Deadly Beauty par

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Préquelle / Romance / Drame

12 EPILOGUE

Catégorie: T , 1567 mots
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  – Maitre, nous attendons vos ordres…

  Tom se tenait dos aux Mangemorts, face à la rue déserte et silencieuse.

  – Allez-y, marmonna-t-il en fixant une maison légèrement éloignée de la résidence, une maison bleue aux volets bruns.

  Tom avait immédiatement remarqué le nom inscrit sur la boite aux lettres et avait senti son cœur émettre un étrange battement saccadé, qu’il n’avait pas ressenti depuis bien longtemps.

  – Sauf cette maison, intima-t-il d’une voix forte, tandis que les Mangemorts partirent en toute hâte vers les habitations, prêts à commettre meurtre et désastre.

  Tom s’avança d’un pas lent, fixant la devanture de la maison bleue sans parvenir à en détourner son regard, comme hypnotisé. La lumière s’alluma alors, et il vit très nettement par la fenêtre, un homme et une femme s’enlacer devant un téléviseur éteint. La femme avait de longs cheveux blonds…

  L’homme sortit ensuite de la pièce, laissant seule la femme visible par la fenêtre.

  Tom ouvrit la porte d’un geste de baguette, et pénétra à l’intérieur de la maison. Il traversa le couloir pour se retrouver dans le salon, où la femme se trouvait dos à lui. Elle se retourna brusquement en entendant ses pas, et Tom releva sa capuche.

  – Bonjour Helena, murmura-t-il simplement.

  – To… Tom ? s’enquit cette dernière avec une expression incrédule sur le visage. C’est toi ?

  – Helena ? Tu parles à quelqu’un ? demanda une voix grave en haut des escaliers.

  – Je… je suis au téléphone ! répondit Helena d’une voix tremblante mais convaincante.

  Le bruit caractéristique d’une douche résonna alors et Tom eut un léger sourire en songeant à la naïveté de cet homme. Le visage d’Helena n’avait pratiquement pas changé… ses yeux étaient toujours de ce bleu profond, son nez long mais fin, ses joues roses et ses lèvres pleines… Ressentant un étrange pincement dans la poitrine, Tom se détourna et observa autour de lui, scrutant les recoins de cet élégant salon.

  – Tu as ainsi décidé de rester en Angleterre… tu t’es marié ? remarqua-t-il en scrutant une photo en noir et blanc sur le buffet.

  – Tom, qu’est-ce que tu fais là ? demanda Helena en se rapprochant.

  – Je ne réponds plus à ce nom désormais.

  – Je sais, répliqua Helena d’une voix forte. Mais tu n’aimes pas vraiment qu’on utilise l’autre, pas vrai ?

  Tom eut un rictus.

  – Tu es la première à me parler sur ce ton depuis bien longtemps…

  – Si tu t’attendais à n’importe quelle forme de respect, sache que tu te fourvoyais.

  – Je n’en attendais pas moins de ta part.

  Helena recula de quelques pas, tandis que Tom inspectait toujours la pièce, résolu à ne pas croiser son regard.

  – Tu es venu seul ? s’étonna ensuite Helena. Où sont tes… « amis » ?

  – Oh, ils s’occupent du voisinage… ce village de Moldus avait bien besoin d’un nettoyage… Ton mari en est-il un ?

  – Serait-ce étonnant pour une Sang-de-Bourbe ?

  Tom pinça les lèvres.

  – Je ne t’ai jamais traité ainsi.

  – Alors pars, et ne reviens jamais.

  – Je ne peux pas faire cela.

  – Pourquoi ? demanda Helena d’une voix subitement tremblante.

  Tom ne répondit pas et continua de tourner autour de la pièce en évitant son visage.

  – Vous avez un chien ? s’étonna-t-il en voyant la photo d’un petit canin.

  – Tom, je t’en prie… Va-t-en et laisse-nous tranquille…

  Tom eut l’impression que ses entrailles se déchirèrent tandis que l’inévitable semblait se rapprocher… puis il eut soudain une pensée qu’il avait déjà éprouvé il y a fort longtemps :

  – Viens avec moi, marmonna-t-il ainsi en fixant le mur blanc.

  Il se retourna et la dévisagea enfin profondément, découvrant que des larmes coulaient lentement le long de ses joues roses.

