entreprit d’enfoncer le sexe de l’ange jusque dans sa gorge. Tandis que son nez s’enfouit dans les bouclettes blanches de la toison pubienne de l’Alpha, il eut un haut-le-cœur et deux larmes coulèrent le long de ses joues, y traçant deux sillages noirs à cause de son mascara. Les jambes tremblantes, l’Alpha arracha son regard à ce spectacle pour observer Furfur, qui se masturbait frénétiquement.
— Vois comme Crowley s’étouffe sur mon sexe comme il ne s’étouffera jamais avec le tien ! Tu te donnes en spectacle, mon rossignol, ajouta-t-il tendrement à l’adresse de l’Oméga. Il est temps de te donner ta récompense ! Tu mouilles tellement que tu es en train de souiller mon tapis, Crowley ! Relève-toi que je te baise comme tu le mérites…
— Aziraphale… gémit l’Oméga, tandis que l’ange se retirait de sa bouche.
— Je sais, mon amour, je sais… le consola l’ange, en l’aidant à se relever pour l’appuyer avec tendresse contre son bureau.
Il passa ses doigts à l’intérieur des cuisses de l’Oméga et récolta sa mouille, qu’il lécha avec avidité.
— Tu es si excité, constata-t-il. Toujours prêt à prendre mon nœud… Tu es merveilleux, Crowley, ajouta-t-il, en enfonçant un doigt dans son intimité détrempée.
— Ngk… soupira fébrilement Crowley, en se penchant en avant sur les livres de l’ange.
— Regarde bien ce cul, que tu ne posséderas jamais, gronda Aziraphale en observant Furfur.
Il s’enfonça ensuite jusqu’à la garde dans l’intimité de Crowley, qui poussa un cri de plaisir sans aucune retenue. S’abandonnant au feu qui brûlait dans son bas-ventre, l’Alpha entama une série de va-et-vient sulfureux, ponctués de grognements et de soupirs lascifs, qui s’ajoutèrent aux bruits humides et obscènes de son corps se mêlant à celui de Crowley.
Sentant l’Oméga se rapprocher de l’orgasme, Aziraphale porta une main à son sexe pour le masturber, tandis que son propre noeud se gonflait, le bloquant dans son intimité.
Leurs corps parcourus de tremblements, Aziraphale oublia momentanément la présence de Furfur et enveloppa l’Oméga de phéromones d’amour et de réconfort, avant de se pencher pour murmurer à son oreille :
— Est-ce que tu veux être mien ?
— Evidemment que oui ! Dépêche-toi de me marquer et de me faire jouir, Alphaziraphale !
Avec un grognement de satisfaction, Aziraphale attendit l’orgasme de Crowley et s’autorisa enfin à jouir, en plongeant ses canines dans la glande de marquage de l’Oméga ! Crowley poussa un hurlement, tandis qu’un filet de sang coulait dans le creux de son cou et qu’il s’effondrait sur le bureau de l’ange. Aziraphale caressa son dos et l’aida à se redresser pour l’accompagner au sol, toujours bloqué en lui. Allongés et essoufflés, leurs corps pantelants reposant sur le tapis duveteux, ils se retrouvèrent en cuillères, l’ange derrière l’Oméga, face à Furfur. Le démon avait joui aussi, semblait-il, et rangeait maladroitement son engin dans son pantalon, légèrement échevelé et appuyé contre l’une des colonnes.
Éreinté et hagard de plaisir d’avoir enfin marqué Crowley, l’ange parvint tout de même à se hisser sur un coude pour fixer Furfur d’un air malicieux :
— Vois comme il m'appartient à présent, comme il ne t’appartiendra jamais ! En as-tu assez vu ? Tu vas pouvoir rapporter à ton camp comme nous sommes heureux de nos nouvelles conditions et n’oublie pas de leur dire que nous nous sommes adaptés avec brio !
Alors que Furfur tentait de se redresser dignement pour sortir de la librairie, Aziraphale l’interpella une dernière fois, tout en caressant les cheveux de Crowley, qui s’était endormi :
— Si ça peut te consoler, nous avons fait sensiblement la même démonstration au Métatron la semaine dernière…
— Vous… Vous n’êtes que des animaux, balbutia le démon, en pointant tour à tour Aziraphale et Crowley.
— Des humains, rectifia l’ange de sa voix de baryton, en se rallongeant derrière l’Oméga pour l’étreindre avec amour.