Eris Quod Sum par

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Univers Parallèle / Fantasy / Drame

3 LES FLÈCHES D'APPLEBY

Catégorie: T , 1696 mots
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Une partie de mon front était collée à la fenêtre presque gelée du train. J’ai dû m’assoupir quelques minutes alors que je contemplais le soleil qui était en train de se coucher progressivement et gracieusement à l’ouest, derrière les sommets des Pennines définissant l’horizon. Nous devons sûrement traverser en ce moment-même la frontière entre l’Angleterre et l’Écosse. La gare de Pré-au-Lard n’était plus très loin, désormais. J’ai l’impression que le voyage est passé encore plus rapidement que les fois précédentes. Pendant une bonne moitié du trajet, moi et mes coéquipiers n’avons fait que de parler de nos vacances. Entre autres, Mark était parti se perdre pendant un peu plus d’un mois avec sa famille dans le pays de Galles tandis qu’Alice était partie en compagnie de sa mère visiter la ville de Paris, capitale de la France, mais aussi – paraît-il – de la mode, de la gastronomie, de l’architecture et de l’amour romantique. Après réflexion et connaissant selon moi assez bien son caractère, je me demande si Alice s’y est vraiment plu là-bas. Peut-être que je me trompe ou bien que je ne la connaisse pas aussi si bien que cela, en fin de compte. De mon côté, je dois dire que je n’ai pas beaucoup bougé cet été. En effet, mes parents travaillent ensemble dans le Bureau de désinformation situé au niveau 3 du Ministère de la Magie – et donc au sein du Département des accidents et catastrophes magiques – et leurs dernières obligations ont fait que nous n’avons pas vraiment eu le temps de partir en vacances ailleurs dans le pays ou à l’étranger.

En décollant mon visage de la vitre, je me surprends en train de bailler. Après avoir frotté machinalement mes yeux fatigués, je décide d’observer minutieusement l’environnement qui m’entoure au sein du wagon tout en restant assis à ma place. Situés à deux ou trois tables en face de moi et sur la rangée opposée à la mienne, Adam et Tobey étaient tous les deux concentrés sur leur jeu d’échecs version sorciers. Je ne parviens pas vraiment à voir lequel des deux est en train de gagner même si le léger sourire en coin de notre capitaine pourrait m’indiquer que ce dernier est actuellement dans une bonne posture. Tout juste derrière moi se trouvait Alice – seule elle aussi – la tête plongée à l’intérieur de ses bras, soutenus par la table. Elle doit très certainement être en train de dormir. Enfin, Caleb était assis plus loin, dans l’un des quatre recoins du compartiment. Je remarque qu’il est en train de feuilleter le numéro du jour de la Gazette du sorcier. Mark et Rachel, quant à eux, s’étaient absentés il y a quelques minutes pour aller acheter quelques friandises à la dame du chariot, qui avait arrêté de faire ses allers et retours.

Après quelques douloureux étirements suivis de longues secondes à rester éveiller sans rien faire, je décide finalement de me lever pour aller rejoindre Caleb et lui tenir compagnie.

« Alors, quelles nouvelles aujourd’hui ? lui demandai-je en pointant du doigt son journal tout en m’asseyant confortablement en face de lui.

– Bah, souffla-t-il, tu le sais très bien, le même blabla habituel à l’occasion de la rentrée des élèves de Poudlard. La moitié du numéro d’aujourd’hui ne parle que de ça, mais je n’ai pas vraiment relevé quelque-chose en particulier.

– Et côté sport, ça dit quoi ? La Ligue de Quidditch devrait normalement bientôt débuter, ils ont annoncé quelles sont les équipes qui vont se rencontrer lors de la première journée ?

– Attends que je vérifie, dit-il calmement en cherchant la rubrique dédiée aux sports. Non, pas encore apparemment. (Il se frotta le menton avant de reprendre) Vivement la reprise en tout cas, on n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent cet été.

– Ça, c’est sûr ! En revanche, ça va être la folie l’été prochain avec la nouvelle édition de la Coupe du Monde.

– Ouais, et ça commencera pile au moment où l’on aura terminé nos études ! Dès que les billets seront disponibles, je suis certain que mon père s’arrachera pour réserver des places pour les matchs de l’Angleterre.

– En espérant qu’on aille loin cette fois-ci, dis-je en soupirant, parce que ce n’était pas fameux lors de la précédente édition.

– C’est parce que l’équipe était en pleine reconstruction à l’époque, souviens-toi. Je suis plutôt confiant personnellement, d’ailleurs je nous vois bien atteindre le carré final.

– Tu m’as l’air bien sûr de toi, dis donc.

– Eh bien, il faut dire que je me base un peu sur notre propre parcours. On était exactement dans le même cas qu’eux auparavant, et cela ne nous a pas empêché de rouler sur tout le monde en cinquième année !

