J31 : Creator's choice
Deux bonbons et un sort… Happy Pornoween !
C’était le trente-et-un octobre. Jour d’Halloween. Aziraphale était dans tous ses états ! A peine ses décorations d’automne installées qu’il avait fallu ajouter celles d’Halloween… Crowley n’en pouvait plus. Un mois entier passé à suspendre des guirlandes de toutes sortes : en papier, en tissu, en leds… Nina et Maggie avaient ajouté des suspensions de fantômes, de sorcières, de chauve-souris ou encore de fausses toiles d’araignées au café. Il avait donc fallu en faire de même, car le libraire ne voulait pas être à la traîne. Depuis que Crowley et lui étaient devenus officiellement les Gardiens de l’Humanité, il fallait tout faire comme les humains, selon Aziraphale. Comme s’ils n’en avaient pas assez fait…
Juché sur un tabouret, le démon était donc en train d’accrocher un énième petit fantôme après le lustre de la librairie. Il aurait pu utiliser un miracle démonique, comme il l’avait suggéré à Aziraphale, mais ce dernier était intransigeant ! Pour comprendre et aider au mieux l’Humanité, il fallait désormais se rapprocher le plus possible de leur condition et de ce fait, ne réserver les miracles qu’à titre exceptionnel. Ou alimentaire…
— Je t’en foutrais des satanées décorations de mes deux ! Tu peux y aller, c’est pas lui qui se coltine à les installer ! Je vais bien finir par me casser la gueule en plus avec son tabouret de merde, ronchonnait Crowley.
— Tu m’as parlé ? demanda Aziraphale en descendant les escaliers, une pile de livres sur les bras.
— Non, mon amour… Je disais juste que ça manque un peu de chinoiseries à suspendre, tu ne trouves pas ? ajouta Crowley avec ironie.
— Oh, je vois que tu te mets enfin dans l’ambiance ! se réjouit l’ange. Tu as raison, je vais en acheter encore quelques-unes en sortant…
— Non, mais… C’était une… bredouilla le démon, en manquant de glisser du tabouret. Merde ! En sortant, tu dis ? Tu sors ?
— Oui, avec tout ça, je n’ai toujours pas de déguisement !
— Avec tout ça quoi au juste ? T’as rien fait d’autre que me donner des ordres et siroter du chocolat chaud !
— Je supervise, mon cher, rectifia Aziraphale. Je n’en ai pas pour long, je sais déjà comment je vais me déguiser, ajouta-t-il, avec malice.
— Je viens avec toi !
— Je ne crois pas, non. Il te reste la moitié d’une caisse de décorations à installer et il faut te presser ! Les enfants ne vont pas tarder le porte-à-porte, l’affiche des commerçants de Whickber street précisait “à partir de 17 heures”. Et Anathema, Newton et les Eux viennent prendre le goûter demain, je te rappelle !
— Et si je veux me trouver un déguisement moi aussi ? demanda Crowley, en sautant gracieusement du tabouret, tout en se frottant les mains.
— Ne dis pas de bêtises, tu as déjà le plus beau des déguisements ! rétorqua Aziraphale en saisissant la main gauche du démon pour poser un baiser sur son alliance. Mon époux !
— Ngk…
— J’en ai pour une heure à peine. Et ne commence pas la distribution sans moi ! ajouta l’ange, en claquant la porte derrière lui.
Depuis quand Crowley, anciennement démon des Tentations, anciennement Séraphin, était devenu mari au foyer ? Depuis quand se laissait-il aussi facilement mener par le bout du nez par un angelot aux bouclettes blondes auquel on donnerait le Bon Dieu sans confession ? se demandait-il, en vidant la dernière caisse de décorations d’Halloween. Depuis toujours, lui répondit aussitôt la partie raisonnable de son esprit, avec la voix exaspérante de Dieu… Tout en secouant la tête pour chasser leur Mère Céleste de son cerveau, il se résigna à mettre des piles dans une petite lanterne.
— Dans quel sens ça se met, ces merdes-là ? s’agaçait-il, sans pour autant réussir à allumer la fichue lanterne. Plus, moins… Plus ou moins de lumière ? Plus ou moins de piles ? Putain, mais qu’est-ce que ça veut dire ? Oh et puis merde… Que la lumière soit !
D’un claquement de doigts, la lanterne rayonna d’une lumière divine qui ne provenait certainement pas des matériaux bas de gamme utilisés pour sa confection, dans un obscur atelier chinois…
— C’est quand même bien moins chiant comme ça ! Merci, Mère… ajouta-t-il dans un soupir à peine audible, sauf pour sa destinataire.
