Eris Quod Sum par

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Univers Parallèle / Fantasy / Drame

4 DÉBARQUEMENT PRÉCIPITÉ

Catégorie: T , 1670 mots
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« Alice, réveille-toi ! lui crai-je dans les oreilles tout en la secouant dans tous les sens, le train a pris feu ! On est à l’arrêt, dépêche-toi il faut qu’on y aille !

– Que… quoi ? se demanda-t-elle, encore à moitié endormie.

– Pour l’amour du ciel, lève-toi ! Tout le monde est déjà sorti, sauf nous !

– Que se passe-t-il ? me questionna-t-elle alors qu’elle commençait à paniquer.

– Le train a pris feu, répétai-je, il faut qu’on se bouge ! Allez, grouille-toi !

– Oh, merde ! cria-t-elle en se rendant pleinement compte, enfin, de l’urgence de la situation. »

Elle s’agrippa à moi tout en se levant avec une certaine difficulté, probablement due à cause du réveil un peu trop brutal qu’elle venait d’endurer. En la protégeant de mes bras, je la guide de mon mieux à travers l’épaisse nappe de fumée qui avait envahie le wagon. Cette dernière était si dense qu’elle nous empêchait de voir correctement ce qu’il y avait devant nous. Je ne pouvais seulement discerner que quelques formes très abstraites du mobilier de notre compartiment. Faisant de mon mieux pour éviter les obstacles sur notre route, je parviens finalement à trouver une porte menant vers l’extérieur.

« On y est presque, dis-je sereinement dans le but de rassurer Alice, toujours cramponné à moi. »

Je saisis la poignée de la porte à l’aide de ma main gauche puis fis un bref mouvement avec mon poignet afin de l’ouvrir. Il ne me restait plus qu’à l’enfoncer en donnant un grand coup d’épaule et nous étions enfin sorti. Je m’exécute alors, tout en veillant à ne pas faire de mal à Alice. Une fois ceci fait, nous posons nos pieds sur une surface anormalement surélevée et assez dure. D’ailleurs, Alice faillit en perdre l’équilibre, pensant peut-être à atterrir un peu plus bas et sur une surface un peu plus molle, probablement de la terre, ou quelque-chose qui s’en rapproche. La surface du sol sur lequel nous étions à présent était, au contraire, parfaitement plane et de couleur grise, comme de la roche. Nous nous avançons de quelques pas afin de nous éloigner du train. Alice releva la tête et remarqua l’imposante façade de pierre qui se trouvait devant nous. En se détachant délicatement de mon emprise, elle scruta une pancarte en bois suspendue à environ un mètre au-dessus de nous. Je l’observe à mon tour et la lit dans ma tête : lieu de repos exclusivement réservé aux chauffeurs et mécaniciens. Alice grimaça un moment puis me fusilla du regard en fronçant les sourcils :

« Mais… dit-elle, confuse, on est à la gare de Pré-au-Lard ? »

Je n’eus pas même le temps d’acquiescer qu’elle se retourna vivement et posa ses yeux sur le train pour la première fois depuis que nous en sommes sortis. Ce dernier était en fait complètement intact, rien de plus ordinaire. Pas un seul signe d’incendie, aucune odeur de brûlé. La fumée qui était présente dans notre wagon s’était quant à elle déjà dissipée. Alice me lança un nouveau regard, plus troublée que jamais. Aucun mot ne semble vouloir – ou pouvoir – sortir de sa bouche. Je commence à lui sourire, puis, progressivement, à me moquer d’elle ouvertement.

« Je t’ai bien eu, hein ? lui lançai-je finalement en plaquant ma main sur l’une de ses épaules. »

Ses yeux gonflèrent et sa bouche était désormais entre-ouverte. Elle semblait d’abord choquée, puis, après quelques secondes, rassurée. Elle ne me quitta pas des yeux pendant un long moment, mais elle restait néanmoins toujours là, en face de moi, immobile et muette. Il lui fallait probablement encore un peu de temps pour se rendre compte pleinement de la supercherie. Elle se retourna momentanément vers le Poudlard Express pour vérifier définitivement que tout allait bien, puis croisa à nouveau mon regard. Ses lèvres commencèrent à dessiner un léger rictus, mais elle s’empêcha de rire. Soudainement, elle se débarrassa de ma main – qui était encore posée sur son épaule – puis me frappa le haut du torse avec une force surprenante.

