The Warmest Summer par

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Préquelle / Romance / Drame

1 La rencontre

Catégorie: T , 1770 mots
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  Mon très chère Albus,

Je suis navré de n’avoir pu t’écrire plus tôt, les tribulations incroyables que m’apportent chaque jour ce voyage ne cessaient de repousser la date où je trouverai enfin le temps de prendre ma plume. Les détails les plus étonnants te seront dévoilés plus tard, lorsque je me serais enfin posé dans un endroit calme et sans danger. Sache seulement que je vais bien, les découvertes que je fais au fil des jours m’encouragent davantage à poursuivre cette épopée merveilleuse. Je déplore ton absence de tout mon cœur, sachant pertinemment à quel point tu te serais extasiée à chaque nouvel endroit, chaque nouvelle civilisation magique que je découvre. Tu auras le droit, bien entendu, à un compte rendu détaillé de toutes ces fabulosités en avant-première lorsque je serais de retour à Londres. Je te présente également une nouvelle fois mes excuses les plus sincères pour mon absence à l’enterrement de ta mère, Kendra. Essaie de ne pas oublier, dans cet intense instant de chagrin, que nos plus grandes pertes forgent nos plus grandes forces.

Je t’embrasse affectueusement,

Elphias Doge.

  Albus laissa retomber la lettre sur ses genoux et releva lentement sa tête face à lui, un puissant sentiment d’amertume s’immisçant brutalement en lui. Le soleil irradiait sa paisible rue de Godric’s Hollow en cette matinée de Juillet 1900, tandis qu’il se trouvait assis sur les escaliers de son imposante maison familiale. Cela ne faisait que quelques semaines qu’Albus avait définitivement quitté Poudlard, mais au regard des récentes épreuves qu’il avait dû surmontées, il lui sembla qu’une vie tout entière s’était écoulée. Il se leva brusquement, puis déchira violemment la lettre de son ami avant de la jeter dans la poubelle près de lui, jalousant cette vie qu’il méritait de vivre. Que son intelligence bien supérieure à celle de n’importe qui méritait de vivre...

  Albus observa un instant les débris de papiers reposant tragiquement au milieu des autres déchets, et fut pris d’un soudaine envie de les récupérer afin de les garder auprès de lui, mais il détourna le regard avec force et monta les escaliers pour rentrer chez lui.

  – Albus ! s’écria une voix derrière son dos.

  Il se retourna et aperçut sa voisine Bathilda Tourdesac qui s’avançait vers lui, légèrement essoufflée. Elle portait une multitude de châles qui la tassait incroyablement et avait cette perpétuelle lueur une peu folle dans les yeux.

  – Je te cherchais, justement !

  – Que me vaut le bonheur de votre sollicitude ? s’étonna Albus d’une voix polie.

  – Oh, mon très chère Albus. Depuis la mor… euh, depuis cette tragique épreuve que tu as traversée, je m’inquiète pour toi. Pour vous trois.

  Albus jeta un vague coup d’œil en direction de la maison où vivaient son frère et sa sœur.

  – Toutes ses responsabilités qui incombent sur tes épaules… tu es à peine majeur…

  – Votre inquiétude me touche, répondit Albus en forçant un sourire sur ses lèvres, mais elle n’a pas lieu d’être. Nous nous en sortons parfaitement, tous les trois.

  – Très bien, très bien, fit Bathilda d’un air toujours grandement préoccupé, quoiqu’il en soit, mon neveu est arrivé ce matin. Il a ton âge, et comme tu es souvent seul depuis le départ de ce chère Elphias, (Albus serra les dents) j’ai pensé que tu aimerais faire connaissance avec lui.

  Albus n’avait aucune envie de rencontrer un neveu tout aussi dérangé et collant que sa tante, mais il acquiesça d’un air qu’il s’efforça de rendre convainquant.

  – Volontiers.

  Bathilda tapa dans ses mains d’un air enthousiaste et entraina Albus par le bras. Ils traversèrent la rue et se retrouvèrent aussitôt face au pallier de la maison de Bathilda, qui ouvrit la porte d’un coup de baguette.

  – Gellert ! héla Bathilda en pénétrant dans la maison, suivit d’Albus qui ferma la porte derrière lui.

  Il s’avança dans cette entrée qu’il connaissait très bien et s’adossa d’un air nonchalant à la commode contenant des bibelots poussiéreux.

  C’est alors qu’un jeune homme d’à peu près de son âge descendit lentement le grand escalier de pierre et qu’Albus leva malgré lui la tête pour l’observer. Le dénommé Gellert arborait une chevelure blonde qui lui arrivait jusqu’aux épaules et qu’il rejeta en arrière d’un coup de main. Il était vêtu comme un parfait moldu, une chemise blanche surplombée d’un veston de cuir sombre mettant en valeur sa silhouette avantageuse. Il posa ses yeux sur ceux d’Albus qui tenta de ne pas les détourner, bien que le regard bleuté et perçant du jeune homme semblait le scinder de l’intérieur.