Quelques miracles tout ce qu’on fait de plus frivole plus tard, Crowley se frotta les mains en observant la caisse vide.
— Eh ben voilà, c’est fini ! Ce que l’ange ignore ne peut lui faire de tort…
Fier de lui, il poursuivit son œuvre en creusant des visages effrayants sur les deux grosses citrouilles, ramenées de leur potager des South Downs. Il plaça ensuite des bougies leds à l’intérieur, avant de les déposer sur le perron pour encadrer la porte de la librairie.
— Ça va leur plaire ça, aux mioches !
Avec le sentiment du devoir accompli, Crowley se servit alors un généreux verre de Talisker bien mérité, qu’il sirota en se vautrant dans le petit canapé en cuir. Tout en se laissant imprégner par l’alcool, il rabattit le plaid tartan de l’ange sur ses longues jambes, en se débarrassant de sa paire de Louboutins en cuir python. Il eut à peine le temps de descendre la moitié de la bouteille qu’il entendit la porte de la librairie s’ouvrir, faisant tinter la petite cloche de l’entrée.
— Crowley ? Tu… Tu as eu le temps de creuser les citrouilles ? s’étonna Aziraphale, en s’approchant d’un air circonspect.
— Ça te plaît pas ?
— Si… Elles sont effrayantes à souhait, mais…
L’ange promena son regard sur la caisse vide, puis sur les décorations, impeccablement suspendues çà et là.
— Tu as fait tout ça en une heure à peine ? En plus d'écluser une bouteille de whisky ? demanda-t-il avec un ton dubitatif.
— Demi-bouteille, rectifia le démon, en tentant de se redresser.
— Me prendrais-tu pour un Chérubin né de la dernière pluie à tout hasard, mon cher ?
— T’as trouvé ton déguisement ? éluda habilement Crowley.
— Oh ! Oui, répondit le libraire avec enthousiasme, en soulevant son cabas.
— Montre-moi !
— Je reviens tout de suite, s’écria l’ange, en s’éloignant derrière une étagère de livres bien trop remplie.
Il en revint bientôt, en ayant troqué son cardigan beige pour une longue cape noire à large capuche, doublée de rouge. Il lui sourit avec deux canines proéminentes dorées :
— Je suis un vampire ! Je vais sucer ton sang, ajouta-t-il théâtralement, en faisant tournoyer sa cape.
— Je préférerais que tu me suces autre chose, mon ange !
— Crowley ! le réprimanda Aziraphale, le feu aux joues. C’est une fête pour les enfants !
— Dégageons-les vite fait, ils auront leurs confiseries et moi, ma gâterie !
— Je ne suis pas sûr que tu la mérites, mon rossignol ! J’avais dit pas de miracles, or tu en as usé et abusé !
— Alors use-moi et abuse-moi, mon ange, j’en crève d’envie ! Je veux que tu me ravages façon Human Sexipede (1)... rétorqua Crowley, en dégageant brutalement le plaid de ses jambes.
— Mais enfin qu’est-ce que tu regardes quand je te laisse seul ? s’inquiéta Aziraphale, tandis qu’on frappait énergiquement à la porte.
Crowley regarda sa montre :
— Dix-sept heures sept… Sont pas en retard, ces mioches !
— Quand il s’agit de bonbons… D’ailleurs je les ai laissés dans la cuisine, zut ! Je te laisse ouvrir, je vais chercher les bonbons…
— Mais… tenta d’objecter le démon.
Mais Aziraphale ayant déjà disparu dans l’arrière-boutique, Crowley se résolut à s’extirper du canapé. Il attrapa au passage ses lunettes de soleil, abandonnées sur le comptoir, et ouvrit la porte d’un geste brusque.
— DES BONBONS OU UN SORT ! crièrent vivement un petit groupe de cinq enfants amassés devant la librairie.
— Elles déchirent les citrouilles, s’exclama un garçon d’une dizaine d’années, déguisé en diablotin.
— Merci ! répondit Crowley, avec un sourire sardonique.
— En quoi t’es déguisé ? demanda le diablotin, en le regardant de ses lunettes de soleil à ses chaussettes, Crowley n’ayant pas remis ses chaussures.
— En démon ! Enfin… A la retraite… ajouta Crowley, dans une mimique.
— Pfff, tu ressembles pas du tout à un démon…
— Et toi, tu ressembles pas du tout à un enfant bien élevé ! En quoi je ne ressemble pas à un démon, je te prie, monsieur le spécialiste ?
