Ce prompt a fait l'objet d'une collaboration avec ma très chère KaitasBaccus, dont le fanart est visible, euh... Ailleurs qu'ici XD
IK J22 Sadisme / masochisme
Plaisirs d’automne
Il n’y avait pas grand monde au “Donne-moi un café ou donne-moi la mort” en cette fin d’après-midi pluvieuse. Les congés d’été étaient déjà loin et ceux de la Toussaint - bien que s’approchant - se faisaient attendre, aussi la population active s’enlisait dans un quotidien dont la monotonie était accentuée par le temps maussade de Londres. Quelques mères de famille s’attardaient au comptoir ou sur une table, retardant le moment où la récupération de leur progéniture les plongerait dans leur deuxième journée de travail. Deux employées de madame Sandwich, quant à elles, se réchauffaient les mains autour de leur tasse de latte avant de retourner affronter le vent mordant de l’automne pour appâter le chaland.
Des choix avaient été faits et toutes ces femmes les assumaient avec bravoure. C’était ce que répétaient souvent Nina et Maggie lorsqu’elles prenaient cinq minutes pour s’asseoir avec Aziraphale et Crowley, chaque fois qu’ils s’arrêtaient “boire un café”. Une ineptie pour l’ange, un euphémisme pour le démon…
L’employé de Nina - Terry - s’occupait de la caisse au vu du nombre réduit de clients, laissant ainsi à sa patronne et à la compagne de celle-ci, tout le loisir de partager une boisson avec leurs amis. Le salon était plutôt calme, un silence confortable s’était installé entre les convives, rompu par le bruit des cuillères remuant le sucre dans les tasses : un thé blanc pour Aziraphale, un “six for the bitch” comme disait affectueusement Nina pour désigner la boisson de Crowley, un pumpkin spice latte pour Maggie et un café noisette pour la patronne.
L’ange, plongé dans le Celestial Observer (il n’avait pas pensé à stopper l’abonnement), sentit soudain Crowley lui écraser le pied sous la table, l’obligeant à détourner les yeux de la rubrique archangélique.
— Mais enfin qu’est-ce qui te prend ?
— Nina te parle !
— Oh… Qu’y a-t-il, ma chère ? se reprit l’ange, en repliant son bulletin.
— Je te demandais où ça en était tes décos ?
— C’est tickety-boo ! répondit fièrement Aziraphale. Il faudra que vous passiez voir par vous-même, Maggie et toi ! Crowley m’a aidé, il a fait des merveilles…
— Tu m’étonnes, c’est moi qu’ai tout fait ! rétorqua le démon, avec ironie.
— C’est faux ! s’indigna le libraire, d’une voix perchée.
— Ben voyons ! Tu t’es contenté de t’asseoir dans ton fauteuil et de donner tes ordres !
— Tu avais refusé de m’accompagner je te rappelle. C’était le moins que tu puisses faire !
— C’est ta librairie, mon ange…
— Mais nous en partageons l’espace tous les deux ! Chaque recoin… ajouta l’ange, la voix pleine de sous-entendus.
— Bon, c’est pas un peu fini vos engueulades de vieux couple ? intervint Nina, en feuilletant le journal pris dans les mains de l’ange. Y a vraiment des tournois de cricket au Paradis ? s’étonna-t-elle, avec un soupir désabusé.
— Les Séraphins sont les meilleurs, répondit négligemment le démon.
— Sûrement parce qu’on leur dit exactement ce qu’il faut faire, ajouta Aziraphale en fixant Crowley.
— Les Séraphins n’ont pas de conseils à reçevoir, encore moins d’ordres !
— Même les Séraphins doivent se soumettre à l’Archange Suprême !
— Il n’est plus en poste, l’Archange Suprême, il a déserté je te rappelle !
— Quelqu’un veut un eccles cake ? proposa brusquement Maggie, de sa petite voix fluette. La tension sexuelle entre vous est un peu intense, s’excusa-t-elle ensuite, en penchant sa tête sur son latte.
— Quelle tension sexuelle ? s’étonna Crowley.
Nina s’étrangla avec son café en rigolant :
— Tu plaisantes ou quoi ? Si vous n’aviez pas de public, vous seriez déjà en train de baiser comme des animaux sur ma table ! A chaque fois c’est la même chose…
— Mais… Mais pas du tout… s’offusqua l’ange, en essuyant ses lèvres sur la serviette en papier pour se donner une contenance.
— Mais bien sûr que si ! Ça va, je demandais juste si les décos étaient installées moi… se dédouana Nina, tandis que Maggie posait une main sur la sienne.
— A vrai dire, il reste une guirlande de fanions aux couleurs d’automne à installer, déclara Aziraphale, avec un regard appuyé vers le démon. Après qu’une certaine personne ait employé un langage ordurier pour me signifier qu’il en avait marre, la guirlande est restée dans son emballage !
— Tu sais où tu peux te la mettre, ta guirlande de fanions ?
Nina frappa dans ses mains avec excitation :
— Moi je sais, moi je sais ! railla-t-elle.
