Eris Quod Sum par

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Univers Parallèle / Fantasy / Drame

5 UN AUTRE TOURNOI

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Après avoir laissé les calèches à l’extérieur du château, le gardien des Clés et des Lieux, le concierge, ainsi que d’autres officiels du personnel de Poudlard s’occupèrent d’emporter nos valises en direction de nos dortoirs respectifs tandis que les préfets nous guidèrent dans le Hall d’entrée, à l’intérieur duquel se trouvait, au pied d’un grand escalier fait de marbre, les grandes portes en bois menant à la Grande Salle. Nous nous empressons tous à l’intérieur de celle-ci. Les élèves s’installèrent sur les bancs de l’une des quatre longues tables en fonction de leur maison. La table de Serdaigle se situait au centre, côté droit, entre celle de Gryffondor et de Serpentard. Avec Mark et le reste de mon équipe, je m’installe auprès de Sam – mon petit frère – que je n’avais pas revu depuis notre départ à King’s Cross, et Rebecca – ma cousine – accompagnée de son petit frère Wesley et de sa petite sœur Abigail. Enfin réunis, nous échangeons quelques mots ensemble en attendant l’arrivée du directeur et des professeurs. Ces derniers arrivèrent après quelques minutes et s’installèrent confortablement sur leurs sièges habituels derrière la Grande Table, qui était située en hauteur, au fond de la salle, et qui faisait quasiment toute la largeur de celle-ci. Alors qu’un silence de cathédrale demeurait à présent dans la Grande Salle, le directeur adjoint pénétra à son tour dans la pièce, suivi par l’ensemble des élèves de première année. Comme chaque année, la Répartition allait avoir lieu. Lorsqu’ils furent appelés, les jeunes élèves s’avancèrent et s’assirent sur un petit tabouret avant d’être coiffé du Choixpeau magique, qui désigna la future maison pour chacun d’entre eux. Une fois la longue cérémonie terminée, notre directeur, Octavius Featherstone, se leva de son siège et écarta majestueusement ses bras en souriant.

« Chers élèves, je vous souhaite la bienvenue ! annonça-t-il à haute voix. Maintenant que nous sommes tous confortablement installé et que les élèves de première année ont tous été répartis dans leurs maisons, j’aimerais faire une annonce particulière. »

Il s’arrêta un moment et balaya la Grande Salle d’un regard énigmatique. Pas de doutes, même si son imposante stature ainsi que sa puissante voix y contribuait grandement, cet homme savait se faire respecter et captiver l’attention de ses élèves : toutes les oreilles étaient tournées vers lui, chacun retenait son souffle et s’impatientait quant à la suite du discours.

« Cette année, reprit-il, marquera pour la première fois depuis de nombreuses années le retour d’un événement légendaire : le Tournoi des Trois Sorciers. »

Sur ces mots, la Grande Salle explosa. Les élèves se tournèrent les uns vers les autres et échangèrent des murmures aussi bruyants qu’ils pourraient réveiller un troll sévèrement assommé. Même s’il était dos à moi, je voyais déjà les yeux de Sam s’écarquiller. Cependant, mon regard se tourna presque automatiquement vers celui de Mark. Le bras droit couché sur la table qui nous séparait, il me transperçait des yeux, stoïque. J’avais du mal à deviner l’expression de son visage. Cachait-il simplement sa joie ? Faisait-il cela pour plaisanter, comme il a toujours eu l’habitude de le faire ? Quand était-il de mon expression, à moi ?

« Pour celles et ceux qui l’ignorent, cette compétition réunit trois écoles pour une série d’épreuves magiques. Un seul élève de chaque école est choisi… »

La voix de Featherstone semble peu à peu disparaître tandis que j’essaye de décrypter les pensées de mon camarade. C’était peut-être la plus belle amorce pour un discours de début d’année, pourtant, au fond de moi, je me fichais de l’écouter. Tous les apprentis sorciers un minimum informés savent ce qu’est le Tournoi des Trois Sorciers. Plus que légendaire d’ailleurs, mythique ! C’est incontestablement le rêve de chaque génération, ici, à Poudlard, de pouvoir vivre un tel événement. Mais pourquoi maintenant ?

« …le tournoi se déroulera à Durmstrang, continua le directeur, et seuls les élèves de septième année auront la chance de pouvoir y aller et – s’ils le souhaitent, et surtout, s’ils en ont l’audace – d’y déposer leur nom dans la Coupe de Feu. »

Les yeux de Mark s’affaissèrent tandis que ses lèvres tentaient de former maladroitement un léger sourire narquois. Il semblait à la fois heureux et triste. Mais pourquoi triste ? Je n’étais pas non plus la personne la plus excitée de la Grande Salle, et pourtant je devrais l’être. Et Mark aussi, peut-être même davantage, le connaissant. Le tournoi se déroulera à Durmstrang, répétai-je, plongé au plus profond de mes pensées. Cela voulait-il dire que l’on passera toute notre année scolaire là-bas ? Bien sûr que oui. Ça s’est toujours passé comme cela… Et c’est à ce moment-là que je compris.