— T’as pas de cornes ! Et ni de queue ! Et qu’est-ce que t’as fait de ta fourche ?
— Je l’ai laissée en Enfer ! Et la tienne est en plastoc, tu ferais même pas de mal à une mouche du Seigneur Beelzebub !
— Ahem, toussota Aziraphale dans le dos du démon.
Crowley s’écarta pour le laisser approcher des enfants avec un énorme saladier rempli de confiseries en tous genres.
— Waow, un vampire !
Aziraphale offrit un sourire triomphant à l’adresse du démon, qui leva les yeux au ciel.
— DES BONBONS OU UN SORT, beuglèrent à nouveau les petits monstres.
— Et si on répond un sort, vous faites quoi au juste ? demanda Crowley.
C’était une vraie question, néanmoins Aziraphale commença la distribution, ne laissant pas le loisir aux enfants de répondre.
— MERCI ! répondirent en chœur les enfants, avant de s’éloigner les uns après les autres pour rejoindre leurs parents, restés à l’écart.
Seul restait le diablotin, à qui Aziraphale finissait de garnir le petit panier.
— Vous êtes mieux déguisé que lui ! commenta-t-il, en désignant Crowley avec son menton.
— Oh, mais c’est-à-dire que Crowley a revêtu son déguisement de tous les jours, celui qui le met le plus en valeur : il est déguisé en mon mari !
— Ah ouais ! Un vieux mari qui traîne en chaussettes, comme mon papi ! déclara le garçon, avec un grand sourire moqueur.
Crowley plongea une main dans le panier de l’enfant et en retira une grosse poignée de bonbons, qu’il remit dans le saladier :
— Tiens pour la peine, le papi garde ça pour lui ! Allez oust, va voir Nina en face, qu’on rigole un peu !
Non sans lui avoir tiré la langue auparavant, le petit diablotin s’en retourna vers ses parents d’un pas sautillant.
— Crowley !
— Quoi ? Bon allez, la distribution est faite, à mon tour d’avoir deux gros bonbons !
— Mais enfin… Ce n’est pas fini, Crowley, de nombreux autres enfants vont passer, expliqua le libraire, en montrant plusieurs groupes d’enfants, qui arpentaient Whickber street.
— Je croyais que tu devais me sucer ? C’est bien pour ça le costume ?
— Chuuuut !
Le démon lui saisit le saladier des mains et le posa par terre :
— Voilà, ils n’auront qu’à se servir tout seuls ! Je veux prendre un gros sort moi !
— Mais… Tu es impossible… s’embrouilla Aziraphale. Très bien ! Rentre à la maison tout de suite que je te mette dans l’ambiance !
— Vrai ? Tu vas enfin me la mettre ?
— Crowley ! répéta l’ange, en le poussant à l’intérieur.
Il referma la porte de la librairie à double tour derrière lui, tandis que le démon se dépouillait de sa chemise avec ferveur. D’un claquement de doigts, il alluma toutes les guirlandes et les lanternes, plongeant la librairie dans une douce lumière orange, et actionna la petite télévision, installée depuis peu en face du sofa.
— Tu veux regarder un film d’horreur ? proposa-t-il à Aziraphale, tandis qu’il défaisait sa ceinture.
— Hum… Je pensais plutôt à ce film dont tu as parlé tout à l’heure…
— Quoi ? Human sexipede ? Tu veux regarder un porno ? Par la grâce de Satan, c’est un miracle !
Aussitôt, Crowley s’empressa de lancer le film avant que l’ange ne change d’avis et décide de retourner faire la distribution des bonbons ! Bientôt, des bruits obscènes retentirent depuis le poste de télévision, alors que les deux célestes s’installaient sur le canapé avec un seau de friandises. Au bout d’un moment (assez bref), Aziraphale s’agita :
— Bon, je crois que j’ai compris l’idée !
— Vrai ? T’as pas regardé jusqu’au bout !
— Une bouche pour un organe génital, c’est bien celà ? Ce n’est pas le genre de film avec un scénario très élaboré tu sais, mon amour ? demanda Aziraphale, en haussant un sourcil moqueur.
— On n’a… On n’a encore jamais fait ça, mon ange… Tu sais ? Les humains appellent ça un 69…
— Qu’est-ce que je t’ai déjà dit, mon cher ? Pour mieux comprendre les humains, nous devons vivre comme eux ! Et s’ils font des, hum… Des 69, alors nous aussi !
— Ouais ! Ouais… C’est exactement ce que je dis depuis le début : tu as parfaitement raison, mon ange, il faut tout faire comme les humains !