— Nina chérie, la réprimanda Maggie.
— Ton insolence dépasse les bornes, mon cher… gronda Aziraphale, les yeux pétillants.
— Qu’est-ce que tu vas me faire ? Me faire creuser des citrouilles pour mettre sur le perron ? le défia Crowley, en baissant légèrement ses lunettes de soleil pour le fixer avec insolence.
Aziraphale prit une profonde inspiration, puis fixa Maggie et Nina :
— Merci pour cette petite pause, mais nous avons visiblement encore pas mal de travail à la librairie ! Venez dîner avec nous ce soir, qu’en pensez-vous ?
— Avec plaisir, répondit joyeusement Maggie.
— Pas trop tôt quand même, précisa Crowley, en se levant d’un bond.
— Vous nettoierez avant qu’on arrive ! On n’a pas envie de tomber enceintes en s’asseyant sur votre canapé ou vos chaises… grommela Nina, en commençant à débarrasser les mugs.
— Promis ! Croix de bois, croix de fer, si je mens…
— Tu te prendras ma main dans la tronche, Crowley ! l’interrompit Nina, le regard désabusé.
Crowley passa la porte de la librairie le premier et alla poser ses lunettes sur le comptoir de son pas chaloupé, tandis que l’ange refermait soigneusement la porte derrière eux et la verrouillait d’un tour de clé.
— Tu veux vraiment finir la déco, mon ange ? demanda le démon, en se retournant pour observer le libraire avec un air malicieux.
— Tu as mentionné l’idée de creuser des citrouilles en pénitence de ton effronterie me semble-t-il…
— Sauf que t’as pas acheté de citrouilles ! répondit le démon, moqueur.
— En effet… Il va donc falloir te corriger autrement… déclara Aziraphale, d’une voix grave.
— Tu m’excites, mon ange ! souffla Crowley, en se rapprochant de lui pour caresser le col de son cardigan.
— Mhmmm… C’est la perspective de terminer la décoration qui t'excite ou celle d’être corrigé pour ta mauvaise conduite ? Parce que, je peux toujours miraculer une douzaine de citrouilles et te regarder les graver toute la nuit…
— T’as rien de plus… Corporel comme punition ? susurra le démon à son oreille. C’est que j’aimerais bien porter la marque de ton mécontentement pendant quelques jours…
— Oh… Tu aimerais que la douleur te rappelle mon mécontentement toute la soirée, lorsque nos amies seront là ?
— Chaque fois que je tenterai de m’asseoir, par exemple… répondit Crowley, en portant ses mains à la ceinture de l’ange pour la défaire.
Aziraphale posa ses mains sur ses poignets pour interrompre ses gestes :
— J’ai une meilleure idée, mais déjà… Tu es beaucoup trop habillé !
L’ange s’écarta pour aller s’asseoir sur le canapé où il déboutonna son épais cardigan en écartant ses jambes de façon provocante :
— Déshabille-toi !
— Tu es tellement sexy comme ça…
L’ange haussa un sourcil :
— Tu parleras quand je t’y aurai autorisé, petite chose insolente !
— Ngk…
Tandis que la nuit prenait ses quartiers dans Whickber street, Crowley entama son effeuillage à la lueur des lampadaires, dont la lumière timide se diffusait au travers des fenêtres à croisillons. Le rideau de pluie qui accompagnait la fermeture des bureaux faisait hâter le pas des derniers travailleurs pour troquer les pavés glissants contre le confort de leur voiture ou l’abri salutaire des transports en commun. La rue se vidait au profit d’un seul de ses commerces : La mule chargée, où se retrouvaient quelques habitués - majoritairement célibataires - pour un after work convivial.
Seul le bruit de l’eau contre les vitres et quelques klaxons éloignés troublaient la quiétude de la librairie, où le bruissement des vêtements jetés au sol se mêlait à celui des grognements de satisfaction de l’ange.
— Bien, dit posément Aziraphale, une fois Crowley entièrement nu devant lui. Ta peau est de celles qui se lisent comme un poème, où l’on dépose baisers et caresses comme autant de virgules ou de points de suspension, souffla-t-il, en admiration devant le démon.
— Joli… Pourtant je croyais que c’était autre chose que des baisers et des caresses que tu voulais imprimer sur ma peau… ajouta Crowley, en s’approchant au ralenti pour venir s’asseoir sur les genoux de l’ange et passer ses bras autour de son cou.
Après un baiser brûlant, Crowley entreprit de défaire le noeud papillon tartan du libraire, mais fut interrompu dans son geste par les mains fermes de l’ange :
— N’essaie pas de me tenter avec tes lèvres enchanteresses ! Je vais imprimer sur ta peau la marque de mon courroux. Je vais la zébrer comme on râture un poème pour le magnifier, mon rossignol… Ramasse ta ceinture ! Oh, et donne-moi la guirlande de fanions, veux-tu ?