« …ils resteront donc un mois à Poudlard, le temps de se préparer puis de se mettre en route vers Durmstrang, pour finalement y arriver le 30 octobre. »

Ces dernières paroles ne faisaient que confirmer mes craintes, et probablement, par extension, la gueule de chien battu que tirait Mark depuis un moment déjà. Un départ pour un aller simple direction Durmstrang en début d’année ? Merci, mais non merci, car cela voulait dire pas de Coupe de Quidditch des Quatre Maisons pour nous. Notre espoir d’ultime victoire venait tout simplement d’être annihilé. Pas de revanche cette année, pas de triomphe sur le podium, pas de célébration à multiples coups d’oreillers dans la figure le soir, dans les dortoirs de la plus haute tour de Poudlard. Au lieu de cela, une année à passer dans les couloirs froids et lugubres d’un château paumé en plein milieu de l’Europe de l’Est, loin de mon frère, loin de chez moi, loin de chez nous. Notre équipe de Quidditch va devoir rapidement se reformer avec tout ça ! pensai-je dans un mélange de sarcasme et d’énervement. D’ailleurs, je ne sais pas comment ils vont faire, étant donné que notre équipe est aujourd’hui intégralement composé de septième années. Notre directeur adjoint ainsi que notre ancien professeur de vol nous avaient pourtant prévenu : même si cela n’était pas interdit, il était selon eux vivement déconseillé de composer l’équipe d’une maison avec des élèves issues d’une même année d’études. Cela nous a valu, à l’époque de notre refonte, quelques reproches de la part des jeunes aspirants de chez Serdaigle, qui, désormais, se retrouvent complètement pris au dépourvu puisqu’ils ne sont absolument pas préparés. Mon regard quitta enfin celui de Mark pour se tourner vers celui de mes autres camarades et coéquipiers. Alice, Tobey, Rachel, Adam… tous semblaient partager plus ou moins le même ressenti.

Lorsque Featherstone en eu fini avec son long discours, le banquet fut lancé et, comme chaque année, de nombreux plats recouvrirent par magie l’entièreté des quatre grandes tables de la Grande Salle. Mark observa cela avec un certain dégoût, l’annonce lui avait coupé l’appétit, et il n’était pas le seul. Rebecca, ma cousine – elle qui savait, comme tout le reste de ma famille, ô combien impatient j’étais à l’idée de pouvoir à nouveau espérer remporter ce fichu trophée et ô combien important c’était pour moi – posa délicatement sa main sur mon épaule, comme pour me dire qu’elle était désolée pour moi. Je n’y voyais cependant aucun réconfort. La seule chose que je pouvais ressentir était un pénible sentiment de frustration et de trahison. Trahi par l’école, trahi par le Ministère de la Magie, trahi par tous ceux qui sont derrière l’organisation soudaine et sans prévention de ce Tournoi des Trois Sorciers. On venait de m’arracher quelque-chose en moi. Pourtant, le Tournoi des Trois Sorciers, ce n’est pas rien. C’est même un énorme privilège de pouvoir le vivre. Mais pourquoi maintenant ?

Soudain, quelque-chose vint silencieusement piquer ma nuque, si bien que j’en fit un léger bond de deux centimètres. En me retournant, je vois un avion – apparemment confectionné à l’aide du papier placé dans les corbeilles à pains du banquet – s’écraser au sol. En le ramassant, j’y vois sur l’une des deux ailes un gribouillage qui me parait étrangement familier. En l’observant de plus près, je pus reconnaître le blason de la maison Poufsouffle. Je me redresse brutalement et scrute la table de l’envoyeur. Mes yeux s’arrêtent sur Galloway, qui, aussitôt, me fit un signe de la tête. Ouvre-le, avait-il l’air d’épeler avec ses lèvres. Il venait de ranger délicatement sa baguette à l’intérieur de sa veste. Quel genre de poursuiveur à besoin de magie pour envoyer un objet sur une cible ? me moquai-je intérieurement. En dépliant le papier, je pus y lire quelques mots de notre cher et tendre Robbie :

« On dirait bien que le match de l’année précédente restera le dernier que nous ayons disputé, toi et moi. Vraiment dommage… à moins que… tu sois d’accord pour un match non-officiel, que l’on pourrait organiser entre nous. Accepte, et nous verrons qui de nous deux sera définitivement le meilleur sur le terrain, mais faisons cela au plus vite, Bronks, je te rappelle que l’on a juste un mois… »

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