— Très bien, alors… Hum… Comment… Comment procède-t-on ? Tu… Tu devrais t’allonger, je vais, hum…
— Tu te mets au-dessus de moi ? demanda Crowley, euphorique.
Sans plus attendre, le démon s’allongea sur le dos et fit dépasser l'extrémité de ses trop longues jambes par-dessus l’accoudoir du canapé. Il fit ensuite signe à Aziraphale de le rejoindre :
— Allez, viens sur moi ! Et garde tes jarretières de chaussettes pour l’amour de Satan !
Un peu maladroitement, le libraire ôta ses mains de ses jarretières pour frotter son ventre, comme il le faisait machinalement chaque fois qu’il avait peur de mal faire.
— T’inquiète pas, Aziraphale, tu vas faire des merveilles, comme toujours, le rassura Crowley, avec un sourire malicieux.
C’est ainsi qu’Aziraphale grimpa à son tour sur le canapé, s’installant avec précaution au-dessus du démon, en sens inverse.
— C’est… C’est un peu bizarre comme position, commenta-t-il, une fois le visage en face du sexe de Crowley, qui commençait déjà à se redresser.
Le démon, pour sa part, se régalait du spectacle qui s’offrait à ses yeux aux pupilles fendues. Les testicules de l’ange ballottaient à quelques centimètres à peine de son visage.
— Mon ange… Avant de commencer, j’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi !
— Quoi donc, mon étoile ? demanda le libraire, en penchant sa tête entre ses bras.
— Baise-moi le visage !
— Pardon ? s’étrangla Aziraphale.
— Baise mon visage avec tes boules !
— M… Mais, euh…
— Vas-y, n’ai pas peur !
— J’ai plutôt… Honte de faire ça à vrai dire…
— Y a pas de honte à avoir entre nous, mon ange ! On est un groupe ! Un groupe de deux, mieux que ça même : un couple marié ! Alors baise mon putain de visage avec ton service trois pièces, Aziraphale, c’est un ordre, ajouta Crowley, en redressant son visage pour le présenter aux testicules angéliques.
— Très bien, très bien… Hum… Pose ta tête sur le coussin, je veux que tu sois confortablement installé, expliqua Aziraphale, en se redressant sur ses genoux.
— Dépêche-toi ! grogna fébrilement le démon, en portant une main à son propre sexe pour se masturber.
Avec des gestes mal assurés, l’ange rampa sur ses genoux de sorte à se positionner juste au-dessus du visage de Crowley.
— Tu… Tu es sûr ?
— BAISE-MOI ! cria le démon.
Aziraphale posa alors délicatement ses testicules un peu au hasard sur le visage grâcieux de Crowley, et commença à les frotter dessus.
— Oh, mon… Putain, Aziraphale, ce que j’aime tes grosses boules, bredouilla le démon.
Encouragé par Crowley, qui se masturbait de plus en plus frénétiquement, le libraire se détendit et se frotta plus énergiquement sur le visage de son époux.
— Tu aimes ça, n’est-ce pas ? s’émerveilla-t-il. C’est à ça que tu penses en regardant tes films pour adultes humains ? Moi en train de “baiser” ton visage ? demanda l’ange, en appuyant son bras contre le dossier de canapé pour se stabiliser. J’avoue que je trouve ça très agréable moi aussi…
Mû par une soudaine pensée, il changea légèrement de position :
— Lèche-moi !
— Oh putain, mon ange, ce que tu m’excites ! répondit aussitôt Crowley, en glissant sa langue fourchue entre les fesses charnues d’Aziraphale.
— Oh… soupira le libraire, en se redressant. Tu es… Tu es vraiment très doué pour ça, mon amour !
Excité par les prouesses du démon, Aziraphale finit par se laisser glisser en avant pour le prendre dans sa bouche affamée !
— Aziraphale !
Le nez du libraire enfoui dans ses testicules, Crowley mit quelques instants à pouvoir se concentrer à nouveau et lorsqu’il le fit, il s’empressa de gainer ses lèvres autour de l’érection de l’ange. Il l’engloutit centimètre par centimètre jusque dans sa gorge, en ignorant ses réflexes nauséeux et cramponna les cuisses d’Aziraphale en y enfonçant ses doigts.
Dans une cacophonie de gémissements étouffés et de bruits de bouche humides faisant écho à ceux du petit poste de télévision, les deux célestes ne mirent pas longtemps à jouir, chacun dans la bouche de l’autre, avec une parfaite concordance.