Le démon poussa un gémissement fébrile en se relevant pour aller ramasser sa ceinture en cuir de serpent, enroulée sur son jean super slim. Il la tendit ensuite à Aziraphale, avant de se raviser et de la serrer contre lui :
— Et si je m’enfuis en courant ? demanda-t-il, tentateur.
— Je te ratrapperai et te fouetterai avec la boucle !
— Ngk… Ça pourrait me plaire, mon ange !
— N’oublie pas la guirlande !
Crowley s’éloigna pour aller fouiller dans le cabas de l’ange. Après quelques jurons, il finit par la trouver et la sortit de son emballage.
— C’est pour quoi faire la guirlande ?
Aziraphale lui sourit d’un air amusé, tout en tapotant sa cuisse :
— Ne me fais pas attendre, nos invitées seront là sans tarder ! Allonge-toi sur mes cuisses.
Le démon s’empressa de sauter sur le canapé et de se positionner comme demandé, le haut de son corps sur la gauche de l’ange, de sorte que celui-ci puisse utiliser sa main dominante. Autant bien faire les choses… Il donna ensuite la guirlande à Aziraphale.
— Je crois savoir que tu adores quand je t’attache, or cette guirlande me semble toute appropriée à la hauteur de tes récentes transgressions. Mets tes mains dans le dos !
Une fois de plus, le démon obéit avec complaisance et Aziraphale attacha ses poignets dans son dos, puis caressa affectueusement la peau de ses fesses.
— J’aimerais te porter comme on porte un gant. T’enfiler avec délicatesse et fermeté, de sorte à remplir tous tes orifices…
— Putain, mon ange… souffla Crowley, impressionné. C’est au Paradis que t’as appris à être aussi dangereusement obscène ? J’adore ! Je veux être ton gant ! Enfile-moi ! Use-moi jusqu’à la corde !
Clack.
Sa propre ceinture venait de s’abattre fermement sur ses fesses. La délicieuse chaleur se répandit aussitôt dans tout son être, amplifiant le désir ravivé par les métaphores de l’ange. Il fallut quelques coups supplémentaires pour que le délicat dessin des écailles s’imprime sur sa peau laiteuse pour former un quadrillage au milieu duquel se promenaient ses tâches de son. Les cris qui s’échappaient régulièrement de la bouche de Crowley n’avaient toutefois rien d’une supplique, aussi l’ange s’appliqua à jouer de la ceinture jusqu’à en avoir mal au bras.
— Encore ! Encore, Aziraphale, protesta Crowley, à bout de souffle. Je commence juste à sentir ton courroux… Pour un archange tu fatigues vite je…
Il fut interrompu par la sensation d’un doigt humide, glissé dans son intimité. Il se tortilla, mais fut entravé dans ses mouvements, à la fois par la guirlande, mais aussi par la poigne de l’ange.
— Ngk…
— Tu disais, mon cher ?
— Encore, encore !
— Encore quoi ? Eclaire-moi, je ne sais plus à force, répondit Aziraphale, d’une voix angélique.
— Encore un coup, encore un doigt ; ce que tu veux, mais continue !
— Mhmmm… Ça commence à ressembler à une prière ; je pense que d’ici deux doigts et trois coups supplémentaires, tu glisseras sur tes genoux pour te repentir de son insolence !
Crowley allait répliquer lorsqu’un bruit de coup porté aux carreaux les fit sursauter. Penchée à la fenêtre, un bonnet vissé sur la tête, Nina tentait de voir l’intérieur de la librairie. Le son de sa voix, étouffé par la cloison, leur parvint cependant sans peine.
— Ouvrez, bande de dégueulasses ! On se les gèle dehors et Maggie a fait un gâteau pour le dessert… Vous avez nettoyé derrière vous, j’espère ?
— Oups…
— Tu… Tu vas pas me laisser comme ça, Aziraphale ? Elles peuvent attendre encore cinq minutes ! Termine ce que tu as commencé, supplia Crowley, abandonnant toute retenue.
— Mhmmm… Je pense que j’ai rempli ma part du marché, tu devrais te souvenir de mon courroux à chaque fois que tu tenteras de t’asseoir ! Pour le reste… Il te faudra attendre la fin de la soirée, j’en ai peur…
— Et si je stoppais le temps ? Je vais stopper le temps ! déclara le démon, avec une détermination nouvelle, en se tortillant sur les cuisses d’Aziraphale. Détache-moi !
— Ça romprait le charme ! Nous allons dîner avec nos amies et si tu es sage et que tu m'installes mes fanions sans broncher, je trouverai autre chose pour t’attacher tout à l’heure…
— Tu devras me faire jouir deux fois !
— Tu n’es pas en position de négocier, mon cher…
— Ah ouais ? Et ce sera quoi, la bonne position pour négocier ?
— J’y réfléchirai quand je serai dans ta bouche, lui répondit l’ange, en se penchant pour poser un baiser sur ses fesses meurtries.
— Y a pas à dire… T’as l’étoffe d’un chef, pour ça au moins, Métatron avait vu juste…