Deadly Beauty par

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Préquelle / Romance / Drame

10 Le paternel

Catégorie: T , 2150 mots
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  Tom scrutait, du haut des escaliers, le brancard recouvert d’un drap blanc qui emmenait les restes de Mimi Geignarde, sous les bras de représentants du ministère. Il affichait une mine grave, soigneusement préoccupée, mais il ne pouvait s’empêcher de jubiler à l’intérieur de lui… songeant que les Sangs-de-Bourbes seraient très bientôt éradiqués de cette école, dans un objectif bien supérieure à l’échelle du monde…

  – Jedusor ? appela alors la voix de Dumbledore dans le dos de Tom.

  Tom se retourna brusquement, et s’approcha du vieil homme en serrant les dents.

  – Professeur Dumbledore ? s’enquit-il lorsqu’il fut arrivé à sa hauteur.

  – Ce n’est pas prudent de se promener par cette heure tardive, Tom…

  – Oui, professeur. Mais il fallait… il fallait que je voie si ce qu’on raconte est vrai.

  – Oui malheureusement, Tom, répondit Dumbledore d’un air naïvement navré.

  – Et pour l’école, aussi…, reprit Tom en sentant sa mâchoire se contracter. Je n’ai aucun autre endroit où aller… Poudlard ne va pas fermer, n’est-ce pas ?

  – Oui je comprends, Tom. Mais je crains que le professeur Dippet n’ait pas le choix.

  – Et si tout s’arrêtait, monsieur ? Et si le coupable se faisait prendre ?

  Dumbledore fronça légèrement les sourcils, et dévisagea profondément Tom.

  – Y’a-t-il quelque chose… dont tu voudrais me parler ?

  Tom s’efforça de prendre un air innocent et convainquant.

  – Non, monsieur. Il n’y a rien…



*


  – Alors ? s’enquit Tom lorsqu’il arriva dans la salle commune le lendemain matin.

  Seuls Orion et Filius se trouvaient installés sur les canapés verts et se levèrent d’un bond à son arrivé.

  – On a trouvé, lui apprit Orion avec un sourire satisfait.

  – Qui est-ce ?

  – Hagrid, répondit Filius. Nous l’avons vu transporter une caisse… qui contient un véritable monstre.

  – De faible envergure par rapport au réel, poursuivit Filius, mais il fera le coupable idéal.

  Tom poussa un profond soupir de soulagement et se laissa tomber dans le canapé le plus proche.

  – Je ne pensais pas qu’ils iraient jusqu’à fermer l’école… J’ai été idiot…

  Filius et Orion se jetèrent un regard inquiet, mais n’ajoutèrent rien.

  – Tout va bien, Tom ? s’enquit soudainement Orion en le scrutant d’un air étrange.

  – Maintenant que vous avez trouvé ce que je vous avais demandé, oui… pourquoi cette question ?

  – Tu n’étais pas à la salle commune de la soirée, hier, et tu n’es pas rentré dans les dortoirs pour la nuit. Et puis tu as une mine… fatiguée, sans doute…

  – Je n’ai pas à vous rendre des comptes sur la manière dont je passe mes nuits, rétorqua Tom d’une voix glaciale.

  Il se leva d’un bond et sortit de la pièce sans un mot, pour se rendre aussitôt dans la salle sur demande où reposait son journal qui avait maintenant bien changé…

  Après une rapide vérification qu’il allait bien, Tom le reposa soigneusement et prit la direction du parc pour y retrouver Helena.

  – Tom ! s’écria-t-elle lorsqu’elle le vit arriver.

  Elle se jeta dans ses bras et Tom lui rendit son étreinte.

  – C’est tellement affreux, marmonna-t-elle en se dégageant.

  Ses yeux rougies indiquaient qu’elle avait pleuré.

  – On se sent en sécurité dans ce château… et puis ce genre d’horreur arrive…

  Tom força un sourire rassurant sur ses lèvres et replaça une mèche blonde de la longue crinière d'Helena derrière ses oreilles.