  – Voici Gellert Grindelwald, mon neveu, déclara Bathilda d’une voix enjouée.

  – Enchanté, marmonna Albus en ressentant déjà l’envie de quitter cet endroit pour s’atteler à des occupations plus lucratives.

  Gellert s’approcha d’Albus et tendit la main, un léger rictus aux lèvres.

  – De même, répondit-il tandis qu’Albus lui serra la main. Bathilda m’a beaucoup parlé de toi, et de ton parcours très honorable dans ton école.

  Albus ne pût s’empêcher d’avoir un léger haussement de sourcil supérieur, comme toujours lorsqu’il était question de son incontestable réussite.

  – Où étudies-tu ? demanda-t-il à Gellert.

  – A Durmstrang, près de la Bulgarie. Il s’agit sans aucun doute de la meilleure école au monde. Un sorcier de ton envergure arriverait peut-être à y avoir la moyenne…

  Albus s’esclaffa d’un rire moqueur.

  – Poudlard est de loin l’école la plus exigeante, et stimulante.

  Gellert se contenta de hausser les épaules.

  – Gellert était le meilleur élève de son année, tout comme toi Albus, révéla Bathilda en s’éloignant dans le salon avec une pile de livres entre les mains.

  Albus serra les dents, haïssant plus que tout d’être comparé à quelqu’un d’autre.

  – Merci pour l’invitation, Bathilda. Mais je dois rentrer à présent.

  Bathilda éleva un signe de main du salon et Albus se recula vers la porte.

  – Et bien, au revoir Albus, fit Gellert en croisant les bras. J’ai hâte d’en apprendre davantage sur la prétendue supériorité de ton école, et de tes dons.

  Albus lui accorda un bref signe de tête et se hâta de sortir de la maison.


  – Chut Ari, je t’en prie… sors s’ici et mange ton diner…

  Albus venait de rentrer chez lui et entendit la voix de son frère s’élever d’un ton désespéré dans le salon. Il s’avança dans la pièce et le vit accroupi à quatre pattes, la tête penchée sous la grande commode en bois massif. C’est alors qu’Ariana, leur petite sœur, sortit timidement de sa cachette et se jeta dans les bras d’Abelforth.

  – Chut, tout va bien…, murmura ce dernier, Je suis là… Où étais-tu ? lança-t-il ensuite à Albus d’un air réprobateur.

  – Bathilda m’a invité pour me présenter son neveu.

  – Son neveu ?

  – Oui, un certain Gellert Grindelwald. J’espère que je n’aurais pas à le croiser trop souvent, il m’a l’air bien trop imbu de sa personne.

  – Cela vous fait un point commun, releva Abelforth en levant doucement Ariana.

  – Tu as fais le diner, remarqua Albus en balayant sa remarque d’un geste de la main.

  – Il faut bien que quelqu’un le fasse.

  Albus s’assit à table, suivit d’Abelforth qui installa Ariana à côté de lui. Elle ne semblait plus apeurée et commença à manger le contenu de son assiette.

  – Tu te débrouilles bien mieux que moi, observa Albus en haussant les épaules.

  – Il n’est pas difficile de surpasser le néant.

  Albus soupira mais n’ajouta rien.

  – J’ai trouvé des notes par terre, dans le salon, déclara soudain Abelforth d’une voix grave.

  Albus le dévisagea d’un air interrogateur, et lui fit signe de continuer.

  – J’espère grandement qu’elles n’émanent pas de toi.

  – De quoi parles-tu ?

  – Elles étaient tout simplement abjectes. Avec un souhait… de remettre les moldus à leur juste place…

  Albus déglutit tout en tentant de conserver un visage impassible.

  – Tu sais bien que cela ne peut venir de moi, raisonna-t-il d’une voix posée. Elles sont probablement tombées d’un autre livre.

  Abelforth ne parut visiblement pas convaincu, mais acquiesça néanmoins lentement.

  – Tu sais que j’y pense tous les jours… A notre père mort à cause de moi. A cause de mon attaque envers ces trois moldus…

  – Tu as défendu Ariana.

  – Mais ce n’était pas la bonne méthode. J’ai tout fichu en l’air.

  Albus fronça les sourcils, mais ne répondit pas.

  – C’était très bon ! s’écria alors Ariana avant de partir en courant vers sa chambre.

  – Elle n’ira jamais mieux, observa sombrement Abelforth en la suivant des yeux.

  – Nous non plus, ajouta Albus d’une voix faible.

  D’un coup de baguette, il fit disparaitre la vaisselle et prit la direction de sa chambre, laissant son frère seul dans la cuisine assombrie par la nuit.

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