« Espèce de… dit-elle avant de finalement se couper alors que je continuais, de mon côté, à me moquer malgré la douleur inattendue que m’avait provoquée son coup de poing. »

Elle finit par sourire, puis rigoler brièvement en me voyant grimacer. On a toujours été très complice, Alice et moi. La relation que nous entretenons depuis que l’on se connait est pour le moins particulière : on a sans cesse tendance à se taquiner, à se lancer des pics, à se faire des mauvaises blagues. C’est notre manière à nous de montrer que l’on s’apprécie l’un et l’autre. C’est comme si nous jouons à un jeu sans fin. D’ailleurs à chaque fois que je suis avec elle, j’ai l’impression de retrouver un caractère d’enfant, de retrouver cette oisiveté et naïveté d’antan. Bien sûr, je partageais des moments similaires avec Mark – ce dernier étant lui aussi un déconneur de première – mais au fur et à mesure des années, notre relation a plutôt mûri, tandis qu’avec Alice, pratiquement rien n’avait changé.

« Attends une minute, dit-elle en reprenant un ton sérieux, comment tu expliques la fumée dans le compartiment ? Je ne rêve pas, il y avait bien de la fumée, non ?

– Non, tu ne rêves pas, lui assurai-je.

– Alors c’était quoi, étant donné qu’il n’y avait pas d’incendie ?

– Juste un petit sortilège d’écran de fumée, dis-je fièrement en tapotant ma baguette magique, rangée dans la poche intérieure de ma veste.

– Malin. Je dois reconnaître que j’y ai vraiment cru. Tu as fait fort cette fois-ci, Bronks.

– C’est notre dernière année, il fallait bien que je marque le coup, tu ne penses pas ?

– Soit. Mais saches que j’aurais ma revanche, tu ne perds rien pour attendre ! »

Nous rions de plus belle avant de nous décider enfin à partir rejoindre nos coéquipiers – ainsi que le reste des élèves de deuxième à septième année – déjà en route vers les calèches. Après les avoir rattrapés et expliqués la raison de notre retard, nous séparons comme chaque année notre équipe en deux et nous installons dans deux voitures différentes. Celles-ci étaient cette fois-ci recouvertes d’un toit, étant donné qu’il avait commencé à pleuviner en début de soirée. Mark, Alice et Caleb décident de m’accompagner tandis que Rachel, Tobey et Adam venaient de s’engouffrer à l’intérieur de la voiture qui nous précédait.

Comme tous les ans, nous contournons le lac de Poudlard, une vaste et profonde étendue d'eau de près de 800 mètres de diamètre située au sud du château et renfermant de nombreuses créatures magiques. Bientôt, nous rejoignons les remparts délimitant l’enceinte du domaine de Poudlard. Le dernier tiers du chemin que nous empruntons longeait ces hauts murs de pierre infranchissables. Plus tard encore, nous atteignons finalement le portail permettant aux calèches de pénétrer dans le domaine. Celui-ci était situé au milieu d’un clairière à l’entrée de la Forêt interdite. Ses grilles – ouvertes pour l’occasion – étaient en fer forgé et flanquées de deux colonnes surmontées par des statues de sangliers ailés. Après les avoir franchies, nous remontons la colline sur laquelle se situait le château, notre destination finale. Entre-temps, nous passons non-loin du stade de Quidditch de l’école, qui ne ressemblait – pour le moment – qu’à un vulgaire assemblage de poutres en bois, étant donné que ses tribunes et loges n’étaient pas encore décorées des couleurs de nos quatre maisons. A la vue de ses poteaux en or – de quinze mètres en moyenne – surmontées par de larges cercles, je ne pus m’empêcher de sourire. Combien de fois ai-je pu envoyer le Souafle à l’intérieur de ces cercles ? Un nombre considérable de fois bien sûr, mais je ne saurais aujourd’hui capable de donner une donnée bien précise. Mon regard croisa celui de Mark – installé en face de moi – qui lut instinctivement dans mes pensées et hocha la tête : lui aussi était impatient à l’idée de retrouver ce terrain qui nous avait tous manqué. Il était bien évidemment aussi déterminé que moi à prendre notre revanche cette année.

Notre voiture s'arrêta finalement au pied du château, devant les imposantes portes d'entrée en bois de chêne qui se dressaient au sommet d'un escalier de pierre. J’avais l’impression qu’une semaine s’était déjà déroulée depuis notre départ de la voie 9 ¾. Ce dernier voyage m’avait étrangement paru plus long encore que celui des précédentes années. Mais s’il venait à peine de se terminer, notre journée, elle, ne l’était pas. En effet, il nous fallait encore traverser le château et assister au banquet de la rentrée à l’intérieur de la Grande Salle, en compagnie du directeur et des professeurs de l’école. Mark ouvra vivement la porte de notre voiture et fut le premier à poser le pied dehors.

« Poudlard, nous voilà ! s’écria-t-il sous la pluie en agitant les bras. »

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