– M’ouais, ça se tient. Mais là tu compares de pauvres petites équipes scolaires à des sélections nationales, ce n’est pas vraiment la même chose ! dis-je en me moquant.

– Dans le fond, ça revient au même, s’entêta Caleb, c’est juste l’échelle qui change, c’est tout.

– Le verdict dans un peu plus d’un an je suppose, marmonnai-je après quelques secondes de silence, pour l’heure, mieux vaut se concentrer sur la Ligue. »

Une boîte de Chocogrenouilles atterrit soudainement devant moi sur la surface de la table, ce qui me fit légèrement sursauter. Je lance un regard interrogatif en direction de Caleb, qui reçut aussitôt une Baguette réglisse en pleine figure. En me retournant, j’aperçois Rachel traînant un sac rempli de friandises derrière Mark, qui, quant à lui, s’esclaffait.

« Paf ! cria-t-il, dans le mille !

– Tu aurais pu me prévenir avant de lancer, je l’aurais gobé en plein air ton bonbon, plaisanta Caleb dans le but de ne pas se faire ridiculiser davantage.

– Euh… les gars, dis-je en observant en détails le sac que portait Rachel, vous êtes au courant qu’on arrive bientôt ? Vous comptez sérieusement vous enfiler tout ça avant d’arriver ?

– Bien sûr, seulement si vous comptez nous aider, rétorqua Rachel en vidant le reste des friandises sur la table.

– Bon, dis-je en me rendant compte que l’on n’avait pas vraiment le choix, qu’il en soit ainsi. »

Je pris alors une poignée de dragées surprises tandis que Rachel s’installa à ma gauche et que Mark pris place à côté de Caleb, en lui subtilisant au passage la Gazette du sorcier. Il passa rapidement en revue la rubrique sportive avant de replier avec vigueur le papier du journal.

« Alors les gars, vous supportez quel club cette année ? nous demanda-t-il en se frottant les mains.

– Tu supportes qui toi, déjà ? interrogea Caleb.

– Les Frelons de Wimbourne, affirma-t-il fièrement. »

Quel drôle de nom pour une équipe quand même, pensai-je. D’après ce que l’on raconte, au dix-septième siècle, un batteur de l’équipe aurait aperçu parmi les branches d'un arbre situé en bordure de terrain un nid de guêpes. Il l’aurait alors projeté d'un coup de batte sur l'un des attrapeurs de l’équipe adverse, qui dut se retirer du match après avoir été victime de terribles piqûres. L'équipe aurait après cela remporté la victoire et donc adopté l'emblème de la guêpe en plus du surnom de « Frelons » de Wimbourne. Depuis, leurs supporters – surnommés les Piqueurs – ont pour coutume d'émettre un bourdonnement sonore pour troubler la concentration des poursuiveurs adverses lors des pénaltys.

« Je suis toujours pour le club de Flaquemare, intervint à son tour Rachel »

Fondé en 1163, il s’agit de la plus ancienne équipe de la Ligue britannique et irlandaise. C’est aussi le club anglais le plus titré, avec vingt-deux Coupes de la Ligue et deux Coupes d’Europe. Rachel idolâtre Jocelyn Wadcock – une ancienne poursuiveuse de l’équipe – car elle détient depuis 1931 le record du plus grand nombre de buts marqués en une saison.

« Je n’ai pas vraiment de club favori, continua Caleb, mais j’apprécie pas mal les Faucons de Falmouth.

– Ah ouais ? s’étonna Mark, ils sont pourtant réputés pour leur brutalité. D’ailleurs il me semble que leur devise est Remportons la victoire, mais si nous ne pouvons gagner, il y a aura quelques crânes fêlés. De quoi bien effrayer les joueurs adverses.

– Je verrais bien les frères Wilcox là-bas, ils se sentiraient comme à la maison plaisantai-je tout en me rappelant de mauvais souvenirs.

– Surtout que ce ne serait pas la première fois que l’équipe engagerait des frères jumeaux comme batteurs, reprit Mark, car il y avait les frères Kevin et Karl Broadmoor qui jouaient entre 1958 et 1969. Ils ont d’ailleurs largement contribué à la réputation du club.

– Et toi, alors ? me demanda Rachel après un bref silence, tu supportes qui ?

– Je soutiens la plupart des clubs anglais comme toujours, répondis-je, mais si je devais en choisir un en particulier, ce serait les Flèches d’Appleby. Petite anecdote pour vous d’ailleurs : sachez que mon grand-père a assisté, en 1932, au fameux match de Coupe d’Europe contre les Vautours de Vrasta, qui étaient les champions en titre à l’époque. D’après lui, la rencontre avait duré seize jours sous une pluie et un brouillard d’une rare intensité, mais à la fin, les Flèches l’avaient finalement emporté.

– Dément, s’exclama Mark alors qu’il avalait un Fondant du Chaudron, je tuerais pour voir un tel match. »

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