Eris Quod Sum par

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Univers Parallèle / Fantasy / Drame

1 UN SEPTIÈME DÉPART

Catégorie: T , 1760 mots
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Le moteur à vapeur du Poudlard Express commença à gronder ici, dans l’enceinte secrète de la gare londonienne de King’s Cross, alors que de voluptueux nuages d’un gris fort tamisé s’échappèrent royalement de la cheminée de sa locomotive rouge écarlate pour aller embrasser la marquise, perchée quelques mètres plus haut. Nous sommes le 1er septembre et il est bientôt onze heures du matin. Le quai surélevé de la voie 9 ¾ était noir de monde et tous accouraient ci et là dans un tumulte croissant, bien que suffisamment contrôlé par les quelques agents chargés de la sécurité de la station. Pour nous autres, jeunes et moins jeunes apprentis sorciers, il était enfin temps de dire au revoir à nos familles et de partir s’installer confortablement avec nos camarades – et proches amis – à l’intérieur des différents compartiments du train, dans lesquels nos bagages et autres affaires importantes y étaient déjà entreposés.

Comme chaque année, ma mère, Elizabeth, essaya tant bien que mal de retenir les quelques larmes qui cherchaient à s’échapper de ses yeux et tomba presque instinctivement dans mes bras. C’était devenu comme un rituel pour nous, sauf qu’aujourd’hui, c’était la dernière fois que cela arrivait, car il s’agissait de ma dernière rentrée à Poudlard. Un septième départ, un dernier au revoir. Une ultime année à l’école des sorciers. J’enroule à mon tour mes bras autour de ma mère et ferme les yeux. Plusieurs pensées, mélangées à de nombreux souvenirs, se bousculèrent dans ma tête à cet instant. Je ressens de manière soudaine et inattendue un sentiment de tristesse et de nostalgie. Alors que l’embrassade avec ma mère me semble être plus longue encore que celle des précédentes années, des images circulent dans mon esprit, me montrant en quelques fractions de seconde tous ces moments forts que j’ai vécu ces six dernières années. Bientôt, des voix familières viennent s’inviter dans mes visions : celles de mes parents, de mes cousins, de mes amis, de mes professeurs. J’ai l’impression de revivre une partie de ma vie, mais de manière accélérée. J’assiste à nouveau à toutes ces rencontres, ces délires d’enfance et d’adolescence, ces moments de gloire mais aussi de malheur. Après de longues secondes de silence, je finis par me décoller avec délicatesse du corps de ma mère. J’ouvre à nouveau mes yeux et peine également à cacher mes émotions. Mon regard se tourne ensuite lentement vers celui de mon père, William, qui se tenait juste derrière ma mère. Un large sourire affectif se dessine sur son visage, un sourire que je lui rends automatiquement tandis qu’il vient à son tour m’étreindre, brièvement, mais avec force. En me retirant, il hocha la tête en me fixant des yeux et sans dire un mot. C’était comme s’il voulait m’assurer que j’allais être à la hauteur cette année, et qu’il ne s’inquiétait pas pour moi.

Mon petit frère, Samuel, suivait la même démarche et venait à peine d’en terminer avec notre mère. Ayant trois ans de moins que moi, Sam s’apprête donc quant à lui à rentrer en quatrième année. Au fond de moi, je l’envie grandement. Mais je sais que si je lui disais ça ouvertement, il ne me comprendrait pas. Pourtant, il lui reste encore tellement de choses à découvrir, à apprendre, à vivre. J’aimerais tant pouvoir rester encore quelques années à Poudlard, car, malgré certains défauts que l’on pourrait attribuer à cette école et à la scolarité en général, j’aime être là-bas, et j’y ai définitivement passé les meilleurs moments de mon existence. Cependant, une part de moi sait pertinemment que rester à l’école indéfiniment est un rêve bien trop futile. Étant donné que j’ai atteint l’âge majeur, il me fallait désormais penser à mon avenir, à ce que je voulais faire plus tard, dans le si vaste monde des adultes. Et détrompez-vous sur ce point-là, car j’avais déjà en fin de cinquième année de grandes ambitions !