Aziraphale finit par se redresser à nouveau sur ses genoux, de part et d’autre des flancs du démon et s’essuya la bouche du revers de sa main :
— Je… J’admets que j’aime beaucoup ce procédé finalement ! avoua-t-il, un peu honteux.
— Ouais, c’est ce que j’ai crû comprendre ! Tu m’as noyé sur ce coup-là, rigola Crowley, en essuyant la commissure de ses lèvres luisantes.
— Oh, pardon ! C’est que… Ça m'a excité plus que je n’aurais cru !
— Tsss… Pas d’excuses ! Surtout pas pour ça ! Après tout, j’ai eu ce que je voulais : deux gros bonbons et une gâterie ! Et pour un vampire, je reconnais que tu connais ta partie comme personne, tu m’as trait la b…
— Chut ! l’interrompit Aziraphale, en se figeant.
— Oh, ça va, fais pas l’offusqué ! Pas après ce que tu viens de me faire, ajouta le démon, avec espièglerie.
— On frappe à la porte !
— Ouais, et ? Encore des mioches en manque de sucre, ils ont dû siffler tout le saladier ces petits drogués ! Tu veux que je le remplisse par miracle ? demanda Crowley, en agitant ses doigts.
— Non, non ! Ça frappe trop fort pour des enfants ! rétorqua l’ange, en se levant pour enfiler son pantalon à la hâte.
— Là là, mais on peut même pas se mater un porno tranquille dans cette librairie ! Comment font les humains pour réussir à se reproduire autant ? ronchonna le démon, en se levant à son tour.
Une fois habillés à peu près convenablement, ils s’approchèrent de la porte pour découvrir Nina et Maggie derrière les carreaux, en train de frapper avec force la porte d’entrée. Maggie était vraisemblablement déguisée en Fée Clochette, tandis que Nina faisait un Peter Pan peu convaincant… Aziraphale ouvrit la porte avec un sourire avenant :
— Nina, Maggie ! Quelle bonne surprise !
— Comment ça, une surprise ? Vous êtes en retard, espèces d’archanges en carton ! rétorqua Nina, acerbe.
— En retard pour…
— La soirée déguisée ! compléta Maggie, guillerette. Au café ! Nous en avons parlé à Crowley la semaine dernière, expliqua-t-elle, tout sourire.
Aziraphale se tourna vers Crowley avec un regard interrogateur.
— Oups…
— Mais c’est pas vrai, qu’est-ce que vous glandez à la fin ? demanda Nina, exaspérée, en tendant l’oreille. C’est quoi ce bruit ?
Il s’avéra que le film porno n’était pas terminé, mais à en croire les couinements exagérés en provenance du petit salon, cela n’aurait su tarder…
— Vous… Vous matez un porno à dix-huit heures ? Avec les enfants du quartier qui font le porte-à-porte ? Ah, ils sont beaux les êtres célestes, bravo ! applaudit Nina, en faisant les gros yeux.
— C’est… C’est-à-dire que… bafouilla Aziraphale.
— Bon ! En piste, tout le monde est déjà arrivé ! T’es pas encore déguisé, Anthony ? Ah ben non bien sûr, suis-je bête ! Tu préfères être à poil, espèce d’obsédé !
— Je suis déguisé en son mari, se dédouana Crowley, en désignant le libraire.
— C’est pourri comme déguisement, ça ! Trouve quelque chose de mieux et magne-toi ! Monsieur Brown est très bien déguisé, lui !
— Bougez pas, bougonna le démon, en s’éclipsant.
Il en revint nu, drapé dans le plaid tartan du canapé.
— C’est… C’est quoi ça ? demanda timidement Maggie.
— Mais en quoi t’es déguisé ? ajouta Nina, avec une grimace d’incompréhension.
— En Archange Gabriel amnésique ! Bon, on y va ? soupira Crowley, en enfilant ses lunettes de soleil, tout en saisissant la main tendue d’Aziraphale.
— Ils… Ils sont complètement tarés, ces deux-là ! déplora Nina, en regardant Maggie avec des yeux ronds.
— Je te rappelle que… commença Maggie, avant de baisser la voix. Même Dieu et… Ne veulent plus d’eux, ajouta-t-elle, en pointant tour à tour le ciel et le sol.
— Ouais… On les comprend… répondit Nina avec un soupir. Dis, euh… Ça te dirait qu’on finisse de regarder leur film ? On pourrait…
— Nina ! Nos invités nous attendent, s’empourpra Maggie.
— Ok, ok… Je demanderai à Anthony de m’envoyer le lien de la vidéo, ajouta-t-elle à voix basse, en refermant la porte de la librairie.