  – J’ai tellement peur… ils… ils parlent de fermer l’école…

  – Cela n’arrivera pas, répliqua Tom d’une voix assurée.

  – Comment pourrais-tu le savoir ?

  – Je suis certain qu’ils attraperont le coupable.

  Helena dévisagea longuement Tom dans les yeux.

  – C’était une Née-Moldue, fit-elle alors d’une voix rauque. La fille qui est morte. Et si… et s’il s’agissait du même auteur ? Celui de toutes les agressions qu’ont subis certains Nés-Moldus depuis le début de l’année ?

  – Ce n’était pas l’œuvre d’un Humain, Helena. Mais bel et bien d’un monstre.

  – A ce stade-là, il n’y a aucune différence, reprit Helena en serrant à nouveau Tom dans ses bras.


*


  – Et dire que tu l’avais invité au bal de Noël, observa Samantha d’une voix sévère tandis qu’ils mangeaient leur déjeuner à la table des Serpentards, un mois après la fermeture de la chambre.

  – Je sais…, marmonna Bérénice en s’affalant sur sa chaise.

  Tom sourit intérieurement, encore incroyablement satisfait de la tournure favorable qu’avaient pris les évènements. Slugorn l’idolâtrait toujours autant, et Dumbledore semblait l’avoir définitivement laissé tranquille. Excepté Orion et Filius, personne ne savait qu’il était réellement derrière tout cela, ce qui l’arrangeait bien entendu, mais l’attristait par ailleurs étrangement… Heureusement, son journal lui permettrait un jour de réitérer ces évènements en ouvrant à nouveau la chambre…

  – On dit que c’est toi qui l’as dénoncé, Tom, avança Samantha en se servant à nouveau de la viande.

  Tom redressa la tête, et vit les nombreux visages soudainement braqués sur lui.

  – Non pas que la perte de Sang-de Bourbes me répugne…, se justifia-t-il en haussant les épaules, mais ce crime ne devait rester impuni.

  Seul Samantha faisait partie des Mangemorts autour de la table, et elle se contenta de fixer Tom d’un œil intrigué, mais elle le suivit quand il se leva pour sortir de la grande salle.

  – Tu es du côté des Sangs-de-Bourbe, à présent ? lui glissa-t-elle tandis qu’ils traversaient le couloir pour regagner leur salle commune. Tu arrêtes leur tueur ?

  – J’ai fais ce qu’il fallait, rétorqua Tom en serrant les dents. Ils parlaient de fermer l’école… je n’avais pas le choix.


*



  Les semaines s’écoulèrent en se ressemblant toutes, quand le matin du dix-huit avril arriva. Le premier jour des vacances. Tom prit la direction de son dortoir et lorsqu’il l’atteint enfin, commença à rassembler ses affaires. Il n’était pas inquiet ou satisfait de ce qu’il s’apprêtait à faire, il ne ressentait strictement rien. Il devait le faire. Tout simplement... c’était une nécessité…

  – Tom ? appela la voix d’Orion derrière son dos.

  Tom se retourna avec un regard interrogateur.

  – J’ai planifié une réunion le soir de ton retour, pour parler des espacements de nos actions.

  – Très bien, marmonna Tom en reprenant le tri des affaires qu’il emmenait dans son sac. Je ne serais parti que deux jours. J’ai fait croire aux professeurs que je me rendais dans la famille d’Helena… sans elle… ce qu’ils peuvent être bêtes…

  – Elle sait ce que tu vas faire ?

  – Tu crois réellement que je l’informerais de choses dont je ne vous ai même pas parlé ?

  Orion hocha la tête en signe de négation.

  – Bien, reprit Tom en empoignant son sac sur son dos. Je compte sur toi pour prendre la direction des opérations durant mon absence. Et surtout, qu’il n’arrive rien à Helena.

  Orion hocha à nouveau la tête, en signe d’acquiescement cette fois, et Tom quitta la pièce.