En effet, je me suis très rapidement découvert au cours de ma scolarité une passion folle pour le sport, et bien évidemment pour le Quidditch. D’ailleurs, cette discipline m’obstinait tellement que j’étais prêt à tout pour faire partie de l’équipe officielle de Serdaigle, ma maison. Ma détermination a finalement payé en troisième année, durant laquelle j’ai pu obtenir l’un des trois postes de poursuiveur. Dès lors, je n’ai pas arrêté de m’entraîner, de m’exercer et de m’améliorer. Il m’arrivait même de délaisser certaines matières pour me concentrer davantage sur le Quidditch. C’en était devenue une maladie, une addiction. Je commençais déjà à me dire à l’époque que j’avais trouvé ma voie. Ainsi, par le biais de grands efforts et d’un superbe esprit d’équipe, nous avons remporté cette année-là pour la première fois la Coupe de Quidditch des Quatre Maisons, qui est plus ou moins considéré comme le Graal pour tous les élèves amateurs du sport au sein de l’école. L’année suivante, l’équipe a malheureusement subit de nombreux chamboulements, avec le départ de certains joueurs – y compris notre capitaine – qui avaient terminé leur scolarité, et la grave blessure de notre ancien gardien, qui était presque imbattable dans quasiment tous les matchs. La quatrième année était donc une année de transition, durant laquelle nous avons passé la majeure partie de notre temps à reconstruire une équipe aussi solide que la précédente. Nous n’avons donc pas remporté la Coupe pour une deuxième fois d’affilé. Cependant, la cinquième année aura été notre plus glorieuse : on avait remporté les trois matchs de l’année et battu à plate couture nos adversaires sur des scores fleuves. Le titre de champion était donc bien évidemment nôtre cette année. Nous étions irrésistibles, la meilleure équipe sur tous les plans. C’est à ce moment là que j’ai pleinement envisagé d’organiser ma future vie professionnelle autour de ce sport. Je pensais au départ simplement devenir journaliste sportif et travailler dans la presse spécialisée, mais beaucoup de mes proches m’ont poussé à voir plus grand, en particulier mes parents qui rêvent de me voir intégrer, à l’avenir, l’équipe nationale d’Angleterre et ainsi participer à de grandes compétitions. C’est alors avec cet état d’esprit et cette ambition que j’ai entamé la sixième année, en ayant un seul objectif en tête : remporter pour la troisième fois la Coupe de Quidditch et ainsi augmenter mon palmarès, dans le but de séduire mes futurs recruteurs. Malheureusement, les équipes des autres maisons étaient parvenus entre-temps à réhausser leur niveau de jeu afin de pouvoir à nouveau rivaliser avec nous, et la compétition fut plus difficile que prévue. Et malgré tous nos efforts – qui m’ont d’ailleurs personnellement coûté une lourde séparation avec ma petite-amie, Eloise Davenport, que j’avais commencé à fréquenter à partir de ma quatrième année – nous fûmes finalement vaincus de peu par l’équipe de Serpentard, qui s’était classée première avec seulement vingt points de plus que nous. L’année précédente s’était donc conclue sur une note très amère. Au sein de l’équipe, nous étions tous frustrés, voire agacés. Notre extrême confiance nous a mené à sous-estimer aveuglement nos adversaires, et c’est ce qui a en partie causé notre défaite. C’est pourquoi, avant de nous quitter en toute fin d’année, nous nous étions promis moi et mes coéquipiers de prendre notre revanche lors de la prochaine – et dernière pour la plupart d’entre nous – compétition.

Alors que Sam venait de quitter les bras de notre père, je lui fis bref un signe de la tête, indiquant qu’il était désormais temps de partir. Il vint timidement se placer à mes côtés tout en lançant un dernier regard vers nos parents, qui levèrent leurs mains en guise d’ultime au revoir. Je place alors ma main droite derrière son dos et l’emmène avec moi vers l’une des nombreuses portes du train. A quelques pas non loin se trouvaient notre tante et oncle, Margareth – la sœur de ma mère – et Richard Rowner, accompagnés de leurs enfants – et donc nos cousins – Abigail, Wesley et Rebecca. La première, que l’on surnomme Gale, est la plus jeune et rentre en troisième année. Le deuxième, que l’on surnomme Wes, est le meilleur ami de Sam et rentre également en quatrième année. Enfin, la troisième, que l’on surnomme Becca occasionnellement, a le même âge que moi et rentre donc en septième année. Tous font parti de la maison Serdaigle et nous nous entendons à merveille. En remarquant Wesley, Sam retrouva le sourire et se précipita immédiatement vers lui et sa famille. Alors que je m’apprête à faire de même, j’entends derrière moi – malgré le brouhaha de la foule – une puissante voix qui m’est drôlement familière :

« Tom Bronks, te voilà mon salaud ! »

Je souffle du nez et rit brièvement avant de me retourner. C’était bien évidemment Mark, mon ami de toujours, celui avec qui j’ai passé le plus de temps durant toute ma scolarité et avec qui j’ai fais les quatre cents coups. Mon acolyte, mon camarade mais aussi mon coéquipier protecteur et batteur dans l’équipe de Quidditch. Il se tenait là, devant moi, droit comme un piquet, les bras écartés et un sourire presque moqueur qui lui montait jusqu’aux oreilles.

« Mark Myers ! répliqué-je sur le même ton, ça me fait plaisir de revoir ta sale tronche. »

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