  – Helena, pour la deuxième fois dans ma vie, je t’intime de me suivre.

  La jeune femme eut une expression dégoutée, mais ne répondit pas.

  – Tu le laisseras en vie ? demanda-t-elle d’une voix rauque au bout de quelques instants. Si je te suis, tu ne lui feras aucun mal ?

  Tom eut un regard vers le plafond, là où quelque part, le mari d’Helena se trouvait.

  – Je te le promets, répondit-il alors en serrant les dents.

  Helena parut sur le point de vomir, mais s’avança vers Tom en le scrutant dans les yeux.  

  – Ton visage a tellement changé… Est-ce ta haine qui l’a rendu ainsi ?

  – Tu me prends toujours pour un monstre, n’est-ce pas Helena ?

  Mais Tom sentit soudain sa mâchoire se contracter en apercevant une photo plus grande que les autres, où un visage qu’il reconnut immédiatement souriait près de celui d’Helena.         

  – Ce n’est pas un Moldu…, marmonna Tom en sentant une intense colère l’envahir, c’est Ted Tonks ! Tu as épousé Ted Tonks !

  – Qu’est-ce que cela change ? s’enquit Helena en se postant face au portait.

  – Ce que cela change ?

  Tom prit une grande inspiration pour se calmer, mais sa main qui agrippait sa baguette tremblait de colère.

  – Est-ce que tu m’as seulement aimé ? demanda-t-il alors d’une voix faible qui ne lui ressemblait pas.

  Helena continuait de pleurer, mais parut s’efforcer de rétorquer violemment :

  – Et toi, Tom ? Es-tu seulement capable d’éprouver quelque chose pour quelqu’un d’autre que toi ?

  Tom ne répondit pas, et ils se jaugèrent ainsi de longs instants. L’agitation commença à résonner au dehors, mais Helena ne détourna pas son regard.

  – Je tiendrais parole, murmura alors Tom d’une voix tremblante. Je laisserais Tonks partir en vie.

  Helena acquiesça la tête d’un air presque soulagé, et prit une légère inspiration.

  – Néanmoins, reprit Tom en détournant les yeux, je ne peux te laisser venir avec moi. Pas après cela…

  Il leva lentement sa baguette, et un rayon vert envahit aussitôt la pièce.


  Tom ferma les yeux, et sentit une odeur de chocogrenouille imbiber ses narines, tandis que le visage d’Helena, étincelant de jeunesse et de joie, apparaissait dans l’encadrement du compartiment du Poudlard Express.

  – Salut ! Je suis nouvelle et mon compartiment a été évacué pour bombabouses ou je ne sais quoi… On a pas tout cela en France, nous !

  Tom se leva d’un bond de sa banquette, et s’approcha d’Helena en s’efforçant d’afficher une mine sévère face à ce visage radieux.

  – Moi c’est Helena, Helena Delacour. Je peux entrer ?

  Pour la première fois de sa vie, dans une réalité qui n’était même pas la sienne, Tom sentit des larmes descendre lentement le long de ses joues.

  – Non, murmura-t-il d’une voix brisée. Ne rentre pas dans ce compartiment, et n’accepte jamais de venir avec moi à ce stupide bal… je t’en supplie, Helena… je t’en supplie… Je n’aurais d’autre choix que de te tuer…

  Il s’élança vers Helena et la serra fortement entre ses bras, dans une étreinte qui réchauffa son cœur pourtant figé à jamais…



  Tom ouvrit brusquement les yeux lorsque la lumière verte se fut éteinte, et s’approcha d’un pas tremblant vers le corps sans vie d’Helena. Ses yeux s’étaient fermés, lui conférant presque l’impression qu’elle dormait paisiblement… Mais la paume de sa main était étrangement tournée vers le plafond. Tom s’agenouilla près d’elle et glissa lentement ses doigts entre les siens, qui étaient devenus brutalement glacés.

  Des pas résonnèrent dans l’escalier et Ted Tonks fit irruption dans la pièce.

  – Qu’est-ce que…, marmonna-t-il en apercevant le plus grand mage noir de tous les temps auprès de sa femme.

  Mais Tom lui jeta un bref sort qui le stupéfixia aussitôt, sans quitter des yeux l’incroyable visage d’Helena, lequel même dans la mort, paraissait irradier d’une éternelle douceur qui venait de brutalement quitter le cœur de Tom. 

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