  Il traversa le château, puis s’arrêta face au grand portail, attendant Helena à qui il avait dit qu’il se rendait chez de la famille éloignée… ce qui n’était pas réellement un mensonge.

  Helena apparut enfin, elle avait tout comme le garçon laissé tomber sa robe de sorcier, et portait une robe fluide qui lui arrivait au-dessus des genoux, ses cheveux étant soigneusement attachés en une natte compliquée. Elle s’approcha de lui et le serra dans ses bras.

  – Tu vas me manquer, murmura-t-elle.

  – Je ne pars que deux jours, releva Tom avec un sourire.

  – Je sais, répliqua Helena en lui prenant la main.

  Tom la serra, se demandant comme il avait pu un jour trouver ce geste répugnant.

  – Avant que je parte… j’aimerais que tu saches que je…

  Helena l’interrompit en déposant un langoureux baiser sur ses lèvres.

  – Reviens vite…, murmura-t-elle simplement face à ses lèvres, avant de se détourner et de prendre la direction du château.

  Tom acquiesça lentement pour lui-même, puis franchit le portail et transplana.

  Il arriva aussitôt à l’orée d’un village animé, en face d’une bâtisse à moitié en ruine, qui ne semblait pas habitée. Néanmoins, Tom s’avança et franchit la porte d’un coup d’épaule. Il aperçut avec un regard de dégout, un homme assis sur un canapé entrain de dormir profondément, sa poitrine se levant au fil de ses ronflements. Tom s’apprêta à sortir de cette affreuse maison qui fut jadis celle de sa mère, une odeur pestilentielle lui pendant au nez, mais il fut alors attiré par une lueur rouge qui émanait de sa main. Il s’approcha et vit que l’homme portait une magnifique bague en or surplombée d’un rubis étincelant. Un S était nettement gravé sur la pierre.

  – Accio bague ! lança aussitôt Tom avant de l’attraper en vol et de la passer autour de son propre doigt.

  Il sortit ensuite de la maison, et traversa le village animé pour enfin arriver face à un grand et élégant manoir. Tom gravit l’escalier du perron, et toqua trois coups à la porte.

  Un valet lui ouvrit, un air légèrement ahuri sur le visage.

  – Qui demande ? croassa-t-il d’une voix aigüe.

  – Tom Elvis Jedusor, répondit simplement Tom.

  L’homme observa attentivement le visage de Tom et recula de quelques pas, d’un air complètement ébahi. Tom en profita pour se glisser à l’intérieur de la bâtisse, et referma la porte derrière lui.

  Aussitôt, un Moldu d’un quarantaine d’années descendit un immense escalier et les rejoint d’un air incrédule.

  – Enfin qui est-ce, Albert ?

  – Monsieur, je… c’est votre fils.

  Le Moldu se figea et dévisagea Tom d’un air stupéfait, il était vêtu d’un peignoir à motif écossais et tenait entre les mains une tasse encore fumante. Tom fut malgré lui frappé de la ressemblance de leurs visages. Il sortit discrètement sa baguette, mais la laissa cachée derrière son dos.

  – Bonjour, père.

  – Je…, marmonna Tom Jedusor Sr d’un air complètement déboussolé, comment… Où est cette Mérope… où est ta mère ?

  – Morte, répondit simplement Tom en avançant de quelques pas.

  Son père recula devant son air menaçant.

  – Que me veux-tu ? Mon argent ? Tu attends peut-être un héritage ?

  Tom éclata de rire.

  – Je n’ai que faire de tes biens, rétorqua-t-il d’une voix glaciale. Mais vois-tu… c’est plutôt ton existence qui me pose un problème.

  Son père parut proprement terrifié.

  – Albert, marmonna-t-il d’une voix tremblante, appelle la police.

  Tom éclata à nouveau de rire, puis brandit sa baguette face à son Moldu de père. L’instant d’après, un rayon vert envahi la pièce, et Tom se sentit plus soulagé qu’il ne l’avait jamais été de toute sa vie.


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